Général d'origine sogdienne et turque au service de la dynastie Tang, An Lushan se révolta en 755 contre l'empereur Xuanzong et se proclama empereur de l'éphémère dynastie Yan. Sa rébellion plongea la Chine dans une guerre civile dévastatrice avant son assassinat en 757.
An Lushan(703 — 757)
An Lushan
dynastie Tang, dynastie Yan
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Gouverneur militaire (jiedushi) de plusieurs provinces frontalières du nord-est de la Chine sous les Tang
- Déclenche la rébellion d'An Lushan en décembre 755 contre l'empereur Xuanzong
- Se proclame empereur de la dynastie Yan en 756 après la prise de la capitale Luoyang
- Assassiné par son propre fils An Qingxu en 757
- Sa rébellion (755-763) provoqua des millions de morts et affaiblit durablement la dynastie Tang, bouleversant la vie du poète Du Fu
Œuvres & réalisations
An Lushan rassembla entre ses mains les postes de commissaire militaire de Fanyang, Pinglu et Hedong, concentrant un pouvoir militaire inédit pour un sujet.
Il forma un corps de troupes loyales, dont une garde d'élite recrutée parmi les peuples des steppes, base de force de sa rébellion.
Soulèvement militaire majeur qui marqua le tournant déclinant de la dynastie Tang et reconfigura durablement l'histoire de la Chine.
Conquête éclair des deux capitales impériales, qui contraignit l'empereur Xuanzong à fuir et démontra la fragilité du centre Tang.
An Lushan se proclama empereur d'une nouvelle dynastie rivale, l'éphémère Yan, qui ne survécut guère au-delà de sa mort.
Sa révolte renforça le pouvoir des gouverneurs militaires régionaux (jiedushi), héritage qui mina l'empire pendant un siècle et demi.
Anecdotes
An Lushan était réputé pour son obésité spectaculaire : les chroniques rapportent que son ventre lui tombait jusqu'aux genoux et qu'il fallait deux serviteurs pour soulever sa panse quand il s'habillait. Malgré ce poids, il aurait dansé devant l'empereur la « danse tourbillonnante » sogdienne avec une étonnante légèreté.
Pour gagner les faveurs de la cour, An Lushan se fit adopter par la favorite impériale Yang Guifei, pourtant plus jeune que lui. Lors d'une cérémonie burlesque, il fut emmailloté comme un nouveau-né géant et porté dans un berceau par les dames du palais, ce qui amusa beaucoup l'empereur Xuanzong.
Interrogé un jour sur l'énormité de son ventre, An Lushan aurait répondu à l'empereur qu'il ne contenait « rien d'autre qu'un cœur loyal ». Quelques années plus tard, il trahissait pourtant la dynastie qu'il avait juré de servir.
An Lushan parlait six langues d'Asie centrale, ce qui lui valut d'abord un emploi de courtier sur les marchés frontaliers avant sa carrière militaire. Cette maîtrise des langues fit de lui un intermédiaire précieux entre l'empire Tang et les peuples des steppes.
Devenu empereur autoproclamé, An Lushan perdit peu à peu la vue et fut rongé par des ulcères qui le rendaient irascible et violent. Il fut finalement assassiné en 757 dans sa propre tente par un eunuque, sur l'ordre de son propre fils An Qingxu, impatient de prendre le pouvoir.
Sources primaires
An Lushan, de la commanderie de Yingzhou, était d'origine mêlée des barbares. Il comprenait les langues de six peuples et servit d'abord comme courtier sur les marchés.
À l'hiver de la quatorzième année de l'ère Tianbao, An Lushan leva ses troupes à Fanyang, prétextant un édit secret pour châtier le ministre Yang Guozhong.
Quand la nouvelle de la révolte parvint à la capitale, la cour fut saisie de stupeur, car la paix régnait depuis si longtemps que peu de gens savaient encore faire la guerre.
Les tambours de guerre de Yuyang firent trembler la terre et brisèrent l'air des « Robes d'arc-en-ciel et de plumes ».
Lieux clés
Commanderie frontalière du nord-est où naquit An Lushan, zone de contact entre Chinois, Sogdiens et peuples des steppes. C'est là qu'il apprit les langues et le commerce avant l'armée.
Grande base militaire du nord dont An Lushan était commissaire ; c'est de là qu'il lança sa révolte en 755. La ville était le cœur de son pouvoir frontalier.
Capitale impériale des Tang et plus grande ville du monde à l'époque, où An Lushan était reçu à la cour de Xuanzong. Les rebelles s'en emparèrent en 756.
Capitale orientale des Tang, prise par An Lushan qui s'y proclama empereur de la dynastie Yan en 756. Elle devint le centre de son éphémère régime.
Passe stratégique verrouillant l'accès à Chang'an depuis l'est. Sa chute en 756, après une sortie imprudente des troupes impériales, ouvrit la route de la capitale aux rebelles.
Relais de poste où, durant la fuite de Xuanzong vers le Sichuan, l'armée se mutina et força l'empereur à faire exécuter la favorite Yang Guifei.
Objets typiques

Protection faite de petites plaques de fer ou de cuir laqué lacées entre elles, portée par les cavaliers d'élite des armées frontalières Tang. Elle offrait souplesse et résistance lors des charges.

Arc court fait de bois, de corne et de tendon, conçu pour être tiré à cheval par les archers montés des steppes. C'était l'arme décisive de la guerre frontalière entre Tang et peuples nomades.

Sceau de jade ou de bronze symbolisant la légitimité du nouvel empereur autoproclamé An Lushan. Apposer ce sceau sur les édits prétendait fonder une dynastie rivale des Tang.

Bannière de commandement remise par l'empereur aux gouverneurs militaires des marches frontalières. Elle conférait à An Lushan une autorité quasi souveraine sur les armées et les territoires du nord-est.

Équipement permettant au cavalier de se tenir solidement en charge et de tirer à l'arc en mouvement. La généralisation de l'étrier rigide rendait redoutables les armées montées d'An Lushan.

Vêtement de soie aux couleurs et motifs réglés selon le rang, porté par les hauts dignitaires reçus au palais de Chang'an. An Lushan en arborait lors de ses visites à la cour de Xuanzong.

Grand tambour battu pour donner le signal de l'avance des troupes et rythmer la marche. Le poète Bai Juyi évoque « les tambours de Yuyang » comme l'annonce sonore de la rébellion.
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Vie quotidienne
Matin
Comme commissaire militaire, An Lushan commençait sa journée par l'inspection de ses troupes et la lecture des dépêches venues de la frontière. Des secrétaires lui présentaient les rapports sur les mouvements des peuples nomades et l'état des garnisons.
Après-midi
L'après-midi était consacré à l'entraînement militaire, aux exercices de cavalerie et d'archerie, ainsi qu'à la gestion des marchés frontaliers et des tributs. Il recevait aussi des émissaires des tribus voisines, mettant à profit sa connaissance de plusieurs langues.
Soir
Le soir, banquets et divertissements rythmaient la vie d'un grand seigneur de guerre : musique sogdienne, danses tourbillonnantes et festins copieux. Lors de ses séjours à la cour, il participait aux fêtes raffinées du palais impérial.
Alimentation
La table d'un dignitaire Tang mêlait influences chinoises et d'Asie centrale : viandes rôties de mouton, galettes, riz et millet, accompagnés de vin de raisin importé. An Lushan, réputé pour sa gloutonnerie, faisait honneur à des repas particulièrement abondants.
Vêtements
Selon les circonstances, il portait l'armure lamellaire et les bottes du cavalier des steppes ou la robe de soie brodée du dignitaire de cour. Les couleurs et insignes de ses vêtements signalaient son rang élevé dans la hiérarchie impériale.
Habitat
Il résidait dans de vastes quartiers généraux fortifiés à Fanyang, mêlant casernes, écuries et salles d'audience. Lors de ses visites à Chang'an, l'empereur lui offrit une somptueuse résidence richement meublée près du palais.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Commandement cumulé de trois provinces frontalières
742-751
Constitution d'une armée frontalière personnelle
vers 750-755
Déclenchement de la rébellion d'An Lushan
755
Prise de Luoyang et de Chang'an
756
Fondation de la dynastie Yan
756
Affaiblissement durable de l'autorité centrale Tang
à partir de 755





