
Pierre de Ronsard
Pierre de Ronsard
1524 — 1585
France
Poète français majeur de la Renaissance (1524-1585), fondateur de la Pléiade avec du Bellay. Il a renouvelé la poésie française en introduisant des formes lyriques inspirées de l'Antiquité et en valorisant la langue vernaculaire.
Émotions disponibles (6)
Neutre
par défaut
Inspiré
Pensif
Surpris
Triste
Fier
Citations célèbres
« Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle, assis auprès du feu, dévidant et filant »
« Je veux lire en trois jours l'Iliade d'Homère »
« L'amour est un tyran qui ne pardonne point »
Faits marquants
- 1550 : publication des Quatre Premiers Livres des Odes, qui établissent Ronsard comme poète majeur
- 1552 : publication de la première édition des Amours, recueil de 180 sonnets adressés à Cassandre
- 1556 : co-fondation de la Pléiade avec Joachim du Bellay, mouvement de rénovation de la poésie française
- 1572 : publication de la Franciade, épopée inachevée inspirée de l'Énéide
- 1584 : reconnaissance officielle comme poète de la cour, anobli par le roi
Œuvres & réalisations
Premier grand recueil de Ronsard, inspiré de Pindare et Horace. Il révolutionne la poésie française en introduisant la grande ode lyrique antique et impose Ronsard comme chef de file de la nouvelle école poétique.
Recueil de sonnets pétrarquistes adressés à Cassandre Salviati. Il définit le registre lyrique amoureux de la Renaissance française et introduit l'influence du poète Pétrarque dans la littérature nationale.
Poèmes de grande envergure célébrant les dieux antiques, les astres et les saisons. Ils témoignent de l'ambition épique et philosophique de Ronsard, au-delà du seul lyrisme amoureux.
Pamphlets poétiques engagés contre les guerres de Religion et le protestantisme. Ils montrent que Ronsard était aussi un poète civique capable de traiter la grande actualité politique et religieuse de son époque.
Épopée nationale voulue par Charles IX, retraçant l'origine mythique des Francs. Restée inachevée en quatre chants sur les vingt-quatre prévus, elle illustre les difficultés d'acclimater le genre épique antique en français.
Chef-d'œuvre de la maturité de Ronsard, adressé à Hélène de Surgères. Ce recueil mêle la mélancolie du temps qui passe, la menace de la mort et la promesse d'immortalité que confère la poésie.
Anecdotes
À l'âge de douze ans, Ronsard fut envoyé en Écosse comme page de la princesse Madeleine de France, épouse du roi Jacques V. Ce séjour à la cour d'Écosse lui révéla un monde cosmopolite et raffiné qui marqua profondément sa sensibilité poétique.
Vers l'âge de quinze ans, Ronsard contracta une grave maladie qui le laissa à moitié sourd pour le reste de sa vie. Cet handicap le contraignit à abandonner une carrière diplomatique et l'orienta définitivement vers les lettres et la poésie.
Ronsard et ses amis Joachim du Bellay, Jean-Antoine de Baïf et quelques autres formèrent en 1549 le groupe littéraire de la Pléiade, dont le nom évoque les sept étoiles de la constellation. Ils se donnaient pour mission de défendre et illustrer la langue française contre le latin.
Le roi Charles IX admira tant Ronsard qu'il lui rendit visite dans sa retraite du prieuré de Saint-Cosme, près de Tours. Le poète était alors âgé et malade, mais le souverain le traita avec tous les égards dus au 'prince des poètes' de son temps.
Ronsard fut violemment attaqué par les poètes protestants lors des guerres de Religion, notamment par Agrippa d'Aubigné, car il défendait la cause catholique. En réponse, il écrivit ses Discours des misères de ce temps, montrant qu'il savait manier aussi bien la polémique que le lyrisme amoureux.
Sources primaires
Mignonne, allons voir si la rose / Qui ce matin avoit desclose / Sa robe de pourpre au Soleil, / A point perdu cette vesprée / Les plis de sa robe pourprée, / Et son teint au vôtre pareil.
Laisse donc ceste vieille poésie françoise aux Jeux Floraux de Toulouse et au Puy de Rouen, et éliz toy à l'imitation des anciens Grecs et Latins.
Je voy le Turc armé contre les Chrestiens, / Je voy les Chrestiens contre eux-mesmes armez, / Je voy le peuple mort de soif en ses maisons, / Et le soldat qui vit aux despens de la terre.
Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle, / Assise auprès du feu, devidant et filant, / Direz, chantant mes vers, en vous esmerveillant : / Ronsard me celebroit du temps que j'estois belle.
Lieux clés
Demeure natale de Ronsard, construite par son père Loys de Ronsard dans le style Renaissance naissant. Le château est encore visible aujourd'hui et témoigne du milieu noble et cultivé dans lequel le poète grandit.
Lieu de formation intellectuelle décisif où Ronsard étudia le grec et le latin sous Jean Dorat, aux côtés de du Bellay et de Baïf. C'est ici que naquit le projet littéraire qui allait devenir la Pléiade.
Retraite favorite de Ronsard dans ses dernières années, où il soignait son jardin et révisait son œuvre. Il y mourut en 1585 et y fut enterré ; le site est aujourd'hui un musée dédié au poète.
Résidence royale où Ronsard fut présenté à la cour de Henri II et de Catherine de Médicis. Il y côtoya peintres, musiciens et humanistes italiens qui enrichirent sa vision de la Renaissance.
Forêt de la région natale de Ronsard qu'il chanta dans ses poèmes et dont il pleura la destruction dans son célèbre poème 'Contre les bûcherons de la forêt de Gastine'. Elle symbolise son attachement à la nature et à ses origines.
Objets typiques
Ronsard avait reçu un exemplaire des Odes d'Horace de son maître Jean Dorat. Il s'en inspira directement pour composer ses propres Odes et faire de cette forme antique un genre fondamental de la poésie française.
Instrument d'écriture universel au XVIe siècle, avec lequel Ronsard composait ses sonnets et odes. Il corrigeait inlassablement ses textes, révisant son œuvre entière plusieurs fois au cours de sa vie.
Instrument de musique de la Renaissance très présent dans les milieux lettrés. Les poèmes de Ronsard étaient souvent mis en musique et chantés avec accompagnement de luth dans les salons aristocratiques.
Les sonnets circulaient d'abord sous forme de copies manuscrites parmi les cours avant d'être imprimés. C'est ainsi que Ronsard acquit sa réputation et séduisit ses protecteurs royaux.
Symbole antique de la gloire poétique, la couronne de laurier était attribuée aux grands poètes de la Renaissance lors de cérémonies officielles. Ronsard fut couronné 'Prince des poètes' de son vivant.
Ronsard détenait plusieurs bénéfices ecclésiastiques, dont le prieuré de Saint-Cosme près de Tours, qui lui assuraient des revenus sans qu'il soit prêtre. C'est là qu'il passa ses dernières années à écrire et réviser son œuvre.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Tags
Époque
Vie quotidienne
Matin
Ronsard se levait tôt, souvent avant l'aube, pour profiter du calme propice à la composition poétique. Il commençait par la prière, puis s'installait à sa table de travail pour relire et corriger les vers écrits la veille à la lumière de la chandelle.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrées aux discussions érudites avec ses amis humanistes, à la lecture des Anciens ou à la fréquentation de la cour royale lorsqu'il séjournait à Paris ou Fontainebleau. Il pouvait aussi dicter ses poèmes à un secrétaire, sa demi-surdité lui rendant difficile certains échanges.
Soir
Le soir, Ronsard participait aux banquets et réunions poétiques où ses vers étaient lus à voix haute, parfois mis en musique et chantés avec accompagnement de luth. Dans ses retraites, il préférait la lecture au coin du feu et la contemplation de son jardin.
Alimentation
Ronsard mangeait à la manière de la noblesse de son temps : viandes rôties, gibier, poissons d'eau douce, légumes du potager et vins du Val de Loire. Dans ses dernières années, affaibli par la maladie, il suivait un régime plus frugal prescrit par ses médecins.
VĂŞtements
En tant que gentilhomme de petite noblesse attaché à la cour, Ronsard portait des pourpoints de velours ou de drap fin, des hauts-de-chausses ajustés, une fraise de dentelle autour du cou et un manteau richement bordé lors des occasions officielles. Dans ses prieurés, il adoptait une tenue plus simple et confortable.
Habitat
Ronsard vécut alternativement dans plusieurs prieurés dont il était titulaire (Saint-Cosme, Croixval, Bourgueil) et à Paris lors de ses séjours à la cour. Ces prieurés lui offraient des jardins cultivés et une bibliothèque, cadre idéal pour la réflexion et l'écriture poétique.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie

Pierre de Ronsard (Blois)

PierredeRonsard1620
Songs & sonnets of Pierre de Ronsard
A short history of Europe, from the fall of the Eastern empire to the dissolution of the Holy Roman empire

Guay--Les bourreaux des bois--1909--Mairie de Bourges
Détail statue Jardin Pelletier
Le Mans - Cite Plantagenet 01
Rose4 Ronsard FR 2013
Rose P de Ronsard FR 2014
Portrait de Ronsard par Benjamin Foulon
Style visuel
Un style visuel ancré dans l'esthétique de la Renaissance française : portraits sobres et raffinés sur fond de décors châtelains, lumière chaude et palette riche en verts, bordeaux et or évoquant la cour d'Henri II et le Val de Loire.
Prompt IA
French Renaissance court portrait style, inspired by the school of Fontainebleau and Flemish portraiture, rich silk and velvet garments in deep emerald green, burgundy and gold, warm candlelight illuminating parchment manuscripts and leather-bound books, stone château interiors with tapestries, Italianate architectural details, ornate inkwells and quill pens, rose garlands and laurel wreaths as poetic symbols, lush Loire Valley landscape glimpsed through mullioned windows, classical column motifs, mythological allegory in the manner of French Mannerism, harmonious and elegant composition.
Ambiance sonore
Un univers sonore mêlant la douceur musicale des cours royales de la Renaissance, la quiétude studieuse des prieurés et la nature verdoyante du Vendômois qui inspira toute l'œuvre de Ronsard.
Prompt IA
Gentle lute and viol music drifting through stone-walled Renaissance chambers, quill scratching on parchment, the crackling of a fireplace, distant church bells ringing canonical hours, birdsong from an enclosed garden with a fountain murmuring softly, hushed voices reciting verses, the rustling of silk garments, occasional sounds of a hunting party returning to the château, wind through ancient oak trees of the Vendômois forest, the turning of heavy book pages, distant choir practice from a priory chapel.
Source du portrait
Wikimedia Commons — domaine public — Benjamin Foulon — 1580
Aller plus loin
Références
Ĺ’uvres
Les Amours (Cassandre)
1552
Les Hymnes
1555-1556
Discours des misères de ce temps
1562
La Franciade
1572 (inachevée)
Sonnets pour Hélène
1578




