Henri Dunant(1828 — 1910)

Henri Dunant

Suisse

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SociétéHumanitaireXIXe siècleFondateur de la Croix-Rouge, premier Nobel de la paix

Fondateur de la Croix-Rouge, premier Nobel de la paix

Questions fréquentes

Henri Dunant (1828-1910) est un philanthrope genevois qui, après avoir vécu l'horreur de la bataille de Solférino en 1859, a fondé la Croix-Rouge et inspiré la première Convention de Genève en 1864. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a transformé une expérience traumatisante en une organisation humanitaire universelle et en un droit international protégeant les blessés de guerre. Il a reçu le tout premier prix Nobel de la paix en 1901.

Faits marquants

  • En 1859, il est témoin de la bataille de Solférino et organise les secours aux blessés des deux camps avec l'aide de la population civile
  • En 1862, il publie 'Un souvenir de Solférino', ouvrage qui inspire la création d'organismes de secours neutres
  • En 1863, il cofonde le Comité international de secours aux blessés, qui deviendra le Comité international de la Croix-Rouge (CICR)
  • La Convention de Genève de 1864, directement inspirée par ses idées, établit les règles internationales de protection des blessés de guerre
  • En 1901, il reçoit le tout premier prix Nobel de la paix, partagé avec Frédéric Passy

Œuvres & réalisations

Un souvenir de Solférino (1862)

Récit autobiographique et plaidoyer humanitaire décrivant l'horreur de la bataille de Solférino et proposant la création de sociétés nationales de secours. Ce livre est à l'origine directe de la création de la Croix-Rouge et de la Convention de Genève.

Fondation du Comité international de secours aux militaires blessés (futur CICR) (1863)

Avec quatre autres Genevois (le 'Comité des Cinq'), Dunant crée l'ancêtre du Comité international de la Croix-Rouge. C'est la première organisation humanitaire internationale à vocation universelle.

Convention de Genève pour l'amélioration du sort des blessés dans les armées en campagne (1864)

Premier traité de droit international humanitaire, signé par 16 États à Genève. Il pose le principe de la neutralité des blessés, des médecins et des hôpitaux militaires, et autorise l'emblème de la Croix-Rouge.

L'Avenir du sang (essai) (1863)

Essai dans lequel Dunant réfléchit aux moyens de réduire les violences de la guerre et de protéger les populations civiles, anticipant des débats qui marqueront le droit humanitaire du XXe siècle.

Fraternité et charité internationales en temps de guerre (1864)

Brochure diffusée lors de la conférence de Genève pour convaincre les États de signer la Convention. Dunant y expose les principes d'humanité, d'impartialité et de neutralité qui deviendront les fondements de la Croix-Rouge.

Anecdotes

En juin 1859, Henri Dunant se rend en Italie du Nord pour rencontrer Napoléon III et défendre des intérêts commerciaux en Algérie. Il arrive par hasard à Solférino le lendemain d'une bataille sanglante opposant les armées franco-piémontaises aux Autrichiens : près de 40 000 blessés gisent abandonnés sur le champ de bataille. Sans aucune formation médicale, il organise spontanément les secours avec les habitants du village, répétant aux volontaires : 'Tutti fratelli' (tous frères), sans distinction de nationalité.

Après Solférino, Dunant rentre à Genève profondément traumatisé. Il rédige 'Un souvenir de Solférino' en 1862, qu'il finance et imprime à ses frais. Il envoie le livre à des souverains, généraux et philanthropes à travers toute l'Europe. L'ouvrage provoque une émotion immédiate et déclenche une mobilisation internationale qui aboutira à la création de la Croix-Rouge l'année suivante.

En 1867, Dunant fait faillite à cause de ses affaires algériennes négligées pendant ses activités humanitaires. Ruiné et décrédibilisé, il est contraint de quitter la Croix-Rouge qu'il a fondée et tombe dans un oubli presque total pendant plus de vingt ans. Il vit dans une misère profonde, dormant dans des asiles de nuit à Paris et à Londres, totalement ignoré du monde.

En 1895, un journaliste suisse retrouve Dunant par hasard dans un hospice du village d'Heiden, en Appenzell. L'article publié dans la presse européenne provoque une redécouverte stupéfaite : le fondateur de la Croix-Rouge vivait dans l'indigence depuis des décennies. Cette révélation entraîne une vague de reconnaissance internationale et, en 1901, Dunant reçoit le tout premier prix Nobel de la paix, qu'il partage avec l'économiste Frédéric Passy.

Dunant utilisa la quasi-totalité de l'argent du prix Nobel pour rembourser des dettes et faire des dons à des œuvres caritatives norvégiennes et suisses. Il mourut en 1910 dans cet hospice d'Heiden, sans fortune mais comblé d'honneurs tardifs. Dans son testament, il légua le reste de ses économies à des œuvres humanitaires, fidèle jusqu'au bout à l'idéal qui avait guidé toute sa vie.

Sources primaires

Un souvenir de Solférino (1862)
La plaine était jonchée de cadavres humains et de chevaux morts ; les routes, les fossés, les ravins étaient semés de morts et de mourants, et le terrain était couvert de débris de toute sorte.
Convention de Genève pour l'amélioration du sort des blessés dans les armées en campagne (22 août 1864)
Les militaires blessés ou malades seront recueillis et soignés, à quelque nation qu'ils appartiennent. Les généraux des Puissances belligérantes auront à charge de prévenir les habitants sur les appels à leur humanité et sur la neutralité qui en sera la conséquence.
Lettre de Dunant au général Guillaume-Henri Dufour (1862)
Il faudrait, en temps de paix et de tranquillité, former des sociétés de secours dont le but serait de faire donner des soins aux blessés en temps de guerre par des volontaires zélés, dévoués et bien qualifiés pour semblable œuvre.
Discours de présentation du prix Nobel de la paix, Comité Nobel norvégien (10 décembre 1901)
Sans Henri Dunant, la Croix-Rouge, le plus grand mouvement humanitaire de notre époque, n'aurait vraisemblablement jamais été fondé ou du moins n'aurait pas été fondé aussi rapidement.
Mémoires d'Henri Dunant (manuscrit, archives CICR) (vers 1900)
J'étais, pour ainsi dire, un instrument entre les mains de Dieu. Je n'avais que le mérite d'être au bon endroit au bon moment, et de ne pas avoir fui devant l'horreur.

Lieux clés

Solférino, Lombardie (Italie)

Ville italienne où se déroula le 24 juin 1859 la bataille qui traumatisa Dunant et inspira la création de la Croix-Rouge. Le Musée de Solférino conserve aujourd'hui des témoignages de cet épisode fondateur.

Genève, Suisse

Ville natale de Dunant et berceau de la Croix-Rouge internationale. C'est ici qu'en 1863 fut fondé le Comité des Cinq et qu'en 1864 fut signée la première Convention de Genève.

Heiden, Appenzell Rhodes-Extérieures (Suisse)

Petit village suisse où Dunant passa les vingt dernières années de sa vie dans un modeste hospice. C'est là qu'il fut redécouvert en 1895 et qu'il mourut en 1910.

Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève

Musée consacré à l'histoire du mouvement humanitaire fondé par Dunant, installé à Genève, siège permanent du CICR. Il conserve les archives et objets liés à l'action de Dunant.

Paris, France

Dunant y séjourna longuement après sa faillite, vivant dans la misère tout en continuant à militer pour la paix et le désarmement. Il y assista à la Commune de Paris (1871) et à ses atrocités.

Liens externes & ressources

Œuvres

Fondation du Comité international de secours aux militaires blessés (futur CICR)

1863

Convention de Genève pour l'amélioration du sort des blessés dans les armées en campagne

1864

Fraternité et charité internationales en temps de guerre

1864

Voir aussi