John Maynard Keynes(1883 — 1946)

John Maynard Keynes

Royaume-Uni, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande

6 min de lecture

ÉconomieÉconomisteXXe sièclePremière moitié du XXe siècle, marquée par les deux guerres mondiales et la crise économique de 1929.

Économiste britannique, fondateur de la macroéconomie moderne. Sa théorie générale, publiée en 1936 en réponse à la Grande Dépression, justifie l'intervention de l'État pour soutenir la demande et l'emploi.

Questions fréquentes

John Maynard Keynes (1883-1946) est l'économiste britannique qui a fondé la macroéconomie moderne. Ce qui le rend décisif, c'est qu'il a proposé une réponse radicale à la Grande Dépression des années 1930 : au lieu de laisser l'économie se réguler seule, il justifiait l'intervention de l'État pour soutenir la demande et l'emploi. Son œuvre maîtresse, la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (1936), a changé la façon dont les gouvernements pensent les crises. Ce qu'il faut retenir, c'est que ses idées ont inspiré les politiques de relance budgétaire et la création du FMI après la Seconde Guerre mondiale.

Citations célèbres

« À long terme, nous serons tous morts. »

Faits marquants

  • Publie en 1919 « Les Conséquences économiques de la paix », critique du traité de Versailles
  • Publie en 1936 « Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie », ouvrage fondateur du keynésianisme
  • Participe en 1944 à la conférence de Bretton Woods qui réorganise le système monétaire international
  • Défend la relance par la dépense publique pour lutter contre le chômage de masse des années 1930
  • Né en 1883 à Cambridge, mort en 1946

Œuvres & réalisations

Les Conséquences économiques de la paix (1919)

Critique retentissante du traité de Versailles, qui rendit Keynes célèbre dans le monde entier et annonça les périls des réparations allemandes.

Traité sur la probabilité (1921)

Ouvrage philosophique sur la logique de l'incertitude, fruit de ses années d'études à Cambridge, qui nourrit sa vision de la décision économique.

Traité sur la monnaie (1930)

Étude approfondie du rôle de la monnaie et du crédit, étape majeure vers sa future théorie macroéconomique.

Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (1936)

Son œuvre maîtresse, qui fonde la macroéconomie moderne et justifie l'intervention de l'État pour soutenir la demande et l'emploi.

Comment financer la guerre (1940)

Programme de financement de l'effort de guerre britannique par l'épargne forcée, montrant l'application concrète de ses idées.

Accords de Bretton Woods (1944)

Réalisation diplomatique majeure : Keynes contribua à créer le FMI et la Banque mondiale, charpente du système monétaire d'après-guerre.

Anecdotes

Keynes était un spéculateur boursier redoutable : il gérait sa fortune personnelle depuis son lit chaque matin avant de se lever, en passant des ordres par téléphone. Il a aussi multiplié par dix la dotation du King's College de Cambridge grâce à ses investissements.

Passionné de ballet, Keynes épousa en 1925 Lydia Lopokova, une célèbre danseuse russe des Ballets russes de Diaghilev. Le couple, qui détonnait dans le milieu intellectuel anglais, soutint la fondation de plusieurs théâtres.

En 1919, après avoir participé à la délégation britannique au traité de Versailles, Keynes claqua la porte, scandalisé par les réparations imposées à l'Allemagne. Il écrivit aussitôt un livre, « Les Conséquences économiques de la paix », qui prédit que ces dettes mèneraient au chaos — une prophétie largement vérifiée.

Membre du « groupe de Bloomsbury », cercle d'artistes et d'écrivains londoniens dont faisaient partie Virginia Woolf et E. M. Forster, Keynes mêlait économie, art et philosophie, loin de l'image de l'économiste austère.

En 1944, malade et épuisé, Keynes mena les négociations de la conférence de Bretton Woods qui posa les bases du système monétaire international d'après-guerre, du FMI et de la Banque mondiale. Il mourut moins de deux ans plus tard, en grande partie usé par cet effort.

Sources primaires

Les Conséquences économiques de la paix (1919)
Les politiciens aveugles et imprudents... auront semé les germes de la décadence de toute la vie civilisée de l'Europe.
Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (1936)
Les idées des économistes et des philosophes politiques, qu'elles soient justes ou fausses, ont plus d'importance qu'on ne le pense en général. À vrai dire, le monde est presque exclusivement mené par elles.
Perspectives économiques pour nos petits-enfants (1930)
À long terme, nous sommes tous morts. Les économistes se donnent une tâche trop facile et trop inutile si, en pleine tempête, ils peuvent seulement nous dire que, l'orage passé, l'océan redeviendra calme.
Lettre à Franklin D. Roosevelt (publiée dans le New York Times) (1933)
Vous vous êtes fait le mandataire de tous ceux qui, dans tous les pays, cherchent à réparer les maux de notre situation par une expérimentation raisonnée à l'intérieur du cadre du système social existant.

Lieux clés

Cambridge, Angleterre

Ville natale de Keynes et siège du King's College, où il étudia puis enseigna toute sa vie. Cœur de sa réflexion économique.

King's College, Cambridge

Collège dont Keynes fut étudiant, professeur puis bursar (intendant financier). Il y multiplia la dotation par ses investissements.

Versailles, France

Lieu de la conférence de paix de 1919 où Keynes représenta le Trésor britannique avant de démissionner, indigné par les réparations imposées à l'Allemagne.

Bretton Woods, New Hampshire, États-Unis

Station de montagne où se tint en 1944 la conférence monétaire internationale. Keynes y négocia les institutions financières de l'après-guerre.

Tilton, Sussex de l'Est, Angleterre

Maison de campagne de Keynes et de son épouse Lydia, où il mourut d'une crise cardiaque en 1946.

Bloomsbury, Londres

Quartier londonien qui donna son nom au cercle d'artistes et d'intellectuels que Keynes fréquentait, mêlant art, lettres et philosophie.

Voir aussi