
Henri Dunant
Henri Dunant
1828 — 1910
Suisse
Fondateur de la Croix-Rouge, premier Nobel de la paix
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Faits marquants
Œuvres & réalisations
Récit autobiographique et plaidoyer humanitaire décrivant l'horreur de la bataille de Solférino et proposant la création de sociétés nationales de secours. Ce livre est à l'origine directe de la création de la Croix-Rouge et de la Convention de Genève.
Avec quatre autres Genevois (le 'Comité des Cinq'), Dunant crée l'ancêtre du Comité international de la Croix-Rouge. C'est la première organisation humanitaire internationale à vocation universelle.
Premier traité de droit international humanitaire, signé par 16 États à Genève. Il pose le principe de la neutralité des blessés, des médecins et des hôpitaux militaires, et autorise l'emblème de la Croix-Rouge.
Essai dans lequel Dunant réfléchit aux moyens de réduire les violences de la guerre et de protéger les populations civiles, anticipant des débats qui marqueront le droit humanitaire du XXe siècle.
Brochure diffusée lors de la conférence de Genève pour convaincre les États de signer la Convention. Dunant y expose les principes d'humanité, d'impartialité et de neutralité qui deviendront les fondements de la Croix-Rouge.
Anecdotes
En juin 1859, Henri Dunant se rend en Italie du Nord pour rencontrer Napoléon III et défendre des intérêts commerciaux en Algérie. Il arrive par hasard à Solférino le lendemain d'une bataille sanglante opposant les armées franco-piémontaises aux Autrichiens : près de 40 000 blessés gisent abandonnés sur le champ de bataille. Sans aucune formation médicale, il organise spontanément les secours avec les habitants du village, répétant aux volontaires : 'Tutti fratelli' (tous frères), sans distinction de nationalité.
Après Solférino, Dunant rentre à Genève profondément traumatisé. Il rédige 'Un souvenir de Solférino' en 1862, qu'il finance et imprime à ses frais. Il envoie le livre à des souverains, généraux et philanthropes à travers toute l'Europe. L'ouvrage provoque une émotion immédiate et déclenche une mobilisation internationale qui aboutira à la création de la Croix-Rouge l'année suivante.
En 1867, Dunant fait faillite à cause de ses affaires algériennes négligées pendant ses activités humanitaires. Ruiné et décrédibilisé, il est contraint de quitter la Croix-Rouge qu'il a fondée et tombe dans un oubli presque total pendant plus de vingt ans. Il vit dans une misère profonde, dormant dans des asiles de nuit à Paris et à Londres, totalement ignoré du monde.
En 1895, un journaliste suisse retrouve Dunant par hasard dans un hospice du village d'Heiden, en Appenzell. L'article publié dans la presse européenne provoque une redécouverte stupéfaite : le fondateur de la Croix-Rouge vivait dans l'indigence depuis des décennies. Cette révélation entraîne une vague de reconnaissance internationale et, en 1901, Dunant reçoit le tout premier prix Nobel de la paix, qu'il partage avec l'économiste Frédéric Passy.
Dunant utilisa la quasi-totalité de l'argent du prix Nobel pour rembourser des dettes et faire des dons à des œuvres caritatives norvégiennes et suisses. Il mourut en 1910 dans cet hospice d'Heiden, sans fortune mais comblé d'honneurs tardifs. Dans son testament, il légua le reste de ses économies à des œuvres humanitaires, fidèle jusqu'au bout à l'idéal qui avait guidé toute sa vie.
Sources primaires
La plaine était jonchée de cadavres humains et de chevaux morts ; les routes, les fossés, les ravins étaient semés de morts et de mourants, et le terrain était couvert de débris de toute sorte.
Les militaires blessés ou malades seront recueillis et soignés, à quelque nation qu'ils appartiennent. Les généraux des Puissances belligérantes auront à charge de prévenir les habitants sur les appels à leur humanité et sur la neutralité qui en sera la conséquence.
Il faudrait, en temps de paix et de tranquillité, former des sociétés de secours dont le but serait de faire donner des soins aux blessés en temps de guerre par des volontaires zélés, dévoués et bien qualifiés pour semblable œuvre.
Sans Henri Dunant, la Croix-Rouge, le plus grand mouvement humanitaire de notre époque, n'aurait vraisemblablement jamais été fondé ou du moins n'aurait pas été fondé aussi rapidement.
J'étais, pour ainsi dire, un instrument entre les mains de Dieu. Je n'avais que le mérite d'être au bon endroit au bon moment, et de ne pas avoir fui devant l'horreur.
Lieux clés
Ville italienne où se déroula le 24 juin 1859 la bataille qui traumatisa Dunant et inspira la création de la Croix-Rouge. Le Musée de Solférino conserve aujourd'hui des témoignages de cet épisode fondateur.
Ville natale de Dunant et berceau de la Croix-Rouge internationale. C'est ici qu'en 1863 fut fondé le Comité des Cinq et qu'en 1864 fut signée la première Convention de Genève.
Petit village suisse où Dunant passa les vingt dernières années de sa vie dans un modeste hospice. C'est là qu'il fut redécouvert en 1895 et qu'il mourut en 1910.
Musée consacré à l'histoire du mouvement humanitaire fondé par Dunant, installé à Genève, siège permanent du CICR. Il conserve les archives et objets liés à l'action de Dunant.
Dunant y séjourna longuement après sa faillite, vivant dans la misère tout en continuant à militer pour la paix et le désarmement. Il y assista à la Commune de Paris (1871) et à ses atrocités.
Objets typiques
Dunant prenait des notes détaillées sur ce qu'il observait lors de la bataille de Solférino. Ces observations minutieuses ont directement alimenté la rédaction d'Un souvenir de Solférino et constitué la base documentaire de son plaidoyer.
L'emblème choisi par le mouvement fondé par Dunant, en hommage à la neutralité suisse. Ce signe distinctif permettait d'identifier sur les champs de bataille le personnel médical protégé par la Convention de Genève.
Le texte juridique international que Dunant avait appelé de ses vœux dans son livre. Signé par 16 États, ce document est le premier traité de droit humanitaire international de l'histoire moderne.
Le livre que Dunant finança et imprima lui-même en 1862 pour alerter l'opinion européenne. Il en distribua personnellement des centaines d'exemplaires aux têtes couronnées, généraux et personnalités influentes d'Europe.
Remise à Dunant lors de la toute première cérémonie Nobel, elle symbolisait la reconnaissance tardive mais mondiale de son action. Dunant consacra l'essentiel de la somme associée à des œuvres caritatives.
Instrument central du secours aux blessés sur les champs de bataille du XIXe siècle. Dunant avait organisé leur utilisation à Solférino avec les volontaires locaux, avant que la Croix-Rouge ne codifie ces pratiques de premiers secours.
Programmes scolaires
Vie quotidienne
Matin
Dunant se lève tôt, à l'image de sa formation calviniste rigoureuse. Il commence sa journée par une prière et la lecture de la Bible, habitude héritée de sa famille genevoise pieuse. Il prend un petit-déjeuner sobre — pain, fromage, café — avant de se consacrer à sa correspondance, déjà abondante dès les années 1860.
Après-midi
Ses après-midis sont occupés par des réunions avec des philanthropes, des diplomates ou des hommes politiques qu'il cherche à convaincre de soutenir sa cause. Il parcourt l'Europe en train et en diligence pour plaider en faveur des conventions internationales, portant toujours avec lui des exemplaires de son livre à distribuer.
Soir
Le soir, Dunant rédige des lettres, des articles ou des chapitres de ses essais à la lumière d'une lampe à huile. Dans les années fastes, il fréquente des cercles intellectuels et philanthropiques genevois. Plus tard, dans la misère, ses soirées se passent seul dans de modestes chambres ou dans l'hospice d'Heiden, où il continue d'écrire jusqu'à un âge avancé.
Alimentation
Son alimentation est simple et frugale, conforme aux habitudes bourgeoises protestantes de Genève : pain, soupe, légumes de saison, viande de qualité pendant ses années prospères. Après sa ruine, il se contente de repas d'hospice très modestes. Il ne boit pas d'alcool, par conviction religieuse et tempérance.
VĂŞtements
Dunant porte le costume bourgeois européen du milieu du XIXe siècle : redingote sombre, gilet, cravate, chapeau haut-de-forme et gants lors des occasions officielles. Sa mise est soignée pendant ses années d'activité publique, mais se dégrade après sa faillite, au point qu'il doit accepter des vêtements de seconde main dans ses dernières décennies.
Habitat
À Genève, dans sa jeunesse et sa période d'activité, il réside dans des appartements bourgeois confortables du centre-ville. Après sa ruine, il connaît des logements précaires dans plusieurs capitales européennes. Il passe les vingt dernières années de sa vie dans une chambre simple mais digne de l'hospice protestant d'Heiden, dans les Alpes appenzelloises.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie

Battaglia di Solferino (Henry Dunant)
Gedenktafel Henri-Dunant-Platz (Span) Henri Dunant
Henri Dunant (perfil)
Switzerland; a handy companion for the tourist
Gedenktafel Carstennstr 58 (Lifel) Henry Dunant
Henry Dunant Sculpture from Flickr 2255271026
Solferino LCD

Rheden kunstwerk henri dunant
1210 Dunantgasse 2 - Henri Dunant-Volksschule - Bronzeplastik Flöte spielendes Mädchen von Othmar Jarmer 1967 IMG 0479
Henry Dunant
Style visuel
Réalisme européen du milieu du XIXe siècle, entre la rigueur bourgeoise genevoise et les scènes de champ de bataille dramatiques, avec la croix rouge comme symbole graphique central.
Prompt IA
Mid-19th century European realism, inspired by painters like Ernest Meissonier and Jean-Louis Ernest Meissonier. A Swiss-French bourgeois setting: Geneva's calm stone architecture contrasted with the chaotic Italian battlefield. Muted palette of ivory, deep crimson, battlefield grey and dusty olive. Strong chiaroscuro on scenes of suffering and solidarity. The iconic red cross on white background as a graphic element. Portraits in the style of daguerreotype photography: sharp, frontal, formal Victorian composition. Humanitarian scenes evoking both horror and compassion, rendered with documentary precision rather than romanticism.
Ambiance sonore
Sons du champ de bataille de Solférino (canons, blessés, cloches) et du cabinet de travail genevois où Dunant rédigea son témoignage fondateur.
Prompt IA
Battlefield soundscape from the mid-19th century: distant cannon fire and musket volleys fading into an eerie silence, followed by the moans of wounded soldiers and the crying of men in pain. Horses neighing in distress. Volunteers calling out to survivors in Italian and French. The rustle of makeshift bandages being torn from linen. Church bells tolling in the village of Solferino. Later, the scratch of a quill on paper in a quiet Geneva study, the creak of a wooden chair, the soft turning of pages. Occasionally, the sound of a printing press and the hum of a European city in the 1860s.
Source du portrait
wikimedia
Aller plus loin
Références
Ĺ’uvres
Un souvenir de Solférino
1862
Fondation du Comité international de secours aux militaires blessés (futur CICR)
1863
Convention de Genève pour l'amélioration du sort des blessés dans les armées en campagne
1864
L'Avenir du sang (essai)
1863
Fraternité et charité internationales en temps de guerre
1864




