Biographie

Princesse castillane, fille reconnue du roi Henri IV de Castille, prétendante au trône à sa mort en 1474. Sa légitimité contestée déclencha une guerre de succession qui l'opposa à sa tante Isabelle la Catholique. Vaincue, elle se retira au Portugal où elle finit ses jours.

Jeanne la Beltraneja

Jeanne de Castille, dite la Beltraneja (Juana la Beltraneja)

6 min de lecture

PolitiqueMilitaireRenaissanceFin du Moyen Âge et aube de la Renaissance ibérique (seconde moitié du XVe siècle), marquée par l'unification des couronnes de Castille et d'Aragon.

Questions fréquentes

Jeanne de Castille, née en 1462, était la fille reconnue du roi Henri IV de Castille et prétendante au trône à sa mort en 1474. Ce qu'il faut retenir, c'est que sa légitimité fut contestée par une rumeur : on la disait fille de Beltrán de la Cueva, un favori du roi, d'où son surnom de « Beltraneja ». Cette accusation, jamais prouvée, suffit à déclencher une guerre de succession qui l'opposa à sa tante Isabelle la Catholique. Vaincue, elle se retira au Portugal où elle vécut jusqu'en 1530.

Faits marquants

  • Naissance en 1462, fille officielle d'Henri IV de Castille et de Jeanne de Portugal.
  • Surnommée « la Beltraneja » par ses adversaires qui la disaient fille du favori Beltrán de la Cueva, mettant en doute sa légitimité.
  • À la mort d'Henri IV en 1474, elle est proclamée reine face à sa tante Isabelle, déclenchant la guerre de Succession de Castille (1475-1479).
  • Soutenue par le roi Alphonse V de Portugal (qu'elle épouse), elle est vaincue, notamment à la bataille de Toro en 1476.
  • Le traité d'Alcáçovas (1479) consacre sa défaite ; elle se retire dans un couvent au Portugal où elle meurt en 1530.

Œuvres & réalisations

Reconnaissance comme héritière par les Cortès de Castille (1462)

Premier acte officiel reconnaissant ses droits au trône, jurée par les grands du royaume — fondement de sa revendication future.

Mariage avec Alphonse V de Portugal (1475)

Alliance dynastique destinée à unir le Portugal à sa cause et à lui ouvrir la voie du trône castillan.

Revendication du trône de Castille (1475-1479)

Au nom de sa légitimité, elle fut le drapeau d'un parti nobiliaire et de l'armée portugaise contre Isabelle et Ferdinand.

Refus persistant d'abdiquer son titre (1479-1530)

Pendant un demi-siècle, elle continua de signer « Yo la Reina », maintenant vivante la contestation de la légitimité d'Isabelle.

Retrait au monastère de Coimbra (1480)

Choix imposé par le traité d'Alcáçovas, qui mit fin à sa carrière politique active tout en préservant symboliquement sa dignité.

Anecdotes

Son surnom « la Beltraneja » vient d'une rumeur de cour : ses adversaires prétendaient qu'elle n'était pas la fille du roi Henri IV — réputé incapable d'avoir des enfants et moqué sous le sobriquet d'« Impuissant » — mais celle de Beltrán de la Cueva, un favori du souverain. Cette accusation, jamais prouvée, suffit pourtant à ruiner sa légitimité aux yeux d'une partie de la noblesse.

À sa naissance en 1462, Henri IV la fit reconnaître solennellement comme héritière par les Cortès de Castille, et les nobles lui prêtèrent serment. Quelques années plus tard, ces mêmes nobles se rétractèrent et reportèrent leurs espoirs sur la demi-sœur du roi, Isabelle.

Pour défendre ses droits, Jeanne épousa en 1475 son propre oncle, le roi Alphonse V de Portugal, âgé de plus de quarante ans alors qu'elle en avait treize. Le mariage nécessitait une dispense du pape en raison de leur lien de parenté très proche.

Après sa défaite, Jeanne se retira dans un couvent au Portugal mais ne renonça jamais à son titre : jusqu'à sa mort, elle signa ses lettres « Yo la Reina » — « Moi, la Reine » —, défiant ainsi Isabelle qui régnait sur la Castille.

Le conflit pour son trône fut en partie réglé par traité : le texte d'Alcáçovas (1479) lui laissait le choix d'épouser le futur héritier de Castille (le fils encore enfant d'Isabelle) ou d'entrer au couvent. Elle choisit le cloître, scellant la victoire de sa tante.

Sources primaires

Crónica de Enrique IV, Diego Enríquez del Castillo (chroniqueur officiel d'Henri IV) (vers 1462-1474)
Le roi fit jurer la princesse doña Juana, sa fille, comme reine et héritière de ses royaumes, et tous les grands et prélats lui prêtèrent obéissance et fidélité.
Décadas / Gesta Hispaniensia, Alonso de Palencia (chroniqueur favorable à Isabelle) (fin du XVe siècle)
Beaucoup tenaient pour certain que la fille de la reine n'était pas du roi, et de là vint le nom dont le peuple la désigna.
Crónica de los Reyes Católicos, Hernando del Pulgar (vers 1480-1490)
Le roi de Portugal entra en Castille avec son armée pour défendre la cause de doña Juana, qu'il avait prise pour épouse.
Traité d'Alcáçovas-Toledo (texte diplomatique) (1479)
Il est convenu que doña Juana entrera en religion dans un monastère, ou bien qu'elle attendra pour épouser l'infant héritier de Castille.

Lieux clés

Madrid

Ville de Castille où Jeanne naquit en 1462 et fut d'abord reconnue héritière du trône.

Toros de Guisando (El Tiemblo, Ávila)

Lieu du pacte de 1468 où Henri IV reconnut sa demi-sœur Isabelle comme héritière, écartant Jeanne de la succession.

Toro (Zamora)

Théâtre en 1476 de la bataille décisive de la guerre de Succession, exploitée comme une victoire par le camp d'Isabelle.

Alcáçovas (Portugal)

Localité portugaise où fut signé en 1479 le traité mettant fin à la guerre et scellant le retrait de Jeanne.

Monastère de Santa Clara, Coimbra

Couvent portugais où Jeanne se retira à partir de 1480, sans renoncer à son titre de reine.

Lisbonne

Capitale portugaise où Jeanne passa la fin de sa vie et mourut en 1530.

Liens externes & ressources

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