François Rabelais(1500 — 1553)

François Rabelais

royaume de France

6 min de lecture

LettresÉcrivain(e)MédecinRenaissanceXVIe siècle (Renaissance française)

Écrivain français humaniste du XVIe siècle, Rabelais est l'auteur de Gargantua et Pantagruel, des romans de géants mêlant satire, fantaisie et critique sociale. Moine, médecin et érudit, il incarne l'esprit de la Renaissance par son approche novatrice de la littérature et sa célébration de la culture antique.

Questions fréquentes

François Rabelais (1500-1553) est un écrivain, médecin et humaniste du XVIe siècle, auteur des aventures des géants Gargantua et Pantagruel. Ce qui le rend décisif, c'est qu'il incarne l'esprit de la Renaissance en mêlant érudition antique, satire sociale et invention linguistique. Moine devenu médecin, il a utilisé son œuvre pour critiquer l'enseignement scolastique et promouvoir une éducation humaniste. Pour comprendre cela, il faut se rappeler qu'à son époque, la redécouverte des textes grecs et latins bouleversait les savoirs. Rabelais n'est pas seulement un auteur comique : il est un passeur de la culture antique et un défenseur de la liberté de pensée.

Citations célèbres

« Fais ce que tu voudras »
« Science sans conscience n'est que ruine de l'âme »

Faits marquants

  • Vers 1500 : naissance à Chinon en Touraine
  • 1532 : publication de Pantagruel, premier succès littéraire
  • 1534 : publication de Gargantua, qui approfondit son projet humaniste
  • 1546 : publication du Tiers Livre, consolidant son œuvre majeure
  • 1553 : mort à Paris

Œuvres & réalisations

Pantagruel (1532)

Premier roman publié de Rabelais, racontant les aventures du géant Pantagruel fils de Gargantua. L'ouvrage mêle érudition humaniste, comique grotesque et satire de la scolastique.

Gargantua (1534)

Récit de la vie du géant Gargantua, père de Pantagruel, de son éducation humaniste et des guerres picrocholines. Le roman contient la célèbre description de l'abbaye de Thélème.

Le Tiers Livre (1546)

Troisième volet des aventures de Pantagruel, centré sur la question du mariage de Panurge. C'est le premier livre signé du vrai nom de Rabelais, censuré par la Sorbonne.

Le Quart Livre (1552)

Récit du voyage maritime de Pantagruel et ses compagnons vers l'oracle de la Dive Bouteille. L'œuvre multiplie les allégories satiriques contre l'intolérance religieuse.

Édition des Aphorismes d'Hippocrate (1532)

Édition commentée en latin du texte médical grec d'Hippocrate, publiée à Lyon. Ce travail savant témoigne de la double activité de Rabelais, médecin et philologue.

Le Cinquième Livre (attribution discutée) (1564)

Publié après la mort de Rabelais, ce livre conclut le voyage vers l'oracle de la Dive Bouteille. Son authenticité est débattue : il pourrait contenir des brouillons de Rabelais complétés par d'autres.

Anecdotes

Rabelais fut d'abord moine franciscain au couvent de Fontenay-le-Comte, mais ses supérieurs lui confisquèrent ses livres de grec, jugés suspects. Il obtint alors l'autorisation du pape de passer chez les bénédictins, un ordre plus tolérant envers les études humanistes.

En 1532, Rabelais publia Pantagruel sous le pseudonyme d'Alcofribas Nasier, qui est l'anagramme parfaite de François Rabelais. Ce stratagème lui permettait de se protéger de la censure de la Sorbonne, qui condamna rapidement l'ouvrage comme obscène.

Rabelais était un médecin réputé à l'Hôtel-Dieu de Lyon. Il y pratiqua des dissections anatomiques publiques, ce qui était encore très rare et controversé à l'époque. Ses connaissances médicales imprègnent toute son œuvre littéraire.

Rabelais accompagna à deux reprises l'évêque Jean du Bellay à Rome en tant que médecin personnel. Il en profita pour étudier la botanique et rapporta en France des graines de laitue romaine, de melons et d'artichauts, contribuant à enrichir la cuisine française.

L'abbaye de Thélème, décrite dans Gargantua, est un lieu utopique dont la seule règle est « Fais ce que voudras ». Cette invention littéraire s'opposait point par point aux monastères réels que Rabelais avait connus, avec leurs règles strictes et leur austérité.

Sources primaires

Gargantua, chapitre 57 – La règle de Thélème (1534)
Toute leur vie estoit employée non par loix, statuz ou reigles, mais selon leur vouloir et franc arbitre. Se levoient du lict quand bon leur sembloit, beuvoient, mangeoient, travailloient, dormoient quand le desir leur venoit.
Pantagruel, Prologue de l'auteur (1532)
Très illustres et très chevaleureux champions, gentilzhommes et aultres, qui voluntiers vous adonnez à toutes gentillesses et honnestetez, vous avez naguères veu, leu et sceu les Grandes et inestimables Chronicques de l'enorme geant Gargantua.
Lettre de Gargantua à Pantagruel (Pantagruel, chapitre 8) (1532)
Maintenant toutes disciplines sont restituées, les langues instaurées : grecque, sans laquelle c'est honte qu'une personne se die sçavante, hébraïcque, caldaïcque, latine. J'y voy les brigandz, les bourreaulx, les avanturiers, les palefreniers de maintenant plus doctes que les docteurs et prescheurs de mon temps.
Tiers Livre, Prologue (1546)
Beuveurs très illustres, et vous Vérolez très précieux, veistes-vous oncques Diogène le philosophe cynicque ? Si l'avez veu, vous n'aviez perdu la veue.

Lieux clés

La Devinière, Seuilly

Maison natale de Rabelais en Touraine, aujourd'hui musée. Ce domaine viticole familial a inspiré les paysages des guerres picrocholines dans Gargantua.

Couvent des Cordeliers, Fontenay-le-Comte

Couvent franciscain où Rabelais fut moine et découvrit l'humanisme aux côtés du juriste Pierre Amy. C'est là que ses livres de grec furent confisqués.

Hôtel-Dieu de Lyon

Grand hôpital où Rabelais exerça comme médecin à partir de 1532. C'est à Lyon, ville d'imprimeurs, qu'il publia ses premiers romans.

Faculté de médecine de Montpellier

Rabelais y obtint son diplôme de médecin en 1530, après seulement quelques semaines d'études. Il y donna aussi des cours sur les textes d'Hippocrate.

Rome

Rabelais s'y rendit à deux reprises avec le cardinal Jean du Bellay. Il y étudia l'architecture antique, la botanique et obtint l'absolution papale pour son apostasie.

Voir aussi