Antoine de Lavoisier(1743 — 1794)

Antoine Lavoisier

France

7 min de lecture

SciencesScientifiqueTemps modernesXVIIIe siècle (Siècle des Lumières)

Chimiste français du XVIIIe siècle, Lavoisier est le fondateur de la chimie moderne. Il a établi la loi de conservation de la masse et identifié l'oxygène, révolutionnant la compréhension des phénomènes chimiques.

Questions fréquentes

Antoine Lavoisier était un chimiste français du XVIIIe siècle, né en 1743 et mort guillotiné en 1794. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a transformé la chimie en science exacte en imposant la mesure précise et le raisonnement mathématique. Il a notamment découvert le rôle de l'oxygène dans la combustion, réfuté la théorie du phlogistique qui dominait depuis un siècle, et surtout énoncé la loi de conservation de la masse : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Son Traité élémentaire de chimie (1789) est considéré comme le premier manuel de chimie moderne.

Citations célèbres

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »

Faits marquants

  • 1772 : découvre le rôle de l'oxygène dans la combustion en réfutant la théorie du phlogistique
  • 1774 : isole et identifie l'oxygène (avec Priestley en Angleterre)
  • 1785 : démontre que l'eau est composée d'hydrogène et d'oxygène
  • 1787 : publie la Méthode de nomenclature chimique, créant le système de nomenclature chimique moderne
  • 1794 : exécuté pendant la Terreur de la Révolution française

Œuvres & réalisations

Traité élémentaire de chimie (1789)

Ouvrage fondateur de la chimie moderne, présentant une nouvelle nomenclature, la liste des éléments connus et la loi de conservation de la masse. Il est considéré comme le premier manuel de chimie au sens moderne.

Méthode de nomenclature chimique (1787)

Rédigé avec Guyton de Morveau, Berthollet et Fourcroy, ce texte crée un système rationnel de noms chimiques. De nombreux termes inventés alors (oxygène, hydrogène, azote) sont encore utilisés aujourd'hui.

Mémoire sur la combustion en général (1777)

Mémoire décisif dans lequel Lavoisier démontre que la combustion est une combinaison avec l'oxygène, renversant la théorie du phlogistique qui dominait la chimie depuis un siècle.

Mémoire sur la respiration des animaux (1789)

Travail pionnier montrant que la respiration animale est une forme de combustion lente, consommant de l'oxygène et produisant du dioxyde de carbone et de la chaleur.

De la richesse territoriale du royaume de France (1791)

Étude économique et statistique sur l'agriculture française, témoignant de l'intérêt de Lavoisier pour l'agronomie et les réformes économiques.

Expériences sur la décomposition et la recomposition de l'eau (1785)

Démonstration que l'eau est un composé d'hydrogène et d'oxygène et non un élément, réfutant définitivement la théorie aristotélicienne des quatre éléments.

Anecdotes

Lavoisier a démontré que l'eau n'était pas un élément simple en la décomposant en hydrogène et oxygène, puis en la recomposant à partir de ces deux gaz. Cette expérience spectaculaire, réalisée devant l'Académie des sciences en 1785, a définitivement réfuté la théorie antique des quatre éléments.

Pour financer ses recherches scientifiques très coûteuses, Lavoisier était fermier général, c'est-à-dire collecteur d'impôts pour le roi. Cette fonction, qui lui permit d'acheter les meilleurs instruments de l'époque, lui coûta la vie pendant la Terreur : il fut guillotiné le 8 mai 1794 avec 27 autres fermiers généraux.

Lavoisier possédait une balance d'une précision exceptionnelle pour l'époque, capable de peser au grain près (environ 0,05 gramme). C'est grâce à cette obsession de la mesure exacte qu'il put établir la loi de conservation de la masse : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »

Son épouse Marie-Anne Paulze, qu'il épousa alors qu'elle n'avait que 13 ans, devint sa plus précieuse collaboratrice. Elle apprit le latin et l'anglais pour traduire les travaux scientifiques étrangers, réalisa les illustrations de ses ouvrages et tenait les notes détaillées de ses expériences au laboratoire.

Le mathématicien Lagrange aurait déclaré après l'exécution de Lavoisier : « Il n'a fallu qu'un instant pour couper cette tête, et cent ans peut-être ne suffiront pas pour en reproduire une semblable. » Cette phrase illustre la perte immense que représenta sa mort pour la science.

Sources primaires

Traité élémentaire de chimie (1789)
Nous pouvons poser en principe que, dans toute opération, il y a une égale quantité de matière avant et après l'opération ; que la qualité et la quantité des principes est la même, et qu'il n'y a que des changements, des modifications.
Mémoire sur la combustion en général (1777)
La calcination et la combustion des métaux ne sont dues qu'à l'air pur, et l'augmentation de poids qu'acquièrent les chaux métalliques est exactement égale à la quantité d'air absorbé.
Réflexions sur le phlogistique (1785)
Il est temps de ramener la chimie à une manière plus rigoureuse de raisonner, de dépouiller les faits dont cette science s'enrichit journellement de ce que le raisonnement et les préjugés y ajoutent.
Méthode de nomenclature chimique (avec Guyton de Morveau, Berthollet et Fourcroy) (1787)
Les langues ne sont pas seulement destinées à exprimer des idées et des images par des signes : ce sont de plus de véritables méthodes analytiques à l'aide desquelles nous procédons du connu à l'inconnu.

Lieux clés

Laboratoire de l'Arsenal, Paris

Installé dans l'Arsenal royal dès 1775, c'est le laboratoire principal de Lavoisier où il réalisa ses expériences les plus célèbres sur la combustion et la composition de l'eau.

Académie royale des sciences, Paris

Institution où Lavoisier fut élu en 1768 et présenta la plupart de ses mémoires. Il y joua un rôle central jusqu'à sa suppression en 1793.

Hôtel de la Ferme générale, Paris

Siège de la Ferme générale où Lavoisier exerçait ses fonctions de collecteur d'impôts, activité qui finança ses recherches mais causa sa perte.

Domaine de Fréchines, Loir-et-Cher

Propriété rurale où Lavoisier mena des expériences d'agronomie scientifique, testant de nouvelles méthodes de culture et d'élevage.

Place de la Révolution (actuelle place de la Concorde), Paris

Lieu où Lavoisier fut guillotiné le 8 mai 1794, en compagnie de 27 autres anciens fermiers généraux condamnés par le Tribunal révolutionnaire.

Voir aussi