Portrait de Gustave Flaubert

Gustave Flaubert

Gustave Flaubert

1821 — 1880

France

LettresÉcrivain(e)XIXe siècleXIXe siècle (1821-1880), Second Empire et Troisième République

Romancier français du XIXe siècle (1821-1880), Gustave Flaubert est l'auteur de Madame Bovary, roman fondateur du réalisme littéraire. Perfectionniste obsessionnel, il a révolutionné l'art du roman par son style épuré et sa critique de la société bourgeoise.

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Citations célèbres

« Un bon critique est celui qui raconte les aventures de son âme au milieu des chefs-d'œuvre. »
« L'art est long et le temps est court. »
« La littérature est une responsabilité sacrée. »

Faits marquants

  • 1856 : Publication de Madame Bovary, qui provoque un procès en obscĂ©nitĂ©
  • 1862 : Publication de SalammbĂ´, roman historique sur Carthage
  • 1869 : Publication de L'Éducation sentimentale, fresqueen de la vie parisienne et politique
  • Correspondance abondante avec George Sand et d'autres Ă©crivains, rĂ©vĂ©lant sa mĂ©thode de travail
  • 1880 : Mort Ă  Croisset, en Normandie, laissant Bouvard et PĂ©cuchet inachevĂ©

Œuvres & réalisations

Madame Bovary (1857)

Roman fondateur du réalisme littéraire, racontant la vie et les illusions perdues d'Emma Bovary, femme d'un médecin de campagne normand. L'œuvre fit l'objet d'un procès retentissant pour atteinte aux bonnes mœurs.

SalammbĂ´ (1862)

Roman historique situé à Carthage au IIIe siècle avant J.-C., lors de la révolte des Mercenaires. Flaubert effectua un voyage à Tunis pour documenter cette fresque épique et colorée.

L'Éducation sentimentale (1869)

Grand roman de la désillusion, retraçant la vie de Frédéric Moreau et de sa génération dans le Paris des années 1840, sur fond de révolution de 1848. Mal reçu à sa parution, il est aujourd'hui considéré comme un chef-d'œuvre.

La Tentation de saint Antoine (1874)

Œuvre philosophique et visionnaire à laquelle Flaubert travailla pendant près de vingt-cinq ans, mettant en scène les tentations et hallucinations de l'ermite saint Antoine dans le désert.

Trois Contes (1877)

Recueil de trois récits — Un cœur simple, La Légende de saint Julien l'Hospitalier et Hérodias — considéré comme un sommet de l'art narratif de Flaubert par sa concision et sa perfection stylistique.

Bouvard et Pécuchet (1881 (posthume))

Roman inachevé et satirique sur deux copistes qui tentent d'embrasser tous les savoirs humains et échouent systématiquement. Flaubert y travaillait au moment de sa mort, aboutissement de sa critique de la bêtise humaine.

Dictionnaire des idées reçues (1913 (posthume))

Recueil satirique de lieux communs et de clichés bourgeois, compilé par Flaubert tout au long de sa vie, conçu comme un appendice à Bouvard et Pécuchet.

Anecdotes

Flaubert avait l'habitude de « gueuler » ses textes dans son cabinet de travail de Croisset. Il lisait chaque phrase à voix haute pour en tester le rythme et la sonorité, un procédé qu'il appelait « l'épreuve du gueuloir ». Ses voisins pouvaient parfois l'entendre déclamer à travers les fenêtres ouvertes.

Lors du procès de Madame Bovary en janvier 1857, Flaubert fut poursuivi pour « outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs ». Il fut finalement acquitté le 7 février 1857, et le scandale du procès contribua paradoxalement au succès commercial du roman, qui se vendit à des milliers d'exemplaires.

Flaubert pouvait passer une semaine entière à travailler sur une seule page de texte. Pour Madame Bovary, il travailla près de cinq ans (1851-1856), accumulant plus de 4 500 pages de brouillons pour un roman qui n'en compte que quelques centaines.

Flaubert entretenait une correspondance passionnée avec la poétesse Louise Colet, qui dura plusieurs années. Ces lettres constituent aujourd'hui l'un des plus précieux témoignages sur sa conception de l'art littéraire et son processus créatif. Il y développe notamment sa théorie de l'impersonnalité de l'artiste.

À la fin de sa vie, Flaubert se ruina pour sauver de la faillite le mari de sa nièce Caroline. Cet acte de générosité familiale le plongea dans de graves difficultés financières et assombrit considérablement ses dernières années, lui qui avait vécu jusque-là de ses rentes.

Sources primaires

Lettre à Louise Colet, 9 décembre 1852 (9 décembre 1852)
L'auteur, dans son œuvre, doit être comme Dieu dans l'univers, présent partout et visible nulle part.
Lettre Ă  Louise Colet, 16 janvier 1852 (16 janvier 1852)
Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c'est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style.
Réquisitoire du procureur Ernest Pinard lors du procès de Madame Bovary (Janvier 1857)
L'art sans règle n'est plus l'art ; c'est comme une femme qui quitterait tout vêtement. Imposer au roman la seule règle de la décence publique, ce n'est pas l'asservir, c'est l'honorer.
Lettre à George Sand, 6 février 1876 (6 février 1876)
Je tourne à la vieille bête sensible. Tout me blesse, tout me déchire, et je me tais, faisant des efforts pour cacher ce ramollissement universel.

Lieux clés

Croisset (Canteleu)

Propriété familiale au bord de la Seine, près de Rouen, où Flaubert vécut et travailla la majeure partie de sa vie. C'est dans son cabinet de travail donnant sur le fleuve qu'il écrivit la quasi-totalité de son œuvre.

HĂ´tel-Dieu de Rouen

Hôpital où naquit Flaubert et où son père exerçait comme chirurgien en chef. L'enfant grandit dans le logement de fonction attenant, côtoyant la maladie et la mort dès son plus jeune âge.

Paris, boulevard du Temple puis rue Murillo

Flaubert séjournait régulièrement à Paris pour fréquenter les milieux littéraires. Il y retrouvait ses amis écrivains comme George Sand, Tourgueniev et les frères Goncourt lors de dîners célèbres.

Trouville-sur-Mer

Station balnéaire normande où Flaubert, adolescent, rencontra Élisa Schlésinger en 1836, un amour impossible qui marqua toute sa vie et inspira L'Éducation sentimentale.

Le Caire et la vallée du Nil

Lors de son voyage en Orient (1849-1851), Flaubert parcourut l'Égypte, expérience qui nourrit son imaginaire et fournit la matière de Salammbô et de La Tentation de saint Antoine.

Objets typiques

Pipe orientale en terre

Flaubert fumait abondamment en travaillant. Il avait rapporté de son voyage en Orient plusieurs pipes qu'il utilisait lors de ses longues séances d'écriture.

Plume d'oie et encrier

Instruments de travail quotidiens de l'écrivain, usés par les innombrables ratures et réécritures qui caractérisaient son processus créatif.

Manuscrits et brouillons raturés

Flaubert conservait ses nombreux brouillons, témoins de son travail acharné sur le style. Les pages étaient couvertes de corrections, ajouts et suppressions.

Bouillotte en cuivre

Objet domestique courant dans son cabinet de Croisset, où il travaillait souvent la nuit, enveloppé dans sa robe de chambre, luttant contre le froid normand.

Robe de chambre

Vêtement emblématique de Flaubert, qu'il portait lors de ses longues sessions d'écriture nocturnes dans son cabinet de travail surplombant la Seine.

Livres et dictionnaires de documentation

Flaubert accumulait une documentation considérable pour chaque roman. Pour Bouvard et Pécuchet, il aurait lu plus de 1 500 ouvrages.

Programmes scolaires

LycéeFrançais — Le réalisme dans la littérature française
LycéeFrançais — Madame Bovary : analyse textuelle et thématique
LycéeFrançais — L'évolution du roman au XIXe siècle
LycéeFrançais — La critique sociale dans l'œuvre flaubertienne
LycéeFrançais — Le style et la langue chez Flaubert
LycéeFrançais — La construction du personnage romanesque

Vocabulaire & tags

Vocabulaire clé

réalismeesthétique littéraireperfectionnisme stylistiqueroman de mœurscritique socialepoint de vue narratifprose poétiqueironie

Tags

Gustave Flaubertesthétique littéraireperfectionnisme stylistiqueroman de mœurscritique socialepoint de vue narratifprose poétiqueironieXIXe siècle (1821-1880), Second Empire et Troisième République

Vie quotidienne

Matin

Flaubert se levait tard, généralement vers dix heures, après ses longues nuits de travail. Il prenait un bain, puis rejoignait sa mère pour un déjeuner copieux. Il lisait ensuite son courrier et les journaux dans le salon de Croisset.

Après-midi

L'après-midi, il se promenait parfois le long de la Seine ou dans le jardin de Croisset. Il recevait occasionnellement des visiteurs ou rédigeait sa volumineuse correspondance. Il consacrait aussi du temps à ses lectures de documentation pour ses romans en cours.

Soir

Le véritable travail d'écriture commençait en fin de journée et se prolongeait tard dans la nuit, souvent jusqu'à deux ou trois heures du matin. Enfermé dans son cabinet, il écrivait, raturait et déclamait ses phrases, ne s'interrompant que pour fumer sa pipe.

Alimentation

Flaubert avait un solide appétit normand. Il appréciait la bonne chère, les repas bourgeois avec viandes, sauces et fromages de la région. Lors de ses séjours parisiens, il participait volontiers aux dîners littéraires chez Magny ou au restaurant Brébant avec ses confrères écrivains.

VĂŞtements

Chez lui à Croisset, Flaubert portait une ample robe de chambre qui devint son vêtement emblématique. Pour ses sorties parisiennes, il s'habillait en bourgeois élégant : redingote, gilet, cravate et chapeau haut-de-forme, bien que sa corpulence imposante le rendît toujours reconnaissable.

Habitat

La maison de Croisset, au bord de la Seine près de Rouen, était une belle propriété du XVIIIe siècle entourée d'un jardin. Le cabinet de travail de Flaubert, au premier étage, offrait une large vue sur le fleuve et les bateaux qui passaient. La maison fut malheureusement démolie après sa mort, seul le pavillon subsiste.

Frise contextuelle

1821Naissance de Gustave Flaubert à l'Hôtel-Dieu de Rouen, où son père est chirurgien en chef.
1836Rencontre sur la plage de Trouville avec Élisa Schlésinger, amour de jeunesse qui inspirera L'Éducation sentimentale.
1844Première crise nerveuse de Flaubert, qui abandonne ses études de droit et se consacre entièrement à la littérature.
1846Mort du père et de la sœur de Flaubert. Il s'installe à Croisset avec sa mère et sa nièce Caroline.
1848Révolution de février et proclamation de la Deuxième République. Flaubert assiste aux événements à Paris.
1849Départ pour un grand voyage en Orient avec Maxime Du Camp : Égypte, Palestine, Liban, Constantinople, Grèce.
1851Coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte. Flaubert commence la rédaction de Madame Bovary.
1857Procès et acquittement de Madame Bovary. Publication du roman chez Michel Lévy.
1862Publication de Salammbô, roman historique situé à Carthage, après des années de documentation.
1869Publication de L'Éducation sentimentale, fresque de la génération romantique dans le Paris de 1848.
1870Guerre franco-prussienne. Croisset est occupé par les soldats prussiens.
1874Publication de La Tentation de saint Antoine, œuvre à laquelle Flaubert travaillait depuis 1849.
1877Publication de Trois Contes, recueil comprenant Un cœur simple, La Légende de saint Julien l'Hospitalier et Hérodias.
1880Mort subite de Flaubert à Croisset le 8 mai, d'une hémorragie cérébrale, laissant Bouvard et Pécuchet inachevé.

Vocabulaire d'époque

Le gueuloir — Méthode de travail propre à Flaubert consistant à lire ses textes à voix haute pour en éprouver le rythme et la musicalité, et corriger les lourdeurs.
Le mot juste — Expression désignant l'obsession de Flaubert pour trouver le seul mot parfaitement adapté à l'idée exprimée, quitte à passer des heures sur une seule phrase.
Bourgeois — Membre de la classe sociale moyenne aisée du XIXe siècle. Flaubert méprisait la bêtise et la médiocrité qu'il associait à cette classe, tout en y appartenant lui-même.
Feuilleton — Mode de publication des romans en épisodes dans les journaux, très répandu au XIXe siècle. Madame Bovary parut d'abord en feuilleton dans la Revue de Paris en 1856.
Réalisme — Mouvement littéraire et artistique du milieu du XIXe siècle visant à représenter le monde tel qu'il est, sans idéalisation. Flaubert en est considéré comme l'un des pères fondateurs, bien qu'il refusât cette étiquette.
Affres — Tourments, souffrances intenses. Flaubert parlait fréquemment des « affres du style » pour décrire la douleur que lui causait la recherche de la perfection littéraire.
Rente — Revenu régulier tiré d'un capital ou d'une propriété. Flaubert vécut longtemps de ses rentes familiales, ce qui lui permit de se consacrer entièrement à l'écriture sans avoir à en tirer un revenu.
Officier de santé — Titre médical inférieur à celui de docteur en médecine, créé en 1803 et supprimé en 1892. Charles Bovary, dans le roman de Flaubert, exerce sous ce titre modeste.
Bovarysme — Terme forgé par le philosophe Jules de Gaultier en 1892 à partir du personnage d'Emma Bovary, désignant la tendance à se concevoir autrement que l'on est et à fuir la réalité dans l'imaginaire.
Cabinet de travail — Pièce privée consacrée à l'étude et à l'écriture dans les demeures bourgeoises du XIXe siècle. Celui de Flaubert à Croisset était le cœur de sa vie quotidienne.

Galerie


Portrait of Gustave Flaubert

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Painting, sculpture and architecture as representative arts; an essay in comparative æsthetics

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Painting, sculpture and architecture as representative arts;

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Painting, sculpture, and architecture as representative arts : an essay in comparative aesthetics

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Catalogue des sculptures grecques, romaines et byzantines

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Madame Bovary, statue par H. Jondet en 1910

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A guide to the best historical novels and tales

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The world's story; a history of the world in story, song and art, ed. by Eva March Tappan

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Style visuel

Un style visuel réaliste aux tons chauds et terreux, mêlant les intérieurs bourgeois normands éclairés à la bougie et les paysages brumeux de la Seine à Croisset.

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#8B7355
#4A5D3A
#C9B8A0
#2C3E50
Prompt IA
Romantic realism aesthetic of 1850s-1870s provincial France. Warm candlelight illuminating a cluttered writer's study with heavy wooden furniture, leather-bound books, and scattered manuscript pages. Norman countryside with misty river landscapes, poplar-lined banks of the Seine, half-timbered farmhouses. Rich earth tones and muted greens of Normandy. Interior scenes reminiscent of Dutch Golden Age paintings with dramatic chiaroscuro. Bourgeois interiors with floral wallpaper, heavy drapes, and ornate furnishings. Atmospheric fog over the Seine at dawn. Style influenced by Gustave Courbet's realism and Eugène Boudin's Norman skies.

Ambiance sonore

L'atmosphère sonore du cabinet de travail de Croisset, entre le silence studieux, les éclats du gueuloir et les bruits paisibles de la Seine au-dehors.

Prompt IA
A quiet study room in a Norman riverside estate at night. The gentle lapping of the Seine against the riverbank outside. A clock ticking steadily on the mantelpiece. The scratching of a quill pen on rough paper, punctuated by long pauses of silence. Occasional deep sighs and muttered words as sentences are tested aloud, growing louder into full declamation before falling back to murmurs. A crackling fireplace. Wind rustling through poplar trees along the river. Distant sounds of a steamboat horn on the Seine. The creak of a wooden chair. Pages being crumpled and tossed aside. A pipe being tapped against an ashtray.

Source du portrait

Wikimedia Commons — domaine public — Nadar — 1865