Gustave Courbet(1819 — 1877)

Gustave Courbet

France

8 min de lecture

Arts visuelsArtisteRévolutionnaireXIXe siècleXIXe siècle (1819-1877)

Peintre français du XIXe siècle, fondateur du mouvement réaliste. Courbet a révolutionné la peinture en représentant la réalité quotidienne et les paysages avec un style novateur, rejetant les conventions académiques de son époque.

Questions fréquentes

Gustave Courbet (1819-1877) est un peintre français qui a révolutionné l'art en refusant les sujets nobles et idéalisés de l'académisme. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a imposé le réalisme en peignant la vie quotidienne et les gens ordinaires avec un format monumental habituellement réservé aux scènes héroïques. En 1855, il ourit son propre Pavillon du Réalisme lors de l'Exposition universelle, affirmant que l'artiste doit représenter « ce qu'il voit », pas ce qu'on lui dicte.

Citations célèbres

« Je suis mon propre créateur et j'entends rester maître de mes actes »
« Le beau est dans la nature, et il s'y rencontre sous les formes les plus diverses »

Faits marquants

  • 1850 : Expose 'Un enterrement à Ornans' au Salon, manifeste du réalisme
  • 1855 : Crée le 'Pavillon du Réalisme' en marge de l'Exposition universelle
  • 1866 : Peint 'L'Origine du monde', tableau controversé et radical
  • 1871 : Participe à la Commune de Paris, exilé en Suisse après
  • 1877 : Meurt en exil à La Tour-de-Peilz en Suisse

Œuvres & réalisations

Un enterrement à Ornans (1849-1850)

Immense toile de 3,15 m sur 6,68 m représentant les funérailles d'un habitant d'Ornans. Ce tableau fondateur du réalisme provoque un scandale en accordant un format monumental à une scène de la vie ordinaire.

Les Casseurs de pierres (1849)

Tableau représentant deux ouvriers brisant des cailloux au bord d'une route, symbole de la misère sociale. L'œuvre originale a été détruite lors du bombardement de Dresde en 1945.

Les Baigneuses (1853)

Cette toile représentant deux femmes aux corps réalistes et charnus fait scandale au Salon. Napoléon III aurait donné un coup de cravache au tableau, choqué par la vulgarité supposée de la scène.

La Rencontre ou Bonjour Monsieur Courbet (1854)

Autoportrait montrant Courbet sur la route de Montpellier, accueilli par son mécène Alfred Bruyas. Le peintre s'y représente fièrement, la tête haute, en artiste libre et indépendant.

L'Atelier du peintre, allégorie réelle (1855)

Immense toile allégorique dans laquelle Courbet se représente au centre de son atelier, entouré de figures symbolisant la société de son époque. C'est l'œuvre centrale du Pavillon du Réalisme.

Les Demoiselles des bords de la Seine (1857)

Deux jeunes femmes allongées au bord de la Seine dans des poses languides. Le tableau choque par le réalisme cru des personnages, que les critiques jugent vulgaires.

La Vague (1869-1870)

Série de marines peintes sur les côtes normandes, montrant la puissance de la mer avec une technique d'empâtement au couteau. Ces paysages marins comptent parmi ses œuvres les plus célèbres.

La Falaise d'Étretat après l'orage (1870)

Paysage marin représentant les célèbres falaises normandes avec une lumière dramatique après la tempête. Cette œuvre témoigne de la maîtrise de Courbet dans le genre du paysage.

Anecdotes

Lors du Salon de 1850, Courbet provoque un scandale en exposant « Un enterrement à Ornans », une toile de plus de six mètres représentant des paysans lors de funérailles. Les critiques sont outrés qu'il accorde à des gens ordinaires le format monumental habituellement réservé aux scènes héroïques ou religieuses.

En 1855, refusé en partie par le jury de l'Exposition universelle de Paris, Courbet fait construire à ses frais un pavillon qu'il baptise « Pavillon du Réalisme » juste à côté de l'exposition officielle. Il y présente quarante de ses tableaux, accompagnés d'un manifeste qui définit le réalisme en peinture. C'est l'une des premières expositions personnelles de l'histoire de l'art.

Courbet était un homme robuste, fier de ses origines franc-comtoises, et aimait se représenter lui-même dans ses tableaux. Son célèbre autoportrait « Le Désespéré » le montre les yeux écarquillés, les mains dans les cheveux, dans une mise en scène dramatique qui témoigne de son goût pour la provocation et la théâtralité.

Pendant la Commune de Paris en 1871, Courbet est élu au Conseil de la Commune et nommé président de la Fédération des artistes. Accusé d'avoir participé à la destruction de la colonne Vendôme, symbole du pouvoir impérial, il est condamné à payer les frais de sa reconstruction, une somme colossale de 323 000 francs. Il s'exile en Suisse pour échapper à cette dette.

Courbet entretenait une rivalité amicale avec Édouard Manet. Quand on lui demandait ce qu'il pensait de l'« Olympia » de Manet, il répondait qu'elle ressemblait à une « dame de pique sortant du bain ». Les deux peintres partageaient néanmoins une même volonté de rompre avec l'académisme.

Sources primaires

Manifeste du Réalisme (1855)
Le titre de réaliste m'a été imposé comme on a imposé aux hommes de 1830 le titre de romantiques. Les titres en aucun temps n'ont donné une juste idée des choses ; s'il en était autrement, les œuvres seraient superflues.
Lettre à ses parents après le Salon de 1850 (novembre 1850)
Dans la société civilisée, il faut que je mène la vie de sauvage, il faut que je m'affranchisse même des gouvernements. Mon sympathie est pour le peuple, il faut que je m'adresse à lui directement.
Lettre à Alfred Bruyas (1854)
J'ai étudié, en dehors de tout esprit de système et sans parti pris, l'art des anciens et l'art des modernes. Je n'ai pas plus voulu imiter les uns que copier les autres. Savoir pour pouvoir, telle fut ma pensée.
Lettre à un groupe d'étudiants en art (25 décembre 1861)
Je ne puis pas enseigner mon art, ni l'art d'aucune école, puisque je nie l'enseignement de l'art, ou que je prétends, en d'autres termes, que l'art est tout individuel et n'est, pour chaque artiste, que le talent résultant de sa propre inspiration.

Lieux clés

Ornans, Doubs

Ville natale de Courbet dans le Jura, qu'il a représentée dans de nombreux tableaux. Le musée Courbet y est installé dans sa maison familiale.

Paris, ateliers et Salons

Courbet s'installe à Paris dès 1839 et y mène sa carrière. Il expose aux Salons, fréquente les cafés littéraires et la Brasserie Andler, quartier général des réalistes.

Montpellier, musée Fabre

Ville de son mécène Alfred Bruyas, qui lui commande plusieurs œuvres. « La Rencontre » ou « Bonjour Monsieur Courbet » représente leur rencontre sur la route de Montpellier.

Étretat, Normandie

Courbet séjourne à plusieurs reprises sur la côte normande où il peint de célèbres marines et les falaises d'Étretat, contribuant à faire connaître ce site.

La Tour-de-Peilz, Suisse

Lieu d'exil de Courbet après la Commune, au bord du lac Léman. Il y passe ses dernières années et y meurt en 1877. Un monument commémoratif lui est dédié.

Source de la Loue, Doubs

Site naturel spectaculaire du Jura que Courbet a peint à plusieurs reprises. Ces paysages de sa région natale sont parmi ses œuvres les plus admirées.

Voir aussi