Noble bretonne du XIVe siècle, Jeanne de Clisson devint corsaire après l'exécution de son époux Olivier IV de Clisson par le roi de France en 1343. Surnommée « la Lionne de Bretagne », elle arma une flotte pour mener une guerre de vengeance dans la Manche durant la guerre de Cent Ans.
Jeanne de Clisson(1300 — 1359)
Jeanne de Belleville
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née vers 1300 dans une famille de la noblesse poitevine et bretonne (les Belleville)
- Épouse en 1330 Olivier IV de Clisson, puissant seigneur breton
- 1343 : Olivier IV est décapité à Paris pour trahison sur ordre de Philippe VI, déclenchant la révolte de Jeanne
- Arme une flotte de navires (la « Flotte Noire ») et écume la Manche pour attaquer les vaisseaux français, alliée au camp anglo-montfortiste
- Meurt vers 1359, après s'être retirée en Angleterre puis remariée à un capitaine anglais
Œuvres & réalisations
Après l'exécution de son mari, Jeanne vend bijoux et terres pour équiper plusieurs navires de guerre, fondant l'une des rares flottes commandées par une femme au Moyen Âge.
Avant de prendre la mer, elle aurait mené des attaques terrestres contre des places et garnisons fidèles au roi de France et à Charles de Blois.
Elle harcèle pendant plus d'une décennie la navigation et les côtes du camp français, perturbant les communications maritimes durant la guerre de Cent Ans.
Ses navires soutiennent l'effort de guerre des Montfort et des Anglais en sécurisant des routes et en frappant l'adversaire en mer.
Son mariage avec le capitaine anglais Gautier Bentley scelle son alliance politique et marque la fin de sa carrière de corsaire.
Anecdotes
En 1343, le roi de France Philippe VI fait décapiter à Paris l'époux de Jeanne, Olivier IV de Clisson, accusé de trahison avec les Anglais pendant la guerre de Succession de Bretagne. Sa tête est ensuite plantée sur une pique à l'une des portes de Nantes, en signe d'avertissement.
Selon la tradition rapportée par les chroniques bretonnes, Jeanne aurait conduit ses deux jeunes fils devant la tête exposée de leur père pour leur faire jurer vengeance contre le roi de France. Cette scène, devenue légendaire, scelle sa transformation de dame de cour en cheffe de guerre.
Pour financer sa revanche, Jeanne vend ses bijoux et une partie de ses terres afin d'armer plusieurs navires. Devenue corsaire, elle écume la Manche et s'attaque aux bâtiments et aux côtes fidèles au roi de France, ce qui lui vaut le surnom de « Lionne de Bretagne ».
Les chroniques décrivent une flotte de navires peints en noir, aux voiles teintes de rouge, semant la terreur dans la Manche. On raconte qu'elle épargnait parfois un ou deux marins pour qu'ils aillent porter au roi le récit de ses attaques.
Après des années de guerre de course, Jeanne se range : elle épouse vers 1356 un capitaine anglais, Gautier (Walter) Bentley, et se retire à Hennebont, en Bretagne, où elle meurt vers 1359.
Sources primaires
En cette année, le roi fit prendre messire Olivier de Clisson et plusieurs barons de Bretagne, qu'il fit décapiter à Paris parce qu'ils étaient soupçonnés de trahison et d'accointance avec les Anglais.
Le roi de France fit trancher la tête à messire Olivier de Clisson et à d'autres chevaliers de Bretagne et de Normandie, dont on disait qu'ils tenaient le parti du roi d'Angleterre.
Furent décapités à Paris plusieurs seigneurs bretons accusés de s'être tournés vers les Anglais, et leurs biens furent confisqués au profit du roi.
Lieux clés
Berceau de la seigneurie de Belleville dont Jeanne est l'héritière, située dans le Bas-Poitou. C'est de ce domaine qu'elle tire son nom de Jeanne de Belleville.
Forteresse de la famille de Clisson, aux confins de la Bretagne, où Jeanne vécut comme dame après son mariage avec Olivier IV de Clisson.
Capitale ducale de Bretagne où la tête d'Olivier de Clisson fut exposée sur une pique après son exécution, déclenchant la vengeance de Jeanne.
Lieu de l'exécution publique d'Olivier IV de Clisson en août 1343, sur ordre du roi Philippe VI pour trahison présumée.
Bras de mer entre la France et l'Angleterre, théâtre de la guerre de course de Jeanne, qui y attaquait les navires et les côtes du camp français.
Ville bretonne où Jeanne se retira à la fin de sa vie auprès de son époux anglais Gautier Bentley, et où elle mourut vers 1359.
Objets typiques

Navire à voile médiéval, robuste et à hauts bords, utilisé pour le transport et le combat naval. Jeanne en arma plusieurs pour écumer la Manche ; la tradition les décrit peints en noir aux voiles rouges.

Arme blanche à lame droite et à double tranchant, symbole du statut noble et instrument du combat rapproché. Indispensable au corps à corps lors des abordages.

Hache courte et maniable employée pour trancher cordages et grappins et combattre sur des ponts encombrés. Outil essentiel de la guerre de course.

Étendard portant les armoiries d'un seigneur, hissé sur les navires et les forteresses pour rallier les hommes et signaler son camp. Outil de reconnaissance et d'autorité.

Document délivré par un souverain autorisant un particulier à armer un navire pour attaquer les ennemis : c'est ce qui distingue le corsaire du pirate. Jeanne bénéficia du soutien du camp anglo-montfortiste.

Tunique défensive faite d'anneaux de fer entrelacés, portée pour protéger le corps des coups d'épée. Vêtement de protection du combattant médiéval.
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Vie quotidienne
Matin
Du temps où elle était dame de Clisson, Jeanne se levait pour assister à la messe, puis donnait ses ordres à l'intendance du château et recevait. Devenue corsaire, elle commençait la journée sur le pont, scrutant l'horizon de la Manche à la recherche d'une voile à intercepter.
Après-midi
Comme noble, elle gérait les domaines, les comptes et les affaires de la maison. Comme cheffe de flotte, l'après-midi pouvait être celui de la chasse à un navire : manœuvres d'approche, lancer de grappins et abordage, l'épée et la hache à la main.
Soir
Le soir, la grande salle du château réunissait la maisonnée autour du feu, avec récits et musique. En mer, on jetait l'ancre dans une crique sûre, on répartissait le butin et on montait la garde contre une attaque surprise.
Alimentation
À terre, la table noble offrait pain blanc, viandes rôties, gibier, poisson et vin. En mer, l'ordinaire se faisait rude : biscuit de mer, poisson et viande salés, fromage et eau ou vin coupé, des vivres choisis pour se conserver pendant les traversées.
Vêtements
La dame portait des robes longues de drap fin, ceintures, voiles et coiffes selon la mode du XIVe siècle, signes de son rang. À bord, elle adoptait des vêtements plus pratiques et, au combat, une protection comme la cotte de mailles.
Habitat
Elle vécut d'abord dans la forteresse de Clisson, aux épaisses murailles et aux salles tendues de tentures. Pendant la guerre de course, son logis devint l'étroit château arrière d'un navire ; elle finit ses jours dans une demeure paisible à Hennebont.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Armement d'une flotte corsaire
1343
Campagnes contre les garnisons françaises de Bretagne
1343-1344
Guerre de course dans la Manche
1343-1356 (environ)
Ravitaillement du camp anglo-montfortiste
années 1340-1350
Ralliement durable au camp anglais
vers 1356





