Marchand et financier français du XVe siècle, Jacques Cœur devint le grand argentier du roi Charles VII. Bâtisseur d'un vaste empire commercial tourné vers le Levant, il fut l'un des hommes les plus riches du royaume avant de tomber en disgrâce.
Jacques Cœur(1395 — 1456)
Jacques Cœur
Royaume de France
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« À vaillants cœurs rien d'impossible»
Faits marquants
- Né vers 1400 à Bourges, fils d'un marchand pelletier
- Devient grand argentier du roi Charles VII vers 1438-1439
- Développe un vaste réseau commercial maritime avec le Levant (Montpellier, Marseille)
- Fait construire le palais Jacques-Cœur à Bourges (vers 1443-1451)
- Arrêté en 1451, condamné et dépouillé de ses biens ; meurt en 1456 lors d'une expédition contre les Turcs
Œuvres & réalisations
Demeure somptueuse considérée comme un chef-d'œuvre de l'architecture gothique civile, témoin de son immense fortune.
Réseau de comptoirs et de navires reliant la France à l'Orient, source principale de sa richesse.
Gestion de la frappe de la monnaie du royaume, point de départ de son influence financière.
Responsable des finances et des achats de la cour, il devint l'un des hommes les plus puissants de France.
Prêts considérables au roi qui permirent de chasser les Anglais et de hâter la fin de la guerre de Cent Ans.
Anecdotes
Jacques Cœur avait fait graver dans son palais de Bourges sa devise : « À vaillans cuers riens impossible » (à cœurs vaillants, rien d'impossible). C'était aussi un jeu de mots sur son nom, qu'on retrouve sculpté partout sur les murs avec des cœurs et des coquilles Saint-Jacques.
Devenu « grand argentier » du roi Charles VII, Jacques Cœur prêta des sommes énormes pour financer la reconquête de la Normandie sur les Anglais en 1449-1450. On disait alors qu'il était l'homme le plus riche du royaume, plus riche encore que beaucoup de princes.
En 1451, le roi fit brusquement arrêter Jacques Cœur. On l'accusa même, faussement, d'avoir empoisonné Agnès Sorel, la favorite du roi. Ses biens furent confisqués : ses ennemis et le roi, qui lui devait beaucoup d'argent, profitèrent de sa chute.
Sur la façade de son palais à Bourges, Jacques Cœur fit sculpter de fausses fenêtres d'où semblent se pencher un homme et une femme, comme s'ils guettaient la rue. Ce détail amusant se voit encore aujourd'hui.
Condamné, Jacques Cœur réussit à s'évader de prison et se réfugia auprès du pape à Rome. Il mourut en 1456 sur l'île de Chios, en mer Égée, alors qu'il participait à une expédition navale contre les Turcs.
Sources primaires
À vaillans cuers riens impossible.
Le chroniqueur, contemporain des faits, rapporte la fortune immense de Jacques Cœur et l'injustice de sa disgrâce, suscitée par l'envie de ses ennemis et les dettes du roi à son égard.
Le grand argentier est déclaré coupable, banni du royaume et ses biens confisqués au profit du Trésor royal.
Des cœurs et des coquilles Saint-Jacques composent un jeu d'images sur son nom : « Jacques Cœur ».
Lieux clés
Ville natale de Jacques Cœur, où il fit bâtir son célèbre palais. Bourges était alors une capitale du royaume de Charles VII.
Grand centre de commerce où Jacques Cœur installa des comptoirs reliant la France aux ports méditerranéens.
Port d'où partaient les galées marchandes de Jacques Cœur vers le Levant.
Après son évasion, Jacques Cœur se réfugia auprès du pape, qui l'accueillit et l'employa.
Île de la mer Égée où Jacques Cœur mourut en 1456 lors d'une expédition navale contre les Turcs.
Objets typiques

Pièce de monnaie en or frappée sous Charles VII. Jacques Cœur, maître des Monnaies, supervisait la fabrication de cet argent qui faisait sa puissance.

Grand navire à rames et à voiles utilisé pour le commerce en Méditerranée. Les galées de Jacques Cœur rapportaient soie et épices du Levant.

Livre où le marchand notait achats, ventes et dettes. Indispensable pour gérer un vaste empire commercial et les finances du roi.

Balance à plateaux servant à peser pièces, métaux précieux et marchandises. Outil quotidien du négociant et du changeur.

Tissu précieux importé d'Orient, très recherché par la noblesse. Le commerce de la soie fit une partie de la fortune de Jacques Cœur.

Poivre, gingembre, cannelle rapportés d'Orient, vendus à prix d'or en Occident. Elles assaisonnaient les plats des plus riches.

Armoiries de Jacques Cœur, ornées de trois cœurs et de coquilles Saint-Jacques, un jeu d'images sur son nom. Elles décorent son palais de Bourges.
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Levé tôt, Jacques Cœur consultait ses registres et la correspondance arrivée de ses comptoirs de Montpellier ou de Marseille. Il recevait facteurs et associés pour suivre l'arrivée des navires et l'état des affaires.
Après-midi
Homme de cour autant que marchand, il se rendait au Conseil du roi ou réglait les paiements de la cour comme grand argentier. Il négociait prêts, ventes d'épices et marchés avec les grands du royaume.
Soir
Le soir, il recevait dans son hôtel ou son palais, entouré de tapisseries et de vaisselle précieuse. On y traitait encore d'affaires autour d'un repas raffiné, signe de son rang.
Alimentation
Riche, sa table offrait viandes, poissons, vins fins et plats relevés d'épices coûteuses venues d'Orient. Ces mets rares affichaient sa fortune autant qu'ils nourrissaient ses hôtes.
Vêtements
Il portait des vêtements de drap fin et de soie, doublés de fourrure, ornés parfois de ses armoiries. Sa mise rivalisait avec celle des nobles, ce que beaucoup lui reprochaient.
Habitat
Il habitait de vastes demeures, dont le célèbre Palais Jacques-Cœur à Bourges, aux salles sculptées et chauffées par de grandes cheminées. Confort, art et symboles de réussite s'y mêlaient.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Palais Jacques-Cœur à Bourges
vers 1443-1451
Compagnie de commerce avec le Levant
années 1440
Direction des Monnaies royales
à partir de 1436
Charge de grand argentier de Charles VII
1439
Financement de la reconquête de la Normandie
1449-1450




