Militante pacifiste libérienne, elle a mené le mouvement des femmes pour la paix au Liberia, contribuant à mettre fin à la seconde guerre civile en 2003. Prix Nobel de la paix en 2011.
Leymah Gbowee
Leymah Roberta Gbowee
Liberia
9 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« If you want peace, you need to deal with the women.»
« We were the conscience of the men who had lost their conscience.»
Faits marquants
- 1972 : Naissance à Monrovia, Liberia
- 2003 : Elle organise le mouvement Women of Liberia Mass Action for Peace, rassemblant des milliers de femmes pour exiger la fin de la guerre civile
- 2003 : Les pressions du mouvement contribuent à la signature des accords de paix d'Accra
- 2011 : Prix Nobel de la paix, partagé avec Ellen Johnson Sirleaf et Tawakkol Karman
- 2011 : Publication de son autobiographie 'Mighty Be Our Powers'
Œuvres & réalisations
Mouvement de protestation non-violente fondé et dirigé par Leymah Gbowee, qui mobilisa des milliers de femmes libériennes pour exiger la fin de la seconde guerre civile. Il est considéré comme l'un des mouvements de paix féminins les plus efficaces de l'histoire contemporaine.
En tant que coordinatrice nationale du WIPNET au Liberia, Leymah Gbowee développa son réseau militant et sa méthode de mobilisation interreligieuse, qui servirent de base organisationnelle au mouvement Mass Action for Peace.
Autobiographie de Leymah Gbowee retraçant son enfance, son engagement pour la paix et les coulisses du mouvement des femmes libériennes. Traduit dans de nombreuses langues, il est devenu une référence sur la résolution non-violente des conflits.
Distinction décernée conjointement à Leymah Gbowee, Ellen Johnson Sirleaf et Tawakkol Karman pour leur combat non-violent en faveur de la paix, de la démocratie et de l'égalité des droits des femmes.
Fondation créée par Leymah Gbowee pour soutenir l'éducation et le leadership des femmes en Afrique, notamment au Liberia, à travers des bourses d'études et des programmes de formation pour les jeunes femmes.
Anecdotes
En 2003, Leymah Gbowee organisa des sit-in quotidiens sur le marché aux poissons de Vai Town, à Monrovia, où des centaines de femmes chrétiennes et musulmanes priaient et chantaient ensemble pour la paix. Cette mobilisation interreligieuse fut un acte révolutionnaire dans un pays déchiré par la guerre et les divisions communautaires.
Lors des négociations de paix à Accra (Ghana) en 2003, les discussions s'enlisaient depuis des semaines. Leymah Gbowee et ses compagnes bloquèrent physiquement les portes de la salle de réunion, empêchant les délégués de partir. Elle menaça de se déshabiller publiquement — geste considéré comme une malédiction gravissime dans la tradition ouest-africaine — contraignant ainsi les négociateurs à reprendre les discussions qui aboutirent à l'accord de paix.
Inspirée par la pièce grecque Lysistrata d'Aristophane, Leymah Gbowee organisa une grève du sexe parmi les femmes libériennes pour faire pression en faveur de la paix. Bien que son impact direct soit difficile à mesurer, cette action symbolique attira l'attention internationale sur la lutte des femmes libériennes et devint l'un des gestes les plus emblématiques du mouvement.
Après la fin de la guerre civile en 2003, Leymah Gbowee poursuivit son engagement en accompagnant les femmes traumatisées par les violences du conflit. Elle suivit une formation en travail social et en réconciliation communautaire, convaincue que la paix durable ne pouvait se construire qu'en reconstruisant les individus blessés par la guerre.
En 2011, Leymah Gbowee reçut le prix Nobel de la paix à Oslo, aux côtés de la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf et de la militante yéménite Tawakkol Karman. Dans son discours, elle affirma que la paix véritable exige la justice et l'égalité des femmes — une conviction qui avait guidé tout son combat depuis les années de guerre.
Sources primaires
Leymah Gbowee y décrit comment, en 2003, des femmes ordinaires — mères, vendeuses de marché, réfugiées — se sont unies pour forcer des hommes armés à faire la paix, et comment la solidarité féminine peut transformer le cours d'une guerre.
Gbowee déclare que la marginalisation des femmes dans les processus de paix est une source fondamentale d'instabilité et appelle à leur inclusion systématique dans toutes les négociations de résolution des conflits.
Document signé le 18 août 2003 par les parties belligérantes libériennes — gouvernement Taylor, LURD et MODEL — mettant fin à la seconde guerre civile, après les pressions exercées notamment par le mouvement des femmes coordonné par Gbowee.
Ce film documentaire retrace, à partir d'archives et de témoignages directs, comment Leymah Gbowee et les femmes du mouvement Mass Action for Peace ont organisé leur résistance non-violente et pesé sur les négociations d'Accra.
Leymah Gbowee témoigna des violences subies par les femmes pendant les deux guerres civiles et plaida pour que la réconciliation nationale intègre pleinement les voix des femmes et des survivantes de violences sexuelles.
Lieux clés
Ce marché populaire du quartier de Vai Town, à Monrovia, fut le lieu de rassemblement quotidien des femmes du mouvement de paix à partir de 2003. Les réunions de prière et de chant qui s'y tinrent mobilisèrent des milliers de femmes de toutes religions.
Capitale du Liberia et théâtre principal de l'action de Leymah Gbowee. Régulièrement assiégée pendant les deux guerres civiles, la ville fut le centre de la résistance non-violente des femmes qui manifestèrent devant le palais présidentiel et les ministères.
Les femmes du mouvement se postèrent devant le palais présidentiel pour interpeller directement Charles Taylor et exiger qu'il accepte des négociations de paix, bravant les soldats armés qui gardaient les abords du bâtiment.
Ville où se tinrent les négociations de paix inter-libériennes en 2003, sous l'égide de l'ECOWAS. Leymah Gbowee y mena ses actions les plus spectaculaires, conduisant les femmes à bloquer la salle de conférence pour forcer la signature d'un accord.
Ville où Leymah Gbowee reçut le prix Nobel de la paix en décembre 2011, lors d'une cérémonie qui consacra internationalement le rôle des femmes dans la résolution des conflits armés.
Objets typiques

Les femmes du mouvement de Leymah Gbowee portaient toutes des T-shirts blancs, symbole de pureté, de paix et d'unité. Cette tenue simple et identique permettait de reconnaître instantanément les militantes dans les rues de Monrovia et donnait une cohésion visuelle puissante au mouvement.

Outil indispensable des mobilisations de rue, le mégaphone permit à Leymah Gbowee de haranguer les foules sur les marchés et devant les bâtiments officiels. Il symbolise la prise de parole publique des femmes dans un espace longtemps dominé par les hommes en armes.

Reflet du caractère interreligieux du mouvement, femmes chrétiennes et musulmanes priaient côte à côte avec leurs propres objets de dévotion. Cette cohabitation symbolique fut l'une des forces et des originalités du mouvement de Gbowee.

Tissu rectangulaire traditionnel d'Afrique de l'Ouest porté noué autour de la taille, souvent en wax imprimé aux couleurs vives. Il constituait le vêtement quotidien des femmes libériennes et ancrait le mouvement de paix dans l'identité culturelle locale.

Les militantes fabriquaient des pancartes avec des slogans tels que « Les femmes veulent la paix » ou « Nos enfants n'ont pas à mourir ». Ces panneaux artisanaux donnèrent une visibilité médiatique internationale au mouvement lors des sit-in.

Dans les années 2000, le téléphone mobile devint un outil de coordination essentiel pour organiser rapidement les sit-in et mobiliser les femmes à travers Monrovia et les autres villes libériennes, en dépit des coupures fréquentes de réseau en temps de guerre.
Programmes scolaires
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Vie quotidienne
Matin
En période de mobilisation intense (2003), Leymah Gbowee se levait tôt, s'occupait de ses enfants, puis coordonnait par téléphone les responsables locales du mouvement avant d'enfiler le T-shirt blanc devenu l'uniforme des militantes. Elle rejoignait ensuite le marché de Vai Town pour ouvrir la réunion quotidienne de prière et de planification.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrés aux sit-in devant les bâtiments officiels, aux prises de parole au mégaphone et aux contacts avec les journalistes et les diplomates. Leymah Gbowee maintenait la cohésion d'un groupe de femmes épuisées sous la chaleur équatoriale, en alternant chants, prières et discours de mobilisation.
Soir
Le soir, après les manifestations, elle retrouvait les leaders du mouvement pour évaluer la journée, préparer les messages du lendemain et maintenir le contact avec les organisations de la société civile internationale. Elle rentrait auprès de ses enfants, jonglant entre ses responsabilités de mère et un engagement militant qui mettait en jeu leur sécurité commune.
Alimentation
Comme la majorité des Libériens, Leymah Gbowee consommait principalement du riz — aliment de base de la cuisine libérienne — accompagné de palava sauce (ragoût de feuilles de patate douce ou de manioc avec viande ou poisson), de cassava ou de fufu. En période de conflit, l'accès à la nourriture était souvent aléatoire à Monrovia assiégée.
Vêtements
Pendant les manifestations, Leymah Gbowee portait systématiquement le T-shirt blanc uniforme du mouvement, symbole de paix et d'unité. Au quotidien, elle arborait le lappa, tissu traditionnel ouest-africain noué autour de la taille en tissu wax imprimé, parfois assorti d'un foulard de tête (headtie), tenue ancrée dans la culture et la dignité des femmes libériennes.
Habitat
À Monrovia, Leymah Gbowee vivait dans un logement modeste de la capitale avec ses enfants. Comme de nombreuses familles monroviennes, elle avait connu les déplacements forcés liés aux combats qui ravageaient périodiquement les quartiers de la ville, contraignant les habitants à fuir et à se réinstaller au gré des avancées des factions armées.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Esthétique documentaire chaleureuse avec foules de femmes en blanc sur fond de tissus wax colorés, lumière équatoriale intense et architecture de tôle, capturant à la fois la dignité et la combativité du mouvement de paix libérien.
Ambiance sonore
Sons du marché de Monrovia mêlant prières chrétiennes et islamiques, chants collectifs de femmes au mégaphone, bruits de rue tropicale et pluies équatoriales, évoquant la puissance et la détermination du mouvement de paix interreligieux.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Women of Liberia Mass Action for Peace (mouvement)
2003
Coordination du WIPNET-Liberia (Women in Peacebuilding Network)
2001-2003
Mighty Be Our Powers (mémoire)
2011
Prix Nobel de la paix
2011
Gbowee Peace Foundation Africa
2012






