Assis Chateaubriand (1892-1968) est un journaliste, entrepreneur et mécène brésilien, fondateur du plus grand empire médiatique d'Amérique latine au XXe siècle. Il créa les Diários Associados, un réseau de journaux, radios et télévisions, et introduisit la télévision au Brésil en 1950.
Assis Chateaubriand(1892 — 1968)
Assis Chateaubriand
Brésil
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 1892 : naissance à Umbuzeiro, État de Paraíba, Brésil
- 1924 : acquisition du journal O Jornal, début de la construction de son empire médiatique
- 1950 : introduction de la télévision au Brésil avec TV Tupi, première chaîne d'Amérique latine
- Années 1950-1960 : les Diários Associados comptent jusqu'à 34 journaux, 36 radios et 18 chaînes de télévision
- 1968 : décès à São Paulo après plusieurs années de paralysie
Œuvres & réalisations
Réseau médiatique fondé progressivement par Chateaubriand, qui finit par regrouper 34 journaux, 36 stations de radio et 18 chaînes de télévision. À son apogée dans les années 1950-1960, il constitua le plus grand empire médiatique d'Amérique latine.
Premier journal fondé par Chateaubriand à Rio de Janeiro, qui lança sa carrière de magnat de la presse. Ce quotidien fut la matrice de ce qui allait devenir les Diários Associados.
Magazine illustré fondé par Chateaubriand, qui devint l'un des plus populaires du Brésil pendant plusieurs décennies. Avec ses photographies et reportages, il contribua à forger une identité culturelle nationale.
Musée fondé par Chateaubriand avec le critique d'art Pietro Maria Bardi, abritant aujourd'hui l'une des plus importantes collections d'art occidental de l'hémisphère sud. Le mécénat de Chateaubriand permit d'acquérir des œuvres de Raphaël, Rembrandt, Van Gogh et Renoir.
Première chaîne de télévision du Brésil et de toute l'Amérique latine, lancée par Chateaubriand à São Paulo. Cet événement marqua une révolution culturelle et technologique, introduisant un nouveau média de masse dans un pays continent.
Anecdotes
Pour lancer la première émission de TV Tupi le 18 septembre 1950, Chateaubriand fit importer en secret deux cents téléviseurs des États-Unis et les fit installer dans des vitrines de magasins et des lieux publics de São Paulo, créant ainsi un public avant même que la diffusion n'existe. Ce coup de théâtre marketing obligea littéralement les Brésiliens à devenir spectateurs malgré eux, inaugurant une ère nouvelle dans le pays.
Surnommé 'Chatô' par ses contemporains, Chateaubriand était célèbre pour ses méthodes de financement peu orthodoxes : il convoquait de grands industriels dans son bureau et leur 'proposait' d'acheter des espaces publicitaires dans ses journaux. Difficile de refuser quand on avait besoin de la bienveillance de la presse la plus puissante d'Amérique latine.
Chateaubriand fonda en 1947 le Museu de Arte de São Paulo (MASP) avec le critique d'art italien Pietro Maria Bardi. Pour constituer la collection, il demandait parfois à de riches familles brésiliennes de 'donner' des œuvres d'art, ou finançait lui-même des achats en Europe ravagée par la guerre, où les prix étaient bas. Aujourd'hui, le MASP abrite l'une des plus importantes collections d'art occidental de l'hémisphère sud.
Après avoir été terrassé par une attaque cérébrale en 1960 qui le laissa paralysé et incapable de parler, Chateaubriand continua de diriger son empire médiatique depuis son fauteuil roulant. Il communiquait par clignements des yeux ou par signes de la tête, et ses collaborateurs apprirent à déchiffrer ses volontés pour transmettre ses ordres à des dizaines de journaux, radios et chaînes de télévision.
Nommé ambassadeur du Brésil au Royaume-Uni de 1957 à 1960, Chateaubriand marqua Londres par ses réceptions somptueuses et son style extravagant, qui contrastaient avec la rigueur diplomatique habituelle. Il profita de ce poste pour tisser des liens avec la presse britannique et renforcer l'influence internationale de ses Diários Associados.
Sources primaires
Le Brésil entre aujourd'hui dans l'ère de la télévision. Ce n'est pas seulement un progrès technique, c'est une révolution dans la manière dont notre peuple va s'informer et se divertir.
La presse libre est le rempart de la démocratie. Ce journal sera au service du peuple brésilien, de sa culture et de son développement national.
L'information est un droit du peuple. Nos journaux, nos radios et demain nos télévisions doivent porter la voix du Brésil profond jusqu'aux centres de décision politique et économique.
Nous devons doter São Paulo d'un musée digne des grandes métropoles mondiales. L'art n'est pas un luxe réservé aux élites, c'est une nécessité pour la civilisation brésilienne.
Lieux clés
Petite ville du Nordeste brésilien où naquit Chateaubriand en 1892. Cette région pauvre et aride forgea en lui une ambition sans limites et un désir ardent de s'arracher à ses origines modestes.
Métropole industrielle et culturelle où Chateaubriand établit le cœur de son empire médiatique. C'est là que fut inaugurée TV Tupi en 1950 et que le MASP ouvrit ses portes en 1947.
Institution fondée par Chateaubriand en 1947, aujourd'hui l'un des musées les plus importants d'Amérique latine avec une collection de plus de dix mille œuvres. Le bâtiment actuel sur pilotis, inauguré en 1968, est une icône de l'architecture brésilienne moderne.
Ancienne capitale fédérale où Chateaubriand fonda son premier journal, O Jornal, en 1923. C'est dans cette ville qu'il noua ses premières relations avec le monde politique et économique brésilien.
Ville où Chateaubriand exerça les fonctions d'ambassadeur du Brésil de 1957 à 1960. Ce séjour diplomatique lui permit de rayonner sur la scène internationale et de tisser des liens avec la grande presse britannique.
Objets typiques

Symbole de la puissance industrielle de Chateaubriand, ces machines ultramodernes imprimaient chaque jour des millions d'exemplaires de ses journaux dans tout le Brésil. Il fut l'un des premiers à investir massivement dans la mécanisation de la presse brésilienne.

Chateaubriand intégra très tôt la radio dans son empire, comprenant le pouvoir de la voix pour toucher une population en partie analphabète. Ses stations de radio diffusaient informations, musique et discours à travers tout le territoire national.

Les premières caméras de TV Tupi, importées des États-Unis en 1950, furent les instruments d'une révolution culturelle. Elles incarnent le pari audacieux d'un homme convaincu que la télévision allait transformer la société brésilienne.

Après son AVC en 1960, le fauteuil roulant devint l'image emblématique d'un homme brisé dans son corps mais indomptable dans sa volonté. Il continua de recevoir collaborateurs et politiques depuis ce fauteuil, symbole de sa résistance exceptionnelle.

Chateaubriand acquit pour le MASP des tableaux de maîtres européens — Raphaël, Rembrandt, Renoir, Van Gogh — souvent achetés à bas prix dans l'Europe dévastée de l'après-guerre. Ces œuvres constituèrent le noyau d'un musée de renommée internationale.

Indispensable dans les rédactions de l'époque, le téléscripteur permettait à Chateaubriand de coordonner en temps réel ses dizaines de journaux et stations répartis dans tout le Brésil. Il incarnait la modernité technologique dont il était passionné.
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Vie quotidienne
Matin
Chateaubriand commençait ses journées très tôt, parcourant les éditions matinales de ses propres journaux avec une attention minutieuse. Il annotait les articles, donnait ses directives par téléphone à ses directeurs de rédaction dispersés dans tout le Brésil, et recevait déjà les premiers collaborateurs et visiteurs politiques dès l'aube.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrés aux réunions d'affaires, aux négociations avec des industriels ou des hommes politiques, et à la supervision de ses différentes entreprises médiatiques. Grand amateur d'art, il consacrait également du temps aux acquisitions pour le MASP et aux correspondances avec des galeristes et collectionneurs européens.
Soir
Les soirées de Chateaubriand étaient souvent des événements mondains : réceptions, dîners avec des personnalités politiques, culturelles ou diplomatiques dans ses somptueuses résidences. Ces moments étaient autant d'occasions de tisser des alliances, d'exercer son influence et de cultiver le réseau de relations qui était le nerf de son empire.
Alimentation
Comme un grand bourgeois brésilien de son époque, Chateaubriand appréciait la cuisine traditionnelle — feijoada, churrasco — mais aussi la gastronomie française et européenne lors de ses voyages et réceptions diplomatiques. Il était connu pour sa table généreuse, servant des mets raffinés accompagnés de vins importés d'Europe.
Vêtements
Chateaubriand arborait en toutes circonstances des costumes trois pièces impeccablement taillés, symboles de sa réussite sociale et de son statut d'homme d'affaires international. Il affectionnait les tissus anglais et les chemises blanches à col amidonné, tenue caractéristique de l'élite brésilienne des années 1920-1960.
Habitat
Chateaubriand possédait plusieurs résidences luxueuses au Brésil, dont une imposante demeure à São Paulo et un appartement à Rio de Janeiro. Ces intérieurs mêlaient mobilier européen de style Art déco et œuvres d'art collectionnées, affichant la réussite spectaculaire d'un homme parti de rien pour bâtir un empire continental.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Fondation des Diários Associados
1923-1950
O Jornal
1923
O Cruzeiro
1928
Fondation du Museu de Arte de São Paulo (MASP)
1947
Inauguration de TV Tupi
18 septembre 1950
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