Ilithyie (Eileithyia) est la déesse grecque de l'enfantement et des accouchements. Fille de Zeus et d'Héra, elle préside aux naissances et soulage ou prolonge les douleurs des parturientes. Elle joue un rôle décisif dans plusieurs mythes, notamment lors de la naissance d'Héraclès et d'Apollon.
Ilithyie
Ilithyie
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Fille de Zeus et d'Héra, elle appartient au panthéon olympien grec
- Selon Homère, on évoque parfois les Ilithyies au pluriel comme déesses des douleurs de l'enfantement
- Dans le mythe de la naissance d'Héraclès, Héra la retient pour retarder l'accouchement d'Alcmène
- Elle assiste Léto lors de la naissance d'Apollon et d'Artémis à Délos
- Un culte ancien lui était rendu en Crète, à la grotte d'Amnisos, mentionnée dès l'époque mycénienne
Œuvres & réalisations
Après neuf jours de douleurs, Ilithyie permet enfin à Léto d'accoucher des jumeaux divins. Sans elle, la naissance des deux Olympiens était impossible.
Contrainte par Héra de bloquer l'accouchement d'Alcmène, Ilithyie est trompée par Galanthis et laisse naître le plus grand héros grec.
Pindare la décrit siégeant auprès des déesses du destin, car c'est par elle que tout mortel accède à la vie et donc à son sort.
Platon compare l'art de Socrate, qui aide à 'accoucher' les idées, à la fonction d'Ilithyie auprès des femmes enceintes.
Son sanctuaire crétois fait d'elle l'une des divinités les plus anciennement vénérées du monde grec, sur près de deux millénaires.
Les Romains identifient Ilithyie à Junon Lucina, perpétuant ses fonctions de protectrice des accouchements dans le monde latin.
Anecdotes
Selon la mythologie, lorsque Léto voulut donner naissance à Apollon et Artémis, la jalouse Héra retint Ilithyie sur l'Olympe pour empêcher l'accouchement. Léto souffrit neuf jours et neuf nuits sur l'île de Délos jusqu'à ce que les autres déesses convainquent Ilithyie de venir l'aider.
Pour retarder la naissance d'Héraclès et favoriser celle d'Eurysthée, Héra ordonna à Ilithyie de croiser les jambes et les doigts devant la porte d'Alcmène, bloquant magiquement l'accouchement. Une servante rusée, Galanthis, annonça faussement que l'enfant était né : surprise, Ilithyie bondit, dénoua ses membres, et la naissance put avoir lieu.
À Crète, près de Cnossos, existait une grotte sacrée appelée la grotte d'Ilithyie, mentionnée dès les tablettes en linéaire B de l'époque mycénienne. Cela montre que son culte est l'un des plus anciens du monde grec, remontant à plus de mille ans avant notre ère.
Les Grecs représentaient parfois Ilithyie portant une torche, symbole de la lumière du jour vers laquelle elle conduit le nouveau-né, ou tendant les bras pour accueillir l'enfant. Les femmes enceintes lui offraient des vêtements et des prières pour obtenir un accouchement sans douleur.
Le poète Pindare l'invoque comme la déesse 'assise auprès des Moires', les divinités du destin, car la naissance détermine le sort de chaque mortel. Sans Ilithyie, croyait-on, aucun enfant ne pouvait venir au monde.
Sources primaires
Les Ilithyies, qui président aux douloureux enfantements et qui sont les filles d'Héra, déesses des âpres douleurs.
Seule Ilithyie, déesse des douleurs de l'enfantement, n'avait rien entendu ; car elle se tenait au sommet de l'Olympe, sous des nuées d'or, retenue par la volonté d'Héra.
Héra, unie à Zeus, enfanta Hébé, Arès et Ilithyie.
Ilithyie, fille de la puissante Héra, assise auprès des Moires aux profondes pensées, écoute-moi : sans toi nul ne voit la lumière.
Lucina (Ilithyie), assise devant l'autel, les genoux croisés et les doigts entrelacés, retenait par ses charmes l'enfantement d'Alcmène.
Lieux clés
Grotte sacrée près du port de Cnossos, lieu de culte d'Ilithyie dès l'époque minoenne. Pausanias et l'Odyssée la mentionnent comme l'un de ses plus anciens sanctuaires.
Île sacrée où Léto donna naissance à Apollon et Artémis avec l'aide tardive d'Ilithyie. Un sanctuaire y était dédié à la déesse de l'enfantement.
Demeure des dieux où Ilithyie résidait auprès d'Héra, sa mère. C'est de là qu'Héra la retint pour empêcher la naissance d'Apollon.
Athènes possédait un temple ancien dédié à Ilithyie, abritant trois statues de bois (xoana) selon Pausanias. Les Athéniennes y venaient prier pour un accouchement heureux.
Cité où Alcmène mit au monde Héraclès, malgré les manœuvres d'Ilithyie envoyée par Héra pour retarder l'accouchement.
Plusieurs sanctuaires d'Ilithyie y sont attestés ; les Spartiates lui rendaient un culte important lié à la fécondité et à la survie des nouveau-nés.
Objets typiques

Ilithyie est souvent représentée tenant une torche allumée, symbole de la lumière du jour vers laquelle elle amène le nouveau-né. La flamme évoque le passage des ténèbres du ventre maternel à la vie.

Les femmes ayant accouché sans danger déposaient leurs vêtements dans les sanctuaires d'Ilithyie en signe de gratitude. Ces ex-voto textiles étaient une forme courante de remerciement.

De petites figurines en terre cuite représentant des femmes enceintes ou des nourrissons étaient offertes dans ses temples. Elles servaient à demander ou remercier d'une grossesse heureuse.

La ceinture dénouée symbolise la délivrance : Ilithyie pouvait, en croisant ou dénouant des liens, bloquer ou libérer l'accouchement. Les femmes déliaient leur ceinture au moment de l'enfantement.

Dans les sanctuaires, l'eau lustrale servait à purifier les femmes avant ou après l'accouchement. La naissance étant source d'impureté rituelle, ces objets accompagnaient le culte.

Le safran, lié au sang et aux douleurs féminines, était associé à Ilithyie et aux rites de l'enfantement. On lui offrait parfois des étoffes ou couronnes teintes de cette couleur jaune-orangé.
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Vie quotidienne
Matin
En tant que déesse immortelle, Ilithyie ne connaît pas la routine des mortels. On l'imagine sur l'Olympe, attentive aux prières des femmes qui, sur terre, sentent les premières douleurs dès l'aube.
Après-midi
Elle répond aux invocations en descendant de l'Olympe, parfois portée par les vents, pour se rendre au chevet des parturientes. Sa présence ou son absence décide du déroulement de chaque naissance.
Soir
Le soir, on la prie au foyer des maisons où une femme est sur le point d'accoucher. Les sanctuaires s'illuminent de torches en son honneur, écho de la lumière qu'elle apporte aux nouveau-nés.
Alimentation
Comme tous les Olympiens, elle se nourrit d'ambroisie et de nectar, aliments d'immortalité. Sur terre, ce sont les offrandes des fidèles — gâteaux, libations, vêtements — qui lui sont consacrées.
Vêtements
L'art grec la montre vêtue d'un long chiton et d'un himation drapé, tenant une torche. Elle porte parfois les bras tendus dans le geste d'accueillir l'enfant qui vient au monde.
Habitat
Sa demeure est l'Olympe, parmi les dieux, auprès de sa mère Héra. Sur terre, ses 'maisons' sont les grottes sacrées comme celle d'Amnisos et les temples que les cités lui dédient.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Délivrance d'Apollon et Artémis à Délos
mythe archaïque
Naissance d'Héraclès
mythe archaïque
Assistance aux Moires
tradition poétique
Inspiration de la maïeutique socratique
Ve-IVe siècle av. J.-C.
Culte continu d'Amnisos
depuis l'âge du bronze
Assimilation à Junon Lucina
époque romaine






