Biographie

Philosophe et logicien autrichien, puis britannique, figure majeure de la philosophie analytique du XXe siècle. Il a profondément renouvelé la réflexion sur le langage, la logique et le sens, d'abord avec le Tractatus puis avec ses Recherches philosophiques.

Ludwig Wittgenstein(1889 — 1951)

Ludwig Wittgenstein

Autriche, Royaume-Uni

6 min de lecture

PhilosophiePhilosopheXXe sièclePremière moitié du XXe siècle, marquée par la révolution de la logique formelle, les deux guerres mondiales et l'essor de la philosophie analytique à Cambridge et Vienne.

Questions fréquentes

Ludwig Wittgenstein (1889-1951) est un philosophe et logicien autrichien, figure majeure de la philosophie analytique. Ce qui le rend décisif, c'est qu'il a radicalement changé la manière de penser le langage et la logique au XXe siècle. Il a d'abord proposé une théorie du langage comme image de la réalité dans son Tractatus logico-philosophicus, puis il a lui-même critiqué cette position dans ses Recherches philosophiques en introduisant la notion de « jeux de langage ». Pour comprendre cela, il faut se rappeler qu'il a influencé aussi bien le Cercle de Vienne que la philosophie du langage ordinaire.

Citations célèbres

« Ce dont on ne peut parler, il faut le taire.»
« Les limites de mon langage signifient les limites de mon monde.»

Faits marquants

  • Né en 1889 à Vienne dans une riche famille industrielle autrichienne
  • Publie le Tractatus logico-philosophicus en 1921, œuvre centrale de sa première philosophie
  • Enseigne la philosophie à l'université de Cambridge à partir de 1929
  • Développe la notion de jeux de langage dans les Recherches philosophiques (publiées en 1953, après sa mort)
  • Mort en 1951 à Cambridge

Œuvres & réalisations

Tractatus logico-philosophicus (1921)

Œuvre fondatrice de sa première philosophie, qui propose une théorie du langage comme « image » de la réalité et fixe les limites du dicible.

Conférence sur l'éthique (1929)

Bref texte où il soutient que les valeurs éthiques et la signification de la vie échappent au langage descriptif des faits.

Le Cahier bleu et le Cahier brun (1933-1935)

Notes dictées à ses étudiants qui amorcent le tournant vers sa seconde philosophie, centrée sur l'usage ordinaire du langage.

Recherches philosophiques (1953)

Chef-d'œuvre posthume introduisant les notions de « jeux de langage » et d'usage, qui critique sa propre première philosophie.

De la certitude (1969)

Réflexions posthumes sur le doute, la connaissance et les certitudes qui forment l'arrière-plan de toute pensée.

Remarques sur les fondements des mathématiques (1956)

Notes posthumes interrogeant la nature des règles, de la preuve et de la nécessité en mathématiques.

Maison Stonborough (villa viennoise) (1926-1928)

Demeure moderniste qu'il conçut pour sa sœur, illustrant sa quête de rigueur et de dépouillement appliquée à l'architecture.

Anecdotes

Issu de l'une des familles les plus riches d'Autriche, Wittgenstein hérita d'une immense fortune à la mort de son père en 1913. Après la Première Guerre mondiale, il décida de la distribuer entièrement, notamment à ses frères et sœurs déjà fortunés, pour vivre dans la simplicité et ne plus dépendre de l'argent.

Pendant la Première Guerre mondiale, il s'engagea volontairement dans l'armée austro-hongroise et rédigea une grande partie de son premier grand livre, le Tractatus logico-philosophicus, dans les tranchées et même en captivité comme prisonnier de guerre en Italie.

Convaincu après le Tractatus d'avoir résolu les problèmes essentiels de la philosophie, Wittgenstein abandonna la discipline et devint instituteur dans des villages reculés d'Autriche entre 1920 et 1926. Il écrivit même un dictionnaire d'orthographe pour ses élèves.

Architecte amateur, il conçut avec l'architecte Paul Engelmann une maison moderniste à Vienne pour sa sœur Margaret entre 1926 et 1928, soignant chaque détail, des poignées de porte aux radiateurs, avec une rigueur quasi obsessionnelle.

À Cambridge, ses cours étaient célèbres : il enseignait sans notes, assis sur une simple chaise pliante dans une pièce presque vide, pensant à voix haute devant ses étudiants au prix de longs silences et de visibles efforts.

Sources primaires

Tractatus logico-philosophicus, proposition 7 (1921)
Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence.
Tractatus logico-philosophicus, proposition 5.6 (1921)
Les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde.
Recherches philosophiques, §43 (1953)
Pour une grande classe de cas où l'on emploie le mot « signification » — sinon dans tous les cas — on peut définir ce mot ainsi : la signification d'un mot est son usage dans le langage.
Dernières paroles rapportées (journal de Mrs Bevan) (1951)
Dites-leur que j'ai eu une vie merveilleuse.

Lieux clés

Vienne, Autriche

Ville natale de Wittgenstein, capitale culturelle où sa famille tenait un salon fréquenté par des artistes comme Brahms et Mahler.

Université de Cambridge, Royaume-Uni

Lieu de ses études auprès de Russell, puis de son enseignement comme professeur de philosophie ; centre de sa vie intellectuelle.

Manchester, Royaume-Uni

Ville où il étudia l'ingénierie aéronautique avant de se tourner vers la logique et les fondements des mathématiques.

Trattenbach et villages de Basse-Autriche

Hameaux où il enseigna comme instituteur dans les années 1920, après avoir renoncé à la philosophie.

Skjolden, Norvège

Village isolé d'un fjord où il fit bâtir une cabane pour travailler seul, loin de toute distraction, à plusieurs reprises de sa vie.

Cambridge (lieu de décès)

Il y mourut d'un cancer en 1951, dans la maison de son médecin, prononçant ses célèbres dernières paroles.

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