Homme politique français (1841-1899), président de la République de 1895 à sa mort. Issu de la bourgeoisie du Havre, il marqua son mandat par l'Affaire Dreyfus et mourut subitement à l'Élysée dans des circonstances restées célèbres.
Félix Faure(1841 — 1899)
Félix Faure
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 1841 : naissance à Paris, issu d'une famille de la bourgeoisie commerçante installée au Havre
- 1895 : élu président de la République après la démission de Casimir-Perier
- 1897-1898 : maintient une position dreyfusarde réservée lors du pic de l'Affaire Dreyfus
- 1897 : reçoit le tsar Nicolas II à Paris, renforçant l'alliance franco-russe
- 16 février 1899 : mort à l'Élysée d'une apoplexie, dans des circonstances intimes restées dans la mémoire collective
Œuvres & réalisations
Faure fit de l'Alliance franco-russe — contrepoids à la Triple Alliance germano-austro-italienne — l'axe central de sa politique étrangère. La visite du tsar à Paris en 1896 et sa propre visite à Saint-Pétersbourg en 1897 ancrent cette alliance comme pilier de la sécurité française pour les décennies à venir.
Face à la confrontation franco-britannique au Soudan, Faure choisit la voie diplomatique et ordonna le retrait des troupes du commandant Marchand, évitant la guerre mais acceptant un recul humiliant. Cet épisode accéléra paradoxalement la réconciliation franco-britannique qui mènerait à l'Entente cordiale de 1904.
Sous sa présidence, la France consolida son empire colonial : annexion de Madagascar (1896), organisation de l'Afrique occidentale française, avancées en Afrique équatoriale. Faure soutint cette politique d'expansion héritée de Jules Ferry.
Faure supervisa les premiers travaux et décisions préparatoires à l'Exposition universelle de Paris de 1900, destinée à célébrer l'entrée dans le nouveau siècle. Il mourut avant d'en voir l'inauguration triomphale, qui marqua l'apogée de la Belle Époque.
Anecdotes
Félix Faure est mort le 16 janvier 1899 à l'Élysée dans des circonstances restées célèbres : il s'effondra d'une congestion cérébrale lors d'une rencontre avec sa maîtresse, Marguerite Steinheil. L'incident donna lieu à la saillie irrévérencieuse de Georges Clemenceau : « Il voulait être César, il ne fut que Pompée. »
Homme d'affaires avant d'être homme d'État, Félix Faure avait fait fortune dans le commerce de peaux et fourrures au Havre avant de se lancer en politique. Sa réussite illustre la méritocratie républicaine de la IIIe République : sans noblesse ni grandes études, il accéda à la plus haute fonction de l'État.
En octobre 1896, le tsar Nicolas II et la tsarine Alexandra visitèrent Paris dans un faste extraordinaire. Faure, qui aimait le protocole et les cérémonies, accueillit les souverains russes avec une pompe qui lui valut le surnom ironique de « Président Soleil ». Cette visite scella symboliquement l'Alliance franco-russe.
Lors de la publication de « J'accuse…! » par Émile Zola le 13 janvier 1898 dans L'Aurore — une lettre ouverte adressée directement à Félix Faure — le président refusa catégoriquement de réexaminer l'affaire Dreyfus. Son entêtement anti-dreyfusard contribua à polariser durablement l'opinion française.
En septembre 1898, la crise de Fachoda faillit provoquer une guerre entre la France et le Royaume-Uni, les deux puissances se disputant le contrôle du Soudan. Faure dut gérer diplomatiquement cet incident majeur, qui se conclut par le recul français et laissa un sentiment amer dans l'opinion nationaliste.
Sources primaires
Monsieur le Président, me permettez-vous, dans ma gratitude pour le bienveillant accueil que vous m'avez fait un jour, d'avoir le souci de votre juste gloire et de vous dire que votre étoile, si heureuse jusqu'ici, est menacée de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des taches ?
M. Félix Faure a été élu Président de la République française par l'Assemblée nationale réunie en Congrès à Versailles, au second tour de scrutin, avec 430 voix contre 361 à M. Henri Brisson.
La France et la Russie, animées d'un égal désir de maintenir la paix et n'ayant d'autre but que de pourvoir aux nécessités d'une guerre défensive provoquée par une attaque des forces de la Triple Alliance contre l'une ou l'autre d'entre elles, sont convenues des dispositions suivantes.
L'union des deux nations, fondée sur l'estime mutuelle et la communauté de leurs intérêts, est un gage de paix pour l'Europe et pour le monde. La France salue en Votre Majesté le souverain d'un grand peuple ami.
Lieux clés
Félix Faure est né le 30 janvier 1841 à Paris. Sa famille quitta rapidement la capitale pour s'installer au Havre, où le jeune Félix construisit sa fortune commerciale et lança sa carrière politique.
C'est au Havre que Faure fit sa carrière de négociant en peaux et fourrures, s'enrichit et entra en politique comme conseiller municipal puis député. La ville portuaire normande est indissociable de son ascension sociale et politique.
Résidence officielle du président de la République, l'Élysée fut le cadre de toute la présidence de Faure (1895-1899). C'est également là qu'il mourut subitement le 16 janvier 1899, dans des circonstances qui défrayèrent la chronique.
C'est à Versailles, où siégeait le Congrès (Sénat et Chambre des députés réunis), que Félix Faure fut élu président de la République le 17 janvier 1895, au deuxième tour de scrutin.
En août 1897, Félix Faure effectua une visite officielle en Russie et rencontra le tsar Nicolas II. Cette visite consolida l'Alliance franco-russe et constitua l'un des temps forts de la diplomatie de son mandat.
Félix Faure fut inhumé au Père-Lachaise, où son tombeau monumental — orné d'une figure allégorique de la République en bronze par le sculpteur René de Saint-Marceaux — est devenu un objet de curiosité pour les visiteurs.
Objets typiques

Symbole de la bourgeoisie républicaine et de la dignité présidentielle, le haut-de-forme était le couvre-chef de rigueur pour toutes les cérémonies officielles. Faure, soucieux de son image, ne négligeait aucun détail vestimentaire.

Portée lors des cérémonies officielles, l'écharpe tricolore symbolisait l'autorité et la légitimité républicaine du chef de l'État. Faure, qui aimait le protocole, en faisait un usage fréquent et ostentatoire.

Le bureau présidentiel, héritage de l'Empire aménagé sous la IIIe République, était le lieu depuis lequel Faure signait décrets et dépêches diplomatiques. C'est dans ses appartements que sa mort survint le 16 janvier 1899.

Les télégrammes diplomatiques codés étaient le principal outil de communication entre le président et les ambassades. Faure en reçut d'urgents lors de la crise de Fachoda en 1898, qui menaçait d'opposer la France au Royaume-Uni.

Avant de faire de la politique, Faure tenait les registres de sa maison de commerce de peaux et fourrures au Havre. Ces documents témoignent de ses origines bourgeoises commerçantes, loin des dynasties politiques aristocratiques.

Sous la IIIe République, la photographie officielle du président ornait les mairies et les bâtiments publics de toute la France. Faure, conscient de son image, soigna ses portraits officiels, contribuant à populariser la figure du chef d'État républicain.
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Vie quotidienne
Matin
Félix Faure se levait tôt et consacrait ses matinées à la lecture des dépêches diplomatiques transmises par le Quai d'Orsay, puis aux audiences de ses ministres et collaborateurs. Il parcourait attentivement la presse politique — Le Figaro, Le Temps, L'Aurore — pour prendre le pouls de l'opinion publique et de la presse d'opposition.
Après-midi
Les après-midi étaient souvent occupés par des cérémonies officielles, des conseils des ministres ou des visites d'État. Faure affectionnait les défilés militaires et les réceptions somptueuses, ce qui lui valut d'être moqué pour son amour du protocole, dans un régime républicain pourtant méfiant envers le faste.
Soir
Les soirées présidentielles se déroulaient fréquemment lors de dîners d'État réunissant diplomates, ministres et personnalités du monde des arts et des affaires. Homme sociable issu du milieu négociant, Faure cultivait ces réseaux avec soin et appréciait la conversation mondaine.
Alimentation
Comme tout bourgeois aisé de la Belle Époque, Faure appréciait la gastronomie française classique : viandes en sauce, fruits de mer normands (huîtres, soles de la Manche), vins de Bordeaux et champagne. Les banquets officiels à l'Élysée étaient réputés pour leur qualité et leur nombre de convives.
Vêtements
Faure portait l'habit noir de rigueur — redingote sombre pour les journées de travail, frac et plastron blanc pour les soirées officielles — toujours accompagné du haut-de-forme en soie. Soucieux de son allure, il incarnait l'image du notable républicain élégant et digne de sa charge.
Habitat
Le palais de l'Élysée, résidence officielle depuis 1873, était meublé avec faste, mêlant héritages du Second Empire et réaménagements républicains. Faure y vivait entouré de domestiques, secrétaires particuliers et gardes républicains, conservant par ailleurs des attaches affectives avec Le Havre, sa ville adoptive.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Consolidation de l'Alliance franco-russe
1895-1897
Gestion de la crise de Fachoda
Septembre-novembre 1898
Expansion coloniale française
1895-1899
Préparation de l'Exposition universelle de 1900
1896-1899






