Jean de La Fontaine(1621 — 1695)

Jean de La Fontaine

France

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LettresPoète(sse)Écrivain(e)Temps modernesXVIIe siècle (1621-1695), période classique en France sous Louis XIV

Poète et fabuliste français du XVIIe siècle, Jean de La Fontaine est célèbre pour ses Fables, recueils de courts récits en vers mettant en scène des animaux pour illustrer des leçons de morale. Ses œuvres, empreintes d'humour et de sagesse, restent des classiques majeurs de la littérature française.

Questions fréquentes

Jean de La Fontaine (1621-1695) est un poète et fabuliste du XVIIe siècle, célèbre pour ses Fables. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a renouvelé un genre antique en le rendant accessible à tous, y compris aux enfants. Imagine que chaque fable est une petite pièce de théâtre en vers où des animaux parlent pour dénoncer les travers humains. Son œuvre est devenue un pilier de la culture française parce qu'elle allie humour, sagesse et critique sociale, tout en restant d'une grande simplicité apparente.

Citations célèbres

« Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. »
« Aide-toi, le ciel t'aidera. »
« La raison du plus fort est toujours la meilleure. »

Faits marquants

  • Publication du premier recueil de Fables en 1668, contenant 124 fables en six livres
  • Publication des Nouveaux Recueils entre 1671 et 1694, enrichissant son corpus de 91 fables supplémentaires
  • Nommé membre de l'Académie française en 1684
  • Création d'un style poétique mixant vers reguliers et libertés versifiées pour s'adapter à chaque fable
  • Adaptation de fables issues de sources antiques (Ésope) et orientales (Pilpay) à la société française du XVIIe siècle

Œuvres & réalisations

Fables (Livres I-VI) (1668)

Premier recueil de fables en vers, dédié au jeune Dauphin. Ces cent vingt-quatre fables fondent la réputation de La Fontaine et renouvellent profondément le genre hérité d'Ésope.

Fables (Livres VII-XI) (1678-1679)

Second recueil, plus ample et plus philosophique, dédié à Madame de Montespan. Il y approfondit la psychologie des personnages et la réflexion morale sur la nature humaine.

Fables (Livre XII) (1694)

Dernier livre des Fables, dédié au duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV. Il témoigne d'une sagesse plus mélancolique et d'une maîtrise formelle accomplie.

Contes et nouvelles en vers (1664-1685)

Recueil de récits souvent grivois et licencieux inspirés de Boccace, de l'Arioste et de Rabelais. Ces textes, condamnés par l'Église, furent reniés par l'auteur sur son lit de mort.

Adonis (1658)

Long poème mythologique dédié à Nicolas Fouquet, qui révèle le talent de La Fontaine pour la poésie lyrique et son admiration pour les auteurs antiques comme Ovide.

Le Songe de Vaux (1661)

Poème inachevé célébrant le château de Vaux-le-Vicomte, composé pour Fouquet avant son arrestation. Précieux témoignage sur le mécénat littéraire du XVIIe siècle.

Anecdotes

La Fontaine était célèbre pour sa distraction légendaire. On raconte qu'il assista un jour aux funérailles d'un ami sans reconnaître le mort, puis rentra chez lui en déclarant qu'il avait passé un agréable après-midi. Sa tête était constamment ailleurs, perdue dans ses pensées poétiques.

Protégé de Nicolas Fouquet, surintendant des finances de Louis XIV, La Fontaine lui resta fidèle après son arrestation en 1661. Il composa une Élégie pour lui, ce qui déplut fortement au roi. Cette loyauté lui coûta longtemps la faveur royale et retarda son entrée à l'Académie française.

La Fontaine fut élu à l'Académie française en 1683, mais Louis XIV refusa d'abord de valider son élection, lui préférant un autre candidat. Il dut attendre qu'un fauteuil se libère à nouveau pour être officiellement reçu en 1684, preuve de la rancune persistante du roi à son égard.

Sur son lit de mort, La Fontaine connut une conversion religieuse sincère. Il renia ses Contes et nouvelles en vers, jugés trop licencieux, et reçut les sacrements. Selon les témoignages de l'époque, il mourut dans un état de grande piété, ce qui surprit nombre de ses contemporains habitués à son esprit libertin.

La Fontaine entretenait une amitié indéfectible avec Molière, Racine et Boileau, formant un quatuor littéraire qui se retrouvait régulièrement. Boileau racontait que La Fontaine était le seul d'entre eux à ne jamais corriger ses vers, les composant d'un seul jet avec une facilité déconcertante.

Sources primaires

Fables, Livre I, dédicace À Monseigneur le Dauphin (1668)
Je me sers d'animaux pour instruire les hommes. […] L'apparence en est puérile, je le confesse ; mais ces puérilités servent d'enveloppe à des vérités importantes.
Élégie aux nymphes de Vaux (1661)
Nymphes qui lui devez vos plus charmants appas, / Si le long de vos bords Louis porte ses pas, / Tâchez de l'adoucir, fléchissez son courage.
Lettre à sa femme (relation du voyage de Paris en Limousin) (1663)
Je vous écris de Château-Thierry, où je suis arrivé avec beaucoup de fatigue. Le pays est beau, mais j'aime mieux ma chambre que tous les chemins du monde.
Fables, Livre VI, préface (1668)
L'apologue est composé de deux parties, dont on peut appeler l'une le corps, l'autre l'âme. Le corps est la fable ; l'âme, la moralité.
Discours à Madame de La Sablière (1674)
Iris, je vous louerais, il n'est que trop aisé ; / Mais vous avez cent fois notre encens refusé.

Lieux clés

Château-Thierry, Champagne

Ville natale de La Fontaine, où il naquit en 1621 et passa son enfance. La maison familiale, aujourd'hui musée, témoigne de ses origines bourgeoises.

Château de Vaux-le-Vicomte

Résidence fastueuse de son mécène Nicolas Fouquet, où La Fontaine séjourna et s'épanouit littérairement avant l'arrestation de ce dernier en 1661.

Hôtel de Madame de La Sablière, Paris

La Fontaine vécut pendant vingt ans sous le toit de Marguerite de La Sablière, femme d'esprit et de lettres, rue Neuve-des-Petits-Champs. Ce salon fut son foyer le plus durable.

Académie française, Paris

Institution dont La Fontaine devint membre en 1684, après une élection controversée. Il y représentait le courant des Anciens dans la Querelle des Anciens et des Modernes.

Versailles

Cour du Roi-Soleil que La Fontaine fréquentait peu, en raison de la froideur de Louis XIV à son égard. Ce palais symbolise le monde qu'il côtoyait sans jamais vraiment en être.

Voir aussi