
Jean de La Fontaine
Jean de La Fontaine
1621 — 1695
France
Poète et fabuliste français du XVIIe siècle, Jean de La Fontaine est célèbre pour ses Fables, recueils de courts récits en vers mettant en scène des animaux pour illustrer des leçons de morale. Ses œuvres, empreintes d'humour et de sagesse, restent des classiques majeurs de la littérature française.
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Citations célèbres
« Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. »
« Aide-toi, le ciel t'aidera. »
« La raison du plus fort est toujours la meilleure. »
Faits marquants
- Publication du premier recueil de Fables en 1668, contenant 124 fables en six livres
- Publication des Nouveaux Recueils entre 1671 et 1694, enrichissant son corpus de 91 fables supplémentaires
- Nommé membre de l'Académie française en 1684
- Création d'un style poétique mixant vers reguliers et libertés versifiées pour s'adapter à chaque fable
- Adaptation de fables issues de sources antiques (Ésope) et orientales (Pilpay) à la société française du XVIIe siècle
Œuvres & réalisations
Premier recueil de fables en vers, dédié au jeune Dauphin. Ces cent vingt-quatre fables fondent la réputation de La Fontaine et renouvellent profondément le genre hérité d'Ésope.
Second recueil, plus ample et plus philosophique, dédié à Madame de Montespan. Il y approfondit la psychologie des personnages et la réflexion morale sur la nature humaine.
Dernier livre des Fables, dédié au duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV. Il témoigne d'une sagesse plus mélancolique et d'une maîtrise formelle accomplie.
Recueil de récits souvent grivois et licencieux inspirés de Boccace, de l'Arioste et de Rabelais. Ces textes, condamnés par l'Église, furent reniés par l'auteur sur son lit de mort.
Long poème mythologique dédié à Nicolas Fouquet, qui révèle le talent de La Fontaine pour la poésie lyrique et son admiration pour les auteurs antiques comme Ovide.
Poème inachevé célébrant le château de Vaux-le-Vicomte, composé pour Fouquet avant son arrestation. Précieux témoignage sur le mécénat littéraire du XVIIe siècle.
Anecdotes
La Fontaine était célèbre pour sa distraction légendaire. On raconte qu'il assista un jour aux funérailles d'un ami sans reconnaître le mort, puis rentra chez lui en déclarant qu'il avait passé un agréable après-midi. Sa tête était constamment ailleurs, perdue dans ses pensées poétiques.
Protégé de Nicolas Fouquet, surintendant des finances de Louis XIV, La Fontaine lui resta fidèle après son arrestation en 1661. Il composa une Élégie pour lui, ce qui déplut fortement au roi. Cette loyauté lui coûta longtemps la faveur royale et retarda son entrée à l'Académie française.
La Fontaine fut élu à l'Académie française en 1683, mais Louis XIV refusa d'abord de valider son élection, lui préférant un autre candidat. Il dut attendre qu'un fauteuil se libère à nouveau pour être officiellement reçu en 1684, preuve de la rancune persistante du roi à son égard.
Sur son lit de mort, La Fontaine connut une conversion religieuse sincère. Il renia ses Contes et nouvelles en vers, jugés trop licencieux, et reçut les sacrements. Selon les témoignages de l'époque, il mourut dans un état de grande piété, ce qui surprit nombre de ses contemporains habitués à son esprit libertin.
La Fontaine entretenait une amitié indéfectible avec Molière, Racine et Boileau, formant un quatuor littéraire qui se retrouvait régulièrement. Boileau racontait que La Fontaine était le seul d'entre eux à ne jamais corriger ses vers, les composant d'un seul jet avec une facilité déconcertante.
Sources primaires
Je me sers d'animaux pour instruire les hommes. […] L'apparence en est puérile, je le confesse ; mais ces puérilités servent d'enveloppe à des vérités importantes.
Nymphes qui lui devez vos plus charmants appas, / Si le long de vos bords Louis porte ses pas, / Tâchez de l'adoucir, fléchissez son courage.
Je vous écris de Château-Thierry, où je suis arrivé avec beaucoup de fatigue. Le pays est beau, mais j'aime mieux ma chambre que tous les chemins du monde.
L'apologue est composé de deux parties, dont on peut appeler l'une le corps, l'autre l'âme. Le corps est la fable ; l'âme, la moralité.
Iris, je vous louerais, il n'est que trop aisé ; / Mais vous avez cent fois notre encens refusé.
Lieux clés
Ville natale de La Fontaine, où il naquit en 1621 et passa son enfance. La maison familiale, aujourd'hui musée, témoigne de ses origines bourgeoises.
Résidence fastueuse de son mécène Nicolas Fouquet, où La Fontaine séjourna et s'épanouit littérairement avant l'arrestation de ce dernier en 1661.
La Fontaine vécut pendant vingt ans sous le toit de Marguerite de La Sablière, femme d'esprit et de lettres, rue Neuve-des-Petits-Champs. Ce salon fut son foyer le plus durable.
Institution dont La Fontaine devint membre en 1684, après une élection controversée. Il y représentait le courant des Anciens dans la Querelle des Anciens et des Modernes.
Cour du Roi-Soleil que La Fontaine fréquentait peu, en raison de la froideur de Louis XIV à son égard. Ce palais symbolise le monde qu'il côtoyait sans jamais vraiment en être.
Objets typiques
Instrument d'écriture de tout lettré du XVIIe siècle, la plume d'oie taillée permettait à La Fontaine de coucher sur papier ses vers avec la légèreté et la spontanéité qui le caractérisaient.
La Fontaine s'inspirait directement des fabulistes grecs et latins, notamment Ésope et Phèdre, dont il gardait les recueils à portée de main pour y puiser ses sujets avant de les réécrire à sa façon.
Source de lumière indispensable pour les soirées littéraires et les nuits passées à lire ou à écrire dans les salons parisiens que fréquentait La Fontaine.
Fervent lecteur des Anciens, La Fontaine possédait des ouvrages de philosophie stoïcienne et épicurienne qui nourrissaient sa réflexion morale et transparaissaient dans ses fables.
Pour paraître dans les salons aristocratiques, notamment chez sa protectrice Madame de La Sablière, La Fontaine revêtait l'habit élaboré du gentilhomme de lettres, souvent à contrecœur selon les témoignages.
La Fontaine était réputé pour sa simplicité de vie et ses repas frugaux, mais appréciait le bon vin de Champagne de sa région natale, symbole de convivialité lors des dîners entre amis.
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Vie quotidienne
Matin
La Fontaine se levait sans grande hâte, peu soucieux des horaires rigides. Il lisait les Anciens — Ésope, Phèdre, Horace — dans sa chambre avant de descendre prendre un repas frugal. Sa matinée était souvent consacrée à la composition de vers, qu'il déclamait à mi-voix en déambulant.
Après-midi
L'après-midi, il se rendait dans les jardins ou les rues de Paris, flanant et observant les passants avec ce regard distrait mais aigu qui nourrissait ses fables. Il pouvait rendre visite à ses amis Molière, Racine ou Boileau, ou rejoindre le salon de Madame de La Sablière pour y converser.
Soir
Les soirées se passaient dans les salons littéraires où l'on lisait des vers à haute voix, discutait de philosophie et de théâtre. La Fontaine y était apprécié pour son esprit et sa bonhomie, même s'il pouvait sombrer dans de longues rêveries silencieuses au milieu de l'assemblée.
Alimentation
Son alimentation était simple et peu recherchée pour un homme de lettres de son rang. Il appréciait le pain, le fromage et les fruits, arrosés d'un bon vin de Champagne rappelant ses origines. On le décrit comme peu gourmand, parfois oubliant de manger tant il était absorbé dans ses pensées.
Vêtements
La Fontaine portait l'habit bourgeois et aristocratique de son temps : haut-de-chausses, pourpoint, bas de soie et perruque poudrée lors des occasions mondaines. Au quotidien, il était réputé pour sa mise négligée et son peu d'intérêt pour l'élégance vestimentaire.
Habitat
Il vécut successivement sous la protection de plusieurs mécènes. Sa demeure la plus stable fut l'hôtel de Madame de La Sablière, rue Neuve-des-Petits-Champs à Paris, où il disposa d'une chambre pendant vingt ans. Il y régnait dans un désordre bienveillant de livres et de manuscrits.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie

Portrait of Jean de la Fontaine

Jean de la Fontaine, attributed to François de Troy
Portrait of Jean de la Fontaine
French: Portrait de Jean de La Fontaine (1621-1695), poète Portrait of Jean de la Fontainetitle QS:P1476,fr:"Portrait de Jean de La Fontaine (1621-1695), poète "label QS:Lfr,"Portrait de Jean de La
(Gaillac) Les Lunettes (conte de Jean de la Fontaine) 1892 - Jean-Baptiste Cariven - Musée des Beaux-Arts de Gaillac
Jean de La Fontaine
Gipsmodellen voor beeldhouwwerken op het Palais du Louvre links La Fontaine door Jean Louis Nicolas Jaleyen en rechts Pascal door François Lanno, RP-F-1999-142-25
Quinze journées au Salon de peinture et de sculpture : (année 1883)
28 rue Thiers in Bellac
Panneau rue du Croissant
Style visuel
Le style visuel évoque la splendeur classique du règne de Louis XIV : intérieurs dorés aux boiseries sculptées, jardins à la française et portraits en clair-obscur caractéristiques de la peinture baroque française.
Prompt IA
17th century French Baroque and classical painting style, warm candlelight and golden tones, luxurious Versailles-era interiors with ornate woodwork and tapestries, lush formal gardens in the style of Le Nôtre, elegant court costumes in deep blues and burgundy with white lace collars, quill and parchment manuscripts, illustrated fable manuscripts with anthropomorphic animals in period dress, chiaroscuro lighting reminiscent of Philippe de Champaigne, rich velvet textures, formal portraiture aesthetic.
Ambiance sonore
L'ambiance sonore du quotidien de La Fontaine mêle le crépitement du feu de cheminée dans les salons littéraires parisiens, le bruit des carrosses sur les pavés et la rumeur feutrée des conversations entre gens de lettres.
Prompt IA
Quiet Parisian salon of the 17th century, soft crackling of a fireplace, candlelight ambience, distant sound of horse-drawn carriages on cobblestone streets, quill scratching on parchment, murmur of polished conversation, occasional laughter of aristocratic guests, church bells ringing from a nearby parish, birdsong from a courtyard garden, rustle of silk garments, gentle clink of crystal glasses, subtle sound of pages turning in a leather-bound book.
Source du portrait
Wikimedia Commons — domaine public — Henri Millot — 1699
Aller plus loin
Références
Œuvres
Fables (Livres I-VI)
1668
Fables (Livres VII-XI)
1678-1679
Fables (Livre XII)
1694
Contes et nouvelles en vers
1664-1685
Le Songe de Vaux
1661





