Franz Boas (1858-1942) est un anthropologue américain d'origine allemande, considéré comme le père de l'anthropologie culturelle moderne. Il a combattu le racisme scientifique en démontrant que les différences entre les peuples relèvent de la culture et non de la biologie.
Franz Boas(1858 — 1942)
Franz Boas
États-Unis, Allemagne, royaume de Prusse, Empire allemand
5 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1858 à Minden (Allemagne), il émigre aux États-Unis en 1887
- Mène des recherches de terrain auprès des Inuits de la Terre de Baffin (1883-1884) puis des peuples amérindiens de la côte nord-ouest du Pacifique
- Professeur à l'Université Columbia à partir de 1899, il y forme une génération d'anthropologues (Margaret Mead, Ruth Benedict)
- Publie 'The Mind of Primitive Man' (1911), réfutant les hiérarchies raciales
- Meurt en 1942, après avoir dénoncé le racisme nazi et défendu le relativisme culturel
Œuvres & réalisations
Étude pionnière issue de son séjour chez les Inuits, fondée sur l'observation directe et l'apprentissage de la langue.
Ouvrage majeur démontrant qu'aucune 'race' n'est supérieure à une autre et que les différences relèvent de la culture.
Étude statistique prouvant que la forme du crâne change selon le milieu, ruinant l'idée de types raciaux fixes.
Vaste recueil documentant les langues amérindiennes, qu'il voulait sauver de l'oubli.
Boas crée le premier programme doctoral d'anthropologie des États-Unis et forme Mead, Benedict, Kroeber et d'autres.
Recueil de ses grands articles, synthèse de son combat contre le racisme et de sa méthode scientifique.
Anecdotes
Enfant en Allemagne, Franz Boas reçut une balafre au visage lors d'un duel étudiant : il en resta fier toute sa vie, car ces cicatrices étaient un signe d'honneur dans les universités allemandes du XIXe siècle.
En 1883-1884, Boas partit vivre une année entière chez les Inuits de l'île de Baffin, dans l'Arctique canadien. C'est là qu'il comprit que pour comprendre un peuple, il fallait apprendre sa langue et partager sa vie quotidienne plutôt que de le juger de loin.
Pour prouver que la 'race' ne déterminait pas la forme du crâne, Boas mesura la tête de milliers d'immigrants et de leurs enfants nés aux États-Unis. Il démontra que la forme du crâne changeait d'une génération à l'autre selon l'environnement : un coup dur porté aux théories raciales de l'époque.
Boas forma toute une génération de grands anthropologues, dont Margaret Mead et Ruth Benedict. On le surnommait affectueusement 'Papa Franz' tant son influence sur ses étudiants était profonde.
En 1933, lorsque les nazis prirent le pouvoir, ils brûlèrent les livres de Boas, qui était juif et dénonçait le racisme. Il leur répondit publiquement que leurs idées sur les 'races supérieures' n'avaient aucun fondement scientifique.
Sources primaires
Les différences de culture entre les groupes humains ne peuvent être expliquées par des différences héréditaires ; elles sont le produit de l'histoire et des conditions de vie de chaque peuple.
J'ai vécu avec les Esquimaux, partagé leur nourriture et leurs voyages en traîneau, afin de comprendre leur pensée de l'intérieur plutôt que de la décrire en étranger.
Les mesures montrent que le type physique des immigrants se modifie chez leurs enfants nés en Amérique : la forme du corps n'est donc pas un caractère racial fixe.
Il n'existe aucune preuve qu'une race soit, par nature, intellectuellement supérieure à une autre ; ce que nous prenons pour des dons innés est le fruit de l'éducation et du milieu.
Lieux clés
Ville de Westphalie où naquit Franz Boas en 1858, dans une famille juive libérale et cultivée.
Terre des Inuits où Boas passa une année décisive en 1883-1884, qui le convertit à l'anthropologie de terrain.
Région des peuples Kwakiutl que Boas étudia pendant des décennies, recueillant langues, mythes et objets.
Université où Boas enseigna à partir de 1896 et forma l'anthropologie américaine moderne.
Ville où Boas vécut, travailla et mourut en 1942, au cœur de son combat contre le racisme.
Objets typiques

Petit cahier où Boas notait langues, mythes et coutumes observés au jour le jour. C'est l'outil de base de l'enquête anthropologique de terrain.

Instruments servant à mesurer crânes et corps. Boas s'en servit pour démontrer, contre les racistes, que ces mesures n'étaient pas figées.

Appareil d'enregistrement sonore que Boas utilisa pour conserver chants et langues des peuples amérindiens. Une des premières archives sonores ethnographiques.

Masque cérémoniel de la côte nord-ouest du Pacifique, que Boas étudia et collecta pour les musées. Témoin de l'art et des rituels qu'il voulait préserver.

Boas photographiait peuples, objets et paysages pour documenter ses recherches. La photographie devint un instrument central de l'anthropologie naissante.
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Vie quotidienne
Matin
Sur le terrain, Boas se levait tôt pour rejoindre les habitants du village inuit ou kwakiutl. Il notait langues et coutumes dans son carnet, partageant les tâches du matin avec ceux qu'il étudiait.
Après-midi
À l'université Columbia, ses après-midis étaient consacrés à l'enseignement et à la discussion avec ses étudiants. Il les poussait à observer les faits avant de bâtir des théories.
Soir
Le soir, Boas dépouillait ses notes, classait mesures, photographies et enregistrements sonores. Il rédigeait articles et lettres, notamment pour dénoncer publiquement le racisme.
Alimentation
En expédition arctique, il mangeait comme ses hôtes inuits : viande de phoque, poisson et provisions de voyage. À New York, il partageait l'alimentation bourgeoise de la fin du XIXe siècle.
Vêtements
Sur le terrain glacé, Boas portait fourrures et vêtements chauds prêtés par les Inuits. En ville, il s'habillait en universitaire : costume sombre, col dur et cravate.
Habitat
Pendant ses enquêtes, il vivait sous tente, dans des igloos ou des maisons de village. Le reste de l'année, il résidait dans un appartement new-yorkais, près de Columbia.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
The Central Eskimo
1888
The Mind of Primitive Man
1911
Changes in Bodily Form of Descendants of Immigrants
1912
Handbook of American Indian Languages
1911
Fondation de l'anthropologie à Columbia
1896-1942
Race, Language and Culture
1940






