Gustave Flaubert(1821 — 1880)

Gustave Flaubert

France

7 min de lecture

LettresÉcrivain(e)XIXe siècleXIXe siècle (1821-1880), Second Empire et Troisième République

Romancier français du XIXe siècle (1821-1880), Gustave Flaubert est l'auteur de Madame Bovary, roman fondateur du réalisme littéraire. Perfectionniste obsessionnel, il a révolutionné l'art du roman par son style épuré et sa critique de la société bourgeoise.

Questions fréquentes

Gustave Flaubert est un romancier français du XIXe siècle (1821-1880), considéré comme l'un des pères du réalisme littéraire. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'avec Madame Bovary (1857), il a révolutionné l'art du roman en imposant un style impersonnel et une recherche obsessionnelle du mot juste. Moins un simple chroniqueur qu'un artisan du langage, il a fait du roman un objet d'art exigeant, influençant des générations d'écrivains.

Citations célèbres

« Un bon critique est celui qui raconte les aventures de son âme au milieu des chefs-d'œuvre. »
« L'art est long et le temps est court. »
« La littérature est une responsabilité sacrée. »

Faits marquants

  • 1856 : Publication de Madame Bovary, qui provoque un procès en obscénité
  • 1862 : Publication de Salammbô, roman historique sur Carthage
  • 1869 : Publication de L'Éducation sentimentale, fresqueen de la vie parisienne et politique
  • Correspondance abondante avec George Sand et d'autres écrivains, révélant sa méthode de travail
  • 1880 : Mort à Croisset, en Normandie, laissant Bouvard et Pécuchet inachevé

Œuvres & réalisations

Madame Bovary (1857)

Roman fondateur du réalisme littéraire, racontant la vie et les illusions perdues d'Emma Bovary, femme d'un médecin de campagne normand. L'œuvre fit l'objet d'un procès retentissant pour atteinte aux bonnes mœurs.

Salammbô (1862)

Roman historique situé à Carthage au IIIe siècle avant J.-C., lors de la révolte des Mercenaires. Flaubert effectua un voyage à Tunis pour documenter cette fresque épique et colorée.

L'Éducation sentimentale (1869)

Grand roman de la désillusion, retraçant la vie de Frédéric Moreau et de sa génération dans le Paris des années 1840, sur fond de révolution de 1848. Mal reçu à sa parution, il est aujourd'hui considéré comme un chef-d'œuvre.

La Tentation de saint Antoine (1874)

Œuvre philosophique et visionnaire à laquelle Flaubert travailla pendant près de vingt-cinq ans, mettant en scène les tentations et hallucinations de l'ermite saint Antoine dans le désert.

Trois Contes (1877)

Recueil de trois récits — Un cœur simple, La Légende de saint Julien l'Hospitalier et Hérodias — considéré comme un sommet de l'art narratif de Flaubert par sa concision et sa perfection stylistique.

Bouvard et Pécuchet (1881 (posthume))

Roman inachevé et satirique sur deux copistes qui tentent d'embrasser tous les savoirs humains et échouent systématiquement. Flaubert y travaillait au moment de sa mort, aboutissement de sa critique de la bêtise humaine.

Dictionnaire des idées reçues (1913 (posthume))

Recueil satirique de lieux communs et de clichés bourgeois, compilé par Flaubert tout au long de sa vie, conçu comme un appendice à Bouvard et Pécuchet.

Anecdotes

Flaubert avait l'habitude de « gueuler » ses textes dans son cabinet de travail de Croisset. Il lisait chaque phrase à voix haute pour en tester le rythme et la sonorité, un procédé qu'il appelait « l'épreuve du gueuloir ». Ses voisins pouvaient parfois l'entendre déclamer à travers les fenêtres ouvertes.

Lors du procès de Madame Bovary en janvier 1857, Flaubert fut poursuivi pour « outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs ». Il fut finalement acquitté le 7 février 1857, et le scandale du procès contribua paradoxalement au succès commercial du roman, qui se vendit à des milliers d'exemplaires.

Flaubert pouvait passer une semaine entière à travailler sur une seule page de texte. Pour Madame Bovary, il travailla près de cinq ans (1851-1856), accumulant plus de 4 500 pages de brouillons pour un roman qui n'en compte que quelques centaines.

Flaubert entretenait une correspondance passionnée avec la poétesse Louise Colet, qui dura plusieurs années. Ces lettres constituent aujourd'hui l'un des plus précieux témoignages sur sa conception de l'art littéraire et son processus créatif. Il y développe notamment sa théorie de l'impersonnalité de l'artiste.

À la fin de sa vie, Flaubert se ruina pour sauver de la faillite le mari de sa nièce Caroline. Cet acte de générosité familiale le plongea dans de graves difficultés financières et assombrit considérablement ses dernières années, lui qui avait vécu jusque-là de ses rentes.

Sources primaires

Lettre à Louise Colet, 9 décembre 1852 (9 décembre 1852)
L'auteur, dans son œuvre, doit être comme Dieu dans l'univers, présent partout et visible nulle part.
Lettre à Louise Colet, 16 janvier 1852 (16 janvier 1852)
Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c'est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style.
Réquisitoire du procureur Ernest Pinard lors du procès de Madame Bovary (Janvier 1857)
L'art sans règle n'est plus l'art ; c'est comme une femme qui quitterait tout vêtement. Imposer au roman la seule règle de la décence publique, ce n'est pas l'asservir, c'est l'honorer.
Lettre à George Sand, 6 février 1876 (6 février 1876)
Je tourne à la vieille bête sensible. Tout me blesse, tout me déchire, et je me tais, faisant des efforts pour cacher ce ramollissement universel.

Lieux clés

Croisset (Canteleu)

Propriété familiale au bord de la Seine, près de Rouen, où Flaubert vécut et travailla la majeure partie de sa vie. C'est dans son cabinet de travail donnant sur le fleuve qu'il écrivit la quasi-totalité de son œuvre.

Hôtel-Dieu de Rouen

Hôpital où naquit Flaubert et où son père exerçait comme chirurgien en chef. L'enfant grandit dans le logement de fonction attenant, côtoyant la maladie et la mort dès son plus jeune âge.

Paris, boulevard du Temple puis rue Murillo

Flaubert séjournait régulièrement à Paris pour fréquenter les milieux littéraires. Il y retrouvait ses amis écrivains comme George Sand, Tourgueniev et les frères Goncourt lors de dîners célèbres.

Trouville-sur-Mer

Station balnéaire normande où Flaubert, adolescent, rencontra Élisa Schlésinger en 1836, un amour impossible qui marqua toute sa vie et inspira L'Éducation sentimentale.

Le Caire et la vallée du Nil

Lors de son voyage en Orient (1849-1851), Flaubert parcourut l'Égypte, expérience qui nourrit son imaginaire et fournit la matière de Salammbô et de La Tentation de saint Antoine.

Voir aussi