François d'Anjou

François de France, duc d'Anjou et d'Alençon

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PolitiqueMilitaireRenaissanceFrance de la fin du XVIe siècle, déchirée par les guerres de Religion sous le règne de ses frères Charles IX puis Henri III.

Dernier fils d'Henri II et de Catherine de Médicis, il fut une figure ambitieuse des guerres de Religion. Chef des « Malcontents », prétendant à la main d'Élisabeth Ire et brièvement souverain des Pays-Bas révoltés, sa mort en 1584 ouvrit la crise de succession au trône de France.

Questions fréquentes

François de France, duc d'Anjou et d'Alençon, était le dernier fils d'Henri II et de Catherine de Médicis. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il fut une figure clé des guerres de Religion en tant que chef des « Malcontents », un parti mêlant catholiques modérés et protestants. Contrairement à ses frères rois, il n'hésita pas à s'allier aux huguenots pour affaiblir le pouvoir royal, allant jusqu'à prendre les armes en 1575 pour arracher l'édit de Beaulieu, l'un des plus favorables aux protestants. Sa mort sans héritier en 1584 ouvrit la crise de succession qui mena à la guerre des Trois Henri.

Faits marquants

  • Né en 1555, plus jeune fils d'Henri II et de Catherine de Médicis
  • Prend la tête du parti des « Malcontents » contre son frère Henri III dans les années 1570
  • Courtisé par la reine Élisabeth Ire d'Angleterre comme époux potentiel (vers 1579-1581)
  • Devient « seigneur des Pays-Bas » en 1581 mais échoue après la « Furie française » d'Anvers en 1583
  • Meurt en 1584 sans héritier, déclenchant la crise de succession au profit d'Henri de Navarre

Œuvres & réalisations

Direction du parti des Malcontents (1575-1576)

François fédéra catholiques modérés et protestants mécontents du pouvoir royal, devenant un acteur militaire et politique majeur des guerres de Religion.

Négociation de la Paix de Monsieur (Édit de Beaulieu) (1576)

Sa pression armée força le roi à accorder un édit très favorable aux protestants, l'un des plus larges concessions de tout le conflit.

Intervention militaire aux Pays-Bas (1578-1583)

Il engagea des troupes françaises pour soutenir la révolte des Provinces-Unies contre l'Espagne de Philippe II.

Cour matrimoniale auprès d'Élisabeth Ire (1579-1581)

Ses tractations pour épouser la reine d'Angleterre eurent un fort retentissement diplomatique européen, bien qu'elles n'aboutirent jamais.

Souveraineté sur les Pays-Bas révoltés (1580-1582)

Reconnu duc de Brabant et seigneur des provinces, il tenta d'y fonder une autorité française face à l'Espagne.

La « Furie française » d'Anvers (1583)

Sa tentative de coup de force pour prendre le contrôle d'Anvers tourna au massacre de ses troupes et ruina sa réputation politique.

Anecdotes

François fut d'abord prénommé Hercule à sa naissance en 1555, mais il changea de prénom après une enfance marquée par la variole qui défigura son visage. Cette maladie lui laissa des cicatrices et un nez déformé, ce qui ne l'empêcha pas de devenir l'un des partis matrimoniaux les plus convoités d'Europe.

Surnommée affectueusement « ma petite grenouille » par la reine Élisabeth Ire d'Angleterre, François courtisa la souveraine pendant des années. Malgré la grande différence d'âge — elle avait plus de vingt ans de plus que lui — la reine sembla réellement éprouver de l'attachement, mais le mariage ne se fit jamais pour des raisons politiques et religieuses.

En 1578, les Provinces-Unies révoltées contre l'Espagne lui offrirent le titre de « Défenseur de la liberté des Pays-Bas ». Mais en 1583, frustré par le peu de pouvoir réel qu'on lui laissait, il tenta un coup de force pour s'emparer d'Anvers : ce fut la « Furie française », un désastre où ses troupes furent massacrées par les habitants.

Sa mort en 1584, sans héritier, fit de son frère Henri III le dernier des Valois sans descendance, plaçant le protestant Henri de Navarre en position d'héritier du trône. Cet événement déclencha la guerre des Trois Henri et une nouvelle phase sanglante des guerres de Religion.

Chef du parti des « Malcontents », François s'allia tantôt aux catholiques modérés, tantôt aux protestants, jouant un double jeu contre ses propres frères. Sa duplicité et son ambition incessante en firent un acteur imprévisible et redouté de la cour des Valois.

Sources primaires

Mémoires de l'estat de France sous Charles IX (1576)
Le duc d'Alençon, dernier des fils du roi Henri, se mit à la teste des mécontents, espérant tirer avantage des troubles du royaume.
Édit de Beaulieu (Paix de Monsieur) (mai 1576)
Accordé en faveur de notre très cher et très aimé frère le duc d'Anjou, par lequel liberté est rendue à ceux de la religion prétendue réformée.
Correspondance de la reine Élisabeth Ire d'Angleterre (circa 1581)
Mon cher Monsieur, ma grenouille, je vous assure de mon affection constante, encore que les affaires de nos royaumes nous tiennent éloignés.
Acte d'Abjuration et offre de souveraineté des États généraux des Pays-Bas (1580)
Les États ont résolu d'appeler à la souveraineté de ces provinces François, duc d'Anjou, frère du roi de France, comme prince et seigneur de ces pays.

Lieux clés

Château de Fontainebleau

Résidence royale où François naquit en 1555. Ce palais Renaissance était l'un des grands centres de la cour des Valois.

Château de Château-Thierry

Lieu où François mourut en 1584, miné par la maladie après ses échecs aux Pays-Bas. Sa mort y déclencha la crise dynastique.

Anvers

Ville des Pays-Bas où François tenta de s'emparer du pouvoir par la force lors de la « Furie française » de 1583, soldée par un désastre.

Londres (cour d'Angleterre)

François s'y rendit en 1581 pour courtiser la reine Élisabeth Ire. Sa visite marqua l'apogée de leurs négociations matrimoniales.

Paris (palais du Louvre)

Centre du pouvoir royal où François intrigua contre ses frères Charles IX et Henri III. Il y fut un temps surveillé de près par la cour.

Voir aussi