Madame de Sévigné(1626 — 1696)
Marquise de Sévigné
France
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Épistolière française du XVIIe siècle, connue pour sa correspondance littéraire exceptionnelle, notamment ses lettres adressées à sa fille. Son œuvre est un témoignage précieux sur la vie de la cour et la société française sous Louis XIV.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Je n'aime rien tant que de vous écrire »
« Les choses que j'aurais à vous dire me paraissent si agréables, que je ne puis m'empêcher de vous en entretenir »
Faits marquants
- 1626 : Naissance de Madame de Sévigné à Paris
- 1644 : Mariage avec Henri de Sévigné
- 1652 : Veuvage après la mort de son mari à la bataille de Villemur
- 1671-1696 : Rédaction intensive de sa correspondance avec sa fille Madame de Grignan, estimée à plus de 1 500 lettres
- 1696 : Mort à Grignan, reconnue comme une figure majeure de la littérature épistolaire française
Œuvres & réalisations
Environ 1 120 lettres adressées à sa fille Françoise-Marguerite constituent le cœur de son œuvre. Publiées après sa mort, elles sont considérées comme un chef-d'œuvre de la prose française et un témoignage incomparable sur la société du Grand Siècle.
Échange épistolaire dense avec son cousin Roger de Rabutin, comte de Bussy, auteur de l'Histoire amoureuse des Gaules. Ces lettres révèlent un ton plus espiègle et une liberté de ton que Sévigné s'accordait avec cet interlocuteur complice.
Série de lettres adressées à Simon Arnauld de Pomponne relatant avec passion le procès de son ami Fouquet. Ces textes témoignent de son courage et de sa fidélité face au pouvoir royal.
Plus de 600 lettres adressées à d'autres correspondants complètent son œuvre : famille, amis, personnages de la cour. Elles offrent un panorama saisissant de la vie intellectuelle et mondaine sous Louis XIV.
Anecdotes
Lorsque sa fille Françoise-Marguerite épousa le comte de Grignan en 1669 et partit s'installer en Provence, Madame de Sévigné fut dévastée par cette séparation. Elle se mit alors à lui écrire presque quotidiennement, produisant ainsi, sans le savoir, l'une des plus grandes œuvres épistolaires de la littérature française.
En avril 1671, Madame de Sévigné fut l'une des premières à raconter la mort tragique de Vatel, le maître d'hôtel du prince de Condé, qui se suicida parce que la marée commandée pour un banquet royal n'arrivait pas à temps. Sa lettre est aujourd'hui la source historique principale sur cet événement célèbre.
Grande amie de Nicolas Fouquet, le surintendant des finances, elle assista à son arrestation en 1661 sur ordre de Louis XIV. Elle fut l'une des rares personnes à lui rester fidèle et à suivre son procès avec inquiétude, osant braver la colère du roi pour témoigner de son amitié.
En 1676, elle assista à l'exécution publique de la marquise de Brinvilliers, condamnée pour avoir empoisonné son père et ses frères. Elle décrivit la scène avec une précision saisissante dans une lettre à sa fille, mêlant horreur et curiosité, offrant un témoignage unique sur la justice de l'époque.
Madame de Sévigné était une lectrice insatiable et une habituée des salons littéraires parisiens, notamment celui de l'hôtel de Rambouillet. Elle fréquentait les plus grands esprits de son temps — La Rochefoucauld, La Fontaine, Corneille — et son jugement littéraire était particulièrement respecté dans ces cercles.
Sources primaires
Vatel, ce grand homme que nous connaissions, voyant à huit heures du matin que la marée n'était pas arrivée, n'a pu soutenir l'affront qu'il a cru lui devoir faire, et s'est tué.
La Brinvilliers est en l'air : son pauvre petit corps a été jeté, après l'exécution, dans un grand feu, et les cendres au vent ; de sorte que nous la respirerons, et par la communication des petits esprits, il nous prendra quelque humeur empoisonnante.
Je ne saurais vous dire, ma bonne, que je vous ai quittée sans une douleur que je ne veux point vous décrire. Je vous cherche toujours, et je m'aperçois, à toute heure, que vous me manquez.
Je vous souhaite de si bonnes nuits et de si beaux jours que la passion que vous avez pour les personnes affligées vous donne part à mes inquiétudes.
M. de Turenne est mort. Voilà une grande et terrible nouvelle. Toute l'armée a fondu en larmes ; il n'y a que cela de vrai dans tout ce que l'on dit.
Lieux clés
Résidence principale de Madame de Sévigné à Paris de 1677 jusqu'à sa mort. Ce magnifique hôtel particulier du Marais abrite aujourd'hui le Musée Carnavalet consacré à l'histoire de Paris.
Propriété familiale des Sévigné près de Vitré, en Ille-et-Vilaine. Madame de Sévigné y séjournait régulièrement pour gérer ses terres et y écrivit de nombreuses lettres célèbres.
Résidence provençale de la famille Grignan, où habitait la fille de Madame de Sévigné. Elle y séjourna à plusieurs reprises et y mourut en 1696.
Salon littéraire le plus célèbre du XVIIe siècle où la jeune Marie de Rabutin-Chantal fut introduite dans le monde des lettres, fréquentant Voiture, Corneille et les précieuses.
Cour royale que Madame de Sévigné visitait et commentait dans ses lettres avec admiration pour ses fêtes somptueuses et une certaine ironie sur ses intrigues et ses vanités.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Correspondance (lettres à Madame de Grignan)
1671–1696 (publiées à partir de 1726)
Correspondance avec son cousin Bussy-Rabutin
À partir de 1648
Lettres à Pomponne sur le procès de Fouquet
1664–1665
Correspondance générale (lettres à divers destinataires)
1648–1696 (publiées au XIXe siècle)






