Joseph Gallieni(1849 — 1916)
Joseph Galliéni
France
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Général et maréchal de France, Galliéni fut un grand administrateur colonial à Madagascar et en Indochine. Gouverneur militaire de Paris en 1914, il organisa la contre-offensive de la Marne, sauvant la capitale grâce aux célèbres « taxis de la Marne ».
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1849 : naissance à Saint-Béat (Haute-Garonne)
- 1896-1905 : gouverneur général de Madagascar, modernise l'île et abolit l'esclavage
- Septembre 1914 : organise la contre-offensive de la Marne comme gouverneur militaire de Paris
- 1916 : nommé maréchal de France à titre posthume en 1921
- 1916 : décès le 27 mai, avant la fin de la guerre
Œuvres & réalisations
En neuf ans de gouvernorat, Galliéni transforma Madagascar en construisant des routes, des voies ferrées, des hôpitaux et des écoles. Son administration, s'appuyant sur les structures locales, est restée dans les manuels comme modèle — et sujet de débat — de l'organisation coloniale française.
Ouvrage dans lequel Galliéni relate ses deux missions au Soudan français. Il y expose ses méthodes de pacification et d'administration coloniale, qui influencèrent profondément la doctrine militaire française et l'école de pensée coloniale de Lyautey.
En tant que gouverneur militaire de Paris, Galliéni identifia le flanc découvert de la 1re armée allemande et pressa Joffre de déclencher une contre-attaque. Cette initiative, combinée à la réquisition des taxis, contribua au « miracle de la Marne » qui stoppa l'avancée ennemie.
Bilan exhaustif de son gouvernorat malgache, Galliéni y décrit les réformes administratives, les constructions d'infrastructures et les méthodes d'administration coloniale. Ouvrage de référence incontournable pour l'histoire coloniale française.
Publiés après sa mort, ces mémoires constituent une source essentielle sur la défense de Paris en août-septembre 1914 et sur les relations souvent tendues entre Galliéni et le Grand Quartier Général du général Joffre.
Anecdotes
En septembre 1914, alors que les armées allemandes menaçaient Paris, le gouverneur militaire Galliéni prit une décision audacieuse : réquisitionner environ 600 taxis Renault AG1 pour transporter des soldats de réserve de la garnison parisienne vers le front de la Marne. Bien que leur impact militaire réel soit modeste — quelques milliers de soldats transportés —, les célèbres « taxis de la Marne » devinrent un symbole puissant de la mobilisation populaire et de l'esprit d'initiative français face à l'invasion.
En 1896, quelques semaines à peine après son arrivée à Madagascar comme gouverneur général, Galliéni fit arrêter la reine Ranavalona III et l'envoya en exil, d'abord à La Réunion puis en Algérie. Il abolit la monarchie malgache et proclama l'île colonie française, mettant fin à des siècles de royauté merina. La reine ne revit jamais son pays natal et mourut en exil à Alger en 1917.
Galliéni développa à Madagascar une méthode d'administration qu'il appela la « politique des races » : plutôt que de détruire les structures sociales locales, il s'appuyait sur les chefs traditionnels de chaque groupe ethnique et faisait construire routes, écoles et hôpitaux. Convaincu que le développement et l'instruction valaient mieux que la seule répression, il associa cette approche à la méthode de la « tache d'huile » — étendre progressivement les zones pacifiées — qui fut ensuite enseignée dans les écoles militaires françaises.
Nommé ministre de la Guerre en octobre 1915, Galliéni se heurta sans relâche aux méthodes du général Joffre et du Grand Quartier Général. Épuisé par ces querelles et gravement malade, il démissionna en mars 1916. Il mourut le 27 mai 1916, avant même la fin de la bataille de Verdun, sans avoir vu la victoire qu'il avait contribué à préparer. La France lui rendit hommage tardivement en le nommant maréchal de France à titre posthume en 1921.
Lors de ses missions au Soudan français dans les années 1880, Galliéni se retrouva face aux forces du souverain toucouleur Ahmadou Tall. Plutôt que d'engager une bataille frontale risquée, il privilégia la négociation et obtint diplomatiquement des concessions importantes. Cette capacité à alterner dialogue et action militaire — et à comprendre les équilibres politiques locaux — devint la marque de fabrique de toute sa carrière coloniale.
Sources primaires
Galliéni y décrit ses méthodes de pacification progressive, alternant négociations avec les chefs locaux et opérations militaires ciblées, posant les bases de ce qui deviendra sa doctrine coloniale de la « tache d'huile ».
Dans ce rapport officiel adressé au ministère des Colonies, Galliéni expose sa méthode : partir de zones sécurisées, développer les infrastructures et l'administration civile, puis étendre progressivement le contrôle français sur l'ensemble de l'île.
Bilan de neuf années de gouvernorat, Galliéni y présente les réalisations de son administration : construction de routes et de voies ferrées, développement de l'instruction publique, organisation d'une administration s'appuyant sur les structures ethniques locales.
Publiés à titre posthume, ces mémoires relatent les décisions prises lors des premières semaines de guerre, notamment la réquisition des taxis parisiens et la coordination avec Joffre pour déclencher la contre-offensive de la Marne.
Lieux clés
Petite ville des Pyrénées où naquit Joseph Galliéni le 24 novembre 1849. Fils d'un capitaine naturalisé français d'origine italienne, il y passa son enfance avant d'entrer à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr.
Capitale de Madagascar où Galliéni installa son gouvernement de 1896 à 1905. Il y fit construire des routes, des écoles et des hôpitaux, transforma l'administration de l'île et y laissa une empreinte durable.
Siège du gouverneur militaire de Paris en 1914, c'est depuis ce poste de commandement que Galliéni organisa la défense de la capitale et décida de la contre-offensive de la Marne. Le bâtiment abrite aujourd'hui son tombeau.
Région à l'est de Paris où se déroula la première bataille de la Marne en septembre 1914. Galliéni y envoya les fameux taxis chargés de soldats et coordonna la contre-attaque qui stoppa l'avancée allemande et sauva Paris.
Centre administratif du Tonkin où Galliéni servit de 1892 à 1896 comme commandant des troupes puis comme lieutenant-gouverneur. Il y appliqua ses méthodes de pacification et d'administration coloniale avant d'être envoyé à Madagascar.
Ville où Galliéni mourut le 27 mai 1916, quelques semaines après avoir démissionné du gouvernement pour raisons de santé. Son corps fut ensuite transféré aux Invalides à Paris.






