Jean-François Lyotard(1924 — 1998)
Jean-François Lyotard
France
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Philosophe français, figure majeure de la pensée postmoderne. Il analyse le déclin des grands récits qui légitimaient le savoir et la modernité, et réfléchit aux mutations du savoir dans les sociétés contemporaines.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« En simplifiant à l'extrême, on tient pour « postmoderne » l'incrédulité à l'égard des métarécits. »
Faits marquants
- Né en 1924 à Versailles et mort en 1998 à Paris.
- Publie en 1979 La Condition postmoderne, rapport sur le savoir qui devient une référence mondiale.
- Développe en 1983 dans Le Différend une réflexion sur les conflits irréductibles entre discours.
- Enseigne la philosophie à l'université de Paris VIII (Vincennes) et participe à la vie intellectuelle française d'après-guerre.
- Figure centrale, avec Derrida et Foucault, du courant de la pensée française dite postmoderne.
Œuvres & réalisations
Sa thèse d'État, qui confronte le langage et l'image et fonde sa réflexion sur l'art et le sensible.
Ouvrage provocateur où il explore les énergies du désir ; il le reniera plus tard comme son « livre méchant ».
Rapport sur le savoir devenu un classique mondial ; il y annonce la « fin des grands récits ».
Son œuvre philosophique la plus aboutie, sur l'impossibilité de juger certains conflits avec une seule règle commune.
Recueil de lettres pédagogiques où il clarifie et défend sa notion de postmoderne.
Essais sur la technique, le temps et ce qui résiste à l'inhumain dans la pensée.
Anecdotes
En 1979, le gouvernement du Québec demande à Lyotard un rapport sur l'état du savoir dans les sociétés développées. Ce qui devait être une commande administrative devient « La Condition postmoderne », l'un des livres de philosophie les plus cités du XXe siècle, qui popularise le mot « postmoderne » bien au-delà des universités.
Avant d'être un grand philosophe, Lyotard a enseigné la philosophie au lycée de Constantine, en Algérie, au début des années 1950. Ce séjour, en pleine montée des tensions coloniales, le marque profondément et le pousse à militer activement contre la guerre d'Algérie.
Pendant une douzaine d'années, Lyotard milite dans le petit groupe révolutionnaire « Socialisme ou Barbarie » et rédige d'innombrables tracts et articles. Il racontera plus tard avoir, durant cette période, presque abandonné la philosophie « savante » pour se consacrer à l'action politique.
Lyotard fait partie des philosophes qui fondent en 1968 le département de philosophie de l'université expérimentale de Vincennes, où l'on pouvait s'inscrire sans le baccalauréat. Il y côtoie Gilles Deleuze et Michel Foucault dans une effervescence intellectuelle née de Mai 68.
Adolescent, Lyotard hésita longtemps sur sa voie : il rêva tour à tour de devenir moine dominicain, peintre, puis écrivain, avant de choisir la philosophie. Ce goût pour l'art et l'image ne le quitta jamais et nourrit son livre « Discours, figure ».
Sources primaires
En simplifiant à l'extrême, on tient pour « postmoderne » l'incrédulité à l'égard des métarécits.
À la différence d'un litige, un différend serait un cas de conflit entre deux parties qui ne pourrait pas être tranché équitablement faute d'une règle de jugement applicable aux deux argumentations.
Le savoir change de statut en même temps que les sociétés entrent dans l'âge dit postindustriel et les cultures dans l'âge dit postmoderne.
Le postmoderne serait ce qui dans le moderne allègue l'imprésentable dans la présentation elle-même.
Lieux clés
Ville de naissance de Lyotard, dans la banlieue ouest de Paris, en 1924.
Lyotard y enseigne la philosophie au début des années 1950 ; l'expérience coloniale nourrit son engagement politique.
Université expérimentale née de Mai 68 où Lyotard enseigne la philosophie aux côtés de Deleuze et Foucault.
Institution qu'il cofonde en 1983 et dont il est l'un des premiers directeurs.
Ville où Lyotard meurt en 1998 et où s'est déroulée l'essentiel de sa carrière intellectuelle.






