Michel de Montaigne(1533 — 1592)

Michel de Montaigne

royaume de France

7 min de lecture

LettresPhilosophiePhilosopheÉcrivain(e)RenaissanceXVIe siècle (Renaissance française)

Écrivain et philosophe français de la Renaissance (1533-1592), Montaigne est l'auteur des Essais, œuvre majeure de la littérature française qui mêle réflexion personnelle et humanisme. Maire de Bordeaux, il a contribué à l'émergence de la pensée critique moderne.

Questions fréquentes

Montaigne (1533-1592) est un écrivain et philosophe de la Renaissance française, connu pour avoir inventé un genre littéraire nouveau : l'essai. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a fait de sa propre vie et de ses réflexions le sujet principal de son œuvre, Les Essais, mêlant anecdotes personnelles, citations antiques et analyses profondes sur la condition humaine. Il a ainsi posé les bases de la pensée critique moderne, en montrant qu'on peut philosopher sans être un savant, simplement en observant et en doutant.

Citations célèbres

« Que sais-je ? »
« L'amitié est une vertu nécessaire à la vie »
« La mort est la condition du changement et de la régénération »

Faits marquants

  • 1580 : Publication de la première édition des Essais, ouvrage de réflexion personnelle sur des sujets variés
  • 1581-1585 : Maire de Bordeaux, fonction qu'il exerce avec modération et humanité
  • 1588 : Publication d'une édition augmentée des Essais avec de nouveaux chapitres
  • Développement de la méthode du doute et de l'auto-analyse comme approche philosophique
  • Promotion de la tolérance religieuse et critique des dogmatismes pendant les guerres de Religion

Œuvres & réalisations

Les Essais (Livre I et II) (1580)

Première publication des Essais à Bordeaux, œuvre fondatrice d'un genre nouveau : l'essai littéraire. Montaigne s'y prend lui-même pour sujet, explorant la condition humaine à travers ses propres expériences et réflexions.

Les Essais (Livre III) (1588)

Troisième livre ajouté dans la cinquième édition, considéré comme le plus abouti philosophiquement. Il aborde des thèmes comme l'expérience, la vanité et l'art de vivre.

Les Essais (édition posthume dite « de l'exemplaire de Bordeaux ») (1595)

Édition augmentée publiée après la mort de Montaigne par Marie de Gournay, sa « fille d'alliance », intégrant les nombreuses additions manuscrites faites par Montaigne sur son propre exemplaire.

Journal de voyage en Italie par la Suisse et l'Allemagne (1580-1581 (publié en 1774))

Récit de son long périple européen rédigé en partie par un secrétaire, puis par Montaigne lui-même. Document précieux sur les mœurs, les thermes et la vie quotidienne de l'époque.

La Boétie : De la servitude volontaire (édition et préface) (1571)

Montaigne fit publier et préfaça les œuvres de son ami défunt Étienne de La Boétie, contribuant ainsi à diffuser la pensée politique et humaniste de ce dernier.

Anecdotes

Montaigne fit graver sur les poutres de sa bibliothèque tour ronde une cinquantaine de sentences en grec et en latin, tirées de la Bible et des philosophes antiques. Ces maximes l'accompagnaient chaque jour dans sa réflexion et ornaient encore aujourd'hui la salle où il écrivit les Essais.

En 1588, Montaigne fut brièvement emprisonné à la Bastille par les Ligueurs catholiques, alors qu'il se rendait à Paris. Il fut libéré le jour même grâce à l'intervention de la reine Catherine de Médicis, ce qui témoigne du respect dont il jouissait à la cour.

Montaigne souffrait de calculs rénaux depuis l'âge de quarante ans. Loin de s'en plaindre avec amertume, il voyagea en Italie en partie pour y trouver des eaux thermales curatives, et consigna scrupuleusement ses symptômes dans son Journal de voyage, avec une curiosité toute scientifique.

À la mort de son ami intime Étienne de La Boétie en 1563, Montaigne fut dévasté. Il dira plus tard, pour expliquer cette amitié absolue : « Parce que c'était lui, parce que c'était moi. » Cette phrase est restée l'une des plus célèbres définitions de l'amitié de toute la littérature française.

Montaigne fut élu maire de Bordeaux en 1581 alors qu'il se trouvait en voyage en Italie. Il accepta la charge à contrecœur et fut réélu en 1583. Lors d'une épidémie de peste dévastatrice en 1585, il quitta la ville pour protéger sa famille, ce qui lui valut des critiques, mais il s'en expliqua sans détour dans ses Essais.

Sources primaires

Les Essais, Livre I, chapitre 26 : « De l'institution des enfants » (1580)
« Qu'on lui propose toutes choses ; on ne lui en cachera aucune, laissant à son choix. Il n'aura point de Précepteur qui tienne registre de ses heures. »
Les Essais, Livre I, chapitre 28 : « De l'amitié » (1580)
« Parce que c'était lui, parce que c'était moi. »
Les Essais, Livre II, chapitre 6 : « De l'exercitation » (1580)
« Chaque homme porte la forme entière de l'humaine condition. »
Journal de voyage en Italie par la Suisse et l'Allemagne (1580-1581)
« Je regarday longtemps ce beau pays, me promenant entre les vignes et les jardins, et me sentis mieux pour les eaux de Lucques. »
Les Essais, Livre III, chapitre 13 : « De l'expérience » (1588)
« Il faut vivre entre les vivants. Que la mort me trouve plantant mes choux, mais ne me souciant guère d'elle, et encore moins de mon jardin inachevé. »

Lieux clés

Château de Montaigne, Saint-Michel-de-Montaigne (Dordogne)

Demeure familiale et lieu de retraite de Montaigne à partir de 1571. C'est dans la tour ronde du château qu'il écrivit la majeure partie des Essais.

Bordeaux

Ville où Montaigne siégea au Parlement pendant treize ans et dont il fut maire entre 1581 et 1585. Elle représente son engagement dans la vie publique et politique.

Rome

Montaigne séjourna à Rome lors de son voyage en Italie (1580-1581) et y fut reçu en audience par le pape Grégoire XIII. Il y fut aussi nommé citoyen romain, honneur dont il se montrait très fier.

Bagni di Lucca (Toscane, Italie)

Station thermale italienne où Montaigne séjourna pour soigner ses calculs rénaux. Il y consigna ses impressions dans son Journal de voyage avec une précision quasi médicale.

Collège de Guyenne, Bordeaux

Établissement humaniste réputé où Montaigne fit ses études de 1539 à 1546, recevant une éducation fondée sur le latin, le grec et les auteurs antiques.

Liens externes & ressources

Voir aussi