
Marguerite Duras
Marguerite Duras
1914 â 1996
France
Ăcrivaine, dramaturge, scĂ©nariste et rĂ©alisatrice française (1914-1996), Marguerite Duras est une figure majeure de la littĂ©rature contemporaine. Auteure de L'Amant, elle a rĂ©volutionnĂ© l'Ă©criture romanesque en explorant l'introspection psychologique et les ruptures formelles du Nouveau Roman.
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Citations célÚbres
« Je crois que c'est de la honte que naßt la littérature. »
« L'écriture, c'est l'oubli. »
« Il ne faut jamais rien expliquer, jamais. »
« On ne sait rien de personne. »
Faits marquants
- 1943 : Publication de son premier roman Les Impudents
- 1960 : Scénario du film Hiroshima mon amour réalisé par Alain Resnais
- 1984 : Publication de L'Amant, récit autobiographique qui remporte le prix Goncourt
- 1985 : Réalisation du film L'Amant en tant que cinéaste
- 1996 : Mort Ă Paris, laissant une Ćuvre considĂ©rĂ©e comme fondamentale du Nouveau Roman
Ćuvres & rĂ©alisations
Premier grand roman autobiographique de Duras, il raconte l'enfance pauvre en Indochine et la lutte de sa mÚre contre l'administration coloniale. Finaliste du Prix Goncourt, il révÚle son talent au grand public.
Roman associĂ© au Nouveau Roman, il dĂ©peint une femme bourgeoise fascinĂ©e par un crime passionnel. Par ses ellipses et sa langue Ă©purĂ©e, il marque un tournant stylistique majeur dans l'Ćuvre de Duras.
ScĂ©nario du film d'Alain Resnais, explorant la mĂ©moire, l'oubli et l'amour entre une Française et un Japonais Ă Hiroshima. Ćuvre fondatrice de la Nouvelle Vague, il reçoit une Palme spĂ©ciale Ă Cannes.
Roman se déroulant en Inde coloniale, il met en scÚne la folie, la marginalité et la douleur existentielle. Considéré comme l'un de ses textes les plus ambitieux et les plus complexes.
Film rĂ©alisĂ© par Duras, adaptĂ© de sa propre piĂšce de théùtre. Ćuvre expĂ©rimentale dissociant voix et images, il est aujourd'hui considĂ©rĂ© comme un chef-d'Ćuvre du cinĂ©ma d'auteur.
Roman autobiographique racontant sa liaison adolescente avec un Chinois en Indochine. CouronnĂ© par le Prix Goncourt, traduit en quarante langues, il reste son Ćuvre la plus lue et la plus connue dans le monde.
Recueil de textes autobiographiques sur l'attente du retour de Robert Antelme déporté, retrouvés dans des cahiers oubliés. Document bouleversant sur la guerre, la Résistance et la douleur de l'amour.
Anecdotes
Marguerite Duras est née en Indochine française (actuel Vietnam) en 1914, sous le nom de Marguerite Donnadieu. C'est dans ce pays tropical, marqué par la pauvreté de sa famille et par la rencontre avec un riche Chinois alors qu'elle avait quinze ans, qu'elle puisera la matiÚre de son roman le plus célÚbre, L'Amant, publié soixante-dix ans plus tard.
En 1984, son roman L'Amant remporte le Prix Goncourt, le prix littéraire le plus prestigieux de France. Duras a alors 70 ans : c'est une consécration tardive mais éclatante pour une auteure déjà reconnue, et le livre devient un best-seller mondial traduit en quarante langues, avec plusieurs millions d'exemplaires vendus.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Marguerite Duras s'engage dans la RĂ©sistance française. Son mari, Robert Antelme, est arrĂȘtĂ© par la Gestapo et dĂ©portĂ© au camp de Dachau. Duras, dĂ©vastĂ©e, attendit des mois avant de le retrouver vivant, amaigri Ă l'extrĂȘme. Cette expĂ©rience traumatisante marqua profondĂ©ment toute son Ćuvre.
Duras fut une figure incontournable du cafĂ© de Flore et du quartier Saint-Germain-des-PrĂ©s Ă Paris, oĂč elle cĂŽtoyait Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre et les grands intellectuels de l'aprĂšs-guerre. Son appartement de la rue Saint-BenoĂźt Ă©tait un lieu de rendez-vous pour Ă©crivains, cinĂ©astes et philosophes pendant plusieurs dĂ©cennies.
Ă la fin de sa vie, Marguerite Duras entretint une relation singuliĂšre avec Yann AndrĂ©a, un jeune homme de trente-huit ans son cadet qui lui avait Ă©crit des lettres admiratives. Il devint son compagnon, son secrĂ©taire et son tĂ©moin jusqu'Ă sa mort en 1996, inspirant plusieurs de ses Ćuvres tardives dont Yann AndrĂ©a Steiner.
Sources primaires
J'ai quinze ans et demi. C'est le passage d'un bac sur le Mékong. L'image dure pendant toute la traversée du fleuve.
J'ai retrouvé ce journal dans deux cahiers des armoires bleues de Neauphle-le-Chùteau. Je n'ai aucun souvenir de l'avoir écrit.
Tu n'as rien vu Ă Hiroshima. Rien. â J'ai tout vu. Tout.
â Veux-tu lire ? demanda la dame. â Non, dit l'enfant. La dame ne s'Ă©tonna pas de ce refus.
Ăcrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit.
Lieux clés
Lieu de naissance de Marguerite Duras en 1914, cette ville proche de Saigon et les paysages du Mékong nourrirent toute son imaginaire littéraire, notamment dans L'Amant et Un barrage contre le Pacifique.
Appartement parisien oĂč Duras vĂ©cut des dĂ©cennies et reçut l'intelligentsia française. Ce lieu au cĆur de Saint-Germain-des-PrĂ©s fut le centre de sa vie intellectuelle et sociale.
Maison de campagne de Duras oĂč elle aimait se retirer pour Ă©crire. C'est lĂ qu'elle retrouva les cahiers qui devinrent La Douleur, et oĂč se dĂ©roulĂšrent plusieurs tournages.
Ville symbole du traumatisme mondial de la bombe atomique, rendue cĂ©lĂšbre dans l'Ćuvre de Duras par le scĂ©nario de Hiroshima mon amour, mĂ©ditation sur la mĂ©moire et l'oubli.
Camp de concentration nazi oĂč fut dĂ©portĂ© Robert Antelme, mari de Duras. Son retour miraculeux mais physiquement dĂ©truit inspira l'Ćuvre autobiographique La Douleur.
Objets typiques
Duras rédigeait ses textes à la machine à écrire, souvent la nuit. Cet objet symbolise son rapport obsessionnel à l'écriture comme acte physique et répétitif.
Elle conservait des journaux intimes et des carnets de notes, notamment ceux retrouvés dans les armoires bleues de Neauphle-le-Chùteau, qui donnÚrent naissance à La Douleur.
Duras lutta toute sa vie contre l'alcoolisme, qu'elle Ă©voqua elle-mĂȘme dans L'Amant et dans des entretiens. L'alcool est indissociable de son image et de son rapport Ă l'Ă©criture nocturne.
Réalisatrice de plus d'une vingtaine de films, Duras utilisait des caméras légÚres pour ses tournages expérimentaux, fondés sur la dissociation entre voix et image.
Les photographies de Duras la montrent souvent avec des chapeaux de paille ou des robes simples, rappelant les tenues coloniales de son enfance indochinoise décrites dans L'Amant.
Duras avait une passion pour la musique, en particulier pour les airs qui traversent India Song et ses autres Ćuvres. Les disques de Carlos d'Alessio, compositeur de ses films, ornaient son salon.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Duras se levait rarement tÎt. Ses matinées étaient souvent consacrées à la relecture de ce qu'elle avait écrit la nuit, café noir en main. Elle pouvait rester en robe de chambre des heures, absorbée dans ses manuscrits ou ses cahiers.
AprĂšs-midi
L'aprĂšs-midi, elle recevait des amis, des Ă©diteurs ou des cinĂ©astes dans son appartement de la rue Saint-BenoĂźt. Les discussions pouvaient durer des heures, mĂȘlant politique, littĂ©rature et vie personnelle, souvent autour d'un verre.
Soir
C'est la nuit que Duras écrivait vraiment, dans un silence entrecoupé de musique ou de cigarettes. Elle travaillait souvent jusqu'aux petites heures du matin, parfois accompagnée d'alcool, dans une concentration quasi mystique.
Alimentation
Duras avait un rapport difficile Ă la nourriture, marquĂ© par les privations de son enfance coloniale pauvre. Elle apprĂ©ciait la cuisine française simple, mais l'alcool â vin blanc, whisky â occupait une place excessive dans son quotidien, ce qu'elle reconnut dans ses Ă©crits.
VĂȘtements
Duras affectionnait une élégance sobre et personnelle : robes simples, souvent noires, parfois agrémentées d'un chapeau. En vieillissant, elle adopta des tenues plus amples et informelles. Sur ses photographies, elle dégage toujours une présence forte malgré une mise modeste.
Habitat
Elle vécut longtemps dans un appartement du 5 rue Saint-Benoßt à Paris, un logement bourgeois mais chargé de livres, de papiers et de désordre créatif. Elle possédait également une maison de campagne à Neauphle-le-Chùteau, lieu de retraite et d'écriture, entourée d'un jardin qu'elle aimait.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie
Tw-en

Portrait de Huynh Thuy Le (Sa Dec, Vietnam) (6663000013)
Pardaillan Commémo Marguerite Duras
Marguerite Duras erretratua

Identite-Duras-1960-Sacem

Identite-Duras-1960-Sacem (cropped)
Otava Publishing Company Ltd
Des figurants et des passants (10775432485)
991020 Het Zuidelijk Toneel web (programmaboekje)
970405 Jazz Octetten web (programmaboekje)
Style visuel
Un esthĂ©tisme en clair-obscur, entre le noir et blanc de Paris existentialiste et les teintes sĂ©pia et tropicales de l'Indochine coloniale, reflĂ©tant la dualitĂ© mĂ©morielle de l'Ćuvre de Duras.
Prompt IA
Black and white photography aesthetic, mid-20th century Paris. Chiaroscuro lighting, heavy shadows, cigarette smoke curling in lamplight. A woman writing alone at a desk strewn with papers. Exterior: wet cobblestone streets of Saint-Germain-des-Prés at dusk, reflections in puddles, art nouveau café windows. Flashback sequences in muted sepia and tropical green: the Mekong delta at golden hour, colonial architecture, a young girl in a wide-brimmed hat on a ferry. Slow camera movements, long takes, melancholic and introspective mood throughout.
Ambiance sonore
L'univers sonore de Duras mĂȘle le silence de l'Ă©criture nocturne parisienne au souvenir obsĂ©dant des pluies et des fleuves de l'Indochine de son enfance.
Prompt IA
Ambient sounds of a Parisian apartment in Saint-Germain-des-Prés at night, 1960s: the distant rumble of traffic on cobblestones, rain on zinc rooftops, the soft clacking of a typewriter, pages turning, a jazz record playing low in another room. Occasionally, voices from a café below, glasses clinking, an accordion in the street. The creak of old wooden floorboards, the hiss of a radiator. In background, faint echoes of tropical monsoon rain and the murmur of the Mekong river, as if rising from memory.
Source du portrait
Wikimedia Commons â domaine public â 1960
Aller plus loin
Références
Ćuvres
Un barrage contre le Pacifique
1950
Moderato Cantabile
1958



