Portrait de Jean-Paul Sartre

Jean-Paul Sartre

Jean-Paul Sartre

1905 — 1980

France

LettresPhilosophiePhilosopheÉcrivain(e)DramaturgeXXe siècleXXe siècle (1905-1980)

Philosophe, écrivain et dramaturge français (1905-1980), fondateur de l'existentialisme. Il a exploré la liberté humaine, la responsabilité et l'engagement à travers ses œuvres philosophiques et littéraires majeures.

Émotions disponibles (6)

N

Neutre

par défaut

I

Inspiré

P

Pensif

S

Surpris

T

Triste

F

Fier

Citations célèbres

« L'existence précède l'essence »
« Nous sommes nos choix »
« L'homme est condamné à être libre »
« La conscience est un néant »

Faits marquants

  • 1943 : Publication de 'L'ĂŠtre et le NĂ©ant', traitĂ© majeur de la philosophie existentialiste
  • 1944 : CrĂ©ation de la pièce 'Huis clos' qui devient un classique du théâtre français
  • 1945 : ConfĂ©rence 'L'existentialisme est un humanisme', qui popularise sa philosophie
  • 1964 : Refus du prix Nobel de littĂ©rature pour des raisons politiques
  • 1945-1980 : Engagement politique constant, notamment vis-Ă -vis du communisme et de l'anticolonialisme

Œuvres & réalisations

La Nausée (1938)

Premier roman de Sartre, il met en scène Antoine Roquentin découvrant l'absurdité de l'existence à travers la 'nausée', sentiment de trop-plein du réel. Texte fondateur de la sensibilité existentialiste.

Les Mouches (1943)

Pièce de théâtre reprenant le mythe d'Oreste, jouée pendant l'Occupation. Sartre y développe le thème de la liberté et de la responsabilité face à l'oppression, avec un message de résistance voilé.

L'Être et le Néant (1943)

Œuvre philosophique majeure qui pose les fondements de l'existentialisme sartrien : la liberté absolue de la conscience, la mauvaise foi et la distinction entre l'être-en-soi et l'être-pour-soi.

Huis Clos (1944)

Pièce de théâtre courte et percutante dont la formule 'L'enfer, c'est les autres' est restée célèbre. Elle illustre comment les regards et jugements d'autrui peuvent emprisonner l'existence.

L'Existentialisme est un humanisme (1945)

Conférence publiée qui vulgarise la philosophie existentialiste pour le grand public. Sartre y affirme que l'homme est responsable de ce qu'il est, sans excuses ni déterminisme.

Les Chemins de la liberté (trilogie) (1945-1949)

Trilogie romanesque (L'Âge de raison, Le Sursis, La Mort dans l'âme) explorant la liberté et l'engagement à travers des personnages confrontés à la guerre et à leurs choix existentiels.

Les Mots (1964)

Autobiographie de l'enfance de Sartre, couronnée la même année par le prix Nobel qu'il refusa. Texte d'une lucidité ironique sur la manière dont il construisit sa vocation d'écrivain.

Anecdotes

En 1964, Sartre refusa le prix Nobel de littérature, devenant ainsi le premier écrivain à décliner volontairement cette récompense. Il expliqua que l'écrivain doit refuser d'être institutionnalisé pour rester libre de ses engagements, ajoutant qu'il ne voulait pas être transformé en 'institution'.

Sartre et Simone de Beauvoir entretinrent dès 1929 un 'pacte' amoureux fondé sur la transparence et la liberté : ils s'accordaient des 'amours contingentes' tout en maintenant leur relation comme 'amour nécessaire'. Cette union atypique fit scandale mais devint un symbole de liberté affective au XXe siècle.

Pendant l'Occupation allemande, Sartre écrivit et fit jouer en 1943 sa pièce Les Mouches, dont le message sur la liberté et la résistance à l'oppression fut compris par le public parisien malgré la censure nazie. Les Allemands, ne saisissant pas le sous-texte, laissèrent la pièce à l'affiche.

En mai 1968, Sartre prit la parole devant des milliers d'étudiants en grève à la Sorbonne, soutenant ouvertement le mouvement. À plus de 60 ans, il vendit également le journal maoïste La Cause du Peuple dans la rue pour défier les autorités qui craignaient de l'arrêter.

Sartre souffrit d'hallucinations visuelles après une expérience de mescaline en 1935, organisée par son ami Daniel Lagache. Il vit des crabes et des poulpes le suivre partout pendant des mois, une expérience qui influença directement son roman La Nausée et sa réflexion sur l'angoisse existentielle.

Sources primaires

L'Être et le Néant (1943)
L'existence précède l'essence. Cela signifie que l'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu'il se définit après. L'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait.
L'Existentialisme est un humanisme (1945)
L'homme est condamné à être libre. Condamné, parce qu'il ne s'est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant libre, parce qu'une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu'il fait.
Discours de refus du prix Nobel (lettre à l'Académie suédoise) (1964)
L'écrivain doit donc refuser de se laisser transformer en institution, même si cela a lieu sous les formes les plus honorables, comme c'est le cas ici.
Les Mots (autobiographie) (1964)
Je n'ai pas de Surmoi. J'ai eu un grand-père très doux qui n'avait pas l'autorité requise pour m'en implanter un. On m'a laissé faire mes quatre volontés et je n'ai pas de volonté du tout.
Qu'est-ce que la littérature ? (1948)
L'écrivain est en situation dans son époque : chaque parole a des retentissements. Chaque silence aussi. Je tiens Flaubert et Goncourt pour responsables de la répression qui suivit la Commune parce qu'ils n'ont pas écrit une ligne pour l'empêcher.

Lieux clés

Café de Flore, Paris

Sartre fit du Café de Flore, boulevard Saint-Germain, son bureau et son salon intellectuel pendant l'Occupation et l'après-guerre. C'est là qu'il écrivit une grande partie de ses œuvres et rencontra les intellectuels de son époque.

École Normale Supérieure, Paris

Sartre y étudia de 1924 à 1929, y forgea ses amitiés intellectuelles fondatrices et y prépara l'agrégation. Cette grande école de la rue d'Ulm reste le lieu de sa formation philosophique.

Appartement de la rue Bonaparte, Paris

Sartre vécut longtemps dans le quartier Saint-Germain-des-Prés, notamment rue Bonaparte, au cœur de l'effervescence intellectuelle et artistique de l'après-guerre parisien.

Le Havre

Sartre fut professeur de philosophie au lycée du Havre de 1931 à 1936, une période provinciale souvent décrite comme pesante, qui nourrit directement l'atmosphère et les thèmes de La Nausée.

Cimetière du Montparnasse, Paris

Sartre est inhumé aux côtés de Simone de Beauvoir au cimetière du Montparnasse. Son enterrement en avril 1980 rassembla une foule immense, témoignage de son impact sur la société française.

Objets typiques

Pipe

Sartre était un fumeur de pipe invétéré, visible sur presque toutes ses photographies. La pipe faisait partie de son image d'intellectuel et accompagnait ses longues heures de travail au café.

Cahiers manuscrits

Sartre rédigeait à la main dans des cahiers d'écolier, des milliers de pages par an selon son propre témoignage. Ses Carnets de la drôle de guerre, retrouvés posthumément, en sont le témoignage le plus célèbre.

Verres de whisky et tasses de café

Sartre travaillait au Café de Flore ou aux Deux Magots, consommant café et alcool en abondance. Il reconnaissait lui-même abuser des amphétamines et des stimulants pour maintenir son rythme de travail intense.

Lunettes épaisses à monture d'écaille

Sartre souffrait d'une forte myopie et d'un strabisme marqué depuis l'enfance, ce qui lui valut d'être surnommé 'le Borgne' à l'École Normale. Ses lunettes caractéristiques devinrent un élément inséparable de son image publique.

Revue Les Temps modernes

La revue fondée par Sartre en 1945 fut son principal outil d'engagement intellectuel et politique pendant des décennies. Chaque numéro portait sa marque éditoriale et constituait une prise de position dans les débats de son époque.

Machine à écrire

À partir des années 1940, Sartre utilisa une machine à écrire pour mettre au propre ses manuscrits. Sa secrétaire et compagne Arlette Elkaïm l'aida à dactylographier ses textes, notamment lorsque sa vue déclina gravement à la fin de sa vie.

Programmes scolaires

LycéeFrançais — L'intellectuel français au XXe siècle
LycéePhilosophie — L'existentialisme et la philosophie contemporaine
LycéeFrançais — La liberté et la responsabilité humaine
LycéeFrançais — L'engagement de l'écrivain dans la société
LycéeFrançais — Analyse de 'Huis clos' : théâtre et philosophie
LycéeFrançais — Autobiographie et réflexion personnelle : 'Les Mots'
LycéeFrançais — La mauvaise foi et l'authenticité

Vocabulaire & tags

Vocabulaire clé

existentialismeessenceexistencelibertéresponsabilitéengagementmauvaise foiphénoménologie

Tags

Concept

Jean-Paul SartreDramaturgeseconde-guerre-mondialeSeconde Guerre mondialedecolonisationDécolonisationresistanceRésistanceessenceexistenceresponsabilitéengagementmauvaise foiphénoménologieXXe siècle (1905-1980)

Vie quotidienne

Matin

Sartre se levait relativement tard, vers 9 heures, et commençait immédiatement à travailler à son bureau ou dans sa chambre avant de prendre un petit-déjeuner léger. Il consommait du café fort dès le matin pour stimuler sa concentration et entamait la rédaction de ses textes philosophiques ou littéraires.

Après-midi

L'après-midi, Sartre se rendait souvent au Café de Flore ou aux Deux Magots pour lire, écrire ou recevoir amis et interlocuteurs. Il accorda des entretiens, rencontra des éditeurs et participa aux discussions intellectuelles bouillonnantes du Quartier latin, souvent accompagné de Simone de Beauvoir.

Soir

Les soirées de Sartre étaient fréquemment mondaines et culturelles : premières de théâtre, dîners avec des amis écrivains et philosophes, concerts de jazz dans les caves de Saint-Germain. Il travaillait parfois tard dans la nuit, aidé par des amphétamines (Corydrane) et l'alcool, une habitude qui nuisit durablement à sa santé.

Alimentation

Sartre avait une alimentation simple et peu soignée, privilégiant les repas au restaurant ou au café plutôt que la cuisine maison. Il consommait peu en termes de gastronomie raffinée mais abusait des stimulants : café, tabac, alcool et médicaments amphétaminiques pour soutenir son rythme de travail intense.

VĂŞtements

Sartre s'habillait de façon bourgeoise mais sans recherche particulière : costumes sombres ou tweed, chemises sobres, parfois un imperméable. Il n'accordait guère d'importance à son apparence vestimentaire, reflet de sa conviction que l'apparence extérieure comptait moins que l'engagement intellectuel.

Habitat

Sartre vécut longtemps dans des hôtels ou des appartements modestes du Quartier latin, refusant par principe de s'ancrer dans un logement bourgeois stable. Il habita notamment rue Bonaparte puis boulevard Raspail, toujours dans le périmètre de Saint-Germain-des-Prés, au plus proche de la vie intellectuelle parisienne.

Frise contextuelle

1905Naissance de Jean-Paul Sartre à Paris le 21 juin, fils unique d'un officier de marine qui décède l'année suivante.
1924Sartre intègre l'École Normale Supérieure, où il rencontre Raymond Aron, Paul Nizan et prépare l'agrégation de philosophie.
1929Sartre est reçu premier à l'agrégation de philosophie ; il rencontre Simone de Beauvoir, reçue deuxième, et ils concluent leur célèbre pacte amoureux.
1933Sartre part étudier la phénoménologie à l'Institut français de Berlin, où il découvre Husserl et Heidegger, fondements de sa pensée future.
1938Publication de La Nausée, son premier roman, qui pose les bases de sa vision existentialiste : la contingence et l'absurdité de l'existence.
1940Sartre est fait prisonnier par les Allemands à Padoux ; il lira Heidegger en captivité avant d'être libéré en 1941 pour raisons de santé.
1943Publication de L'Être et le Néant et création des Mouches, deux œuvres majeures qui posent l'existentialisme comme courant philosophique central.
1945Sartre fonde la revue Les Temps modernes avec Simone de Beauvoir, Merleau-Ponty et d'autres intellectuels ; il prononce la conférence fondatrice 'L'Existentialisme est un humanisme'.
1952Sartre publie Les Communistes et la Paix, se rapprochant du PCF sans jamais en ĂŞtre membre, ce qui provoque une rupture avec Albert Camus.
1956Sartre condamne l'intervention soviétique en Hongrie, marquant une distanciation progressive vis-à-vis du communisme soviétique.
1960Publication de la Critique de la raison dialectique, tentative de réconcilier existentialisme et marxisme dans une vaste synthèse philosophique.
1964Sartre refuse le prix Nobel de littérature, geste retentissant qui confirme sa posture d'intellectuel engagé refusant toute institutionnalisation.
1968Sartre soutient activement les étudiants pendant Mai 68, prend la parole en Sorbonne et vend des journaux révolutionnaires dans la rue.
1980Décès de Sartre le 15 avril à Paris ; ses obsèques rassemblent plus de 50 000 personnes au cimetière Montparnasse.

Vocabulaire d'époque

Existentialisme — Courant philosophique dont Sartre est le principal représentant français, affirmant que l'existence humaine précède toute essence définie : l'homme se crée lui-même par ses choix et actes.
Mauvaise foi — Concept sartrien désignant l'attitude de celui qui se ment à lui-même en niant sa liberté, en s'inventant des excuses ou en se définissant comme prisonnier de son rôle social ou de sa nature.
Engagement — Idée centrale de l'intellectuel sartrien : l'écrivain et le philosophe ont le devoir de prendre position dans les débats politiques et sociaux de leur époque plutôt que de se réfugier dans la tour d'ivoire.
Être-pour-soi / Être-en-soi — Distinction philosophique fondamentale de Sartre : l'être-en-soi désigne les choses sans conscience (une pierre, une table), l'être-pour-soi désigne la conscience humaine, toujours en devenir et jamais fixée.
Contingence — Caractère de ce qui existe sans raison nécessaire, sans but préétabli. Pour Sartre, l'existence humaine est contingente : elle est là sans justification, ce qui provoque l'angoisse mais aussi la liberté.
Angoisse existentielle — Sentiment lié à la prise de conscience de sa liberté absolue et de l'absence de valeurs préétablies. Pour Sartre, l'angoisse n'est pas une maladie mais la marque authentique de la liberté humaine.
Les Temps modernes — Revue intellectuelle fondée par Sartre en 1945, référence du débat politique et culturel français pendant des décennies. Son titre faisait écho au film de Chaplin tout en affirmant l'ancrage dans la modernité.
Liberté radicale — Thèse centrale de Sartre selon laquelle l'être humain est toujours libre de ses choix, même dans les pires situations. Cette liberté est totale et inaliénable, et s'accompagne d'une responsabilité absolue.
Phénoménologie — Méthode philosophique, héritée de Husserl et Heidegger, qui étudie les structures de l'expérience vécue et de la conscience. Sartre l'apprit lors de son séjour à Berlin en 1933 et en fit le socle de sa pensée.
Intellectuel engagé — Figure incarnée par Sartre : l'intellectuel qui use de sa notoriété et de sa pensée pour intervenir dans les débats publics, politiques et sociaux, en refusant la neutralité ou l'abstention.

Galerie


Another empty roomlabel QS:Len,"Another empty room"

Another empty roomlabel QS:Len,"Another empty room"

Kierkegaard-Dostoyevsky-Nietzsche-Sartre

Kierkegaard-Dostoyevsky-Nietzsche-Sartre

Jean-Paul Sartre - Pen continuos line and watercolor on canson

Jean-Paul Sartre - Pen continuos line and watercolor on canson


Annual report

Annual report

Philosophy Wikijunior book pdf

Philosophy Wikijunior book pdf

Graffiti sur le chemin du halage zone du bras mort Ă  Wasquehal(4)

Graffiti sur le chemin du halage zone du bras mort Ă  Wasquehal(4)

Faches ferme rouge barre

Faches ferme rouge barre

Bailinho da Madeira - 2010-06-05 - Image 105870

Bailinho da Madeira - 2010-06-05 - Image 105870

Bailinho da Madeira - 2010-06-05 - Image 105868

Bailinho da Madeira - 2010-06-05 - Image 105868

Bailinho da Madeira - 2010-06-05 - Image 105866

Bailinho da Madeira - 2010-06-05 - Image 105866

Style visuel

Esthétique photographique noir et blanc du Paris existentialiste des années 1940-1960, avec l'atmosphère chaleureuse et enfumée des cafés de Saint-Germain-des-Prés.

#1A1A1A
#3B2F2F
#C8A96E
#7A8B8C
#E8E0D0
Prompt IA
Black and white photography aesthetic of post-war Paris, smoky café interiors with dark wood paneling and tiled floors, existentialist intellectual portrait, thick-rimmed glasses reflecting café lights, cigarette smoke halos, Les Deux Magots and Café de Flore golden lamp lighting, Cartier-Bresson street photography style, dense typography of philosophical manuscripts, Les Temps Modernes magazine covers in mid-century graphic design, rain-slicked Saint-Germain-des-Prés cobblestones, austere yet lively Parisian intellectualism, monochrome tones with warm amber café highlights, existentialist theater stage minimalism

Ambiance sonore

L'ambiance sonore des cafés parisiens de Saint-Germain-des-Prés dans l'après-guerre, mêlant conversations intellectuelles, jazz feutré et bruits de la rue sous la pluie.

Prompt IA
Paris café ambiance in the 1940s and 1950s, clinking coffee cups and glasses on zinc counters, low murmur of intellectual conversations in French, jazz music drifting softly from a nearby club, the rustling of newspaper pages, typewriter keys tapping in the background, traffic sounds of post-war Paris streets, rain on boulevard cobblestones, a radio broadcast faintly playing news or classical music, cigarette smoke atmosphere, the scraping of wooden chairs, occasional laughter of bohemian intellectuals gathered at night in Saint-Germain-des-Prés

Source du portrait

Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0 — Moshe Milner — 1967