Margaret Roper, fille aînée de Thomas More, est une humaniste et traductrice anglaise de la Renaissance. Réputée pour son érudition exceptionnelle, elle fut l'une des premières femmes non issues de la royauté à publier une traduction en anglais.
Margaret Roper(1505 — 1544)
Margaret Roper
royaume d'Angleterre
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1505, fille aînée de Thomas More et élevée dans son école familiale humaniste
- Maîtrise le latin et le grec, saluée par Érasme pour son érudition
- Publie vers 1524 une traduction anglaise du traité d'Érasme sur le Pater Noster (A Devout Treatise upon the Pater Noster)
- Récupère la tête de son père après son exécution en 1535 et la conserve
- Meurt en 1544
Œuvres & réalisations
Traduction anglaise du commentaire d'Érasme sur le Notre Père ; l'une des premières œuvres imprimées attribuées à une femme anglaise hors de la royauté.
Lettres en latin élégant qui valurent à Margaret l'admiration des humanistes européens et témoignent de son érudition.
Selon la tradition humaniste, Margaret aurait proposé des corrections savantes à un passage corrompu d'un texte latin de saint Cyprien, prouesse philologique rare pour une femme.
Margaret veilla sur les manuscrits et la mémoire de son père après son exécution, contribuant à la transmission de son héritage.
Anecdotes
Margaret Roper reçut une éducation humaniste hors du commun pour une femme de son temps : son père Thomas More fit instruire ses filles en latin, en grec, en logique et en astronomie, exactement comme ses fils. Cette « école » familiale de Chelsea devint si célèbre que l'érasmiste Érasme lui-même la cita en exemple en Europe.
Vers 1524, à moins de vingt ans, Margaret traduisit en anglais le traité d'Érasme sur le Notre Père (Precatio Dominica), publié sous le titre A Devout Treatise upon the Pater Noster. Elle fut ainsi l'une des premières femmes anglaises, hors de la famille royale, à voir une traduction imprimée sous son nom (même masqué derrière des initiales).
On raconte qu'Henri VIII et Thomas More échangeaient des lettres au sujet de l'érudition de Margaret, le roi s'émerveillant qu'une jeune femme écrive un latin aussi élégant. Érasme lui dédia même un commentaire, signe que sa réputation savante dépassait le cercle familial.
Après l'exécution de son père en 1535, Margaret aurait soudoyé un gardien pour récupérer sa tête, exposée sur le pont de Londres, afin de la conserver pieusement. Selon la tradition, cette relique fut enterrée avec elle ou dans le caveau familial des Roper à Canterbury.
Margaret resta proche de son père jusqu'à la fin : emprisonné à la Tour de Londres, Thomas More lui écrivit plusieurs lettres émouvantes, et elle obtint l'autorisation de lui rendre visite. Leurs correspondances, conservées, témoignent d'un lien intellectuel et affectif rare entre un père et sa fille à la Renaissance.
Sources primaires
Traduction anglaise du traité d'Érasme sur l'oraison dominicale, présentée comme l'œuvre d'« une jeune femme vertueuse et bien lettrée de XIX ans ».
« Je ne désire rien davantage en ce monde que de te savoir bien et de salut, ma très chère fille. » More y exprime sa tendresse et son acceptation de son sort.
Érasme loue l'éducation des filles de More et la vivacité d'esprit de Margaret, qu'il présente comme un modèle de femme savante.
Biographie de More rédigée par son gendre, rapportant les épisodes de la vie familiale et de l'emprisonnement, dont les visites de Margaret.
Lieux clés
Ville natale de Margaret et centre du pouvoir Tudor, où vécut et travailla la famille More.
Demeure familiale au bord de la Tamise où More installa son foyer et son « école » humaniste pour ses enfants.
Forteresse-prison où Thomas More fut détenu de 1534 à son exécution en 1535, et où Margaret put lui rendre visite.
Ville où repose la famille Roper ; selon la tradition, la tête de Thomas More y fut inhumée dans le caveau familial.
Objets typiques

Feuillets de travail où Margaret rendait en anglais des textes latins d'Érasme. Outil central de son activité de traductrice humaniste.

Instruments d'écriture quotidiens des lettrés de la Renaissance, utilisés pour la correspondance et les exercices de composition latine.

Éditions humanistes des classiques et des Pères de l'Église, supports de l'éducation érudite reçue par Margaret. Le livre imprimé diffusait alors largement le savoir.

Correspondance scellée à la cire échangée avec son père emprisonné. Vecteur du lien affectif et intellectuel entre Margaret et Thomas More.

Longue robe de dessus à manches amples portée par les dames de la gentry Tudor, souvent en laine fine ou velours sombre. Marque le rang social de la famille More.

Coiffe rigide en forme de pignon caractéristique des femmes anglaises sous Henri VIII, encadrant le visage de velours et de tissu.

Objet de dévotion catholique resté important dans une famille fidèle à Rome malgré la Réforme. Reflète la piété traversant la traduction du Pater Noster.
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Vie quotidienne
Matin
La matinée commençait tôt par la prière et la messe, conformément à la piété catholique de la famille. Margaret se consacrait ensuite à l'étude : lecture du latin et du grec, exercices de traduction sous la direction de précepteurs choisis par son père.
Après-midi
L'après-midi mêlait travaux savants et gestion du foyer. Margaret écrivait des lettres, poursuivait ses traductions et participait aux discussions érudites qui animaient la maison de Chelsea, fréquentée par des humanistes de passage.
Soir
Le soir réunissait la famille autour de lectures, de musique et de conversations en latin. Thomas More aimait éprouver l'esprit de ses enfants par des débats, et Margaret y brillait par sa vivacité.
Alimentation
L'alimentation d'une famille aisée de la gentry Tudor comprenait pain de froment, viandes (bœuf, mouton, volaille), poisson les jours maigres, ainsi que bière légère et vin. Les fruits, fromages et tartes complétaient les repas.
Vêtements
Margaret portait les vêtements d'une dame de bonne naissance : longue robe (gown) de laine ou de velours sombre, corsage ajusté, et la coiffe à pignon (gable hood) typique de l'Angleterre d'Henri VIII.
Habitat
Elle vécut dans la vaste maison de son père à Chelsea, demeure de brique entourée de jardins descendant vers la Tamise, dotée d'une bibliothèque et d'une chapelle privée, cadre idéal pour l'étude.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
A Devout Treatise upon the Pater Noster
vers 1524, imprimé v. 1526
Correspondance latine avec Érasme et son père
années 1520-1530
Travaux de restauration du texte de saint Cyprien
années 1520-1530
Conservation des écrits et de la mémoire de Thomas More
1535-1544






