Andronic III Paléologue(1297 — 1341)
Andronic III Paléologue
Empire byzantin
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Andronic III Paléologue (1297-1341) fut empereur byzantin de 1328 à 1341. Il accéda au trône après une guerre civile contre son grand-père Andronic II. Son règne fut marqué par des campagnes militaires et la montée en puissance de l'Empire ottoman.
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1297 : naissance d'Andronic III, petit-fils d'Andronic II Paléologue
- 1321-1328 : guerre civile byzantine opposant Andronic III à son grand-père Andronic II
- 1328 : Andronic III s'empare de Constantinople et devient seul empereur byzantin
- 1329 : défaite face aux Ottomans à la bataille de Pélécanos, perte de Nicée
- 1341 : mort d'Andronic III, laissant un empire affaibli
Œuvres & réalisations
Andronic III institua un tribunal suprême de quatre 'juges universels' indépendants chargés de rendre une justice équitable dans tout l'Empire. C'est l'une des rares réformes institutionnelles durables du XIVe siècle byzantin.
Andronic III reprit l'île de Chios aux Génois de la famille Zaccaria, restaurant le contrôle byzantin sur cette position stratégique en mer Égée et sur son commerce prospère.
Par une campagne militaire victorieuse, Andronic III ramena la Thessalie sous contrôle impérial direct, mettant fin à l'indépendance de facto de ce territoire depuis plusieurs décennies.
Andronic III parvint à incorporer une grande partie du despotat d'Épire à l'Empire byzantin, consolidant brièvement la présence byzantine en Grèce continentale.
Andronic III mena plusieurs expéditions navales pour reprendre des îles aux seigneurs latins et génois, dont Lesbos, affirmant la présence maritime byzantine dans l'Égée orientale.
Anecdotes
En 1320, Andronic III fit poster en embuscade des hommes armés pour surprendre un rival amoureux. Par une erreur fatale, ces hommes tuèrent dans l'obscurité son propre frère Manuel. Accablé par ce drame, leur grand-père l'empereur Andronic II décida de le déshériter, déclenchant ainsi une guerre civile qui allait durer près de huit ans.
Pour financer ses campagnes militaires et reconstruire l'armée byzantine en déliquescence, Andronic III s'appuya entièrement sur son meilleur ami et Grand Domestique Jean Kantakouzène, un aristocrate immensément riche qui dépensa sa fortune personnelle pour la défense de l'Empire. Leur amitié indéfectible fut l'un des piliers du règne, et Kantakouzène en laissa un témoignage ému dans ses mémoires.
En juin 1329, Andronic III tenta personnellement de secourir Nicée et Nicomédie assiégées par les Ottomans d'Orhan. La bataille de Pélékanos tourna au désastre pour les Byzantins : l'empereur lui-même fut blessé au combat. Cette défaite marqua un tournant irréversible — l'Empire perdait définitivement la Bithynie, berceau de la puissance ottomane naissante.
En 1329, Andronic III réforma profondément la justice byzantine en créant un tribunal suprême de quatre juges appelés 'juges catholiques' (juges universels). Cette institution inédite visait à lutter contre la corruption endémique et l'arbitraire des tribunaux locaux. C'est l'une des rares réformes administratives durables de son règne.
Malgré le déclin militaire de l'Empire, Andronic III parvint à reconquérir plusieurs territoires perdus : il reprit l'île de Chios aux Génois de la famille Zaccaria en 1329, récupéra la Thessalie en 1333 et une partie de l'Épire en 1337. Ces succès ponctuels montraient que l'Empire conservait encore une capacité de reconquête, même s'ils ne pouvaient compenser les pertes considérables face aux Ottomans.
Sources primaires
Jean Kantakouzène, compagnon et principal ministre d'Andronic III, rédigea après son propre règne une histoire détaillée couvrant la période 1320-1357. Il y décrit les guerres civiles, les campagnes militaires et la montée des Ottomans avec la précision d'un témoin direct et acteur central des événements.
Nicéphore Grégoras, érudit et historien byzantin, couvre le règne d'Andronic III dans son histoire en trente-sept livres. Il rapporte les rivalités dynastiques, les défaites militaires face aux Turcs et les tensions religieuses au sein de l'Empire, offrant un regard critique sur la politique impériale.
Ce document impérial officiel, scellé d'or selon la tradition byzantine, institue les quatre 'juges catholiques' chargés de rendre une justice équitable sur tout le territoire de l'Empire, indépendamment des pressions locales et des puissants.
Ce texte en grec vernaculaire, rédigé dans la principauté franque de Morée, mentionne les interactions entre les Latins installés en Grèce et le pouvoir byzantin sous Andronic III, éclairant les enjeux géopolitiques complexes du Péloponnèse à cette époque.
Lieux clés
Capitale de l'Empire byzantin et résidence principale d'Andronic III. L'empereur y exerçait le gouvernement depuis le palais des Blachernes, siège du pouvoir depuis le XIIe siècle.
Ville fortifiée de Thrace qui servit de base arrière et refuge à Andronic III pendant les années de guerre civile contre son grand-père (1321-1328). C'est depuis cette ville qu'il organisa sa reconquête du trône.
Site de la défaite byzantine décisive de juin 1329 face aux Ottomans d'Orhan. Andronic III y fut blessé en tentant personnellement de débloquer Nicomédie ; cette bataille scella la perte de la Bithynie.
Deuxième ville de l'Empire byzantin, capitale administrative de la Macédoine. Andronic III y séjourna à plusieurs reprises pour superviser les opérations militaires dans les Balkans.
Île de la mer Égée reprise aux Génois de la famille Zaccaria par Andronic III en 1329, l'une des rares reconquêtes territoriales réussies de son règne.






