An Lushan(703 — 757)

An Lushan

dynastie Tang, dynastie Yan

7 min de lecture

MilitairePolitiqueMoyen ÂgeChine de la dynastie Tang au VIIIe siècle, à l'apogée puis au tournant déclinant de l'empire

Général d'origine sogdienne et turque au service de la dynastie Tang, An Lushan se révolta en 755 contre l'empereur Xuanzong et se proclama empereur de l'éphémère dynastie Yan. Sa rébellion plongea la Chine dans une guerre civile dévastatrice avant son assassinat en 757.

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Questions fréquentes

An Lushan (703-757) était un général d'origine sogdienne et turque au service de la dynastie Tang. Sa célébrité tient à la rébellion qu'il déclencha en 755 contre l'empereur Xuanzong, un soulèvement militaire dévastateur qui marqua le tournant déclinant de l'empire Tang. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'An Lushan, après avoir accumulé un pouvoir militaire sans précédent comme commissaire de trois provinces frontalières, se proclama empereur d'une dynastie rivale, la Yan, plongeant la Chine dans huit années de guerre civile. Moins un simple général rebelle qu'un symptôme des fragilités de l'empire, il incarne le basculement d'un âge d'or vers une période de fragmentation politique.

Faits marquants

  • Gouverneur militaire (jiedushi) de plusieurs provinces frontalières du nord-est de la Chine sous les Tang
  • Déclenche la rébellion d'An Lushan en décembre 755 contre l'empereur Xuanzong
  • Se proclame empereur de la dynastie Yan en 756 après la prise de la capitale Luoyang
  • Assassiné par son propre fils An Qingxu en 757
  • Sa rébellion (755-763) provoqua des millions de morts et affaiblit durablement la dynastie Tang, bouleversant la vie du poète Du Fu

Œuvres & réalisations

Commandement cumulé de trois provinces frontalières (742-751)

An Lushan rassembla entre ses mains les postes de commissaire militaire de Fanyang, Pinglu et Hedong, concentrant un pouvoir militaire inédit pour un sujet.

Constitution d'une armée frontalière personnelle (vers 750-755)

Il forma un corps de troupes loyales, dont une garde d'élite recrutée parmi les peuples des steppes, base de force de sa rébellion.

Déclenchement de la rébellion d'An Lushan (755)

Soulèvement militaire majeur qui marqua le tournant déclinant de la dynastie Tang et reconfigura durablement l'histoire de la Chine.

Prise de Luoyang et de Chang'an (756)

Conquête éclair des deux capitales impériales, qui contraignit l'empereur Xuanzong à fuir et démontra la fragilité du centre Tang.

Fondation de la dynastie Yan (756)

An Lushan se proclama empereur d'une nouvelle dynastie rivale, l'éphémère Yan, qui ne survécut guère au-delà de sa mort.

Affaiblissement durable de l'autorité centrale Tang (à partir de 755)

Sa révolte renforça le pouvoir des gouverneurs militaires régionaux (jiedushi), héritage qui mina l'empire pendant un siècle et demi.

Anecdotes

An Lushan était réputé pour son obésité spectaculaire : les chroniques rapportent que son ventre lui tombait jusqu'aux genoux et qu'il fallait deux serviteurs pour soulever sa panse quand il s'habillait. Malgré ce poids, il aurait dansé devant l'empereur la « danse tourbillonnante » sogdienne avec une étonnante légèreté.

Pour gagner les faveurs de la cour, An Lushan se fit adopter par la favorite impériale Yang Guifei, pourtant plus jeune que lui. Lors d'une cérémonie burlesque, il fut emmailloté comme un nouveau-né géant et porté dans un berceau par les dames du palais, ce qui amusa beaucoup l'empereur Xuanzong.

Interrogé un jour sur l'énormité de son ventre, An Lushan aurait répondu à l'empereur qu'il ne contenait « rien d'autre qu'un cœur loyal ». Quelques années plus tard, il trahissait pourtant la dynastie qu'il avait juré de servir.

An Lushan parlait six langues d'Asie centrale, ce qui lui valut d'abord un emploi de courtier sur les marchés frontaliers avant sa carrière militaire. Cette maîtrise des langues fit de lui un intermédiaire précieux entre l'empire Tang et les peuples des steppes.

Devenu empereur autoproclamé, An Lushan perdit peu à peu la vue et fut rongé par des ulcères qui le rendaient irascible et violent. Il fut finalement assassiné en 757 dans sa propre tente par un eunuque, sur l'ordre de son propre fils An Qingxu, impatient de prendre le pouvoir.

Sources primaires

Ancien Livre des Tang (Jiu Tangshu), biographie d'An Lushan (945 (compilation))
An Lushan, de la commanderie de Yingzhou, était d'origine mêlée des barbares. Il comprenait les langues de six peuples et servit d'abord comme courtier sur les marchés.
Nouveau Livre des Tang (Xin Tangshu), récit de la rébellion (1060 (compilation))
À l'hiver de la quatorzième année de l'ère Tianbao, An Lushan leva ses troupes à Fanyang, prétextant un édit secret pour châtier le ministre Yang Guozhong.
Zizhi Tongjian (Miroir compréhensif pour aider au gouvernement), Sima Guang (1084)
Quand la nouvelle de la révolte parvint à la capitale, la cour fut saisie de stupeur, car la paix régnait depuis si longtemps que peu de gens savaient encore faire la guerre.
« Chant de l'éternel regret » (Chang hen ge), poème de Bai Juyi (806)
Les tambours de guerre de Yuyang firent trembler la terre et brisèrent l'air des « Robes d'arc-en-ciel et de plumes ».

Lieux clés

Yingzhou (région de Chaoyang)

Commanderie frontalière du nord-est où naquit An Lushan, zone de contact entre Chinois, Sogdiens et peuples des steppes. C'est là qu'il apprit les langues et le commerce avant l'armée.

Fanyang (région de Pékin)

Grande base militaire du nord dont An Lushan était commissaire ; c'est de là qu'il lança sa révolte en 755. La ville était le cœur de son pouvoir frontalier.

Chang'an (Xi'an)

Capitale impériale des Tang et plus grande ville du monde à l'époque, où An Lushan était reçu à la cour de Xuanzong. Les rebelles s'en emparèrent en 756.

Luoyang

Capitale orientale des Tang, prise par An Lushan qui s'y proclama empereur de la dynastie Yan en 756. Elle devint le centre de son éphémère régime.

Col de Tong (Tongguan)

Passe stratégique verrouillant l'accès à Chang'an depuis l'est. Sa chute en 756, après une sortie imprudente des troupes impériales, ouvrit la route de la capitale aux rebelles.

Mawei (relais de Mawei)

Relais de poste où, durant la fuite de Xuanzong vers le Sichuan, l'armée se mutina et força l'empereur à faire exécuter la favorite Yang Guifei.

Voir aussi