Kwame Nkrumah(1909 — 1972)
Kwame Nkrumah
Ghana, Côte-de-l’Or
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Homme d'État ghanéen, Kwame Nkrumah mène la Gold Coast à l'indépendance et devient le premier président du Ghana en 1957. Figure majeure du panafricanisme, il prône l'unité du continent africain avant d'être renversé par un coup d'État en 1966.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« L'indépendance du Ghana n'a aucun sens si elle n'est pas liée à la libération totale de l'Afrique. »
Faits marquants
- 1947 : retour en Gold Coast et engagement dans le mouvement nationaliste anticolonial
- 1949 : fonde le Convention People's Party (CPP) pour réclamer l'indépendance immédiate
- 1957 : le Ghana devient le premier pays d'Afrique subsaharienne à accéder à l'indépendance, Nkrumah Premier ministre
- 1960 : proclamation de la République du Ghana, Nkrumah en devient le premier président
- 1966 : renversé par un coup d'État militaire pendant un voyage à l'étranger
Œuvres & réalisations
Premier pays d'Afrique subsaharienne libéré du joug colonial, ouvrant la voie à la décolonisation du continent.
Nkrumah figure parmi les pères fondateurs de l'institution panafricaine, ancêtre de l'Union africaine.
Grand chantier hydroélectrique destiné à industrialiser le Ghana et à fournir de l'électricité à la région.
Ouvrage majeur exposant sa vision d'une Afrique politiquement unifiée.
Essai dénonçant la dépendance économique persistante des États nouvellement indépendants.
Récit de son parcours, publié le jour de l'indépendance, devenu un classique de la pensée anticoloniale.
Expansion massive des écoles, universités et hôpitaux pour former une élite ghanéenne.
Anecdotes
Étudiant pauvre, Nkrumah passe dix ans aux États-Unis (1935-1945), où il enchaîne les petits boulots — vendeur de poisson, ouvrier dans un chantier naval, serveur — pour financer ses études à l'université Lincoln puis en Pennsylvanie. Il dira plus tard que cette misère lui a appris la dignité des travailleurs.
En 1950, emprisonné par les Britanniques après avoir lancé la « Positive Action » (grèves et désobéissance civile non violente), il continue de diriger son parti depuis sa cellule en faisant passer des messages écrits sur du papier toilette. Son parti remporte les élections de 1951 et les Anglais sont contraints de le libérer pour le faire entrer au gouvernement.
À minuit le 6 mars 1957, devant une foule immense à Accra, Nkrumah proclame l'indépendance du Ghana — premier pays d'Afrique noire à se libérer de la colonisation. Il s'écrie que cette liberté est « liée à la libération totale du continent africain », posant les bases du panafricanisme.
Renversé par un coup d'État militaire en février 1966 alors qu'il était en visite officielle à Pékin, Nkrumah ne reverra jamais le Ghana. Le président guinéen Sékou Touré lui offre l'asile et le nomme symboliquement « coprésident » de la Guinée. Il meurt en exil en 1972.
Surnommé « Osagyefo » (le Rédempteur, en langue akan), Nkrumah a donné à son pays un nom puisé dans l'histoire : « Ghana » rappelle l'empire médiéval du Ghana, pour ancrer la jeune nation dans un passé africain glorieux, même si cet empire se situait en réalité plus au nord-ouest.
Sources primaires
At long last, the battle has ended! And thus Ghana, your beloved country, is free forever. […] Our independence is meaningless unless it is linked up with the total liberation of the African continent.
Seek ye first the political kingdom, and all things shall be added unto you.
We must unite now or perish. […] Africa must unite.
The essence of neo-colonialism is that the State which is subject to it is, in theory, independent and has all the outward trappings of international sovereignty. In reality its economic system and thus its political policy is directed from outside.
Lieux clés
Village du sud-ouest de la Gold Coast où naît Nkrumah en 1909.
Établissement afro-américain où Nkrumah étudie la théologie et la philosophie à partir de 1935.
Capitale du Ghana, théâtre de la proclamation de l'indépendance en 1957 et siège du pouvoir de Nkrumah.
Ville où Nkrumah trouve refuge après le coup d'État de 1966, accueilli par Sékou Touré.
Grand barrage sur la Volta inauguré en 1965, emblème du projet de modernisation du Ghana.
Mémorial où reposent désormais ses restes, rapatriés au Ghana après sa mort en exil.
