Agrippa d'Aubigné(1552 — 1630)
Théodore Agrippa d'Aubigné
France
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Écrivain, poète et homme de guerre français, figure majeure du protestantisme. Compagnon d'armes d'Henri de Navarre (futur Henri IV), il est l'auteur des Tragiques, grande épopée des guerres de Religion.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1552 près de Pons, en Saintonge, dans une famille protestante
- Devient compagnon d'armes et écuyer d'Henri de Navarre à partir de 1573
- Publie son recueil épique Les Tragiques en 1616, dénonçant les persécutions des protestants
- Rédige l'Histoire universelle, chronique des guerres de Religion (publiée à partir de 1616)
- S'exile à Genève en 1620 où il meurt en 1630
Œuvres & réalisations
Grande épopée en sept livres dénonçant les souffrances des guerres de Religion ; chef-d'œuvre de la poésie baroque française et de la littérature protestante.
Recueil de poésie amoureuse de jeunesse, inspiré par sa passion pour Diane Salviati, dans la veine de la Pléiade.
Vaste chronique des guerres de Religion de 1550 à 1601, écrite par un témoin engagé ; œuvre majeure de l'historiographie protestante.
Satire en prose opposant le « paraître » de la cour à l'« être » des hommes de conviction ; œuvre comique et mordante.
Mémoires autobiographiques rédigés à l'intention de ses enfants, précieux témoignage sur sa vie et son époque.
Pamphlet satirique tournant en dérision les conversions intéressées au catholicisme, à travers le personnage de Nicolas de Sancy.
Anecdotes
Né à Pons en 1552, le jeune Agrippa est un enfant prodige : on raconte qu'il lit le latin, le grec et l'hébreu dès l'âge de six ans. À huit ans à peine, traversant Amboise, son père lui montre les têtes des conjurés protestants exposées sur le gibet et lui fait jurer de venger cette cause, serment qui marquera toute sa vie.
Pendant les guerres de Religion, blessé et laissé pour mort après un combat, Agrippa aurait commencé à composer dans sa tête les premiers vers des Tragiques, son grande épopée. Il portera ce poème en lui pendant des décennies avant de le publier, longtemps après les événements qu'il raconte.
Fidèle compagnon d'armes d'Henri de Navarre, Agrippa ne lui pardonna jamais son abjuration de 1593 (« Paris vaut bien une messe »). Esprit libre et caustique, il osait dire ses vérités au roi, ce qui lui valut estime mais aussi disgrâce, car Henri IV disait de lui qu'il était à la fois le plus fidèle et le plus impertinent de ses serviteurs.
Vieillissant et menacé en France après l'assassinat d'Henri IV, Agrippa s'exila à Genève en 1620. Il y fut accueilli avec honneur par la cité protestante et y termina sa vie, continuant d'écrire et de défendre la cause réformée jusqu'à sa mort en 1630.
Agrippa d'Aubigné est l'ancêtre d'une descendance célèbre : sa petite-fille, Françoise d'Aubigné, deviendra Madame de Maintenon, épouse secrète du roi Louis XIV. Le farouche huguenot eut ainsi pour héritière une femme qui régna discrètement sur la cour catholique de Versailles.
Sources primaires
Je veux peindre la France une mère affligée, / Qui est, entre ses bras, de deux enfants chargée.
Récit où Agrippa d'Aubigné raconte à ses propres enfants les épisodes de sa vie, ses combats et son engagement pour la foi réformée.
Vaste chronique des guerres de Religion en France, de 1550 à 1601, écrite par un témoin et acteur engagé du camp protestant.
Satire en prose dénonçant, à travers le personnage du gascon Faeneste, le « paraître » de la cour face à l'« être » des hommes de foi.
Lieux clés
Ville de l'ouest de la France près de laquelle Agrippa d'Aubigné naît en 1552 dans une famille protestante.
Lieu de la conjuration de 1560 dont les supplices marquèrent à jamais le jeune Agrippa et scellèrent son engagement protestant.
Résidence où Agrippa s'établit durant son exil, défendant la cité réformée. Il passa ses dernières années dans la région genevoise.
Cité-refuge du protestantisme où Agrippa s'exile en 1620 et meurt en 1630, accueilli avec honneur par la ville de Calvin.
Capitale où Agrippa séjourna à la cour d'Henri IV et qui fut le théâtre du massacre de la Saint-Barthélemy en 1572.
Place forte protestante dont Agrippa fut gouverneur, qu'il fortifia et défendit après les guerres de Religion.
