Épicure(341 av. J.-C. — 269 av. J.-C.)

Épicure

Athènes

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PhilosophiePhilosopheAntiquitéIVe-IIIe siècle av. J.-C., époque hellénistique

Philosophe grec (341-270 av. J.-C.) fondateur de l'épicurisme, école philosophique basée à Athènes. Il défend une conception du bonheur fondée sur l'absence de douleur (aponie) et de crainte (ataraxie), à travers la satisfaction mesurée des désirs naturels et nécessaires.

Questions fréquentes

Épicure (341-270 av. J.-C.) est le fondateur de l'épicurisme, l'une des grandes écoles philosophiques de l'Antiquité. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a proposé une conception du bonheur radicalement différente de celle de Platon ou Aristote : pour lui, le but de la vie est le plaisir, mais un plaisir stable et mesuré, défini comme l'absence de douleur corporelle (aponie) et de trouble de l'âme (ataraxie). Son école, le Jardin, fondée à Athènes vers 306 av. J.-C., accueillait femmes et esclaves, ce qui était révolutionnaire. Son influence est immense : Lucrèce a diffusé ses idées à Rome, et l'épicurisme a inspiré des penseurs modernes comme Gassendi et les matérialistes.

Citations célèbres

« Le plaisir est le bien premier et naturel ; c'est lui que nous recherchons dès la naissance. »
« Quand nous disons que le plaisir est le but de la vie, nous entendons non les plaisirs des débauches, mais l'absence de souffrance du corps et de trouble de l'âme. »
« La richesse demandée par la nature est limitée et facile à acquérir ; celle demandée par les vaines opinions s'étend jusqu'à l'infini. »

Faits marquants

  • 307 av. J.-C. : fonde son école philosophique à Athènes, appelée 'le Jardin'
  • Développe sa philosophie du bonheur basée sur l'ataraxie (absence de perturbation) et l'aponie (absence de douleur)
  • Distingue trois catégories de désirs : naturels et nécessaires, naturels mais non nécessaires, vains et illimités
  • Sa doctrine est souvent mal interprétée comme encourageant la débauche, alors qu'elle prône la modération
  • 270 av. J.-C. : décès à Athènes ; son école continue d'influencer la philosophie antique et perdure plusieurs siècles

Œuvres & réalisations

Lettre à Ménécée (fin du IVe siècle av. J.-C.)

Lettre exposant l'éthique épicurienne : classification des désirs, quadruple remède (tetrapharmakos), et voie vers le bonheur. C'est le texte le plus accessible d'Épicure, souvent étudié en classe de philosophie.

Lettre à Hérodote (fin du IVe siècle av. J.-C.)

Résumé de la physique épicurienne : théorie atomiste, nature de l'univers infini, explication matérialiste des phénomènes. Elle constitue un abrégé de son grand traité De la nature.

Lettre à Pythoclès (fin du IVe siècle av. J.-C.)

Lettre consacrée aux phénomènes célestes et météorologiques, visant à libérer les hommes de la peur superstitieuse en proposant des explications naturelles rationnelles.

Maximes capitales (Kyriai doxai) (fin du IVe siècle av. J.-C.)

Recueil de quarante maximes résumant les principes fondamentaux de l'épicurisme. Elles servaient d'aide-mémoire aux disciples pour la pratique quotidienne de la philosophie.

Sentences vaticanes (fin du IVe siècle av. J.-C.)

Collection de 81 sentences retrouvée dans un manuscrit du Vatican au XIXe siècle. Elles complètent les Maximes capitales et offrent des conseils pratiques sur l'amitié, le plaisir et la sagesse.

De la nature (Peri physeôs) (fin du IVe siècle av. J.-C.)

Œuvre majeure en 37 livres exposant l'ensemble de la physique épicurienne. Largement perdue, des fragments ont été retrouvés dans les papyrus carbonisés d'Herculanum.

Anecdotes

Épicure a fondé son école, le Jardin, vers 306 av. J.-C. à Athènes, dans un simple jardin attenant à sa maison. Contrairement aux autres écoles philosophiques qui enseignaient dans des lieux prestigieux, ce choix modeste reflétait sa philosophie de la simplicité. Le Jardin accueillait aussi bien des hommes que des femmes et même des esclaves, ce qui était révolutionnaire pour l'époque.

Selon Diogène Laërce, Épicure aurait écrit environ 300 rouleaux au cours de sa vie, ce qui en faisait l'un des auteurs les plus prolifiques de l'Antiquité. Malheureusement, l'immense majorité de son œuvre a été perdue et nous ne conservons que trois lettres et quelques maximes transmises par la tradition.

Sur son lit de mort, Épicure aurait écrit une dernière lettre à son ami Idoménée, dans laquelle il déclarait que malgré d'atroces douleurs causées par des calculs rénaux, il restait heureux grâce au souvenir de leurs conversations philosophiques passées. Cette anecdote, rapportée par Diogène Laërce, illustre la mise en pratique concrète de sa philosophie face à la souffrance.

Épicure organisait chaque mois un banquet commémoratif modeste avec ses disciples. Contrairement à ce que laisse penser le mot « épicurien » aujourd'hui, ces repas étaient frugaux : du pain, de l'eau et parfois un peu de fromage. Il demandait même dans son testament que cette tradition soit perpétuée après sa mort.

Originaire de Samos, Épicure était fils d'un colon athénien. À 18 ans, il se rendit à Athènes pour accomplir son service militaire (éphébie) et y aurait croisé le philosophe Xénocrate à l'Académie. C'est après avoir été chassé de Samos par les Macédoniens qu'il développa pleinement sa philosophie et fonda son école.

Sources primaires

Lettre à Ménécée (fin du IVe siècle av. J.-C.)
Quand nous disons que le plaisir est la fin, nous ne parlons pas des plaisirs des débauchés ni de ceux qui consistent dans la jouissance, mais du fait de ne pas souffrir dans son corps et de ne pas être troublé dans son âme.
Lettre à Hérodote (fin du IVe siècle av. J.-C.)
Rien ne naît de ce qui n'est pas. Car tout naîtrait de tout, sans avoir aucunement besoin de semences. Et si ce qui disparaît se détruisait en passant dans le non-être, toutes les choses auraient péri, faute d'existences en lesquelles elles se fussent résolues.
Maximes capitales (fin du IVe siècle av. J.-C.)
La mort n'est rien pour nous : car ce qui est dissous est insensible, et ce qui est insensible n'est rien pour nous.
Vies et doctrines des philosophes illustres, Livre X (Diogène Laërce) (début du IIIe siècle apr. J.-C.)
Épicure, fils de Néoclès et de Chérestrate, Athénien, du dème de Gargette. Il commença à philosopher à l'âge de quatorze ans. Il fonda son école dans un jardin qu'il acheta pour quatre-vingts mines.
De la nature des choses (Lucrèce) (Ier siècle av. J.-C.)
Quand la vie humaine gisait sur terre, spectacle repoussant, écrasée sous le poids de la religion, un homme de Grèce osa le premier lever les yeux mortels contre elle et le premier lui résister.

Lieux clés

Samos

Île grecque de la mer Égée où Épicure est né et a grandi. Son père y était colon athénien et instituteur.

Athènes – Le Jardin (Kepos)

Jardin situé entre l'Académie et le Dipylon, où Épicure fonda son école vers 306 av. J.-C. C'est là qu'il enseigna pendant plus de trente ans jusqu'à sa mort.

Mytilène (Lesbos)

Ville où Épicure fonda sa première école vers 311 av. J.-C., avant d'être contraint de partir en raison de l'hostilité des philosophes aristotéliciens locaux.

Lampsaque

Cité d'Asie Mineure où Épicure enseigna avant de s'installer à Athènes. Il y recruta des disciples fidèles comme Métrodore et Polyène.

Colophon

Ville d'Ionie où la famille d'Épicure se réfugia après l'expulsion des colons athéniens de Samos. C'est là qu'il commença à approfondir sa réflexion philosophique.

Liens externes & ressources

Voir aussi