L'Arioste(1474 — 1533)
L'Arioste
6 min de lecture
Poète italien de la Renaissance, l'Arioste est l'auteur du Roland furieux, vaste poème épique en langue italienne. Au service de la cour des Este à Ferrare, il devint l'une des plus grandes figures littéraires de son temps.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Naissance en 1474 à Reggio d'Émilie, en Italie
- Entre au service de la famille d'Este à Ferrare, notamment du cardinal Hippolyte d'Este puis du duc Alphonse Ier
- Publie la première version du Roland furieux (Orlando furioso) en 1516, œuvre remaniée jusqu'à l'édition définitive de 1532
- Le Roland furieux, poème chevaleresque, prolonge le Roland amoureux de Boiardo et inspire toute la littérature européenne
- Mort en 1533 à Ferrare
Œuvres & réalisations
Comédie de jeunesse représentée à Ferrare, l'une des premières grandes comédies italiennes inspirées du théâtre latin de Plaute et Térence.
Comédie d'intrigue dont l'influence se fit sentir sur le théâtre européen, notamment chez Shakespeare.
Vaste poème épique en 40 chants qui prolonge le Roland amoureux de Boiardo ; chef-d'œuvre fondateur de la poésie chevaleresque de la Renaissance.
Sept poèmes satiriques inspirés d'Horace, où l'Arioste livre un autoportrait plein d'humour et défend sa liberté intérieure.
Version remaniée et augmentée à 46 chants, aboutissement de près de trente ans de travail, qui consacre l'Arioste comme le plus grand poète épique de son temps.
Comédie satirique mettant en scène un faux magicien, illustrant la verve comique de l'Arioste.
Recueil de poésies lyriques (sonnets, madrigaux, canzoni) d'inspiration pétrarquiste.
Anecdotes
L'Arioste mit près de trente ans à écrire et peaufiner le « Roland furieux ». Il en publia une première version en 1516, puis n'eut de cesse de le corriger et de l'agrandir, jusqu'à l'édition définitive de 1532, un an seulement avant sa mort.
Le cardinal Hippolyte d'Este, son premier protecteur, aurait reçu le poème avec dédain en lui lançant : « Maître Ludovic, où donc avez-vous trouvé tant de sornettes ? » L'Arioste, vexé, finit par quitter son service pour celui du duc Alphonse Ier.
Envoyé comme gouverneur dans la Garfagnana, une région montagneuse infestée de brigands, l'Arioste affronta des bandits pendant trois ans. Selon une légende célèbre, capturé par une bande, il fut relâché avec respect dès que le chef apprit qu'il était l'auteur du « Roland furieux ».
Peu attiré par les voyages, l'Arioste détestait les longs déplacements et préférait sa Ferrare natale. Il aimait à dire qu'il voyageait par l'imagination dans son poème plutôt que sur les routes, lui qui envoyait pourtant son héros Astolphe jusque sur la Lune.
Vers la fin de sa vie, l'Arioste fit construire à Ferrare une modeste maison qu'il aménagea lui-même. Il y fit graver une inscription en latin signifiant en substance : « Petite, mais bien à moi, payée de mes deniers, et qui ne nuit à personne. »
Sources primaires
Je chante les dames, les chevaliers, les armes, les amours, les courtoisies, les audacieuses entreprises qui eurent lieu au temps où les Maures passèrent la mer d'Afrique et firent tant de ravages en France.
L'Arioste y exprime son refus de suivre le cardinal Hippolyte d'Este en Hongrie, préférant l'étude et la tranquillité de sa patrie aux fastes et aux servitudes de la cour.
Parva sed apta mihi, sed nulli obnoxia, sed non sordida, parta meo sed tamen aere domus. (Maison petite mais qui me convient, ne dépendant de personne, point misérable, et acquise pourtant de mon propre argent.)
Première grande comédie italienne en prose puis en vers, représentée à la cour de Ferrare, marquant la renaissance du théâtre comique d'inspiration latine.
Lieux clés
Ville d'Émilie-Romagne où naquit l'Arioste en 1474, son père y étant alors capitaine de la citadelle.
Capitale du duché des Este, où l'Arioste passa l'essentiel de sa vie au service de la cour. Il y composa son œuvre, y fit représenter ses comédies et y mourut en 1533.
Région montagneuse de Toscane dont l'Arioste fut gouverneur de 1522 à 1525, devant y maintenir l'ordre face aux brigands.
Modeste maison que le poète fit bâtir à la fin de sa vie et qu'il aima profondément, ornée d'une inscription latine célébrant la simplicité.
L'Arioste y entreprit des études de droit sous la pression de son père, avant de se consacrer pleinement aux lettres et au latin.
