Biographie

Homme d'État allemand, social-démocrate (SPD), il fut chancelier de la République fédérale d'Allemagne de 1974 à 1982. Pragmatique, il marqua sa fonction par sa gestion des crises économiques et du terrorisme intérieur.

Helmut Schmidt(1918 — 2015)

Helmut Schmidt

Allemagne

6 min de lecture

PolitiqueXXe siècleAllemagne de l'Ouest (RFA) durant la Guerre froide et les Trente Glorieuses finissantes

Questions fréquentes

Helmut Schmidt (1918-2015) fut le cinquième chancelier de la République fédérale d'Allemagne (RFA), de 1974 à 1982, sous l'étiquette du SPD (parti social-démocrate). Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a gouverné une Allemagne de l'Ouest en pleine Guerre froide, confrontée à la fois à la crise économique mondiale et au terrorisme intérieur de la Fraction armée rouge (RAF). Pragmatique et impopulaire chez les siens, il a pourtant marqué l'histoire par sa gestion de crises majeures et par son rôle dans la construction européenne.

Citations célèbres

« Celui qui a des visions devrait aller voir un médecin.»

Faits marquants

  • Chancelier de la République fédérale d'Allemagne de 1974 à 1982, succédant à Willy Brandt
  • Gère la crise terroriste de la Fraction armée rouge lors de l'« Automne allemand » en 1977
  • Affronte les chocs pétroliers de 1973 et 1979 par une politique économique rigoureuse
  • Avec Valéry Giscard d'Estaing, lance le Système monétaire européen (SME) en 1979 et les sommets du G7
  • Soutient la double décision de l'OTAN (1979) sur les euromissiles, source de tensions au sein du SPD

Œuvres & réalisations

Gestion de l'inondation de Hambourg (1962)

Coordination héroïque et improvisée des secours qui sauva des milliers de vies et révéla son talent de gestionnaire de crise.

Sommet de Rambouillet et création du G6/G7 (1975)

Avec Giscard d'Estaing, il institua les sommets réguliers des grandes économies, devenus le G7.

Système monétaire européen (SME) (1978-1979)

Mécanisme de stabilité des changes co-créé avec la France, jalon majeur vers l'intégration monétaire et l'euro.

Double décision de l'OTAN (1979)

Combinaison du déploiement d'euromissiles et d'une offre de négociation de désarmement, qui marqua durablement la Guerre froide.

Gestion de l'« automne allemand » (1977)

Réponse ferme à la vague terroriste de la RAF, dont la libération des otages du vol Landshut par le GSG 9.

Menschen und Mächte (Hommes et puissances) (1987)

Mémoires politiques majeurs où il analyse les grands dirigeants et enjeux de son temps.

Coédition de Die Zeit (1983-2015)

Pendant plus de trente ans, il influença le débat public allemand par ses éditoriaux et essais.

Anecdotes

Pendant la grande crue de Hambourg en février 1962, Helmut Schmidt, alors sénateur chargé de la police de la ville, prit la tête des secours. Il n'hésita pas à réquisitionner l'armée fédérale et des unités de l'OTAN sans en avoir l'autorisation légale, sauvant des milliers de vies. Cette gestion de crise le rendit célèbre dans toute l'Allemagne.

Fumeur invétéré, Schmidt allumait des cigarettes au mentol même sur les plateaux de télévision et lors des réunions officielles. Quand l'interdiction de fumer dans les lieux publics fut renforcée en Allemagne, il continua de fumer publiquement, devenant une sorte d'icône de défi tranquille jusqu'à sa mort à 96 ans.

En octobre 1977, lors de l'« automne allemand », Schmidt refusa de céder aux exigences de la Fraction armée rouge (RAF) qui avait enlevé le patron du patronat Hanns Martin Schleyer. Quand un commando palestinien détourna l'avion « Landshut » jusqu'à Mogadiscio, il ordonna l'assaut des forces spéciales GSG 9, qui libéra les otages. Schleyer fut hélas assassiné par la RAF.

Pianiste de talent, Schmidt enregistra des concertos de Mozart et de Bach avec des orchestres professionnels. La musique restait pour lui un refuge essentiel face aux tensions du pouvoir.

Après avoir quitté la chancellerie, Schmidt devint coéditeur de l'hebdomadaire Die Zeit en 1983, prolongeant son influence par la plume pendant plus de trente ans. Surnommé « Schmidt-Schnauze » (Schmidt la grande gueule) pour sa repartie cinglante, il restait une voix écoutée de l'Allemagne.

Sources primaires

Discours au Bundestag sur la lutte contre le terrorisme (1977)
L'État de droit doit se défendre, mais il ne doit pas pour autant renoncer à ce qui fait sa nature même : le respect du droit.
Déclaration gouvernementale sur la double décision de l'OTAN (1979)
La sécurité de l'Europe occidentale exige un équilibre des forces ; négocier le désarmement suppose d'abord de ne pas se laisser distancer.
Menschen und Mächte (Hommes et puissances), mémoires de Helmut Schmidt (1987)
J'ai toujours considéré que gouverner, c'est avant tout faire des choix entre plusieurs maux, rarement entre un bien et un mal.

Lieux clés

Hambourg

Ville natale de Schmidt et théâtre de son ascension politique, notamment lors de la gestion de l'inondation de 1962 ; il y vécut jusqu'à sa mort.

Bonn (Chancellerie fédérale)

Capitale de la RFA, siège de la chancellerie où Schmidt gouverna de 1974 à 1982.

Château de Rambouillet

Lieu du premier sommet des grandes puissances industrielles (G6) en 1975, co-organisé par Schmidt et Giscard d'Estaing.

Mogadiscio (aéroport)

En 1977, le commando GSG 9 y libéra les otages de l'avion détourné « Landshut » sur ordre de Schmidt.

Siège de Die Zeit (Hambourg)

Après la chancellerie, Schmidt devint en 1983 coéditeur de l'influent hebdomadaire Die Zeit.

Liens externes & ressources

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