Joséphine Baker(1906 — 1975)
Joséphine Baker
France, États-Unis
9 min de lecture
chanteuse, danseuse et meneuse de revue française d'origine américaine
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1906 à Saint-Louis (Missouri, États-Unis), Joséphine Baker grandit dans la pauvreté avant de devenir danseuse professionnelle.
- En 1925, elle triomphe à Paris au Théâtre des Champs-Élysées dans la Revue Nègre, devenant une icône du music-hall et du mouvement de la Harlem Renaissance en Europe.
- Durant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), elle s'engage dans la Résistance française et les Forces Françaises Libres, collectant des renseignements pour les Alliés.
- Elle adopte douze enfants de nationalités différentes, formant sa 'tribu arc-en-ciel', symbole de son combat contre le racisme et pour la fraternité universelle.
- En 2021, elle entre au Panthéon, première femme noire et première artiste à recevoir cet honneur en France.
Œuvres & réalisations
Spectacle de music-hall afro-américain présenté au Théâtre des Champs-Élysées, qui révèle Joséphine Baker à l'Europe et provoque un choc culturel majeur en faisant découvrir le jazz et les danses afro-américaines au public parisien.
Revue phare des Folies Bergère dans laquelle Joséphine Baker crée son costume emblématique de bananes, établissant son statut de star internationale et de symbole de la modernité des Années folles.
Joséphine Baker triomphe dans cette opérette au Théâtre Marigny, prouvant sa versatilité artistique au-delà de la danse, et s'imposant comme une véritable actrice et chanteuse lyrique.
Film musical français où Joséphine Baker joue le premier rôle féminin d'une femme noire dans le cinéma européen, accomplissement historique qui brise un tabou racial dans l'industrie cinématographique.
Comédie musicale dans laquelle Baker joue une jeune Tunisienne transformée en star parisienne, film qui interroge avec ironie les préjugés coloniaux et les codes de la société européenne de l'entre-deux-guerres.
Engagement total comme agent du Deuxième Bureau, transmettant des renseignements militaires vitaux sous couverture artistique, qui lui vaut la Médaille de la Résistance et la Légion d'honneur à la Libération.
Seule femme officiellement au pupitre lors du grand rassemblement des droits civiques où parla Martin Luther King, Baker porte la voix de l'expérience de la liberté réelle et interpelle l'Amérique sur ses contradictions raciales.
Anecdotes
Lors de son arrivée à Paris en 1925, Joséphine Baker provoque un scandale retentissant en dansant la « Danse sauvage » vêtue d'une simple ceinture de bananes au Théâtre des Champs-Élysées. En quelques semaines, elle devient la femme la plus photographiée du monde et l'idole de tout Paris.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Joséphine Baker travaille comme agent secret pour les services de renseignement français. Elle dissimule des informations militaires dans ses partitions de musique et sur son corps à l'encre invisible, voyageant librement grâce à sa notoriété d'artiste internationale.
En 1963, Joséphine Baker est la seule femme à prendre officiellement la parole lors de la Marche sur Washington aux côtés de Martin Luther King. Vêtue de son uniforme de l'armée française, elle déclare devant 250 000 personnes : « Vous avez le rêve. Moi, j'ai la réalité. »
Joséphine Baker adopte douze enfants de nationalités et religions différentes, qu'elle appelle son « Tribu Arc-en-ciel ». Elle installe sa famille au Château des Milandes en Dordogne, transformant sa propriété en symbole vivant de fraternité universelle et de coexistence pacifique.
En 1974, ruinée et expulsée de son château, Joséphine Baker est recueillie par la princesse Grace de Monaco qui lui offre un appartement. À 68 ans, elle remonte sur scène à Paris pour célébrer ses 50 ans de carrière et reçoit une ovation de vingt minutes debout. Elle décède quatre jours après la dernière représentation.
Sources primaires
Je suis arrivée à Paris avec quarante francs dans ma poche. Mais j'avais quelque chose que l'argent ne peut pas acheter : j'avais la volonté de réussir et de prouver que la couleur de ma peau n'était pas un obstacle.
Joséphine Baker s'est mise entièrement à la disposition de la France Libre. Elle a transmis des renseignements de la plus haute importance sur les mouvements de troupes ennemis au Maroc, en Espagne et au Portugal, au péril de sa vie.
Mes amis et mes frères, quand je rentre en Amérique, je souffre. Vous savez ce que je veux dire. Mais quand je reviens en France, je respire. Je suis libre. Je suis un être humain à part entière.
Je refuse catégoriquement de me produire devant un public ségrégué. Si les Noirs ne peuvent pas s'asseoir aux mêmes places que les Blancs, je ne monte pas sur scène. C'est ma seule et unique condition.
Lieux clés
Le mythique music-hall parisien où Joséphine Baker est devenue une star mondiale dès 1926. C'est ici qu'elle a créé la « Danse des bananes » et incarné l'esprit des Années folles.
Propriété acquise par Joséphine Baker en 1947, où elle installe sa « Tribu Arc-en-ciel » de douze enfants adoptés. Elle en fait un symbole vivant de fraternité universelle jusqu'à sa saisie en 1969.
Lieu du triomphe parisien de 1925 avec la Revue Nègre, où Baker provoque un scandale retentissant et séduit instantanément le tout-Paris artistique, lançant sa carrière européenne.
Ville natale de Joséphine Baker, marquée par la pauvreté et les violences raciales de son enfance. C'est la brutalité de la ségrégation américaine qui l'a poussée à fuir vers l'Europe.
Pendant la Résistance, Joséphine Baker utilise ses tournées en Afrique du Nord comme couverture pour ses missions d'espionnage, recueillant des informations sur les troupes de l'Axe au Maroc et en Méditerranée.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
La Revue Nègre
1925
La Folie du jour (Folies Bergère)
1926
La Créole (opérette d'Offenbach)
1934
Action dans la Résistance française
1940-1944
Discours à la Marche sur Washington
28 août 1963






