Religieux carme, mystique et poète espagnol du XVIe siècle. Réformateur de l'ordre du Carmel aux côtés de Thérèse d'Ávila, il est l'auteur d'œuvres majeures de la littérature mystique comme la *Nuit obscure* et le *Cantique spirituel*. Docteur de l'Église.
Jean de la Croix(1542 — 1591)
Jean de la Croix
couronne de Castille
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l'amour.»
« Pour parvenir à goûter tout, n'aie le goût de rien.»
Faits marquants
- Né en 1542 à Fontiveros (Castille), mort en 1591 à Úbeda
- Rencontre Thérèse d'Ávila en 1567 et s'engage dans la réforme du Carmel déchaux
- Emprisonné à Tolède en 1577-1578 par les Carmes mitigés, il y compose une partie de son œuvre poétique
- Auteur de la *Nuit obscure*, du *Cantique spirituel* et de la *Vive flamme d'amour*
- Canonisé en 1726, proclamé docteur de l'Église en 1926
Œuvres & réalisations
Avec Thérèse d'Ávila, Jean fonda la branche réformée des carmes (les "déchaussés"), prônant un retour à la pauvreté et à la contemplation.
Traité spirituel décrivant le chemin de purification de l'âme vers l'union avec Dieu ; il commente son poème de la Nuit obscure.
Poème et traité sur la "nuit obscure de l'âme", étape de dépouillement spirituel devenue une expression universelle.
Long poème d'amour mystique inspiré du Cantique des Cantiques, dialogue entre l'âme (l'épouse) et le Christ (l'Époux).
Poème et commentaire célébrant l'union la plus haute de l'âme avec Dieu, sommet de la littérature mystique espagnole.
Reconnaissance par le pape Pie XI de l'autorité doctrinale de ses écrits ; il est aussi patron des poètes de langue espagnole.
Anecdotes
En décembre 1577, Jean de la Croix fut enlevé par des carmes hostiles à la réforme et enfermé dans un cachot du couvent de Tolède, une ancienne réserve à peine plus grande qu'un placard. Privé de lumière et régulièrement fouetté, il y composa pourtant de mémoire certains de ses plus beaux poèmes mystiques.
Au bout de neuf mois de captivité, il s'évada de nuit en descellant les gonds de sa porte et en se laissant glisser le long d'une corde improvisée avec des couvertures, jusqu'à un rempart surplombant le Tage. Affamé et affaibli, il trouva refuge chez les carmélites déchaussées de la ville.
Jean était de très petite taille : ses contemporains le décrivaient comme un homme menu, mesurant à peine un mètre cinquante. Thérèse d'Ávila plaisantait en disant qu'avec lui et un autre frère, elle disposait de "un frère et demi" pour mener sa réforme.
Toute sa vie, il accompagna sa poésie de petits dessins. Son croquis du Christ en croix vu de dessus, en plongée, est resté célèbre : quatre siècles plus tard, il aurait inspiré au peintre Salvador Dalí son fameux "Christ de saint Jean de la Croix".
Réformateur infatigable, il marchait souvent pieds nus de couvent en couvent à travers la Castille et l'Andalousie, conformément à la règle des carmes "déchaux" (déchaussés) qu'il défendait contre les carmes "chaussés", restés fidèles à une observance plus relâchée.
Sources primaires
Par une nuit profonde, étant pleine d'angoisse et enflammée d'amour, ô l'heureux sort ! je sortis sans être vue, tandis que ma demeure était déjà apaisée.
Où vous êtes-vous caché, mon Bien-Aimé, et m'avez-vous laissée gémissante ? Comme le cerf vous avez fui, après m'avoir blessée.
Ô vive flamme d'amour qui blesses tendrement mon âme en son centre le plus profond !
Pour parvenir à goûter tout, ne cherche le goût en rien. Pour parvenir à savoir tout, ne cherche le savoir en rien.
Lieux clés
Village de la province d'Ávila, en Vieille-Castille, où naquit Jean en 1542 dans une famille pauvre de tisserands.
Ville commerçante de Castille où Jean grandit, fut scolarisé au collège des jésuites et entra chez les carmes en 1563.
Célèbre ville universitaire où Jean étudia la théologie et la philosophie, et fut ordonné prêtre en 1567.
Ville où Jean fut emprisonné neuf mois en 1577-1578 dans un étroit cachot ; c'est là qu'il composa une partie de la Nuit obscure et du Cantique spirituel.
Hameau de Castille où Jean fonda en 1568, avec quelques compagnons, le premier couvent de carmes déchaussés.
Ville d'Andalousie où Jean mourut le 14 décembre 1591, épuisé par la maladie ; son tombeau y devint un lieu de pèlerinage.
Objets typiques

Robe de laine grossière brune, ceinturée d'une corde, symbole de pauvreté volontaire. Les carmes "déchaux" la portaient avec des sandales ou nu-pieds, par contraste avec l'observance relâchée des carmes chaussés.

Pièce d'étoffe portée sur les épaules par-dessus l'habit, distinctive de l'ordre du Carmel. Elle exprimait la consécration à la Vierge Marie, patronne de l'ordre.

Outils d'écriture avec lesquels Jean mit par écrit ses poèmes et leurs commentaires en prose. Une grande partie de son œuvre fut d'abord composée de mémoire en prison, faute de matériel.

Croix simple, objet central de méditation et emblème du nom religieux qu'il s'était choisi. Elle inspira ses célèbres dessins du Christ crucifié.

Livre liturgique contenant les psaumes et prières récités aux différentes heures de la journée. Il rythmait la vie quotidienne du moine carme.

Petit fouet de cordelettes utilisé pour la mortification corporelle, pratique de pénitence répandue dans la vie monastique réformée du XVIe siècle.
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Vie quotidienne
Matin
Jean se levait avant l'aube pour l'office des Matines et l'oraison silencieuse dans la pénombre de la chapelle. La matinée était partagée entre la messe, la prière mentale et la lecture de l'Écriture, cœur de la vie contemplative carmélite.
Après-midi
L'après-midi mêlait travail manuel, direction spirituelle des religieuses et religieux, et rédaction de poèmes ou de commentaires. Comme prieur et réformateur, il consacrait aussi du temps à l'administration des couvents et à de longs déplacements à pied.
Soir
Le soir, après les Vêpres et un repas frugal pris en silence, venait un nouveau temps d'oraison. Jean aimait prier seul la nuit, parfois à la fenêtre face au ciel étoilé, sources d'images dans sa poésie.
Alimentation
L'alimentation était volontairement pauvre et souvent végétarienne, conforme à l'austérité des carmes déchaussés : pain, légumes, soupes et fruits. Le jeûne était fréquent et la viande largement écartée durant une bonne partie de l'année.
Vêtements
Il portait l'habit de bure brune des carmes, serré d'une corde, avec le scapulaire et le manteau de l'ordre. Fidèle à la règle, il allait pieds nus ou en simples sandales, même par temps froid.
Habitat
Il vivait dans des couvents souvent petits et dépouillés, avec une cellule étroite contenant le strict nécessaire : un grabat, une croix, un bréviaire. Cet idéal de pauvreté contrastait volontairement avec le confort des couvents non réformés.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Réforme du Carmel déchaussé
à partir de 1568
La Montée du Carmel (Subida del Monte Carmelo)
vers 1579-1585
La Nuit obscure (Noche oscura)
vers 1578-1585
Cantique spirituel (Cántico espiritual)
vers 1578-1584
La Vive Flamme d'amour (Llama de amor viva)
vers 1585-1587
Proclamation comme Docteur de l'Église
1926






