
Joséphine Baker
Joséphine Baker
1906 — 1975
France, États-Unis
chanteuse, danseuse et meneuse de revue française d'origine américaine
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Faits marquants
Œuvres & réalisations
Spectacle de music-hall afro-américain présenté au Théâtre des Champs-Élysées, qui révèle Joséphine Baker à l'Europe et provoque un choc culturel majeur en faisant découvrir le jazz et les danses afro-américaines au public parisien.
Revue phare des Folies Bergère dans laquelle Joséphine Baker crée son costume emblématique de bananes, établissant son statut de star internationale et de symbole de la modernité des Années folles.
Joséphine Baker triomphe dans cette opérette au Théâtre Marigny, prouvant sa versatilité artistique au-delà de la danse, et s'imposant comme une véritable actrice et chanteuse lyrique.
Film musical français où Joséphine Baker joue le premier rôle féminin d'une femme noire dans le cinéma européen, accomplissement historique qui brise un tabou racial dans l'industrie cinématographique.
Comédie musicale dans laquelle Baker joue une jeune Tunisienne transformée en star parisienne, film qui interroge avec ironie les préjugés coloniaux et les codes de la société européenne de l'entre-deux-guerres.
Engagement total comme agent du Deuxième Bureau, transmettant des renseignements militaires vitaux sous couverture artistique, qui lui vaut la Médaille de la Résistance et la Légion d'honneur à la Libération.
Seule femme officiellement au pupitre lors du grand rassemblement des droits civiques où parla Martin Luther King, Baker porte la voix de l'expérience de la liberté réelle et interpelle l'Amérique sur ses contradictions raciales.
Anecdotes
Lors de son arrivée à Paris en 1925, Joséphine Baker provoque un scandale retentissant en dansant la « Danse sauvage » vêtue d'une simple ceinture de bananes au Théâtre des Champs-Élysées. En quelques semaines, elle devient la femme la plus photographiée du monde et l'idole de tout Paris.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Joséphine Baker travaille comme agent secret pour les services de renseignement français. Elle dissimule des informations militaires dans ses partitions de musique et sur son corps à l'encre invisible, voyageant librement grâce à sa notoriété d'artiste internationale.
En 1963, Joséphine Baker est la seule femme à prendre officiellement la parole lors de la Marche sur Washington aux côtés de Martin Luther King. Vêtue de son uniforme de l'armée française, elle déclare devant 250 000 personnes : « Vous avez le rêve. Moi, j'ai la réalité. »
Joséphine Baker adopte douze enfants de nationalités et religions différentes, qu'elle appelle son « Tribu Arc-en-ciel ». Elle installe sa famille au Château des Milandes en Dordogne, transformant sa propriété en symbole vivant de fraternité universelle et de coexistence pacifique.
En 1974, ruinée et expulsée de son château, Joséphine Baker est recueillie par la princesse Grace de Monaco qui lui offre un appartement. À 68 ans, elle remonte sur scène à Paris pour célébrer ses 50 ans de carrière et reçoit une ovation de vingt minutes debout. Elle décède quatre jours après la dernière représentation.
Sources primaires
Je suis arrivée à Paris avec quarante francs dans ma poche. Mais j'avais quelque chose que l'argent ne peut pas acheter : j'avais la volonté de réussir et de prouver que la couleur de ma peau n'était pas un obstacle.
Joséphine Baker s'est mise entièrement à la disposition de la France Libre. Elle a transmis des renseignements de la plus haute importance sur les mouvements de troupes ennemis au Maroc, en Espagne et au Portugal, au péril de sa vie.
Mes amis et mes frères, quand je rentre en Amérique, je souffre. Vous savez ce que je veux dire. Mais quand je reviens en France, je respire. Je suis libre. Je suis un être humain à part entière.
Je refuse catégoriquement de me produire devant un public ségrégué. Si les Noirs ne peuvent pas s'asseoir aux mêmes places que les Blancs, je ne monte pas sur scène. C'est ma seule et unique condition.
Lieux clés
Le mythique music-hall parisien où Joséphine Baker est devenue une star mondiale dès 1926. C'est ici qu'elle a créé la « Danse des bananes » et incarné l'esprit des Années folles.
Propriété acquise par Joséphine Baker en 1947, où elle installe sa « Tribu Arc-en-ciel » de douze enfants adoptés. Elle en fait un symbole vivant de fraternité universelle jusqu'à sa saisie en 1969.
Lieu du triomphe parisien de 1925 avec la Revue Nègre, où Baker provoque un scandale retentissant et séduit instantanément le tout-Paris artistique, lançant sa carrière européenne.
Ville natale de Joséphine Baker, marquée par la pauvreté et les violences raciales de son enfance. C'est la brutalité de la ségrégation américaine qui l'a poussée à fuir vers l'Europe.
Pendant la Résistance, Joséphine Baker utilise ses tournées en Afrique du Nord comme couverture pour ses missions d'espionnage, recueillant des informations sur les troupes de l'Axe au Maroc et en Méditerranée.
Objets typiques
Costume emblématique de la « Danse des bananes » portée aux Folies Bergère en 1926, devenu l'un des symboles visuels les plus reconnaissables des Années folles et de la liberté artistique de Joséphine Baker.
Joséphine Baker portait fièrement son uniforme de sous-lieutenant de l'armée de l'air française lors de ses apparitions publiques, notamment à la Marche sur Washington en 1963, symbole de son double engagement pour la France et les droits civiques.
Pendant la Résistance, Joséphine Baker dissimulait des renseignements militaires secrets écrits à l'encre invisible dans ses partitions de musique, qu'elle transportait lors de ses tournées en zone neutre.
Joséphine Baker se promenait dans les rues de Paris accompagnée de son guépard apprivoisé Chiquita, symbole de son excentricité assumée et de son refus des conventions sociales de l'époque.
Décoration remise à Joséphine Baker pour son courage pendant la Résistance et son engagement pour la France Libre, qu'elle arborait avec fierté pour rappeler que patriotisme et lutte antiraciste sont indissociables.
Outil de travail essentiel de cette chanteuse et meneuse de revue, le microphone incarne une carrière de cinquante ans sur les plus grandes scènes mondiales, de Paris à New York, transformant la voix de Baker en instrument de liberté et de résistance.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Joséphine Baker se lève tard, après minuit passé à tenir la scène jusqu'aux petites heures. Elle commence sa journée par un bain chaud et un massage, entourée de ses animaux de compagnie (chats, perroquets, et son guépard Chiquita). Elle prend un petit-déjeuner copieux : œufs, fruits frais et café fort, avant de répondre son volumineux courrier de fans.
Après-midi
L'après-midi est consacré aux répétitions au théâtre, où Baker supervise chaque détail : chorégraphie, costumes, éclairages. Elle discute avec les couturiers et les scénographes, imposant ses idées avec autorité. Lorsqu'elle est au Château des Milandes, elle s'occupe de ses enfants adoptifs, leur enseigne les langues et organise des activités éducatives.
Soir
Le soir appartient entièrement au spectacle : maquillage élaboré, coiffure sculptée, costume minutieusement préparé. Baker se concentre seule dans sa loge avant d'entrer en scène, puis donne tout pendant deux heures de show. Après le spectacle, elle reçoit dans sa loge artistes, journalistes et admirateurs jusqu'à l'aube.
Alimentation
Joséphine Baker mange volontiers la cuisine créole et américaine de son enfance : poulet frit, riz aux haricots rouges, tartes aux fruits. À Paris, elle adopte la cuisine française classique et fréquente les grands restaurants. Elle boit peu d'alcool malgré l'ambiance de fête permanente des cabarets, préférant le jus de fruits et l'eau minérale pour ménager sa voix.
VĂŞtements
Sur scène, Baker porte des costumes extravagants créés par les plus grands couturiers parisiens : plumes d'autruche, sequins, fourrures et sa légendaire ceinture de bananes. Dans la vie quotidienne, elle s'habille avec une élégance sobre mais affirmée, chez Chanel ou Schiaparelli, toujours en pointe de la mode. Elle est une des premières femmes à populariser certaines coupes masculines et à porter le cheveu court lissé à la brillantine.
Habitat
Joséphine Baker réside dans un appartement luxueux du 16e arrondissement de Paris, décoré dans un style Art Déco mêlant objets africains et meubles parisiens modernes. À partir de 1947, elle vit en partie au Château des Milandes, vaste propriété périgourdine avec parc, ferme et village touristique qu'elle aménage pour sa « Tribu Arc-en-ciel ». Elle voyage constamment entre Paris, l'Afrique du Nord et les États-Unis pour ses tournées.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie

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Remise de tableaux de Joséphine Baker à la LICRA au Sénat par Jean-Loup Othenin-Girard
Remise de tableaux de Joséphine Baker à Laurent Kupferman au Sénat par Jean-Loup Othenin-Girard

Tableau de Josephine Baker par Jean-Loup Othenin-Girard

Ruth Weber - Josephine Baker (painting 1928 KK095)
Josephine Baker 906-3501

Baker Harcourt 1940 2 (cropped)
Josephine Baker
Sculpture de Joséphine Baker par C215 (Christian Guémy).
VdA groupe scolaire josephine baker 15 allee des bacheliers
Style visuel
Style Art Déco parisien des Années folles, inspiré des affiches de Paul Colin : contrastes forts, dorures et couleurs tropicales mettant en valeur la silhouette flamboyante de Baker sur les scènes parisiennes.
Prompt IA
Art Deco illustration style, 1920s Paris cabaret aesthetic. Joséphine Baker as a glamorous Black woman performer: warm brown skin tones, dramatic stage lighting in amber and gold, sequined costumes, feather headdresses, banana skirt silhouette. Bold geometric Art Deco patterns, Folies Bergère poster style inspired by Paul Colin lithographs. Deep velvety reds and blacks of theater interiors, golden spotlights, glittering stage. Contrast of opulent Parisian décor with bold modern dance postures. Stylized, elongated figures in the manner of 1920s fashion illustration. Warm tropical colors of banana yellow and lush green against Parisian stone gray.
Ambiance sonore
Ambiance sonore des cabarets et music-halls parisiens des Années folles, mêlant jazz américain, rythmes afro-caribéens et effervescence festive de la Belle Époque.
Prompt IA
Jazz band playing in a 1920s Parisian music hall: trumpet fanfare, Charleston rhythm on drums, upright bass walking lines, banjo strumming. Crowd murmuring and applauding in a grand theater. Cabaret atmosphere with laughter, clinking glasses, and a spotlight humming. Swing era big band brass section, female vocal improvisation, tap dancing on a wooden stage. African rhythms mixing with French chanson, accordion in the distance, champagne corks popping. Backstage sounds: silk costumes rustling, stage crew moving sets, a feather boa swishing through air.
Source du portrait
Wikimedia Commons
Aller plus loin
Références
Ĺ’uvres
La Revue Nègre
1925
La Folie du jour (Folies Bergère)
1926
La Créole (opérette d'Offenbach)
1934
Action dans la Résistance française
1940-1944
Discours Ă la Marche sur Washington
28 août 1963




