Aśoka

Aśoka

303 av. J.-C. — 231 av. J.-C.

Empire Maurya

PolitiqueAvant J.-C.Antiquité indienne, IIIe siècle avant notre ère

Empereur de la dynastie Maurya au IIIe siècle avant notre ère, Aśoka unifia presque tout le sous-continent indien. Bouleversé par les massacres de la guerre de Kalinga, il se convertit au bouddhisme et gouverna selon les principes de non-violence et de dharma.

Faits marquants

  • Vers 268 av. J.-C. : Aśoka monte sur le trône de l'empire Maurya
  • 261 av. J.-C. : Guerre de Kalinga — environ 100 000 morts, qui provoque sa conversion au bouddhisme
  • Après 261 av. J.-C. : Promulgation des édits d'Aśoka gravés sur des rochers et des piliers à travers l'empire
  • Il envoie des missionnaires bouddhistes en Asie centrale, en Égypte, en Grèce et à Sri Lanka
  • 231 av. J.-C. : Mort d'Aśoka ; l'empire Maurya décline rapidement après lui

Œuvres & réalisations

Les Édits d'Aśoka (Major Rock Edicts) (vers 257-250 av. J.-C.)

Ensemble de quatorze édits majeurs gravés sur des parois rocheuses dans tout l'empire. Ils constituent les premiers documents écrits de l'histoire indienne et exposent la politique de dharma d'Aśoka.

Les Édits sur piliers (Pillar Edicts) (vers 243 av. J.-C.)

Sept édits gravés sur des colonnes monolithiques érigées aux points stratégiques de l'empire. Ils précisent et complètent les principes moraux des édits sur roche.

Le Pilier de Sārnāth (vers 250 av. J.-C.)

Pilier couronné d'un chapiteau aux quatre lions adossés entourant une roue du dharma, chef-d'œuvre de l'art Maurya. Devenu l'emblème national de la République indienne en 1950.

Le Grand Stūpa de Sāñcī (vers 260-250 av. J.-C.)

Monument bouddhiste agrandi sous Aśoka autour d'un noyau de briques contenant des reliques du Bouddha. Il est aujourd'hui classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Fondation de missions bouddhistes (vers 250 av. J.-C.)

Envoi de délégations religieuses vers Ceylan, l'Asie centrale, la Syrie, l'Égypte et la Macédoine. Cette initiative est à l'origine de la diffusion du bouddhisme theravāda en Asie du Sud-Est.

Anecdotes

Après la bataille de Kalinga vers 261 av. J.-C., Aśoka contempla le champ de bataille couvert de 100 000 morts et de déportés. Saisi d'une profonde tristesse, il déclara dans un édit gravé dans la roche : 'Ce qui était une conquête n'est plus pour le roi Priyadarśin qu'une source de douleur intense.' Cette prise de conscience le transforma radicalement.

Aśoka fit graver ses lois et ses principes moraux sur des rochers et des piliers de pierre dressés aux quatre coins de son empire. Ces édits, rédigés en plusieurs langues locales, représentent les premiers documents écrits de l'histoire indienne et constituent un témoignage exceptionnel de gouvernance bouddhiste.

Selon la tradition bouddhiste, Aśoka envoya des missions diplomatiques et religieuses jusqu'en Égypte, en Syrie, en Macédoine et à Ceylan pour diffuser les enseignements du Bouddha. Son fils Mahinda et sa fille Saṃghamittā auraient ainsi introduit le bouddhisme au Sri Lanka.

Aśoka fit planter des arbres et creuser des puits le long des routes de son empire pour le bien des voyageurs et des animaux. Il créa des hôpitaux pour les humains et pour les bêtes — une initiative sans équivalent dans l'Antiquité — témoignant d'une conception de l'État fondée sur le soin de tous les êtres vivants.

L'empereur prit le titre de 'Priyadarśin', signifiant 'celui qui regarde avec bienveillance'. Il renonça à la chasse royale et au festin de viande, adoptant un régime végétarien par respect pour la vie animale, conformément aux préceptes bouddhistes de non-violence (ahiṃsā).

Sources primaires

Édit majeur sur roche n°13 (Kalinga) (vers 257 av. J.-C.)
Le roi Priyadarśin, après avoir conquis le pays de Kalinga, ressentit un vif repentir. En effet, la conquête d'un pays indépendant entraîne massacre, mort et déportation. Tout cela est aujourd'hui pour le roi Priyadarśin une source de profonde douleur.
Édit du pilier n°7 (Delhi-Topra) (vers 243 av. J.-C.)
Partout dans mon empire, j'ai établi des dispensaires pour les hommes et pour les animaux. Les herbes médicinales utiles aux hommes et aux animaux ont été importées et plantées là où elles manquaient.
Petit édit sur roche (Maski) (vers 258 av. J.-C.)
Voici plus de deux ans et demi que je suis un fidèle disciple du Bouddha. Plus d'un an s'est écoulé depuis que j'ai rejoint la communauté et que je me suis activement engagé.
Édit majeur sur roche n°2 (vers 257 av. J.-C.)
Partout dans les territoires du roi Priyadarśin, ainsi que dans les pays voisins — Cholas, Pāṇḍyas, Satiyaputra, Keralaputra et jusqu'à Ceylan — le roi a pris des dispositions médicales pour le bien des hommes et des animaux.
Édit schismatique de Sārnāth (vers 250 av. J.-C.)
Nul moine ni nonne ne peut provoquer le schisme dans la communauté. Quiconque, moine ou nonne, provoque le schisme dans la communauté, doit être revêtu de robes blanches et installé dans un lieu qui n'est pas un monastère.

Lieux clés

Pāṭaliputra (actuelle Patna, Inde)

Capitale de l'empire Maurya, centre administratif et culturel du règne d'Aśoka. C'est ici que se tint le troisième concile bouddhiste vers 250 av. J.-C.

Kalinga (actuel Odisha, Inde)

Région côtière conquise par Aśoka vers 261 av. J.-C. au prix d'un immense carnage. C'est ce champ de bataille qui provoqua sa conversion au bouddhisme et transforma sa politique.

Sārnāth (Uttar Pradesh, Inde)

Site où le Bouddha prononça son premier sermon. Aśoka y fit ériger un pilier couronné des quatre lions, devenu l'emblème national de l'Inde moderne.

Lumbini (actuel Népal)

Lieu de naissance du Bouddha Śākyamuni. Aśoka y effectua un pèlerinage vers 249 av. J.-C. et fit dresser un pilier d'inscription attestant sa visite, encore visible aujourd'hui.

Sāñcī (Madhya Pradesh, Inde)

Site du grand stūpa bouddhiste, agrandi sous le règne d'Aśoka. Classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, il est l'un des monuments bouddhistes les mieux préservés de l'Inde.

Voir aussi