Katharina Gsell(1707 — 1773)
Katharina Gsell
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Katharina Gsell (vers 1707-1773) était la fille du peintre suisse Georg Gsell, établi à la cour impériale de Saint-Pétersbourg. Elle épousa en 1734 le mathématicien Leonhard Euler, l'un des plus grands savants du XVIIIe siècle, et fut la compagne de toute sa vie scientifique.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née vers 1707 à Saint-Pétersbourg, fille du peintre suisse Georg Gsell employé à la cour de Pierre le Grand
- Épouse Leonhard Euler le 7 janvier 1734 à Saint-Pétersbourg
- Mère de 13 enfants, dont 5 atteignirent l'âge adulte
- Accompagna Euler lors de son séjour à l'Académie de Berlin (1741-1766) puis à son retour à Saint-Pétersbourg
- Décédée le 23 août 1773 à Saint-Pétersbourg, dix ans avant son mari
Œuvres & réalisations
Pendant trente-neuf ans, Katharina assura la stabilité familiale et domestique sans laquelle l'extraordinaire productivité scientifique d'Euler — plus de huit cents publications — aurait été impossible.
Pendant vingt-cinq ans à Berlin, Katharina organisa la vie d'une famille nombreuse en pays étranger, permettant à Euler de produire certains de ses travaux les plus importants, dont l'Introductio in analysin infinitorum.
Lorsqu'Euler perdit progressivement la vue, Katharina reorganisa l'organisation domestique et coordonna l'aide des fils et assistants pour permettre la dictée et la transcription continue des mémoires mathématiques.
Après la destruction de leur maison par le grand incendie de Saint-Pétersbourg, Katharina supervisa le relogement et la reconstitution des conditions de travail d'Euler, alors totalement aveugle et âgé de soixante-quatre ans.
Anecdotes
Katharina Gsell grandit à la cour impériale de Saint-Pétersbourg, où son père Georg Gsell était peintre attitré de Pierre le Grand. Dès l'enfance, elle côtoyait savants, artistes et diplomates venus de toute l'Europe, baignée dans un environnement cosmopolite rare pour une jeune femme de l'époque. Sa mère, Dorothea Maria Graff, était la fille de la célèbre naturaliste et illustratrice Maria Sibylla Merian, ce qui faisait de Katharina la petite-fille d'une pionnière des sciences naturelles.
Le 7 janvier 1734, Katharina épousa le mathématicien Leonhard Euler lors d'une cérémonie à Saint-Pétersbourg. Ils eurent treize enfants, dont cinq survécurent jusqu'à l'âge adulte. Malgré les rigueurs d'une maternité nombreuse, Katharina maintint un foyer stable qui permit à Euler de se consacrer entièrement à ses recherches, produisant en quarante ans plus de huit cents mémoires mathématiques.
Lorsque Euler perdit progressivement la vue dans son œil droit à partir de 1738, puis devint presque totalement aveugle vers 1771, Katharina reorganisa l'entièreté de la vie domestique pour qu'il puisse continuer à travailler. Elle coordonnait l'aide de ses fils et de ses assistants qui prenaient les dictées du savant, et veillait à ce que la maison reste calme et propice à la concentration.
En mai 1771, un violent incendie ravagea une grande partie de Saint-Pétersbourg et détruisit la maison des Euler. Katharina, alors âgée d'environ soixante-quatre ans, dut fuir les flammes avec toute sa famille. Selon les témoignages de l'époque, le mathématicien aveugle fut sauvé in extremis par un voisin suisse nommé Peter Grimm, qui risqua sa vie pour le mettre à l'abri. Catherine II leur fit don d'une nouvelle demeure et remboursa leurs pertes.
Katharina Gsell mourut le 13 août 1773 à Saint-Pétersbourg, après trente-neuf années de mariage. Euler, alors âgé de soixante-six ans et quasiment aveugle, se remaria peu après avec la demi-sœur de Katharina, Salome Abigail Gsell, afin de conserver l'aide domestique indispensable à la poursuite de son travail scientifique — témoignant du rôle central qu'avait joué Katharina dans toute l'œuvre d'Euler.
Sources primaires
Euler évoque à plusieurs reprises sa vie familiale à Saint-Pétersbourg et mentionne la naissance de ses enfants, témoignant de l'importance du cadre domestique que Katharina assurait au foyer.
Les archives académiques attestent le mariage de Leonhard Euler et de Katharina Gsell, fille du peintre de cour Georg Gsell, célébré le 7 janvier 1734 à Saint-Pétersbourg.
L'éloge funèbre rédigé par le secrétaire de l'Académie évoque Katharina Gsell comme épouse dévouée d'Euler et mère de ses treize enfants, soulignant que le foyer qu'elle maintint fut une condition de l'extraordinaire productivité du savant.
Euler, écrivant depuis Berlin, fait référence à sa famille nombreuse et à la nécessité de subvenir à ses besoins, témoignant du rôle fondamental de Katharina dans la gestion du foyer pendant les vingt-cinq années berlinoises.
Les Lettres à une Princesse d'Allemagne, dédicacées à la nièce de Frédéric II, furent rédigées dans un foyer organisé par Katharina ; Euler y exprime sa gratitude envers son entourage immédiat qui lui permettait de dicter malgré sa cécité.
Lieux clés
Lieu de travail de Leonhard Euler et cœur de la vie intellectuelle où Katharina grandit puis vécut jusqu'à sa mort. L'Académie logeait et rémunérait les académiciens, façonnant entièrement le quotidien de la famille.
La famille Euler s'y installa de 1741 à 1766 sur invitation de Frédéric II. Katharina y vécut vingt-cinq années, élevant ses enfants dans la capitale prussienne loin de sa ville natale.
Quartier de Saint-Pétersbourg où résidait l'Académie impériale et où la famille Euler vécut plusieurs décennies. C'est là que se trouvait leur demeure, détruite par l'incendie de 1771.
Résidence officielle des tsars et lieu de réception où gravitaient les artistes de cour comme Georg Gsell, père de Katharina. Elle fréquenta cet univers aristocratique dès l'enfance.
Ville natale de Leonhard Euler et berceau de la famille Bernoulli, maîtres d'Euler. Elle représentait les racines intellectuelles et familiales du foyer que Katharina partageait, même si elle n'y résida probablement jamais.






