Frederick Douglass(1818 — 1895)
Frederick Douglass
États-Unis
8 min de lecture
orateur et écrivain abolitionniste, leader de la communauté afro-américaine du XIXe siècle
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né esclave vers 1818 dans le Maryland, il apprend à lire en secret et s'évade vers le Nord en 1838
- Publie en 1845 son autobiographie 'Narrative of the Life of Frederick Douglass', qui devient un manifeste abolitionniste
- Fonde en 1847 le journal abolitionniste 'The North Star' à Rochester, New York
- Conseiller de Lincoln pendant la guerre de Sécession (1861-1865), il milite pour l'enrôlement des soldats noirs dans l'armée de l'Union
- Après l'abolition de l'esclavage en 1865, il poursuit son combat pour les droits civiques des Afro-Américains jusqu'à sa mort en 1895
Œuvres & réalisations
Première autobiographie de Douglass, témoignage direct et saisissant de sa vie sous l'esclavage. Best-seller immédiat, traduit en plusieurs langues, il bouleversa l'opinion publique occidentale sur la réalité de l'esclavage américain.
Journal abolitionniste fondé et dirigé par Douglass à Rochester. Il devint l'une des principales tribunes de la cause noire aux États-Unis, avec la devise : 'Right is of no Sex — Truth is of no Color'.
Deuxième autobiographie, plus approfondie que la première, dans laquelle Douglass analyse les mécanismes politiques et sociaux de l'esclavage. Il y affirme son indépendance intellectuelle vis-à-vis des leaders blancs du mouvement abolitionniste.
Considéré comme l'un des plus grands discours de l'histoire américaine. Douglass y dénonce l'hypocrisie d'une nation qui célèbre la liberté tout en maintenant des millions de personnes en esclavage.
Troisième et dernière autobiographie, couvrant toute sa vie jusqu'à ses fonctions de diplomate. Elle retrace son rôle pendant la guerre de Sécession et son combat pour les droits civiques après l'abolition.
Appel publié par Douglass pour recruter des soldats afro-américains dans l'armée de l'Union. Il contribua à la création du célèbre 54e régiment du Massachusetts, symbole du courage des soldats noirs.
Anecdotes
Frederick Douglass apprit à lire en secret grâce à l'épouse de son maître, qui lui enseigna l'alphabet avant que son mari ne l'interdise. Il continua seul, échangeant du pain contre des leçons avec des enfants blancs du quartier. Cette soif d'apprendre le convainquit que l'éducation était la clé de la liberté.
En 1838, Douglass s'évada de l'esclavage déguisé en marin, muni de papiers empruntés à un matelot libre. Il parcourut en train et en bateau plus de 400 kilomètres en moins de 24 heures pour atteindre New York et la liberté. Il racontera plus tard que chaque instant du voyage fut une terreur absolue, craignant d'être reconnu.
Lors d'un discours en 1845, Douglass défia publiquement ceux qui doutaient qu'il ait vraiment été esclave en révélant son vrai nom et le nom de son ancien maître dans son autobiographie, prenant le risque d'être capturé et renvoyé dans le Sud. Des amis abolitionnistes durent racheter sa liberté auprès de son propriétaire pour 711 dollars.
Le 4 juillet 1852, Douglass prononça l'un des discours les plus célèbres de l'histoire américaine, intitulé 'What to the Slave is the Fourth of July ?'. Il y déclara que cette fête de l'indépendance était une hypocrisie cruelle pour les quatre millions d'esclaves américains. Ce texte est encore étudié aujourd'hui dans les lycées du monde entier.
Douglass rencontra Abraham Lincoln à la Maison-Blanche en 1863 et fut reçu comme un égal, chose rarissime pour un homme noir à l'époque. Il conseilla Lincoln sur le recrutement de soldats noirs dans l'armée de l'Union et insista pour qu'ils reçoivent la même solde que les soldats blancs.
Sources primaires
I have no accurate knowledge of my age, never having seen any authentic record containing it. By far the larger part of the slaves know as little of their ages as horses know of theirs.
This Fourth July is *yours*, not *mine*. You may rejoice, I must mourn. To drag a man in fetters into the grand illuminated temple of liberty, and call upon him to join you in joyous anthems, were inhuman mockery and sacrilegious irony.
Knowledge had penetrated the dark shell of ignorance in which I had been enveloped... I saw nothing without seeing it, I heard nothing without hearing it, and felt nothing without feeling it.
I had two masters. My first master's name was Anthony... He was not considered a rich slaveholder... but owned two or three farms and about thirty slaves.
I am your fellow-man, but not your slave. I therefore see no need of elaborate argument to show that slavery is wrong; I have felt it. I can tell you that day dawns to the slave, however long the night.
Lieux clés
Lieu de naissance et d'enfance de Douglass, où il fut esclave dans plusieurs plantations. C'est ici qu'il apprit à lire en secret et commença à rêver de liberté.
Douglass y vécut comme esclave domestique et y reçut ses premières leçons d'alphabétisation. La ville portuaire lui permit d'observer des hommes libres et de préparer son évasion.
Première ville de liberté pour Douglass après son évasion en 1838. Il y travailla comme calfat dans les chantiers navals et rejoignit la communauté abolitionniste locale.
Douglass s'y installa en 1847 et y fonda 'The North Star'. Sa maison était une station importante du chemin de fer clandestin (Underground Railroad) aidant les esclaves fugitifs.
Douglass y rencontra Abraham Lincoln et y exerça plusieurs hautes fonctions fédérales. Il y mourut en 1895 après avoir prononcé un discours en faveur des droits des femmes.
Douglass y effectua une tournée de conférences entre 1845 et 1847, fuyant le risque de capture après la publication de son autobiographie. Son succès européen renforça sa stature internationale.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Narrative of the Life of Frederick Douglass, an American Slave
1845
The North Star (journal)
1847–1863
My Bondage and My Freedom
1855
What to the Slave is the Fourth of July ? (discours)
5 juillet 1852
Life and Times of Frederick Douglass
1881 (réédité en 1892)
Men of Color, To Arms ! (appel)
1863






