Soprano lyrique afro-américaine née en 1927, Leontyne Price fut la première Noire à accéder au rang de prima donna au Metropolitan Opera de New York. Célébrée pour ses interprétations de Verdi, elle incarna à la fois l'excellence artistique et la victoire sur la ségrégation raciale.
Leontyne Price(1927 — ?)
Leontyne Price
États-Unis
9 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« La musique a été ma religion.»
« Je suis une femme noire. Il n'y a pas de meilleur sentiment au monde.»
Faits marquants
- 1927 : naissance à Laurel, Mississippi, dans le Sud ségrégué
- 1961 : débuts triomphaux au Metropolitan Opera de New York dans Il Trovatore de Verdi
- 1966 : inaugure le nouveau Met à Lincoln Center avec Antony and Cleopatra de Samuel Barber (création mondiale)
- 1964 : reçoit la Médaille présidentielle de la Liberté
- 19 Grammy Awards au cours de sa carrière, dont un Grammy Lifetime Achievement Award en 1989
Œuvres & réalisations
Cette soirée historique, saluée par une ovation de plus de 40 minutes, transforma Price en icône lyrique et en symbole vivant de la déségrégation culturelle américaine. Elle demeure l'un des événements fondateurs de l'histoire du Metropolitan Opera.
Considéré comme l'un des enregistrements de référence absolue du répertoire verdéen, cet album révéla Price au grand public international. Sa voix dorée, sa maîtrise technique et sa profondeur dramatique dans ce rôle demeurent inégalées.
Cet opéra fut composé spécialement pour Leontyne Price, qui en créa le rôle de Cléopâtre lors de l'inauguration du nouveau Metropolitan Opera House. Ce fut le premier opéra américain à ouvrir une nouvelle maison du Met.
Cette tournée internationale, qui la mena en Europe et jusqu'en Union soviétique, constitua son premier grand succès public et lui ouvrit les portes des plus grandes scènes lyriques mondiales.
L'un des grands rôles verdéens de sa carrière, qu'elle interpréta sur les principales scènes mondiales et enregistra à plusieurs reprises. Ses interprétations d'Amelia restent des modèles pour les générations de sopranos suivantes.
Ce récital, donné à Carnegie Hall devant un public debout, illustra l'immense étendue de son répertoire et la permanence de son prestige vocal à l'approche de sa retraite scénique.
Anecdotes
Lors de ses débuts au Metropolitan Opera de New York le 27 janvier 1961 dans le rôle de Leonora (Il Trovatore de Verdi), Leontyne Price reçut une ovation debout de plus de 40 minutes — un record dans l'histoire de ce théâtre légendaire. La salle entière, conquise note après note, refusa de la laisser quitter la scène. Ce soir-là marqua un tournant historique : une soprano noire venait de s'imposer à la plus grande scène lyrique du monde.
Enfant de Laurel, Mississippi, ville profondément ségrégationniste, Leontyne Price dut en partie sa formation musicale à la générosité d'une famille blanche aisée, les Chisholm, qui financèrent ses premières leçons de piano puis soutinrent ses études supérieures. Ce geste exceptionnel, dans un État où les lois Jim Crow imposaient la séparation totale des races, fut décisif pour sa carrière. Price n'oublia jamais cette aide et leur rendit hommage publiquement à plusieurs reprises.
En 1955, Leontyne Price incarna Floria Tosca dans une retransmission télévisée en direct sur NBC — devenant ainsi la première femme noire à jouer le rôle principal d'un opéra sur une chaîne nationale américaine. La diffusion provoqua des réactions violentes dans le Sud ségrégationniste, certaines stations refusant de la diffuser. Mais partout ailleurs, sa voix subjugua des millions de téléspectateurs américains qui découvraient l'opéra.
Le 16 septembre 1966, Leontyne Price inaugura le tout nouveau Metropolitan Opera House au Lincoln Center en créant le rôle de Cléopâtre dans Antony and Cleopatra, opéra composé spécialement pour elle par Samuel Barber. Ce fut le premier opéra américain à ouvrir une nouvelle maison du Met — et la preuve éclatante que Price était reconnue comme la plus grande soprano vivante.
Le 3 janvier 1985, lors de ses adieux à la scène au Met dans le rôle d'Aida, Leontyne Price reçut une ovation de près de 20 minutes. Depuis la scène, visiblement émue, elle exprima sa gratitude au public et à l'institution qui l'avait consacrée pendant 30 ans. Ses enregistrements de Verdi, publiés chez RCA Red Seal, restent à ce jour des références absolues dans l'histoire du chant lyrique.
Sources primaires
Miss Price's singing was distinguished by a combination of vocal opulence and musical intelligence seldom heard in so young a soprano. The ovation she received was one of the longest in the memory of the house.
Leontyne Price, soprano of extraordinary gifts, has brought the art of opera to new heights and demonstrated that artistic excellence transcends the barriers of race and origin.
The world premiere of Antony and Cleopatra by Samuel Barber, starring Leontyne Price as Cleopatra. This historic evening inaugurates the Metropolitan Opera's new home at Lincoln Center.
I always knew I had a voice that could go anywhere. But I also knew that in Mississippi, being Black meant you had to be twice as prepared to have half the opportunity. That reality never left me, even on the stages of Vienna and Milan.
This is the most important evening of my entire career. I close this door with joy, with pride, and with infinite gratitude to this house that gave me the world.
Lieux clés
Ville natale de Leontyne Price, marquée par la ségrégation raciale des lois Jim Crow. C'est là qu'elle grandit, découvrit la musique et bénéficia du soutien exceptionnel d'une famille locale qui finança ses premières leçons.
Price y étudia grâce à une bourse entre 1948 et 1952, se formant auprès des meilleurs pédagogues américains du chant lyrique. C'est à Juilliard qu'elle forgea les bases techniques et musicales de sa future carrière internationale.
Scène principale de toute sa carrière, où elle fit ses débuts historiques en 1961 et dit adieu au public en 1985. Le Met resta pendant trente ans le théâtre de ses plus grands triomphes et le symbole de sa victoire sur la ségrégation culturelle.
Leontyne Price y fit ses débuts européens en 1958, consacrant sa réputation internationale. Se produire dans ce temple mondial de l'opéra représentait une reconnaissance sans équivoque de son génie vocal au-delà des frontières américaines.
Price s'y produisit à plusieurs reprises, consolidant sa stature sur les scènes européennes de premier rang. Vienne, capitale historique de la tradition lyrique, lui réserva un accueil triomphal qui témoigne du rayonnement universel de son talent.
Objets typiques

Leontyne Price construisit sa réputation internationale sur les grandes héroïnes verdéennes, et Aida devint son rôle fétiche. Elle étudiait chaque partition en profondeur, annotant ses répliques pour restituer fidèlement les intentions du compositeur.

Sur les grandes scènes lyriques, Price portait des costumes élaborés — tuniques dorées et bijoux d'apparat pour Aida, robes somptueuses pour ses rôles tragiques. Ces tenues étaient conçues pour magnifier sa présence scénique tout en respectant l'authenticité des personnages.

Leontyne Price fut l'une des artistes lyriques les plus enregistrées de sa génération. Ses disques, publiés chez RCA Red Seal, diffusèrent sa voix dans le monde entier et constituèrent un patrimoine sonore de référence absolue.

Remise par le président Lyndon B. Johnson en 1964, cette plus haute distinction civile américaine symbolisa la reconnaissance officielle de Price comme artiste d'exception et figure emblématique de la lutte pour l'égalité des droits.

Comme toute soprano professionnelle, Price consacrait chaque matin des heures aux vocalises et exercices techniques. Ces cahiers d'exercices annotés de sa main constituaient le socle quotidien d'entretien d'une voix exceptionnelle.

Les archives photographiques du Met consignaient chacune de ses grandes interprétations. Ces clichés, largement diffusés dans la presse américaine, contribuèrent à faire de Price une icône à la fois artistique et symbolique des avancées de la déségrégation culturelle.
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Vie quotidienne
Matin
Leontyne Price commençait chaque journée par des vocalises rigoureusement structurées, exercice quotidien indispensable à l'entretien d'une voix de soprano dramatique. Elle déjeunait légèrement et évitait les aliments irritants pour les cordes vocales, suivant les recommandations de ses médecins phoniatres et de ses professeurs de chant.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrés aux répétitions scéniques avec chefs d'orchestre et metteurs en scène, ou à l'apprentissage de nouveaux rôles avec son répétiteur. Elle travaillait la diction italienne, allemande et française avec une rigueur méthodique, annotant ses partitions de remarques musicales et dramatiques précises.
Soir
Les soirs de représentation, Price passait plusieurs heures en loge à se préparer physiquement et mentalement avant d'entrer en scène. Après la performance — souvent saluée par de longues ovations —, elle recevait amis, collègues et admirateurs dans le respect des traditions du milieu lyrique international.
Alimentation
Price veillait soigneusement à son alimentation pour préserver sa voix : elle évitait les produits laitiers et les plats épicés avant les représentations, buvait abondamment de l'eau tiède et s'abstenait d'alcool pendant les périodes de travail intense. Dans ses moments de repos, elle se retrouvait volontiers dans les plats de la cuisine sudiste américaine de son enfance.
Vêtements
Sur scène, Price portait des costumes d'opéra somptueux — tuniques et bijoux d'apparat pour Aida, robes de cour pour ses héroïnes verdéennes. Dans la vie quotidienne, elle cultivait une élégance sobre et classique, conforme au statut d'une artiste internationale de premier rang qui n'avait jamais oublié d'où elle venait.
Habitat
Leontyne Price résida principalement à New York, au cœur de sa vie professionnelle, tout en conservant des attaches affectives avec le Mississippi natal. Ses appartements new-yorkais reflétaient un goût pour le raffinement discret : partitions annotées, enregistrements, souvenirs de scène et œuvres d'artistes noirs américains dont elle se sentait proche.






