Joseph Meister(1876 — 1940)

Joseph Meister

France

8 min de lecture

SciencesSociétéXIXe siècleFin du XIXe siècle, âge d'or de la microbiologie et de la médecine pasteurienne

Joseph Meister est connu pour avoir été le premier être humain vacciné avec succès contre la rage par Louis Pasteur en 1885, alors qu'il n'avait que 9 ans. Cette vaccination historique marqua un tournant décisif dans l'histoire de la médecine moderne.

Questions fréquentes

Joseph Meister est un jeune Alsacien devenu le premier être humain à survivre à la rage grâce au vaccin expérimental de Louis Pasteur en juillet 1885. Ce qu'il faut retenir, c'est que son cas a marqué un basculement décisif : avant lui, la rage était une condamnation à mort certaine. Sa guérison a prouvé que la science pouvait vaincre une maladie jusque-là incurable, ouvrant la voie à la vaccination moderne. Il a ensuite consacré sa vie à veiller sur l'Institut Pasteur comme gardien, jusqu'à son suicide tragique en 1940 pour protéger la crypte de son bienfaiteur.

Faits marquants

  • 1876 : Naissance de Joseph Meister à Steige, en Alsace
  • 6 juillet 1885 : Mordu grièvement par un chien enragé, il est amené à Louis Pasteur
  • 6-16 juillet 1885 : Pasteur lui administre une série de 13 injections du vaccin antirabique expérimental
  • Joseph Meister survit et devient le premier humain guéri de la rage par vaccination
  • Il travaillera plus tard comme gardien de l'Institut Pasteur à Paris jusqu'à sa mort en 1940

Œuvres & réalisations

Première vaccination antirabique humaine réussie (6-16 juillet 1885)

Joseph Meister fut le premier être humain à survivre grâce au vaccin antirabique de Pasteur. Cet événement devint le symbole fondateur de la vaccination moderne et de la médecine préventive à l'échelle mondiale.

Catalyseur de la souscription internationale pour l'Institut Pasteur (1885-1888)

La survie de Meister déclencha une vague de soutien populaire et scientifique qui permit de financer la construction de l'Institut Pasteur. Sa guérison fut l'argument décisif auprès de plus de deux millions de donateurs à travers le monde.

Gardiennage et préservation de la mémoire pasteurienne (1895-1940)

Pendant quarante-cinq ans, Joseph Meister veilla sur l'Institut Pasteur en tant que concierge et gardien. Il accueillit des milliers de visiteurs et protégea le tombeau de son bienfaiteur, incarnant vivant la reconnaissance due à la science.

Anecdotes

Le 4 juillet 1885, le jeune Joseph Meister, âgé de 9 ans, est attaqué par un chien enragé près de son village de Geiswiller en Alsace. Il reçoit quatorze morsures profondes aux mains, aux jambes et aux cuisses. Sa mère, désespérée, décide de l'emmener à Paris pour tenter l'ultime recours : consulter le célèbre savant Louis Pasteur.

Pasteur n'était pas médecin, ce qui rendait la situation délicate sur le plan juridique et éthique. Convaincu que l'enfant mourrait sans intervention, il décide néanmoins de lui administrer son vaccin expérimental, encore jamais testé sur un être humain. Du 6 au 16 juillet 1885, Joseph reçut treize injections de moelle de lapin inoculée et progressivement moins atténuée. Il survécut et resta en parfaite santé.

Reconnaissant envers l'homme qui lui avait sauvé la vie, Joseph Meister devint gardien de l'Institut Pasteur à Paris, un poste qu'il occupa pendant près de quarante-cinq ans. Il veillait sur les lieux comme sur un sanctuaire et accompagnait volontiers les visiteurs jusqu'à la crypte où reposait son bienfaiteur.

En juin 1940, des soldats allemands qui venaient d'occuper Paris se présentèrent à l'Institut Pasteur et exigèrent que Joseph Meister ouvre la crypte de Pasteur. Bouleversé à l'idée de laisser profaner le tombeau de celui à qui il devait la vie, il se suicida le 24 juin 1940. Sa mort tragique est souvent citée comme un dernier acte de fidélité absolue au souvenir de Pasteur.

Sources primaires

Communication de Pasteur à l'Académie des sciences sur la prophylaxie de la rage après morsure (26 octobre 1885)
Un garçon de 9 ans, Joseph Meister, mordu le 4 juillet par un chien enragé, m'a été amené le 6 juillet par sa mère. [...] Actuellement, trois mois et demi après l'accident, sa santé est parfaite.
Rapport de la Commission antirabique de l'Académie de médecine (1886)
La commission reconnaît que le traitement antirabique de M. Pasteur, appliqué au sieur Joseph Meister, a prévenu le développement de la rage chez cet enfant mortellement mordu par un chien reconnu enragé.
Carnets de laboratoire de Louis Pasteur — notes cliniques sur le cas Meister (Juillet 1885)
7 juillet 1885, deuxième inoculation. L'enfant se porte bien, dort bien, mange bien. Aucun signe d'infection. Confiance dans la progression de l'atténuation.
Correspondance de la famille Meister à Louis Pasteur (Juillet 1885)
Monsieur, mon fils a été mordu par un chien enragé et nous ne savons plus à qui nous adresser. On nous a dit que vous seul pouviez peut-être le sauver. Nous nous en remettons à votre science et à votre bonté.

Lieux clés

Geiswiller, Alsace

Village natal de Joseph Meister, situé en Alsace alors annexée par l'Empire allemand après 1871. C'est à proximité de ce village qu'il fut attaqué par le chien enragé le 4 juillet 1885.

Laboratoire de l'École Normale Supérieure, Paris

Laboratoire où Louis Pasteur menait ses recherches sur la rage depuis 1882. C'est ici que Joseph Meister fut amené par sa mère et que les treize injections de vaccin lui furent administrées en juillet 1885.

Institut Pasteur, Paris

Fondé en 1888 grâce à une souscription internationale déclenchée en grande partie par la guérison de Meister, l'Institut Pasteur devint le lieu de travail et de vie de Joseph Meister jusqu'à sa mort en 1940.

Crypte de Pasteur, Institut Pasteur, Paris

Caveau où repose Louis Pasteur depuis 1895, situé sous l'Institut Pasteur. Joseph Meister en était le gardien dévoué, et c'est devant cette crypte que se joua le dernier acte de sa vie en juin 1940.

Académie des sciences, Paris

C'est devant cette institution prestigieuse que Pasteur présenta le 26 octobre 1885 les résultats de la vaccination de Meister, annonçant au monde entier la première victoire de l'humanité contre la rage.

Voir aussi