Friedrich Schiller

Friedrich Schiller

1759 — 1805

duché de Saxe-Weimar, duché de Wurtemberg

LettresSciencesPhilosophieDramaturgeTemps modernesÉpoque des Lumières et du classicisme de Weimar (fin XVIIIe – début XIXe siècle)

Poète, dramaturge et philosophe allemand des Lumières et du Sturm und Drang, Schiller est l'une des figures majeures de la littérature classique de Weimar. Ami de Goethe, il défend les idéaux de liberté, de dignité humaine et d'élévation morale par l'art.

Citations célèbres

« L'homme n'est complet que lorsqu'il joue. »
« Ce que l'on ne comprend pas, on ne le possède pas. »
« La liberté n'existe que là où commence l'humanité. »

Faits marquants

  • 1759 : naissance à Marbach am Neckar (Wurtemberg)
  • 1781 : création des Brigands (Die Räuber), pièce phare du Sturm und Drang
  • 1789 : nommé professeur d'histoire à l'université d'Iéna
  • 1799 : achève la trilogie Wallenstein, chef-d'œuvre du drame historique
  • 1805 : mort à Weimar, à 45 ans

Œuvres & réalisations

Les Brigands (Die Räuber) (1781)

Premier grand drame de Schiller, il met en scène deux frères en conflit opposant révolte romantique et conformisme social. Son succès à Mannheim en 1782 en fit immédiatement une œuvre emblématique du Sturm und Drang.

Intrigue et Amour (Kabale und Liebe) (1784)

Drame bourgeois dénonçant les privilèges de la noblesse et l'oppression des classes populaires dans l'Allemagne du XVIIIe siècle. L'œuvre est considérée comme l'une des premières tragédies sociales de la littérature allemande.

Ode à la joie (An die Freude) (1785)

Poème lyrique célébrant la fraternité universelle et la joie partagée entre tous les hommes. Mise en musique par Beethoven dans sa 9e symphonie (1824), elle est aujourd'hui l'hymne officiel de l'Union européenne.

Lettres sur l'éducation esthétique de l'homme (1795)

Œuvre philosophique majeure dans laquelle Schiller défend l'idée que la beauté et l'art sont les voies royales vers la liberté morale et politique. Elle constitue l'un des fondements de la pensée esthétique moderne.

Wallenstein (trilogie) (1798-1799)

Monumentale trilogie dramatique retraçant la chute du général Albrecht von Wallenstein durant la guerre de Trente Ans. Considérée comme le sommet du classicisme de Weimar et l'une des plus grandes œuvres du théâtre allemand.

Marie Stuart (Maria Stuart) (1800)

Tragédie historique confrontant Marie Stuart et Élisabeth Ire d'Angleterre, explorant les thèmes de la culpabilité, de la grâce et de la liberté intérieure. L'œuvre est encore aujourd'hui l'une des pièces les plus jouées du répertoire allemand.

Guillaume Tell (Wilhelm Tell) (1804)

Dernier grand drame achevé de Schiller, il raconte la résistance du peuple suisse à la tyrannie autrichienne incarnée par Gessler. Hymne universel à la liberté et à la résistance populaire, la pièce fut ultérieurement mise en opéra par Rossini (1829).

Anecdotes

Schiller écrivit sa première grande pièce, Les Brigands, en secret alors qu'il était encore élève à l'académie militaire du duc Karl Eugen de Wurtemberg. La création en 1782 fut un triomphe populaire, mais le duc lui interdit d'écrire, ce qui poussa Schiller à fuir le duché en pleine nuit avec son ami Andreas Streicher.

Lors de sa fuite du Wurtemberg en 1782, Schiller était si pauvre qu'il vécut quelque temps sous un nom d'emprunt, 'Doktor Ritter', chez des amis en Thuringe. Cette période d'errance précaire nourrit profondément ses réflexions sur la liberté et l'injustice sociale, thèmes centraux de son œuvre.

Schiller souffrit toute sa vie d'une santé fragile, contractant une tuberculose pulmonaire dès 1791. C'est pourtant dans cet état qu'il rédigea ses œuvres les plus ambitieuses, travaillant parfois la nuit à la lueur d'une chandelle, stimulé, selon sa propre confession, par l'odeur de pommes pourries qu'il gardait dans son bureau.

En 1802, l'Empereur du Saint-Empire romain germanique lui accorda le titre de noblesse, ajoutant le 'von' à son nom. Schiller, profondément attaché aux idéaux républicains et à la dignité de l'individu, accepta cette distinction avec une certaine ironie, lui qui avait chanté toute sa vie la liberté contre la tyrannie.

Goethe et Schiller, qui s'étaient longtemps ignorés voire méfiés l'un de l'autre, devinrent les meilleurs amis du monde à partir de 1794. Leur correspondance, l'une des plus célèbres de la littérature mondiale, compte plus de mille lettres et témoigne d'un dialogue intellectuel exceptionnel sur la poésie, l'esthétique et la philosophie.

Sources primaires

Les Brigands (Die Räuber) — Préface de Schiller (1781)
Je considère ma pièce non comme une œuvre de théâtre ordinaire, mais comme un poème dramatique. Le lecteur qui aborde ce livre avec des préjugés d'école en sera déçu ; mais celui qui lit librement et humainement, il espère, ne sera pas entièrement insatisfait.
Lettres sur l'éducation esthétique de l'homme (Über die ästhetische Erziehung des Menschen) (1795)
C'est par la beauté que l'on marche vers la liberté. La beauté est la condition nécessaire de l'humanité : l'homme n'est pleinement homme que lorsqu'il joue, et il ne joue que lorsqu'il est dans la plénitude du sens du terme, un homme.
Correspondance Schiller–Goethe (1794)
Votre esprit travaille de manière intuitive et tout votre être pensant semble avoir été formé à partir d'un point central ; c'est pourquoi, dans la mesure où je cherche à me connaître et à analyser ce trésor, je vous envie.
Ode à la joie (An die Freude) (1785)
Freude, schöner Götterfunken, Tochter aus Elysium, Wir betreten feuertrunken, Himmlische, dein Heiligtum. — Joie, belle étincelle divine, Fille de l'Élysée, Enflammés de tes feux sublimes, Nous entrons dans ton sanctuaire.
Sur la poésie naïve et sentimentale (Über naive und sentimentalische Dichtung) (1795)
Le poète naïf est la nature même ; le poète sentimental cherche la nature. Ce dernier est l'enfant que la civilisation a privé de son innocence première et qui aspire à la retrouver par la réflexion et l'art.

Lieux clés

Marbach am Neckar, Allemagne — Maison natale

Ville natale de Schiller, dans le Bade-Wurtemberg, où est née en 1759. Elle abrite aujourd'hui le Deutsches Literaturarchiv et le Schiller-Nationalmuseum, haut lieu de la mémoire littéraire allemande.

Mannheim, Allemagne — Théâtre national

C'est sur la scène du Théâtre National de Mannheim que Les Brigands furent créés en 1782, propulsant Schiller à la célébrité nationale. La ville fut le premier refuge de Schiller après sa fuite du Wurtemberg.

Iéna, Allemagne — Université Friedrich Schiller

Schiller y enseigna l'histoire de 1789 à 1799 et y rédigea ses grandes œuvres philosophiques et esthétiques. L'université porte aujourd'hui son nom : Friedrich-Schiller-Universität Jena.

Weimar, Allemagne — Maison Schiller

Schiller s'installa à Weimar en 1799, au cœur de la cour intellectuelle de Goethe et du duc Charles-Auguste. Sa maison, conservée en l'état, est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Stuttgart, Allemagne — Akademie Karlsschule

Schiller y fut élève de force de 1773 à 1780, y étudiant la médecine sous la contrainte du duc Karl Eugen. Cette réclusion forma paradoxalement son idéal de liberté et d'indépendance artistique.

Galerie


Friedrich Schiller

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German:  Johann Salomon Brunnquell Johann Salomon Brunnquelltitle QS:P1476,de:"Johann Salomon Brunnquell "label QS:Lde,"Johann Salomon Brunnquell "

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Portrait de Frédéric Von Schiller

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Johann Christoph Friedrich Schiller - Tischbein

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'Temporary portrait' - gouache & watercolor painting - abstract expressionism art, made in 2007 by Dutch painter artist Fons Heijnsbroek

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Münster, St.-Lamberti-Kirche, Westportal -- 2017 -- 9788

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Münster, St.-Lamberti-Kirche, Westportal -- 2017 -- 9789

Münster, St.-Lamberti-Kirche, Westportal -- 2017 -- 9789

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Dresden Palace statue Schiller LCCN94512949

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Münster, St.-Lamberti-Kirche, Westportal -- 2020 -- 9603

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