Géryon
Géryon
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Géryon est un géant monstrueux de la mythologie grecque, doté de trois corps réunis à la taille. Gardien d'un troupeau de bœufs roux sur l'île d'Érythie, il est tué par Héraclès lors de son dixième Travail.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Fils de Chrysaor (né du sang de la Gorgone Méduse) et de l'Océanide Callirhoé, selon la Théogonie d'Hésiode (vers 700 av. J.-C.)
- Décrit comme un géant à trois corps (parfois trois têtes et six bras) vivant sur l'île d'Érythie, à l'extrême Occident
- Possède un troupeau de bœufs roux gardé par le bouvier Eurytion et le chien à deux têtes Orthros
- Le dixième des douze Travaux d'Héraclès consiste à s'emparer de ce troupeau
- Héraclès tue Orthros, Eurytion puis Géryon d'une flèche empoisonnée par le sang de l'Hydre de Lerne
Œuvres & réalisations
Poème généalogique sur la naissance des dieux ; il donne la plus ancienne mention écrite de Géryon, de sa parenté et de sa mort.
Long poème lyrique entièrement consacré au combat, qui humanise le géant en lui prêtant doutes et courage face à la mort.
Nombreuses coupes et amphores montrant Héraclès affrontant le Géryon à trois corps ; sources majeures pour son iconographie.
Version rationalisée du mythe faisant de Géryon un roi d'Ibérie, inscrite dans une géographie de l'Occident.
Manuel mythologique qui fixe le récit canonique du dixième Travail : la traversée, les gardiens et la mort de Géryon.
Géryon y devient un monstre ailé au visage d'homme, symbole de la Fraude, qui transporte Dante et Virgile vers le huitième cercle.
Anecdotes
Pour atteindre l'île d'Érythie, à l'extrême Occident, Héraclès n'avait aucun bateau. Excédé par la chaleur, il aurait menacé de ses flèches Hélios, le Soleil ; amusé par tant d'audace, le dieu lui prêta la grande coupe d'or dans laquelle il voyage chaque nuit d'ouest en est. Héraclès traversa ainsi l'Océan comme à bord d'une barque.
Sur la route de Géryon, Héraclès dressa deux colonnes (ou fendit une montagne) de part et d'autre du détroit séparant l'Europe de l'Afrique : Calpé (Gibraltar) et Abyla (Ceuta). Pour les Grecs, ces « Colonnes d'Hercule » marquaient la limite du monde connu, au-delà de laquelle nul n'osait s'aventurer.
Comme Géryon possédait trois corps réunis à la taille, Héraclès dut le tuer d'une seule flèche tirée de côté, qui transperça les trois bustes d'un coup. Trempée dans le sang de l'Hydre de Lerne, la flèche ne laissait aucune chance au géant.
Le poète Stésichore (VIe siècle av. J.-C.) consacra tout un poème, la Géryonéide, à ce combat. Dans un vers resté célèbre, il compare la tête de Géryon qui s'affaisse à un pavot qui se fane et laisse tomber ses pétales : une image d'une tendresse surprenante pour un monstre.
Géryon ne gardait pas seul son troupeau : il était aidé du bouvier Eurytion et d'Orthros, un chien à deux têtes, frère de Cerbère, le gardien des Enfers. Héraclès dut abattre le chien puis le bouvier avant d'affronter le géant lui-même.
Sources primaires
Chrysaor engendra Géryon aux trois têtes, après s'être uni à Callirhoé, fille de l'illustre Océan. Le valeureux Héraclès le tua près de ses bœufs aux pattes torses, dans Érythie entourée des flots.
Il pencha le cou de côté, Géryon, comme un pavot qui, gâtant son tendre corps, laisse aussitôt tomber ses pétales.
Géryon habitait hors du Pont, dans l'île que les Grecs nomment Érythie, près de Gadès, au-delà des Colonnes d'Héraclès, sur l'Océan.
Géryon régnait en Ibérie, doté d'une force extraordinaire et de trois corps ; il avait rassemblé des troupeaux de bœufs réputés pour leur beauté, que beaucoup convoitaient.
Comme dixième travail, il reçut l'ordre de ramener les bœufs de Géryon depuis Érythie. Géryon, fils de Chrysaor et de Callirhoé, avait le corps de trois hommes joints en un seul à partir du ventre, mais divisé en trois à partir des flancs et des cuisses.
Lieux clés
Île mythique de l'extrême Occident, baignée par l'Océan là où le Soleil se couche. Géryon y faisait paître son troupeau ; c'est là qu'Héraclès le tua.
Détroit qui sépare l'Europe de l'Afrique (Gibraltar), borné par Calpé et Abyla. Héraclès y aurait dressé deux colonnes en route vers Géryon, marquant la limite du monde connu.
Riche région du sud de la péninsule Ibérique, près de l'embouchure du Guadalquivir, que les Grecs associaient au royaume et aux pâturages de Géryon.
Comptoir au-delà des Colonnes d'Héraclès, présenté par Hérodote comme voisin d'Érythie. Point de repère pour situer le domaine occidental de Géryon.
Citadelle du roi Eurysthée qui imposa les Travaux à Héraclès. Le héros y ramena le troupeau de Géryon après une longue traversée de l'Occident.
