Maddalena Casulana (vers 1544 – vers 1590) est la première femme compositrice à avoir fait publier ses œuvres musicales, notamment deux livres de madrigaux en 1568 et 1570. Compositrice et cantatrice italienne, elle revendiqua explicitement la valeur artistique des femmes dans la création musicale.
Maddalena Casulana(1544 — 1590)
Maddalena Casulana
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« « Je veux montrer au monde […] que les femmes peuvent maîtriser les arts autant que les hommes. »»
Faits marquants
- Vers 1544 : naissance présumée en Italie (lieu exact inconnu)
- 1568 : publication du premier livre de madrigaux à quatre voix, premier recueil publié par une femme
- 1570 : publication du deuxième livre de madrigaux
- Dédie ses œuvres à des mécènes aristocratiques, dont Isabelle de Médicis
- Vers 1590 : date présumée de sa mort
Œuvres & réalisations
Premier livre de madrigaux à quatre voix, publié à Venise chez Girolamo Scotto. C'est la première publication musicale commerciale signée par une femme dans l'histoire de la musique occidentale, accompagnée d'une dédicace à Isabella de' Medici revendiquant les droits artistiques des femmes.
Deuxième recueil de madrigaux à quatre voix, confirmant la maîtrise polyphonique de Casulana et sa reconnaissance dans les cercles musicaux italiens de Venise et Florence.
Livre de madrigaux à cinq voix dédié à Antonio Londonio à Milan, témoignant de l'évolution de son écriture vers des textures plus denses et plus expressives, conformément aux tendances du madrigal tardif.
Madrigal à quatre voix extrait du premier livre, souvent cité comme représentatif de son style : ligne mélodique expressive, usage du chromatisme, traitement soigné du texte poétique pétrarquiste.
Plusieurs madrigaux de Casulana furent inclus dans des anthologies collectives (recueils de plusieurs compositeurs), pratique courante à la Renaissance qui permit à ses œuvres de circuler aux côtés de celles de Lasso, Wert et d'autres maîtres du madrigal.
Anecdotes
Lorsque Maddalena Casulana dédie son premier livre de madrigaux à Isabella de' Medici en 1568, elle écrit dans sa préface vouloir 'montrer au monde la vaine erreur des hommes qui croient être les seuls à posséder les dons de l'intelligence et des arts'. C'est la première fois qu'une compositrice revendique publiquement, par écrit et imprimé, l'égalité créatrice des femmes — un acte d'une audace rare pour l'époque.
En 1568, l'imprimeur vénitien Girolamo Scotto publie le premier livre de madrigaux de Casulana : c'est la toute première fois dans l'histoire qu'une femme voit ses compositions musicales éditées et diffusées commercialement. Avant elle, même les rares musiciennes reconnues restaient dans les manuscrits et la tradition orale.
Casulana était également une cantatrice admirée dans les cercles aristocratiques italiens. Elle se produisit à la cour de Florence, et ses madrigaux furent interprétés lors de festivités organisées par les Médicis, notamment à l'occasion de mariages princiers, ce qui lui valut une réputation qui s'étendit bien au-delà de sa ville natale.
En 1583, un troisième livre de madrigaux lui est attribué — publié alors qu'elle avait approché la quarantaine — témoignant d'une carrière longue et reconnue dans un milieu musical presque exclusivement masculin. Ses œuvres circulèrent dans toute l'Italie du Nord et furent copiées dans des recueils collectifs aux côtés de compositeurs hommes célèbres.
On sait peu de choses sur la fin de la vie de Casulana, signe que même les femmes les plus remarquables de la Renaissance italienne disparaissaient vite des archives officielles. Ce silence lui-même est devenu un symbole : des chercheurs du XXe siècle ont dû reconstituer sa biographie à partir de dédicaces, de contrats d'imprimeurs et de rares mentions dans des correspondances de cour.
Sources primaires
«…per far conoscere al mondo l'errore degli uomini, tanto vano in se stesso, di credere d'essere loro soli i padroni de' doni dell'intelletto e dell'arte…»
Recueil de madrigaux à quatre voix, premier livre de musique imprimé et publié commercialement par une femme compositrice dans l'histoire occidentale.
Second recueil de madrigaux à quatre voix, confirmant la reconnaissance de Casulana dans le milieu musical vénitien et florentin.
Pièce polyphonique à quatre voix illustrant la maîtrise du contrepoint et du chromatisme expressif propres au madrigal tardif de la Renaissance.
Livre de madrigaux à cinq voix dédié à Antonio Londonio, attestant l'élargissement de son écriture polyphonique et de son réseau de mécènes.
Lieux clés
Ville de naissance probable de Maddalena Casulana, d'où son nom. Petite localité toscane dans le contado de Sienne, qui lui aurait donné ses premières bases musicales dans un milieu encore peu documenté.
Cité des Médicis où Casulana se produisit à la cour et dédia son premier livre à Isabella de' Medici. Florence était au XVIe siècle l'un des foyers les plus actifs de la musique profane italienne.
Capitale de l'édition musicale européenne où l'imprimeur Girolamo Scotto publia ses deux premiers livres de madrigaux en 1568 et 1570. Sans Venise et ses presses, l'œuvre de Casulana ne nous serait pas parvenue.
Casulana séjourna à Milan où elle bénéficia du mécénat d'Antonio Londonio, à qui elle dédia son livre de madrigaux à cinq voix de 1583. Milan était une cour musicale active sous domination espagnole.
Objets typiques

Le recueil imprimé, format oblong in-quarto, était l'outil de diffusion principal des compositeurs de la Renaissance. Pour Casulana, la publication chez Scotto à Venise signifiait accéder au marché musical européen et inscrire son nom dans la postérité.

Instrument à cordes pincées par excellence de la Renaissance italienne, utilisé pour accompagner les chanteurs ou explorer des harmonies lors de la composition. Casulana, cantatrice et compositrice, l'utilisait vraisemblablement pour travailler ses lignes mélodiques.

Instrument à clavier présent dans les demeures aristocratiques italiennes, indispensable pour tester les voix et les accords d'une composition polyphonique avant de la confier aux copistes.

Tablette ou cahier de papier ligné à la main sur lequel le compositeur couchait ses idées musicales avant de les faire recopier par un scribe professionnel pour envoi à l'imprimeur.

Au XVIe siècle, la musique polyphonique était imprimée en parties séparées (une brochure par voix), et non en partition verticale. Chaque chanteur lisait sa propre partie sans voir celles des autres.

La dédicace manuscrite ou imprimée, adressée à un mécène, était un acte social et commercial crucial : elle établissait un lien de patronage et pouvait garantir protection et revenus. La dédicace de Casulana à Isabella de' Medici est restée célèbre pour son propos féministe avant l'heure.
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Vie quotidienne
Matin
La journée d'une musicienne de cour commençait tôt par des exercices vocaux et des vocalises, pratique quotidienne indispensable pour maintenir la voix en état. Casulana consacrait probablement les heures calmes du matin à la composition : noter des idées sur des carnets de portées, tester des lignes mélodiques au luth ou à l'épinette, chercher le bon traitement du texte poétique.
Après-midi
L'après-midi était souvent dédié à l'enseignement musical auprès de jeunes aristocrates ou à la répétition avec d'autres musiciens de l'académie ou de la cour. Casulana devait également entretenir ses relations avec des mécènes, répondre à des correspondances et négocier avec des imprimeurs ou des copistes pour la publication de ses œuvres.
Soir
Les soirées à la cour italienne de la Renaissance étaient rythmées par des concerts privés, des festins et des intermèdes musicaux. Casulana s'y produisait comme cantatrice, interprétant ses propres madrigaux ou ceux de ses contemporains devant un public restreint d'aristocrates, dans les salles ornées de palais florentins ou vénitiens, à la lueur des chandelles.
Alimentation
Le régime alimentaire d'une musicienne de cour suivait les habitudes des classes aisées italiennes de la Renaissance : pain blanc, viandes rôties, poissons lors des jours maigres imposés par l'Église, légumineuses, fromages de Toscane et vins locaux. Les repas à la cour pouvaient être fastueux lors des grandes fêtes, avec des mets épicés, des pâtisseries et des fruits confits, le tout accompagné de musique.
Vêtements
Les musiciennes de cour portaient des robes à corsage ajusté et jupe ample, avec manches à crevés laissant apparaître la chemise fine dessous — mode italienne caractéristique du XVIe siècle. Les tissus (soie, velours, brocart) variaient selon les occasions et le degré de patronage : en représentation à la cour des Médicis, Casulana arborait probablement des vêtements offerts par son mécène, symbole visuel de sa protection.
Habitat
À Florence ou Venise, une musicienne reconnue comme Casulana résidait vraisemblablement dans un appartement au sein ou à proximité d'un palais aristocratique, sous la protection d'un mécène. Le logement renaissant de ce niveau comprenait une salle principale, une chambre, et peut-être une petite pièce pour travailler, meublée sobrement — un instrument à clavier, une table pour écrire la musique, quelques livres de poèmes pétrarquistes.






