Mahavira(598 av. J.-C. — 526 av. J.-C.)

Mahāvīra

Videha

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SpiritualitéPhilosophieAvant J.-C.Inde du VIe-Ve siècle avant notre ère, période de bouillonnement spirituel contemporaine du Bouddha et des Upanishads.

Mahāvīra est le vingt-quatrième et dernier tîrthankara du jaïnisme, considéré comme le réformateur majeur de cette tradition indienne. Renonçant à sa vie princière, il prêcha l'ascèse, la non-violence et la libération de l'âme.

Questions fréquentes

Mahāvīra, dont le nom signifie « grand héros », est le dernier des 24 tīrthankara du jaïnisme. Ce qu'il faut retenir, c'est que son héroïsme n'est pas guerrier mais spirituel : il a vaincu ses passions et atteint le kevala jñāna, la connaissance absolue, après douze années d'ascèse extrême. Il a ensuite codifié les grands vœux (non-violence, vérité, etc.) et organisé la communauté jaïne en quatre ordres. Son enseignement a profondément marqué la pensée indienne et influencé des figures comme Gandhi.

Citations célèbres

« Toute vie est sacrée ; nul ne doit nuire à aucun être vivant.»
« Ne blesse, ne maltraite, n'opprime, n'asservis, n'insulte, ne tourmente, ne torture ni ne tue aucune créature vivante.»

Faits marquants

  • Naissance vers 599 av. J.-C. dans une famille princière du clan des Jñātrika, près de Vaishali (Bihar)
  • Renonce au monde vers l'âge de 30 ans pour mener une vie d'ascète errant
  • Atteint l'omniscience (kevala jnana) après douze années d'ascèse rigoureuse
  • Vingt-quatrième et dernier tîrthankara, il structure et propage la doctrine jaïne
  • Mort (libération, moksha) vers 527 av. J.-C. à Pavapuri

Œuvres & réalisations

Doctrine de l'ahimsā (non-violence absolue) (VIe-Ve s. av. J.-C.)

Mahāvīra érige le respect de toute forme de vie en principe suprême, influençant durablement la pensée indienne, jusqu'à Gandhi.

Les cinq grands vœux (mahāvrata) (VIe-Ve s. av. J.-C.)

Non-violence, vérité, non-vol, chasteté et non-possession : le code de conduite qu'il fixe pour les moines jaïns.

L'anekāntavāda (doctrine des points de vue multiples) (VIe-Ve s. av. J.-C.)

Enseignement selon lequel la vérité est complexe et relative à la perspective adoptée ; une véritable invitation à la tolérance intellectuelle.

Organisation du sangha jaïn (VIe-Ve s. av. J.-C.)

Mahāvīra structure la communauté en quatre ordres (moines, moniales, laïcs, laïques), assurant la transmission durable de sa tradition.

Réforme de la tradition des tīrthankara (VIe-Ve s. av. J.-C.)

En tant que vingt-quatrième et dernier tīrthankara, il rénove et codifie l'enseignement transmis par ses prédécesseurs, dont Pārśva.

Enseignements à la base du canon (Āgama) (transmis oralement, fixés v. IVe-IIIe s. av. J.-C.)

Ses discours, mémorisés par ses disciples, forment le socle des textes sacrés jaïns rédigés plusieurs siècles plus tard.

Anecdotes

Selon la tradition jaïne, Vardhamāna reçut le surnom de « Mahāvīra », qui signifie « grand héros », non pour des exploits guerriers mais pour la maîtrise totale qu'il acquit sur ses passions et ses peurs.

Né prince dans le clan des Jñātrika, près de Vaishali, il aurait attendu la mort de ses parents pour renoncer au monde, par respect filial, avant de tout abandonner vers l'âge de trente ans.

Les textes racontent qu'après son renoncement, Mahāvīra pratiqua douze années d'ascèse extrême, méditant immobile et supportant en silence les insultes et les coups, jusqu'à atteindre le kevala jñāna, la connaissance absolue.

Sa doctrine de l'ahimsā (non-violence) était si rigoureuse que les moines jaïns balayaient le sol devant leurs pas et filtraient l'eau pour ne tuer aucun être vivant, même minuscule.

La tradition affirme que Mahāvīra atteignit la libération (moksha) à Pāvāpurī ; la nuit de sa mort, les rois allumèrent des lampes en son honneur, origine légendaire associée à la fête de Dīpāvalī (Diwali) chez les jaïns.

Sources primaires

Ācārāṅga Sūtra (textes canoniques (rédigés v. IVe-IIIe s. av. J.-C., tradition orale antérieure))
« Tous les êtres aiment la vie, recherchent le plaisir, ont horreur de la douleur, fuient la destruction, aiment vivre, désirent vivre. À tous, la vie est chère. »
Kalpa Sūtra (Bhadrabāhu) (v. IIIe s. av. J.-C.)
« Le vénérable ascète Mahāvīra appartenait au clan Kāśyapa. On le connaît sous trois noms : Vardhamāna par ses parents, Śramaṇa parce qu'il supportait toutes les épreuves, et Mahāvīra, le grand héros, nom donné par les dieux. »
Sūtrakṛtāṅga (canon jaïn ancien)
« Celui qui regarde toutes les créatures du monde comme son propre soi, et qui contemple le grand péril de la violence, celui-là est un sage qui ne nuit à personne. »
Uttarādhyayana Sūtra (canon jaïn ancien)
« Par la maîtrise de soi et par l'austérité, l'âme se libère du karma ; comme l'or purifié par le feu, elle resplendit. »

Lieux clés

Kundagrāma (près de Vaishali)

Lieu de naissance traditionnel de Mahāvīra, faubourg de la cité de Vaishali, capitale de la confédération des Vajji, dans l'actuel Bihar.

Vaishali

Grande cité républicaine du Gange où Mahāvīra passa sa jeunesse princière ; un foyer majeur des courants spirituels de l'époque.

Rive de la Rijupālikā

Selon la tradition, c'est près de cette rivière, sous un arbre śāla, que Mahāvīra atteignit le kevala jñāna, la connaissance omnisciente.

Magadha (région)

Puissant royaume du nord-est de l'Inde où Mahāvīra prêcha longuement et où il côtoya les souverains de l'époque.

Pāvāpurī

Lieu de la mort et de la libération (moksha) de Mahāvīra ; aujourd'hui grand centre de pèlerinage jaïn, marqué par le temple du Jal Mandir au milieu d'un lac de lotus.

Voir aussi