Portrait de Joséphine Baker

Joséphine Baker

Joséphine Baker

1906 — 1975

France, États-Unis

SpectacleSociétéDanseur/seActeur/triceActivisteXXe siècleStar des Folies Bergère, résistante, militante antiraciste

chanteuse, danseuse et meneuse de revue française d'origine américaine

Émotions disponibles (6)

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Faits marquants

    Œuvres & réalisations

    La Revue Nègre (1925)

    Spectacle de music-hall afro-américain présenté au Théâtre des Champs-Élysées, qui révèle Joséphine Baker à l'Europe et provoque un choc culturel majeur en faisant découvrir le jazz et les danses afro-américaines au public parisien.

    La Folie du jour (Folies Bergère) (1926)

    Revue phare des Folies Bergère dans laquelle Joséphine Baker crée son costume emblématique de bananes, établissant son statut de star internationale et de symbole de la modernité des Années folles.

    La Créole (opérette d'Offenbach) (1934)

    Joséphine Baker triomphe dans cette opérette au Théâtre Marigny, prouvant sa versatilité artistique au-delà de la danse, et s'imposant comme une véritable actrice et chanteuse lyrique.

    Zoouzou (film) (1934)

    Film musical français où Joséphine Baker joue le premier rôle féminin d'une femme noire dans le cinéma européen, accomplissement historique qui brise un tabou racial dans l'industrie cinématographique.

    Princesse Tam-Tam (film) (1935)

    Comédie musicale dans laquelle Baker joue une jeune Tunisienne transformée en star parisienne, film qui interroge avec ironie les préjugés coloniaux et les codes de la société européenne de l'entre-deux-guerres.

    Action dans la Résistance française (1940-1944)

    Engagement total comme agent du Deuxième Bureau, transmettant des renseignements militaires vitaux sous couverture artistique, qui lui vaut la Médaille de la Résistance et la Légion d'honneur à la Libération.

    Discours à la Marche sur Washington (28 août 1963)

    Seule femme officiellement au pupitre lors du grand rassemblement des droits civiques où parla Martin Luther King, Baker porte la voix de l'expérience de la liberté réelle et interpelle l'Amérique sur ses contradictions raciales.

    Anecdotes

    Lors de son arrivée à Paris en 1925, Joséphine Baker provoque un scandale retentissant en dansant la « Danse sauvage » vêtue d'une simple ceinture de bananes au Théâtre des Champs-Élysées. En quelques semaines, elle devient la femme la plus photographiée du monde et l'idole de tout Paris.

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, Joséphine Baker travaille comme agent secret pour les services de renseignement français. Elle dissimule des informations militaires dans ses partitions de musique et sur son corps à l'encre invisible, voyageant librement grâce à sa notoriété d'artiste internationale.

    En 1963, Joséphine Baker est la seule femme à prendre officiellement la parole lors de la Marche sur Washington aux côtés de Martin Luther King. Vêtue de son uniforme de l'armée française, elle déclare devant 250 000 personnes : « Vous avez le rêve. Moi, j'ai la réalité. »

    Joséphine Baker adopte douze enfants de nationalités et religions différentes, qu'elle appelle son « Tribu Arc-en-ciel ». Elle installe sa famille au Château des Milandes en Dordogne, transformant sa propriété en symbole vivant de fraternité universelle et de coexistence pacifique.

    En 1974, ruinée et expulsée de son château, Joséphine Baker est recueillie par la princesse Grace de Monaco qui lui offre un appartement. À 68 ans, elle remonte sur scène à Paris pour célébrer ses 50 ans de carrière et reçoit une ovation de vingt minutes debout. Elle décède quatre jours après la dernière représentation.

    Sources primaires

    Mémoires de Joséphine Baker, recueillis par Marcel Sauvage (1927)
    Je suis arrivée à Paris avec quarante francs dans ma poche. Mais j'avais quelque chose que l'argent ne peut pas acheter : j'avais la volonté de réussir et de prouver que la couleur de ma peau n'était pas un obstacle.
    Rapport du capitaine Jacques Abtey, officier du Deuxième Bureau (1944)
    Joséphine Baker s'est mise entièrement à la disposition de la France Libre. Elle a transmis des renseignements de la plus haute importance sur les mouvements de troupes ennemis au Maroc, en Espagne et au Portugal, au péril de sa vie.
    Discours de Joséphine Baker, Marche sur Washington (28 août 1963)
    Mes amis et mes frères, quand je rentre en Amérique, je souffre. Vous savez ce que je veux dire. Mais quand je reviens en France, je respire. Je suis libre. Je suis un être humain à part entière.
    Lettre de Joséphine Baker au NAACP (National Association for the Advancement of Colored People) (1951)
    Je refuse catégoriquement de me produire devant un public ségrégué. Si les Noirs ne peuvent pas s'asseoir aux mêmes places que les Blancs, je ne monte pas sur scène. C'est ma seule et unique condition.

    Lieux clés

    Folies Bergère, Paris

    Le mythique music-hall parisien où Joséphine Baker est devenue une star mondiale dès 1926. C'est ici qu'elle a créé la « Danse des bananes » et incarné l'esprit des Années folles.

    Château des Milandes, Castelnaud-la-Chapelle

    Propriété acquise par Joséphine Baker en 1947, où elle installe sa « Tribu Arc-en-ciel » de douze enfants adoptés. Elle en fait un symbole vivant de fraternité universelle jusqu'à sa saisie en 1969.

    Théâtre des Champs-Élysées, Paris

    Lieu du triomphe parisien de 1925 avec la Revue Nègre, où Baker provoque un scandale retentissant et séduit instantanément le tout-Paris artistique, lançant sa carrière européenne.

    Saint-Louis, Missouri, États-Unis

    Ville natale de Joséphine Baker, marquée par la pauvreté et les violences raciales de son enfance. C'est la brutalité de la ségrégation américaine qui l'a poussée à fuir vers l'Europe.

    Marrakech, Maroc

    Pendant la Résistance, Joséphine Baker utilise ses tournées en Afrique du Nord comme couverture pour ses missions d'espionnage, recueillant des informations sur les troupes de l'Axe au Maroc et en Méditerranée.

    Objets typiques

    Ceinture de bananes

    Costume emblématique de la « Danse des bananes » portée aux Folies Bergère en 1926, devenu l'un des symboles visuels les plus reconnaissables des Années folles et de la liberté artistique de Joséphine Baker.

    Uniforme de l'armée française

    Joséphine Baker portait fièrement son uniforme de sous-lieutenant de l'armée de l'air française lors de ses apparitions publiques, notamment à la Marche sur Washington en 1963, symbole de son double engagement pour la France et les droits civiques.

    Partitions musicales

    Pendant la Résistance, Joséphine Baker dissimulait des renseignements militaires secrets écrits à l'encre invisible dans ses partitions de musique, qu'elle transportait lors de ses tournées en zone neutre.

    Léopard apprivoisé (Chiquita)

    Joséphine Baker se promenait dans les rues de Paris accompagnée de son guépard apprivoisé Chiquita, symbole de son excentricité assumée et de son refus des conventions sociales de l'époque.

    Médaille de la Légion d'honneur

    Décoration remise à Joséphine Baker pour son courage pendant la Résistance et son engagement pour la France Libre, qu'elle arborait avec fierté pour rappeler que patriotisme et lutte antiraciste sont indissociables.

    Microphone de scène

    Outil de travail essentiel de cette chanteuse et meneuse de revue, le microphone incarne une carrière de cinquante ans sur les plus grandes scènes mondiales, de Paris à New York, transformant la voix de Baker en instrument de liberté et de résistance.

    Programmes scolaires

    Vocabulaire & tags

    Vocabulaire clé

    Tags

    spectaclesocietedanseuracteuractiviste

    Vie quotidienne

    Matin

    Joséphine Baker se lève tard, après minuit passé à tenir la scène jusqu'aux petites heures. Elle commence sa journée par un bain chaud et un massage, entourée de ses animaux de compagnie (chats, perroquets, et son guépard Chiquita). Elle prend un petit-déjeuner copieux : œufs, fruits frais et café fort, avant de répondre son volumineux courrier de fans.

    Après-midi

    L'après-midi est consacré aux répétitions au théâtre, où Baker supervise chaque détail : chorégraphie, costumes, éclairages. Elle discute avec les couturiers et les scénographes, imposant ses idées avec autorité. Lorsqu'elle est au Château des Milandes, elle s'occupe de ses enfants adoptifs, leur enseigne les langues et organise des activités éducatives.

    Soir

    Le soir appartient entièrement au spectacle : maquillage élaboré, coiffure sculptée, costume minutieusement préparé. Baker se concentre seule dans sa loge avant d'entrer en scène, puis donne tout pendant deux heures de show. Après le spectacle, elle reçoit dans sa loge artistes, journalistes et admirateurs jusqu'à l'aube.

    Alimentation

    Joséphine Baker mange volontiers la cuisine créole et américaine de son enfance : poulet frit, riz aux haricots rouges, tartes aux fruits. À Paris, elle adopte la cuisine française classique et fréquente les grands restaurants. Elle boit peu d'alcool malgré l'ambiance de fête permanente des cabarets, préférant le jus de fruits et l'eau minérale pour ménager sa voix.

    VĂŞtements

    Sur scène, Baker porte des costumes extravagants créés par les plus grands couturiers parisiens : plumes d'autruche, sequins, fourrures et sa légendaire ceinture de bananes. Dans la vie quotidienne, elle s'habille avec une élégance sobre mais affirmée, chez Chanel ou Schiaparelli, toujours en pointe de la mode. Elle est une des premières femmes à populariser certaines coupes masculines et à porter le cheveu court lissé à la brillantine.

    Habitat

    Joséphine Baker réside dans un appartement luxueux du 16e arrondissement de Paris, décoré dans un style Art Déco mêlant objets africains et meubles parisiens modernes. À partir de 1947, elle vit en partie au Château des Milandes, vaste propriété périgourdine avec parc, ferme et village touristique qu'elle aménage pour sa « Tribu Arc-en-ciel ». Elle voyage constamment entre Paris, l'Afrique du Nord et les États-Unis pour ses tournées.

    Frise contextuelle

    1906Naissance de Freda Josephine McDonald à Saint-Louis, Missouri, dans une famille pauvre afro-américaine.
    1917Émeutes raciales de Saint-Louis : Joséphine, 11 ans, assiste à des violences traumatisantes contre la communauté noire.
    1920Le mouvement du jazz et du blues explose aux États-Unis, portant une nouvelle culture afro-américaine en Europe.
    1925Joséphine Baker débarque à Paris avec la Revue Nègre et triomphe au Théâtre des Champs-Élysées, devenant une star internationale instantanée.
    1926Première de la « Danse des bananes » aux Folies Bergère : Joséphine Baker crée une icône mondiale de la culture parisienne des Années folles.
    1937Joséphine Baker prend la nationalité française en épousant l'industriel Jean Lion, rompant définitivement avec les États-Unis ségrégationnistes.
    1940Engagement dans la Résistance : Joséphine Baker rejoint les Forces françaises libres et devient agent du contre-espionnage (Deuxième Bureau).
    1944Nommée sous-lieutenant dans l'armée de l'air française, elle participe activement à la Libération de la France.
    1946Joséphine Baker est décorée de la Médaille de la Résistance et de la Légion d'honneur pour son action pendant la guerre.
    1947Acquisition du Château des Milandes en Dordogne : Joséphine Baker crée son « Village du Monde », symbole de fraternité internationale.
    1951Campagne antiségrégationniste aux États-Unis : Baker refuse de jouer devant des publics ségrégués et fait plier plusieurs grandes salles de spectacle.
    1963Participation à la Marche sur Washington aux côtés de Martin Luther King : seule femme à prendre la parole lors de cet événement historique.
    1968Ruine financière : les dettes s'accumulent au Château des Milandes ; Baker est contrainte de quitter sa propriété en 1969.
    1975Triomphe à Paris pour ses 50 ans de carrière, puis décès le 12 avril 1975 d'une hémorragie cérébrale. Funérailles nationales à Paris, première Américaine honorée ainsi par la France.
    2021Panthéonisation symbolique de Joséphine Baker, première femme noire et première artiste à entrer au Panthéon de Paris.

    Vocabulaire d'époque

    Revue — Grand spectacle de music-hall associant chant, danse, costumes fastueux et numéros comiques. Les revues des Folies Bergère ou du Casino de Paris étaient les divertissements les plus populaires du Paris des Années folles.
    Années folles — Expression désignant les années 1920, période d'effervescence culturelle, artistique et festive en Europe après le traumatisme de la Première Guerre mondiale, caractérisée par la liberté des mœurs et l'essor du jazz.
    Jazz hot — Style de jazz improvisé, d'origine afro-américaine, introduit en France après 1917 par les soldats américains. Le jazz hot fascine les artistes européens d'avant-garde et devient la musique emblématique de la vie nocturne parisienne.
    Ségrégation raciale — Système de lois et pratiques imposant la séparation entre Blancs et Noirs aux États-Unis jusqu'aux années 1960, notamment dans les transports, écoles, restaurants et salles de spectacle. Joséphine Baker a fui ce système en venant en Europe.
    Résistance — Ensemble des mouvements clandestins qui ont combattu l'occupation nazie en France entre 1940 et 1944. Joséphine Baker a rejoint les Forces françaises libres du général de Gaulle et servi comme agent de renseignement.
    Deuxième Bureau — Service de renseignement militaire français chargé du contre-espionnage pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est pour cet organisme que Joséphine Baker a collecté des informations sur les forces de l'Axe lors de ses tournées en zone neutre.
    Droits civiques — Mouvement politique et social américain des années 1950-1960 qui réclame l'égalité des droits pour les citoyens noirs, notamment la fin de la ségrégation. Joséphine Baker a activement soutenu ce mouvement depuis la France.
    Art Déco — Style artistique dominant des années 1920-1930, caractérisé par des formes géométriques épurées, des matériaux luxueux et une esthétique glamour. Les affiches de spectacle représentant Joséphine Baker, comme celles de Paul Colin, sont des chefs-d'œuvre de ce style.
    Meneuse de revue — Artiste féminine qui dirige et anime un spectacle de music-hall, combinant chant, danse et présence charismatique. La meneuse est la vedette incontestée du plateau et fédère autour d'elle tout un orchestre et un corps de ballet.
    Naturalisation — Procédure par laquelle un étranger obtient la nationalité d'un autre pays. Joséphine Baker a été naturalisée française en 1937, acte symbolique fort de rupture avec l'Amérique ségrégationniste.

    Galerie

    Boettinger-040

    Boettinger-040

    Remise de tableaux de Joséphine Baker à la LICRA au Sénat par Jean-Loup Othenin-Girard

    Remise de tableaux de Joséphine Baker à la LICRA au Sénat par Jean-Loup Othenin-Girard

    Remise de tableaux de Joséphine Baker à Laurent Kupferman au Sénat par Jean-Loup Othenin-Girard

    Remise de tableaux de Joséphine Baker à Laurent Kupferman au Sénat par Jean-Loup Othenin-Girard

    Tableau de Josephine Baker par Jean-Loup Othenin-Girard

    Tableau de Josephine Baker par Jean-Loup Othenin-Girard

    Ruth Weber - Josephine Baker (painting 1928 KK095)

    Ruth Weber - Josephine Baker (painting 1928 KK095)

    Josephine Baker 906-3501

    Josephine Baker 906-3501

    Baker Harcourt 1940 2 (cropped)

    Baker Harcourt 1940 2 (cropped)

    
Josephine Baker

    Josephine Baker

    Sculpture de Joséphine Baker par C215 (Christian Guémy).

    Sculpture de Joséphine Baker par C215 (Christian Guémy).

    VdA groupe scolaire josephine baker 15 allee des bacheliers

    VdA groupe scolaire josephine baker 15 allee des bacheliers

    Style visuel

    Style Art Déco parisien des Années folles, inspiré des affiches de Paul Colin : contrastes forts, dorures et couleurs tropicales mettant en valeur la silhouette flamboyante de Baker sur les scènes parisiennes.

    #D4A017
    #8B1A1A
    #1C1C2E
    #F4C16E
    #3B5323
    Prompt IA
    Art Deco illustration style, 1920s Paris cabaret aesthetic. Joséphine Baker as a glamorous Black woman performer: warm brown skin tones, dramatic stage lighting in amber and gold, sequined costumes, feather headdresses, banana skirt silhouette. Bold geometric Art Deco patterns, Folies Bergère poster style inspired by Paul Colin lithographs. Deep velvety reds and blacks of theater interiors, golden spotlights, glittering stage. Contrast of opulent Parisian décor with bold modern dance postures. Stylized, elongated figures in the manner of 1920s fashion illustration. Warm tropical colors of banana yellow and lush green against Parisian stone gray.

    Ambiance sonore

    Ambiance sonore des cabarets et music-halls parisiens des Années folles, mêlant jazz américain, rythmes afro-caribéens et effervescence festive de la Belle Époque.

    Prompt IA
    Jazz band playing in a 1920s Parisian music hall: trumpet fanfare, Charleston rhythm on drums, upright bass walking lines, banjo strumming. Crowd murmuring and applauding in a grand theater. Cabaret atmosphere with laughter, clinking glasses, and a spotlight humming. Swing era big band brass section, female vocal improvisation, tap dancing on a wooden stage. African rhythms mixing with French chanson, accordion in the distance, champagne corks popping. Backstage sounds: silk costumes rustling, stage crew moving sets, a feather boa swishing through air.

    Source du portrait

    Wikimedia Commons