Maria Cunitz(1607 — 1664)

Maria Cunitz

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SciencesAstronomeTemps modernesTemps modernes — XVIIe siècle, période de la révolution scientifique

Astronome silésienne du XVIIe siècle, Maria Cunitz publie en 1650 Urania Propitia, une simplification des tables de Kepler rédigée en latin et en allemand. Considérée comme la femme savante la plus remarquable de son époque, elle rend l'astronomie keplerienne accessible à un plus large public.

Questions fréquentes

Maria Cunitz (1607-1664) était une astronome silésienne qui publia en 1650 Urania Propitia, une simplification bilingue des Tables rudolphines de Kepler. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle ne se contenta pas de rendre les calculs plus accessibles : elle corrigea aussi plusieurs erreurs de Kepler, ce qui exigeait une maîtrise mathématique exceptionnelle. Son œuvre fut saluée par les savants de l'époque comme le premier grand traité astronomique d'une femme en Europe.

Faits marquants

  • Née vers 1610 à Wohlau en Silésie (actuelle Pologne)
  • Publie Urania Propitia en 1650, simplifiant les Tables rudolphines de Kepler
  • Rédige son œuvre en latin et en allemand pour toucher un public plus large
  • Maîtrisait six langues dont le latin, le grec, le polonais et l'hébreu
  • Décède en 1664 ; surnommée « la Pallas silésienne » par ses contemporains

Œuvres & réalisations

Urania Propitia (1650)

Chef-d'œuvre de Maria Cunitz et unique ouvrage publié de son vivant. Il propose une simplification et une correction des Tables rudolphines de Kepler, rédigé en latin pour les savants et en allemand pour un public plus large : premier grand traité astronomique bilingue publié par une femme en Europe.

Anecdotes

Maria Cunitz maîtrisait au moins six langues : le latin, l'allemand, le polonais, l'italien, le français et l'hébreu. Cette polyglotte exceptionnelle put lire directement les travaux des plus grands savants européens et choisit de rédiger son œuvre principale en deux langues, afin de toucher à la fois les savants latinistes et un public germanophone plus large.

Lors de la guerre de Trente Ans qui ravagea la Silésie, Maria Cunitz et son mari Élias von Löwen durent fuir à plusieurs reprises devant les armées en campagne. Un incendie détruisit une partie de leurs manuscrits et instruments astronomiques, mais elle poursuivit ses travaux malgré ces pertes, reconstituant patiemment des années de calculs.

Son mari Élias von Löwen, médecin et astronome amateur, fut son plus fervent soutien. Reconnaissant publiquement dans la préface d'Urania Propitia que les calculs et les idées étaient entièrement ceux de son épouse, il démentit ainsi les insinuations de contemporains qui peinaient à croire qu'une femme pût produire seule un tel traité scientifique.

Les Tables rudolphines de Kepler, publiées en 1627, étaient réputées pour leur complexité rebutante : les astronomes praticiens les utilisaient peu, tant les calculs requis étaient laborieux. Maria Cunitz en proposa une version allégée et corrigée — elle releva d'ailleurs quelques erreurs de Kepler — rendant l'astronomie keplerienne accessible à un cercle bien plus large de lecteurs cultivés.

Certains contemporains, incapables d'admettre qu'une femme pût dominer l'astronomie mathématique, insinuèrent qu'elle avait reçu une aide surnaturelle ou que c'était en réalité son mari qui avait tout écrit. Ces rumeurs furent fermement démenties par Élias von Löwen lui-même dans la préface de l'ouvrage, où il attestait que la science et la plume étaient celles de son épouse.

Sources primaires

Urania Propitia — Préface de l'auteure (1650)
Maria Cunitz y expose sa démarche : simplifier les tables de Kepler jugées trop laborieuses, en réduisant le nombre d'opérations arithmétiques nécessaires pour calculer les positions planétaires, afin de rendre l'astronomie nouvelle accessible à ceux que rebutait la complexité des Tables rudolphines.
Urania Propitia — Dédicace à l'Empereur Ferdinand III (1650)
L'ouvrage est dédié à l'Empereur du Saint-Empire Ferdinand III, dont Maria Cunitz sollicite la bienveillance pour une œuvre consacrée à la gloire de l'astronomie et à la facilité de ses praticiens.
Préface d'Élias von Löwen dans Urania Propitia (1650)
Élias von Löwen atteste que l'ouvrage est entièrement l'œuvre de son épouse, que les calculs, les tables et les explications sont de sa seule main et de son seul esprit, réfutant ainsi toute idée qu'il en serait le véritable auteur.
Correspondance scientifique européenne — mentions d'Urania Propitia (1650-1660)
Plusieurs astronomes contemporains, dont des membres de l'Académie des sciences naissante, mentionnèrent dans leur correspondance la parution d'Urania Propitia et saluèrent la clarté des nouvelles tables, qualifiant leur auteure de femme savante la plus remarquable de son siècle.

Lieux clés

Wohlau, Silésie (Wołów, Pologne actuelle)

Ville natale de Maria Cunitz, en Silésie, alors province du Saint-Empire romain germanique. Elle y reçut une éducation exceptionnelle de son père, médecin et homme de science qui l'initia aux mathématiques et à l'astronomie.

Pitschen, Silésie (Byczyna, Pologne actuelle)

Ville où Maria Cunitz vécut et travailla de nombreuses années avec son mari Élias von Löwen. C'est là qu'elle acheva l'essentiel de ses recherches menant à Urania Propitia.

Oels, Silésie (Oleśnica, Pologne actuelle)

Ville où fut imprimé Urania Propitia en 1650, sous le patronage du duc de Silésie. La publication en cette ville princière conféra une légitimité officielle à l'œuvre et à son auteure.

Prague (République tchèque actuelle)

Capitale impériale où Kepler travailla comme astronome de Rudolf II et où naquirent les Tables rudolphines que Maria Cunitz chercha à simplifier et à corriger.

Voir aussi