Réalisateur français (1931-1990), figure majeure de la Nouvelle Vague, connu pour ses comédies musicales poétiques mêlant couleurs vives et mélancolie. Auteur des Parapluies de Cherbourg et des Demoiselles de Rochefort.
Jacques Demy(1931 — 1990)
Jacques Demy
France
7 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Le cinéma est fait pour émouvoir.»
« Je voulais faire des films comme on fait des bouquets de fleurs.»
Faits marquants
- 1931 : Naissance à Pontchâteau (Loire-Atlantique)
- 1961 : Premier long métrage Lola
- 1964 : Palme d'or à Cannes pour Les Parapluies de Cherbourg
- 1967 : Les Demoiselles de Rochefort avec Catherine Deneuve et Françoise Dorléac
- 1990 : Décès à Paris d'une leucémie
Œuvres & réalisations
Premier long métrage de Demy, tourné en noir et blanc à Nantes. Film de l'attente et de l'amour impossible, il pose les thèmes récurrents qui traverseront toute son œuvre.
Film avec Jeanne Moreau plongée dans l'univers des casinos de la Côte d'Azur. Tourné en noir et blanc avec une lumière éblouissante, il confirme le style singulier de Demy.
Comédie musicale entièrement chantée, Palme d'Or à Cannes. Une histoire d'amour brisée par la guerre d'Algérie, sublimée par les couleurs vives et la musique de Michel Legrand.
Comédie musicale joyeuse avec Catherine Deneuve, Françoise Dorléac et Gene Kelly. Un hymne à la jeunesse, à la danse et à l'amour dans une ville-décor enchanteresse.
Adaptation féerique du conte de Perrault avec Catherine Deneuve. Grand succès populaire mêlant humour, poésie et critique subtile dans un univers de couleurs saturées.
Comédie musicale sombre sur fond de grève ouvrière à Nantes dans les années 1950. L'une des œuvres les plus ambitieuses et les plus méconnues de Demy.
Dernier film achevé de Demy, avec Yves Montand jouant son propre rôle dans une fiction musicale mêlant passé et présent à Marseille.
Anecdotes
Jacques Demy grandit à Nantes, ville qu'il aima passionnément toute sa vie. Enfant, il fabriquait des marionnettes et construisait de petits théâtres, répétant inlassablement ses spectacles dans la boutique de carrosserie de son père. Cet amour du spectacle et de la mise en scène artisanale annonce déjà le cinéaste qu'il deviendra.
Les Parapluies de Cherbourg (1964) constituent un défi technique et artistique unique dans le cinéma français : chaque réplique, même la plus banale ('Tu veux du café ?'), est intégralement chantée. Michel Legrand composa une partition continue sur un scénario-livret de Demy. Le film remporta la Palme d'Or à Cannes, stupéfiant un milieu habitué au cinéma d'auteur en noir et blanc.
Pour Les Demoiselles de Rochefort (1967), Demy fit repeindre en couleurs pastel vives des dizaines de façades de cette ville portuaire militaire, la transformant en décor de conte. Il recruta depuis Hollywood Gene Kelly, star vieillissante mais toujours élégante, et fit participer des centaines d'habitants de Rochefort comme figurants dans la grande parade finale.
Jacques Demy et la cinéaste Agnès Varda formèrent l'un des couples les plus emblématiques du cinéma français. Mariés en 1962, ils vécurent une vie artistique partagée jusqu'à la mort de Demy en 1990. Varda lui rendit hommage dans deux films poignants : Jacquot de Nantes et Les Demoiselles ont eu 25 ans.
Demy mourut le 27 octobre 1990 des suites du SIDA, maladie alors largement stigmatisée. Agnès Varda choisit de révéler publiquement la cause de sa mort pour briser un tabou pesant. Il fut l'un des premiers artistes français de renom dont le décès fut associé à cette épidémie qui décimait des milliers de personnes dans le silence.
Sources primaires
Je voulais que tout soit chanté parce que la musique dit ce que les mots ne peuvent pas dire. La douleur, la joie, l'amour — tout cela passe mieux par le chant que par le dialogue ordinaire.
Un film entièrement chanté, avec des décors peints dans des couleurs vives contrastant avec une histoire d'amour tragique — telle est l'ambition de Jacques Demy pour ce long métrage qui bouscule les conventions du cinéma français.
Les couleurs ne sont pas décoratives chez moi, elles sont dramatiques. Une couleur peut exprimer un état d'âme, une époque, une rupture dans le récit.
L'œuvre de Jacques Demy constitue un monde à part dans le cinéma français : féerique et réaliste, populaire et savant, ancré dans la province française et ouvert à l'influence américaine.
Lieux clés
Ville natale de Jacques Demy, elle imprègne toute son œuvre. Il y tourna Lola (1961) et elle inspira le monde féerique et mélancolique qui traverse l'ensemble de ses films.
Port normand aux rues grises et pluvieuses choisi par Demy pour Les Parapluies de Cherbourg (1964). Ses façades furent peintes en couleurs vives pour ce chef-d'œuvre musical récompensé à Cannes.
Ville portuaire militaire entièrement repeinte en couleurs pastel pour Les Demoiselles de Rochefort (1967). Le tournage transforma la ville en décor de conte pendant plusieurs semaines.
Demy vécut ici avec Agnès Varda dans un appartement-atelier bohème. Cette rue de quartier populaire parisien apparaît dans plusieurs films de Varda et symbolise leur vie artistique commune.
Demy séjourna plusieurs années à Hollywood à la fin des années 1960, fasciné par le cinéma musical américain. Il y tourna The Model Shop (1969), suite américaine de Lola.
Objets typiques

Outil central du travail de Demy, qui composait ses plans avec une minutie de peintre. Il choisissait ses objectifs en fonction de la luminosité qu'il souhaitait donner à ses couleurs.

Le compositeur Michel Legrand fut le collaborateur musical privilégié de Demy. Leurs partitions, mêlant jazz, opéra et chanson populaire, sont indissociables de l'univers du cinéaste.

Objet symbolique des Parapluies de Cherbourg, le parapluie incarne chez Demy la mélancolie douce-amère de ses histoires d'amour contrariées — il protège autant qu'il sépare.

Avant le cinéma, Demy se passionnait pour la peinture. Il préparait ses films par des croquis de décors et des esquisses de couleurs, réfléchissant sa palette visuelle bien avant le tournage.

Demy fut un pionnier de l'usage expressif de la couleur saturée dans le cinéma français des années 1960, à une époque où les cinéastes de la Nouvelle Vague préféraient majoritairement le noir et blanc.

Grand admirateur de Vincente Minnelli et Stanley Donen, Demy collectionnait les bandes originales des grands musicals américains qui l'inspirèrent pour construire son propre univers franco-musical.
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Vie quotidienne
Matin
Jacques Demy commençait ses journées tôt, souvent par la lecture de scénarios ou de lettres de collaborateurs. Il prenait un café léger en parcourant les journaux, attentif à l'actualité culturelle et politique française des années soixante.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrés aux réunions de production, aux repérages de décors ou aux séances de montage. Sur les tournages, il dirigeait ses acteurs avec douceur et une précision de peintre, attentif à la moindre harmonie de couleur dans le cadre.
Soir
Les soirées, Demy les passait avec Agnès Varda et leurs amis cinéastes, acteurs ou musiciens. Il aimait les projections privées et les débats animés sur le cinéma, jouait parfois du piano et écoutait longuement les nouvelles compositions de Michel Legrand.
Alimentation
Comme beaucoup de Français de l'Ouest de sa génération, Demy appréciait la cuisine régionale : fruits de mer, galettes, vins de Loire. Les repas étaient pour lui des moments de convivialité et de discussion créative partagée.
Vêtements
Demy arborait un style discret et soigné, typique des intellectuels parisiens des années 1960 : veste en tweed ou imperméable clair, col de chemise ouvert. Il portait parfois des cravates aux couleurs vives en écho à son goût passionné pour la couleur.
Habitat
Il vécut longtemps rue Daguerre dans le 14e arrondissement de Paris avec Agnès Varda, dans un appartement-atelier reflétant leurs deux univers artistiques. Les murs étaient couverts d'affiches de cinéma, de photographies et d'objets rapportés de leurs voyages en Europe et aux États-Unis.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Un univers visuel de couleurs vives et saturées inspirées du fauvisme, mêlant l'esthétique des comédies musicales hollywoodiennes à la mélancolie douce-amère de la province française des années 1960.
Ambiance sonore
Sons des rues animées de la province française des années 1960, mêlés aux orchestres de Michel Legrand oscillant entre fanfare joyeuse et mélodie mélancolique au crépuscule.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Les Parapluies de Cherbourg
1964
Les Demoiselles de Rochefort
1967
Peau d'Âne
1970
Une chambre en ville
1982






