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Hineahuone

Hineahuone

MythologieAvant J.-C.Temps mythiques, avant l'histoire humaine — tradition orale maorie transmise depuis des temps immémoriaux

Hineahuone est la première femme dans la cosmogonie maorie, façonnée par le dieu Tāne à partir de la terre rouge (one) de Kurawaka. Figure fondatrice de la tradition orale maorie, elle symbolise le lien sacré entre l'humanité et la terre.

Faits marquants

  • Selon la tradition orale maorie, Tāne façonna Hineahuone à partir de la terre rouge (one) du lieu sacré de Kurawaka
  • Son nom signifie littéralement 'femme façonnée dans la terre' (hine = femme, ahua = forme/façonner, one = terre/sable)
  • Elle est considérée comme l'ancêtre primordiale (tīpuna) dont descend toute l'humanité dans la cosmologie maorie
  • Son union avec Tāne donna naissance à Hinetītama, personnage central du cycle mythologique sur la mort et l'au-delà
  • Ces récits sont transmis par tradition orale (kōrero tuku iho) et non par des sources écrites anciennes

Œuvres & réalisations

Naissance de l'humanité maorie (acte de création) (Temps mythiques)

En acceptant la vie insufflée par Tāne, Hineahuone inaugure le monde des êtres humains mortels (tangata). Elle est l'origine de toutes les généalogies (whakapapa) maories, fondement de l'identité culturelle du peuple maori.

Transmission du mauri (force vitale) (Temps mythiques)

Hineahuone reçoit de Tāne le mauri, souffle vital qui distingue les êtres vivants. Ce don cosmologique fonde la conception maorie de la vie et de l'âme, transmise à toute sa descendance.

Maternité de Hinetītama (Temps mythiques)

De l'union d'Hineahuone et Tāne naît Hinetītama, qui deviendra Hinenuitepō, gardienne du monde des morts. Hineahuone est ainsi à l'origine du cycle vie-mort qui structure toute la cosmologie maorie.

Fondation du rite du hongi (Temps mythiques, pratiqué jusqu'à aujourd'hui)

Le premier hongi (salutation par le partage du souffle) fut accompli par Tāne pour éveiller Hineahuone. Ce geste rituel, encore pratiqué dans toutes les cérémonies maories, trouve son origine dans cet acte fondateur.

Anecdotes

Hineahuone, dont le nom signifie littéralement « fille façonnée de la terre » (hine = fille, one = sable/terre), fut modelée par le dieu Tāne à partir de l'argile rouge de Kurawaka. Tāne insuffla la vie en pressant son nez contre le visage de cette forme inerte, pratiquant ainsi le premier hongi, ce geste de salutation sacré encore en usage chez les Maoris aujourd'hui.

Après que Tāne eut façonné Hineahuone, elle s'éveilla à la vie et éternua, signe premier de son souffle vital. De leur union naquit Hinetītama, « la fille de l'aube », qui deviendra plus tard Hinenuitepō, déesse de la mort — faisant d'Hineahuone la mère ancestrale de toute l'humanité maorie, mais aussi l'origine du cycle vie-mort.

Le site de Kurawaka, où Hineahuone fut façonnée, est considéré comme un lieu sacré (wāhi tapu) dans la cosmologie maorie. La terre rouge qui la constitue n'était pas choisie au hasard : dans la pensée maorie, le rouge (whero) est la couleur de la vie, du sang et de la naissance, reliant symboliquement la première femme à la fertilité de la Terre-mère Papatūānuku.

Contrairement à d'autres récits de création, Hineahuone n'est pas une déesse mais la première mortelle. Ce détail est fondamental dans la cosmologie maorie : elle représente le passage du monde des atua (dieux) au monde des tangata (êtres humains), faisant d'elle une figure-charnière entre le divin et l'humain.

Les récits concernant Hineahuone varient selon les iwi (tribus) maoris, illustrant la richesse de la tradition orale polynésienne. Certaines versions insistent sur son rôle de gardienne du mauri (force vitale), d'autres sur sa relation avec Papatūānuku, la Terre-mère, dont elle est considérée comme l'expression vivante et charnelle.

Sources primaires

Ko te Kaupeka Tuatahi — récits de création maoris collectés par Sir George Grey (Compilé vers 1853, tradition orale immémoriale)
Ka hanga a Tāne i a Hineahuone i Kurawaka, ka hanga i ōna mata, ka hanga i ōna taringa, ka hanga i ōna ihu... ka hūpē, ka ōhā, ka ora.
Nga Mahi a Nga Tupuna — récits des ancêtres, collectés par Sir George Grey (1854, Auckland)
Tāne formed the first woman from the red earth of Kurawaka, breathed life into her nostrils, and she sneezed and lived. She was called Hineahuone, the earth-formed maiden.
Whare wānanga — enseignements ésotériques maoris, transcriptions de S. Percy Smith d'après Te Matorohanga (Vers 1865, tradition transcrite début XXe siècle)
Ko Hineahuone te wahine tuatahi i hangaia e Tāne-nui-a-rangi ki te one o Kurawaka, arā, ko ia te tūāpuna o ngā wahine katoa o te ao.
He Kōrero Pūrākau mō ngā Tūāhuritanga a ngā Tūpuna — John White, The Ancient History of the Maori (1887, Wellington)
Hineahuone was the first woman, made by Tāne from the red soil of the sacred place; her name tells her origin — she who was formed from the earth.

Lieux clés

Kurawaka (lieu mythique de la création)

Site sacré où Tāne modela Hineahuone à partir de la terre rouge. Ce lieu appartient à la géographie mythique maorie (kō uta, kō tai — entre la terre et la mer) et reste associé à toutes les cérémonies de naissance.

Aotearoa / Nouvelle-Zélande (Île du Nord)

Berceau de la civilisation maorie, terre où les récits d'Hineahuone ont été transmis de génération en génération dans les whare wānanga (maisons du savoir) des différents iwi.

Te Whanganui-a-Tara / Wellington

Ville où George Grey et John White compilèrent les premières transcriptions écrites des mythes maoris au XIXe siècle, permettant la diffusion internationale des récits d'Hineahuone.

Rangiātea / Ra'iatea (Polynésie française)

Île considérée comme le foyer ancestral (Hawaiki) des Polynésiens avant leur migration vers la Nouvelle-Zélande. Les récits d'Hineahuone remonteraient à cette origine commune du monde polynésien.

Voir aussi