Historien français fondateur de l'École des Annales avec Lucien Febvre, Marc Bloch a révolutionné la méthode historique en privilégiant les structures sociales et économiques sur l'histoire événementielle. Résistant de la première heure, il est arrêté par la Gestapo et fusillé en 1944.
Marc Bloch(1886 — 1944)
Marc Bloch
France
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« La bonne histoire se fait avec des documents écrits, quand il y en a. Mais elle peut se faire, elle doit se faire, sans documents écrits, s'il n'en existe point.»
« L'incompréhension du présent naît fatalement de l'ignorance du passé.»
Faits marquants
- 1886 : Naissance à Lyon dans une famille d'intellectuels juifs alsaciens
- 1929 : Cofondation avec Lucien Febvre de la revue Annales d'histoire économique et sociale
- 1939-1940 : Mobilisé comme officier, témoin de la défaite française (L'Étrange Défaite)
- 1943 : Rejoint la Résistance (réseau Franc-Tireur) sous le pseudonyme Narbonne
- 1944 : Arrêté par la Gestapo, torturé et fusillé le 16 juin près de Lyon
Œuvres & réalisations
Étude pionnière sur le pouvoir de guérison attribué aux rois de France et d'Angleterre : en analysant une croyance collective médiévale, Bloch invente une histoire des mentalités qui influencera tout le XXe siècle.
Première grande synthèse sur l'histoire des campagnes françaises, croisant archives, géographie et photographies aériennes pour reconstituer les paysages agraires du Moyen Âge à l'époque moderne.
Chef-d'œuvre de Bloch sur les structures de la société médiévale : il analyse les liens de dépendance, de fidélité et de seigneurie qui organisaient l'Europe entre le IXe et le XIIIe siècle.
Témoignage et analyse écrits à chaud après la débâcle de juin 1940 : Bloch y cherche les causes profondes de l'effondrement militaire et moral de la France avec une lucidité qui fit date.
Ouvrage inachevé rédigé dans la clandestinité sur ce qu'est le travail de l'historien, la critique des sources et le sens de la démarche historique — devenu un classique de la réflexion épistémologique.
Anecdotes
Marc Bloch a servi comme officier d'infanterie lors de la Première Guerre mondiale, où il fut blessé et décoré quatre fois, dont la Légion d'honneur. Cette expérience du feu et de la boue des tranchées nourrit profondément sa réflexion sur la façon dont les hommes font l'histoire sans toujours la comprendre.
En 1929, Bloch et son ami Lucien Febvre fondèrent une revue au titre provocateur : 'Annales d'histoire économique et sociale'. Plutôt que de raconter batailles et couronnements, ils voulaient étudier le quotidien des paysans, les prix du blé, les épidémies — une révolution qui allait influencer des générations d'historiens dans le monde entier.
Bloch fut l'un des premiers historiens à utiliser les photographies aériennes comme sources historiques. Muni de cartes topographiques et de clichés pris depuis des avions, il arpentait les campagnes françaises pour déchiffrer dans le paysage les traces d'anciens champs et villages disparus, inventant ainsi une véritable archéologie du sol.
À l'été 1940, tandis que la France s'effondrait face à l'Allemagne nazie, Bloch rédigea en quelques semaines 'L'Étrange Défaite', une analyse lucide et courageuse des raisons de la débâcle. Bien que Juif sous les lois de Vichy, il refusa de fuir à l'étranger et rejoignit la Résistance sous le pseudonyme 'Narbonne'.
Arrêté par la Gestapo à Lyon en mars 1944, Marc Bloch fut torturé durant des semaines mais refusa de livrer le moindre nom. Fusillé le 16 juin 1944 à Saint-Didier-de-Formans avec vingt-huit autres résistants, il aurait lancé 'Vive la France !' avant d'être abattu, quelques semaines seulement avant la Libération.
Sources primaires
L'histoire est la science des hommes dans le temps. […] Un bon historien ressemble à l'ogre de la légende : là où il flaire la chair humaine, il sait que là est son gibier.
Nous avons subi une défaite militaire. Mais pourquoi ? […] Nos chefs, ou ceux qui agissaient en leur nom, ont été incapables d'imaginer ce qu'eût pu être une guerre moderne.
Le miracle royal, loin d'être une grossière superstition, est un fait social révélateur : il nous dit tout ce qu'un peuple attend de son roi, et ce qu'un roi doit être pour être cru.
Les liens de dépendance d'homme à homme constituèrent le vrai tissu de la société féodale : comprendre la fidélité vassalique, c'est comprendre tout un monde.
Lieux clés
Ville natale de Marc Bloch (6 juillet 1886) et théâtre de son arrestation par la Gestapo en mars 1944. Lyon fut aussi le centre de son activité dans le réseau de résistance Franc-Tireur.
C'est à Strasbourg, ville symbole de la réconciliation franco-allemande, que Bloch enseigna de 1919 à 1936 et co-fonda avec Lucien Febvre la revue des Annales qui révolutionna l'historiographie mondiale.
Bloch y occupa la chaire d'histoire économique à partir de 1936, jusqu'à ce que les lois antisémites de Vichy l'en excluent brutalement en 1940.
Lieu du martyre de Marc Bloch : fusillé le 16 juin 1944 dans un champ de cette commune de l'Ain, avec vingt-huit autres résistants. Un mémorial y perpétue sa mémoire.
Après l'exode de juin 1940, Bloch tenta de poursuivre son enseignement à l'Université de Montpellier avant d'en être exclu par les lois de Vichy ; sa famille y trouva refuge quelque temps.
Objets typiques

Outil quotidien de l'historien : Bloch rédigeait ses analyses, ses cours et son abondante correspondance scientifique à la plume, remplissant des cahiers de notes serrées et précises.

Bloch fut l'un des premiers historiens à utiliser les clichés aériens pour déchiffrer les structures agraires anciennes et les traces de villages disparus dans les campagnes françaises.

La revue fondée par Bloch et Febvre en 1929 incarne le renouveau historiographique mondial : une histoire globale centrée sur les sociétés et les économies plutôt que sur les seuls événements politiques.

Outil indispensable pour Bloch qui arpentait les campagnes à la recherche de traces du passé agraire, croisant les données du terrain avec les sources écrites des archives.

Pendant son engagement dans la Résistance (1942-1944), Bloch participait à la rédaction et à la diffusion de documents clandestins appelant à lutter contre l'occupant nazi et le régime de Vichy.

Bloch porta deux fois l'uniforme militaire français — en 1914-1918 comme capitaine d'infanterie, puis en 1939-1940 comme commandant — expérience qui forgea sa vision d'historien du temps présent.
Programmes scolaires
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Vie quotidienne
Matin
Marc Bloch se levait tôt pour consacrer les premières heures à la rédaction et à la recherche dans son bureau encombré de fiches, de cartes et de documents d'archives. Cette discipline matinale lui permit de produire une œuvre considérable malgré ses charges d'enseignement.
Après-midi
Ses après-midis étaient partagés entre séminaires animés avec passion, visites aux bibliothèques et archives, et échanges intellectuels avec ses collègues — notamment une correspondance dense avec Lucien Febvre, véritable travail scientifique à distance.
Soir
Le soir, Bloch rentrait auprès de sa femme et de ses six enfants, et consacrait une partie de la soirée à la lecture de sources primaires. Pendant l'Occupation, ces soirées furent souvent clandestines, dédiées aux réunions du réseau Franc-Tireur.
Alimentation
Bloch vivait à la manière de la bourgeoisie universitaire française : repas familiaux structurés, cuisine régionale simple. Sous l'Occupation, comme tous les Français, il connut les restrictions alimentaires sévères du rationnement imposé par l'occupant.
Vêtements
En tant que professeur d'université, Bloch portait le costume sobre de l'universitaire républicain : veste sombre, cravate, pardessus. Sur le terrain lors de ses enquêtes agraires, il adoptait des vêtements pratiques pour arpenter champs et bocages.
Habitat
Bloch vécut dans des appartements universitaires à Strasbourg puis à Paris. À partir de 1940, sa famille trouva refuge dans le Midi de la France avant qu'il rejoigne Lyon seul pour ses activités de résistant, vivant alors dans la semi-clandestinité.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Les Rois thaumaturges
1924
Les Caractères originaux de l'histoire rurale française
1931
La Société féodale
1939-1940 (2 volumes)
L'Étrange Défaite
rédigé 1940, publié posthume 1946
Apologie pour l'histoire ou Métier d'historien
rédigé 1943, publié posthume 1949






