Isadora Duncan(1877 — 1927)

Isadora Duncan

Union soviétique, États-Unis

8 min de lecture

SpectacleDanseur/seXXe siècleMère de la danse moderne, pionnière du mouvement libre

danseuse américaine (1877-1927)

Questions fréquentes

Isadora Duncan, née en 1877 à San Francisco, est une danseuse américaine qui a révolutionné la danse au début du XXe siècle. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle a rejeté le ballet classique, avec ses corsets et ses pointes, pour inventer une danse libre, inspirée de la nature et des gestes antiques. Elle dansait pieds nus, vêtue d'une simple tunique grecque, ce qui scandalisait le public mais fascinait les artistes de l'époque. Son essai The Dance of the Future (1903) est un manifeste fondateur de la danse contemporaine.

Faits marquants

  • Isadora Duncan (1877-1927) est considérée comme la pionnière de la danse moderne, rompant avec les codes stricts du ballet classique.
  • Elle fonde ses premières écoles de danse en Europe au début du XXe siècle, notamment à Berlin (1904) et à Paris, pour diffuser sa conception de la danse libre.
  • Inspirée par la Grèce antique, elle danse pieds nus, vêtue de tuniques légères, s'opposant au corset et aux pointes du ballet traditionnel.
  • Elle s'installe en Union soviétique en 1921, invitée par le gouvernement bolchevique pour ouvrir une école de danse à Moscou, épousant le poète Sergueï Essénine.
  • Elle meurt accidentellement à Nice en 1927, étranglée par son écharpe coincée dans les roues d'une automobile, laissant une œuvre artistique fondatrice.

Œuvres & réalisations

The Dance of the Future (1903)

Essai théorique fondateur dans lequel Isadora expose sa vision d'une danse libérée des conventions académiques, enracinée dans la nature et l'expression intérieure. Texte fondamental de l'histoire de la danse moderne.

Iphigénie en Tauride (chorégraphie sur Gluck) (1904)

L'une de ses chorégraphies les plus célèbres, inspirée de la tragédie grecque et dansée sur la musique de Gluck. Elle illustre parfaitement sa méthode d'expression dramatique par le mouvement libre.

La Marseillaise (solo) (1915)

Solo patriotique créé pendant la Première Guerre mondiale, dansé dans une tunique rouge. Isadora y incarne allégoriquement la France martyre se relevant de ses blessures, séquence d'une puissance émotionnelle immense.

Symphonie n°7 de Beethoven (chorégraphie) (1904)

Isadora fut pionnière en chorégraphiant de grandes œuvres symphoniques jusque-là considérées indansables. Cette création avec l'orchestre de Munich souleva l'enthousiasme de la critique européenne.

École de danse d'Isadora Duncan (Grünewald puis Paris) (1904-1914)

Isadora fonda plusieurs écoles pour transmettre sa méthode à de jeunes élèves, les 'Isadorables'. Ces écoles préfigurèrent les pédagogies de danse contemporaine du XXe siècle.

Ma Vie (My Life) (1927)

Autobiographie publiée l'année de sa mort, dans laquelle Isadora retrace son parcours artistique et amoureux avec une franchise remarquable pour l'époque. Document inestimable sur la vie artistique de la Belle Époque.

Anecdotes

Isadora Duncan refusa toujours de porter le corset et les pointes imposés par la danse classique. Lors de ses premières représentations à Paris en 1900, elle se produisit pieds nus sur scène, ce qui scandalisa le public bourgeois mais fascina les artistes de l'avant-garde comme Rodin.

En 1913, ses deux enfants, Deirdre et Patrick, moururent noyés dans la Seine après que leur automobile eut basculé dans le fleuve. Ce drame bouleversa profondément Isadora, qui tenta de surmonter son deuil en se consacrant encore davantage à son art et à ses écoles de danse.

Isadora Duncan mourut de façon tragique et symbolique : en 1927 à Nice, son long châle de soie rouge s'enroula dans les rayons de la roue arrière de l'Amilcar décapotable dans laquelle elle montait, la étranglant instantanément. Le poète Jean Cocteau commenta : 'Admirable fin d'une femme qui avait toujours aimé les grands gestes.'

En 1921, Lénine l'invita à venir ouvrir une école de danse à Moscou. Isadora accepta avec enthousiasme, persuadée que la Révolution russe allait libérer les arts. Elle y rencontra le poète Sergueï Essénine, qu'elle épousa malgré leurs dix-sept ans de différence d'âge et leur impossibilité à se comprendre sans interprète.

Lors d'une tournée américaine en 1922, Isadora fut espionnée par le FBI en raison de ses sympathies communistes et de son mariage avec un citoyen soviétique. Sur scène à Boston, elle agita son écharpe rouge en criant 'Je suis rouge !', provoquant un scandale national et des menaces d'expulsion.

Sources primaires

Ma Vie (My Life) — autobiographie d'Isadora Duncan (1927)
J'ai toujours pensé que la danse devait venir de l'intérieur, que le mouvement du corps devait être l'expression directe de l'âme. Le corset et les pointes sont des entraves à cette vérité.
Lettre d'Isadora Duncan à Gordon Craig (1905)
Mon art n'est qu'une tentative d'exprimer en gestes et en mouvements la vérité de mon être. Je cherche le mouvement primordial, celui qui existait avant que l'homme ait inventé ses conventions.
The Dance of the Future — essai d'Isadora Duncan (1903)
La danseuse du futur sera celle dont le corps et l'âme ne font qu'un, dont les mouvements sont une prière. Elle sera la haute prêtresse d'une religion sublime.
Art of the Dance — recueil d'écrits théoriques (1928)
Je n'ai jamais pu comprendre pourquoi, pour exprimer la joie, la douleur ou la beauté, on devrait se plier à des règles codifiées inventées par des maîtres de ballet du XVIIe siècle.
Témoignage de Stanislavski sur ses représentations à Moscou (1908)
Isadora Duncan danse et, en la regardant, je comprends soudain que la forme extérieure n'est rien sans le sentiment intérieur qui l'anime. Elle m'a enseigné quelque chose d'essentiel sur le jeu de l'acteur.

Lieux clés

San Francisco, Californie — maison natale

Isadora Duncan naît le 26 mai 1877 à San Francisco. Sa mère, pianiste, lui transmet très tôt l'amour de la musique classique qui guidera toute sa création chorégraphique.

Paris — cœur de sa carrière européenne

Paris fut la ville où Isadora connut la gloire, côtoya Rodin, Debussy et les artistes de l'Art Nouveau. Elle y vécut la plus grande partie de sa vie d'adulte et y perdit ses enfants.

Athènes — pèlerinage aux sources antiques

En 1903, Isadora et sa famille firent un voyage fondateur en Grèce pour étudier l'architecture et la sculpture antiques. Elle tenta même d'y construire un temple dédié à la danse.

Moscou — école soviétique de danse

Invitée par le gouvernement soviétique en 1921, Isadora ouvrit à Moscou une école de danse libre. C'est là qu'elle rencontra le poète Essénine qu'elle épousa.

Nice, Côte d'Azur — lieu de sa mort

C'est à Nice, le 14 septembre 1927, qu'Isadora Duncan mourut étranglée par son écharpe. La Promenade des Anglais reste associée à ce destin tragique et symbolique.

Voir aussi