Guru Nanak(1469 — 1539)
Gurû Nanak dev
6 min de lecture
Gurû Nanak (1469-1539) est un mystique et poète indien, fondateur du sikhisme. Il prêcha l'unicité de Dieu, l'égalité de tous les êtres humains et le rejet des castes et des rituels formels. Premier des dix gurûs sikhs, ses hymnes figurent au cœur du livre sacré, le Gurû Granth Sahib.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Il n'y a ni hindou ni musulman. »
Faits marquants
- Naît en 1469 à Talwandi (aujourd'hui Nankana Sahib, au Pakistan), dans le Pendjab.
- Connaît une expérience spirituelle fondatrice vers 1499 marquant le début de sa prédication.
- Entreprend de longs voyages (udasis) pour diffuser son enseignement à travers l'Inde et au-delà.
- Fonde la communauté de Kartarpur où il instaure le langar (cuisine communautaire ouverte à tous).
- Meurt en 1539 après avoir désigné Gurû Angad comme son successeur.
Œuvres & réalisations
Composition fondatrice placée en ouverture du Gurû Granth Sahib, récitée chaque matin par les sikhs. Elle expose l'essence de la pensée de Nanak.
Ballade chantée à l'aube, recueil d'hymnes dénonçant l'hypocrisie rituelle et célébrant l'égalité et le service.
Ensemble d'hymnes composés après les invasions de Babur, témoignant de la souffrance des populations et questionnant la justice divine.
Dialogue poétique avec des ascètes yogis (les Siddhas), où Nanak défend une spiritualité vécue dans le monde plutôt que dans le renoncement.
Réalisation sociale majeure : une communauté égalitaire fondée sur le travail honnête, le partage et la méditation.
Choix d'un disciple plutôt que d'un fils, posant le principe de la lignée des dix gurûs et la continuité de l'enseignement.
Anecdotes
Selon la tradition sikhe, le jeune Nanak refusa à l'âge de neuf ans de porter le « janeu », le cordon sacré que les brahmanes nouent autour des hindous de haute caste. Il déclara qu'il préférait un cordon tissé de compassion et de vérité, marquant très tôt son rejet des rituels formels et des distinctions de caste.
La tradition raconte qu'un jour, alors qu'il travaillait comme comptable au grenier du gouverneur, Nanak comptait les sacs de grain et, arrivé au chiffre treize (« tera » en pendjabi), se mit à répéter « tera, tera » — qui signifie aussi « à toi, à toi » en s'adressant à Dieu — tombant en extase mystique.
Vers 1499, Nanak aurait disparu trois jours dans la rivière Bein. À son retour, il prononça sa célèbre phrase : « Il n'y a ni hindou ni musulman », affirmant l'unicité de Dieu au-delà des religions et le début de sa mission de prédicateur.
Nanak entreprit de longues tournées de prédication appelées « udasis », qui l'auraient mené, selon la tradition, jusqu'à La Mecque, Bagdad et le Tibet. Il voyageait accompagné de Mardana, un musulman qui jouait du rebab pendant que Nanak chantait ses hymnes.
À la fin de sa vie, Nanak fonda la ville de Kartarpur où il instaura le « langar », une cuisine communautaire gratuite où chacun, quelle que soit sa caste ou sa religion, s'asseyait par terre côte à côte pour partager le même repas — une pratique toujours vivante dans les temples sikhs aujourd'hui.
Sources primaires
Il n'y a qu'un seul Dieu, dont le nom est Vérité, le Créateur, sans peur, sans haine, immortel, non né, existant par lui-même.
Il n'y a ni hindou ni musulman ; alors quel chemin dois-je suivre ? Je suivrai le chemin de Dieu.
Récits traditionnels relatant la naissance, les voyages et les miracles attribués au premier gurû, composés et transmis à partir du XVIe-XVIIe siècle.
Lieux clés
Village natal de Nanak dans le Pendjab, aujourd'hui au Pakistan. Un grand gurdwara y commémore sa naissance.
Ville où Nanak travailla comme comptable et où il vécut son expérience mystique sur la rivière Bein.
Communauté fondée par Nanak sur les rives de la Ravi, où il instaura le langar et passa ses dernières années. Lieu de sa mort en 1539.
Selon la tradition sikhe, Nanak s'y rendit lors de ses grands voyages de prédication, dialoguant avec les religieux musulmans.
Ville sainte hindoue sur le Gange où, selon les Janamsakhis, Nanak contesta un rituel en jetant de l'eau dans le sens opposé pour montrer l'absurdité de certaines pratiques.






