Inari
Inari
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Divinité shintō japonaise associée au riz, à la fertilité, au renard et au commerce. Inari est l'une des divinités les plus vénérées du Japon, avec des sanctuaires (inari-sha) présents dans tout le pays.
Faits marquants
- Inari est mentionné pour la première fois dans le Nihon Shoki (720 apr. J.-C.)
- Le grand sanctuaire de Fushimi Inari-taisha à Kyoto date du VIIIe siècle
- Inari peut être représenté sous forme masculine, féminine ou androgyne selon les traditions
- Les messagers d'Inari sont les renards (kitsune), présents en statue devant les sanctuaires
- Environ un tiers des sanctuaires shintō du Japon sont dédiés à Inari (plus de 30 000)
Œuvres & réalisations
Inari préside à la constitution d'un réseau de plus de 32 000 sanctuaires à travers le Japon, le plus dense de tout le panthéon shintō, structurant la vie religieuse et agricole de l'archipel pendant plus de douze siècles.
Inari devient divinité tutélaire des forgerons. Selon la légende mise en scène dans le drame Nō 'Kokaji', un kitsune envoyé par Inari aide le forgeron Sanjō Munechika à créer l'une des épées les plus réputées du Japon.
Le moine Kūkai (Kōbō Daishi) fait d'Inari le gardien spirituel du temple Tō-ji de Kyoto, fusionnant culte shintō et bouddhisme ésotérique et propulsant Inari au rang de protecteur de la capitale impériale.
Durant l'ère Edo, Inari s'impose comme protecteur des marchands et artisans. Les grandes maisons de commerce font ériger des petits sanctuaires Inari sur le toit de leurs entrepôts, pratique que l'on retrouve encore dans les entreprises japonaises modernes.
Des milliers de torii vermillon offerts par des donateurs créent à Fushimi l'un des paysages sacrés les plus emblématiques du Japon, faisant du sanctuaire un site de pèlerinage mondial et un symbole vivant du culte d'Inari.
Anecdotes
Les renards (kitsune) sont les messagers sacrés d'Inari. Dans la tradition shintō, ils sont représentés en paires devant les sanctuaires, gardant l'entrée. Un kitsune à neuf queues est un messager particulièrement puissant, ayant accumulé des siècles de sagesse divine. Dans le folklore japonais, le kitsune peut prendre forme humaine pour accomplir la volonté d'Inari et récompenser les dévots sincères.
À Fushimi Inari-taisha, à Kyoto, des milliers de torii vermillon forment des tunnels sur plusieurs kilomètres le long de la montagne sacrée. Ces portiques sont offerts par des particuliers et des entreprises en remerciement des faveurs accordées par Inari. La tradition s'est intensifiée à l'époque Edo (XVIIe-XIXe siècle), lorsque des marchands enrichis voulaient honorer la divinité du commerce et de la prospérité.
Inari est l'une des rares divinités shintō dont le genre est fluide : selon les traditions et les régions, Inari peut être vénéré comme un homme âgé portant du riz, comme une belle femme, ou comme un groupe de trois kami distincts. Cette plasticité reflète la capacité d'Inari à s'adapter aux besoins de tous les fidèles, signe de sa puissance universelle.
Le forgeron légendaire Sanjō Munechika, de la période Heian, aurait été assisté par un kitsune envoyé par Inari pour forger l'une des épées les plus célèbres du Japon, surnommée Ko-Kitsune-Maru (Petit Renard). Cette légende, mise en scène dans le drame Nō 'Kokaji', illustre comment le culte d'Inari s'étendit bien au-delà de l'agriculture pour devenir protecteur des artisans et des guerriers.
Sources primaires
Les sanctuaires d'Inari figurent parmi les lieux de culte importants de la province de Yamashiro. Des offrandes de riz sont prescrites pour apaiser la divinité et garantir de bonnes récoltes pour l'ensemble du pays.
Il est rapporté que le clan Hata construisit le premier sanctuaire sur la colline d'Inariyama, après qu'un mochi (gâteau de riz) transformé en oiseau blanc s'envola vers le sommet de la montagne, signe de la présence divine.
Le sanctuaire d'Inari de Yamashiro est classifié parmi les grands sanctuaires myōjin-taisha, bénéficiant d'offrandes officielles de l'État lors des grandes cérémonies agricoles nationales.
Plusieurs histoires décrivent des kitsune servant Inari qui récompensent les fidèles pieux et punissent ceux qui manquent de dévotion. Un marchand ayant offert du riz au sanctuaire vit sa boutique prospérer miraculeusement dès la saison suivante.
Le forgeron Munechika, ne pouvant trouver d'assistant qualifié, prie Inari. Un kitsune divin lui apparaît et forge à ses côtés l'épée Ko-Kitsune-Maru, témoignant de la protection d'Inari sur les artisans du métal.
Lieux clés
Grand sanctuaire principal d'Inari fondé en 711, au pied du mont Inari. Célèbre pour ses milliers de torii vermillon, c'est le lieu de pèlerinage le plus fréquenté du Japon avec plusieurs millions de visiteurs par an.
Montagne sacrée de 233 mètres considérée comme le corps même de la divinité. Le chemin de pèlerinage serpente jusqu'au sommet à travers des dizaines de mini-sanctuaires secondaires dédiés aux différentes manifestations d'Inari.
L'un des trois grands sanctuaires d'Inari au Japon, fondé au XIVe siècle dans un temple bouddhiste zen dédié à Dakiniten. Il illustre le syncrétisme shinbutsu-shūgō propre au culte d'Inari.
L'un des trois grands sanctuaires d'Inari, dont la fondation traditionnelle remonte à 651. Situé au nord-est de Tokyo, il attire plus de trois millions de pèlerins lors du grand festival du printemps.
Troisième grand sanctuaire d'Inari au Japon, fondé en 1687 sur un promontoire rocheux surplombant une forêt de Kyūshū. Surnommé 'le Nikkō de Kyūshū' pour la richesse de ses laques et dorures.
